Union des étudiants juifs de France

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Union des étudiants juifs de France

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Zone d’influence enseignement supérieur, éducation nationale, international
Fondation
Fondation 1944
Fondateur Dely Tecuciano
Origine Étudiants issus de la Résistance juive en France
Identité
Président Sacha Reingewirtz
Affiliation européenne EUJS (European Union of Jewish Students)
Membres 15 000 étudiants
Site web www.uejf.org

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) est une association issue de la Résistance juive en France créée en 1944, qui représente les étudiants juifs en France.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'UEJF est née à l'initiative d'un groupe d'étudiants juifs issus de la Résistance dirigé par Dely Tecuciano. Sa première vocation est la réinsertion dans la vie sociale, en recouvrant notamment leurs droits d'étudiants, de jeunes juifs revenus de déportation.

Pendant la guerre d'Algérie le mouvement est déchiré entre les sections de la métropole qui soutiennent l'indépendance et les sections algériennes qui y sont opposées. Mais après 1962, l'UEJF participe à l'intégration des juifs d'Algérie "rapatriés" en France.

À la suite de la guerre des Six Jours en 1967 et des évènements de Mai 1968, le mouvement est au bord de la disparition. Une partie des cadres décide de faire son aliyah en Israël tandis que d'autres s'engagent dans le militantisme d'extrême gauche (ainsi la section strasbourgeoise qui « s'autodissout dans le peuple » en 1968).

Au milieu des années 1980, l'UEJF participe à la création du mouvement SOS Racisme[1].

En même temps, l'UEJF commence à s'implanter dans les universités afin de mieux représenter les étudiants juifs. Le mouvement se transforme progressivement et noue des liens avec l'UNEF (surtout dans sa période UNEF-ID) et la MNEF.

L'UEFJ soutient les accords d'Oslo en septembre 1993, organisant quelques mois plus tôt une journée intitulée « L'étoile a rendez-vous avec la lune »[2]. Le mouvement traverse ensuite une crise[réf. nécessaire].

En 1997, en réponse au Congrès du Front national, l'UEJF organise au même moment et à quelques mètres du parti d'extrême droite sa convention annuelle à Strasbourg. À la fin des années 1990, l'UEJF se fait connaître au travers de grands procès contre les nouveaux géants de l'internet (Yahoo, Napster...)[réf. nécessaire].


Les années 2000-2010[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000, sous la houlette de Patrick Klugman et pour faire face au déclenchement de la nouvelle Intifada et des troubles antisémites en France, l'UEJF publie Les antifeujs, livre blanc des violences antisémites en France, puis Le sionisme expliqué à nos potes où elle se déclare « sioniste » et « propalestinienne ». Le , entre les deux tours de l'élection présidentielle, l'UEJF coorganise un rassemblement républicain au Panthéon : « J'aime la République ! ».

Par ailleurs, l'UEJF s'implique dans la transmission de la mémoire de la Shoah et la lutte contre le négationnisme et le révisionnisme. En 2002, L'UEJF organise un tour d'Europe de la mémoire, avec pour thème majeur la place de la mémoire de la Shoah dans la construction de l'identité européenne. Depuis, chaque année, l'UEJF organise un voyage similaire, où des étudiants ont l'occasion de visiter les camps d'extermination.

Dans la continuation de ce travail de mémoire, sous l'impulsion de Benjamin Abtan, l'UEJF s'est engagé pour un "dialogue des mémoires". L'objectif de ce dialogue est de dépasser la concurrence des mémoires génocidaires. Ceci a eu pour premier aboutissement, l'organisation par l'UEJF d'un voyage au Rwanda en février 2006 et la publication d'un ouvrage Rwanda pour un dialogue des mémoires.

De même, depuis 2004, l'UEJF organise chaque année en partenariat avec SOS Racisme le spectacle "Rire contre le Racisme", qui a lieu depuis ses débuts dans la salle du Zénith à Paris. Ce projet a pour vocation de réunir des comédiens et des humoristes dans le but de lutter contre le racisme. Depuis 2009, le spectacle est retransmis chaque année en Prime Time sur France2.

Le 15 mars 2009, elle organise les premières assises nationales de la lutte contre les préjugés, qui réuniront un grand nombre d'acteurs associatifs. En avril 2009, Raphaël Haddad s'illustre en lançant un nez rouge au chef d'état iranien à la tribune de l'ONU à Genève, à l'occasion de la conférence mondiale contre le racisme, Durban 2.

L'UEJF est enfin fondatrice du programme Coexist, module pédagogique de déconstruction des préjugés en milieu scolaire, qu'elle mène avec SOS Racisme et la Confédération étudiante.

L’UEJF a créé Soutien J ; une équipe d’étudiants bénévoles qui donnent un peu de leur temps en aidant des élèves en difficultés scolaire et financière.

En janvier 2011, durant la présidence d'Arielle Schwab, elle organise un voyage en Israël et dans les Territoires autonomes palestiniens avec les représentants nationaux des organisations de jeunesse des partis politiques (Jeunes Populaires, MJS, Jeunes Démocrates et Jeunes Centristes)[3].

En septembre 2011, Jonathan Hayoun devient président de l'UEJF.

En septembre 2011 l’UEJF demande à Apple France de retirer l’application « Juif ou pas juif » sur Apple Store, renseignant sur l’identité juive de personnages célèbres. Un mois plus tard, après sa remise en ligne l’UEJF porte plainte contre Apple, pour constitution d’un fichier illicite.

En janvier 2012, l'UEJF et SOS Racisme alertent la classe politique de la participation de Marine Le Pen a un bal viennois organisé par des corporations ouvertement nazies, antisémites et négationnistes. En réponse à cela l’association organise un bal antiraciste avec SOS Racisme devant le siège du Front National.

Le 19 mars 2012, jour de l’attentat antisémite dans l’école Ozar Hatora de Toulouse l’UEJF appel à une grande marche silencieuse allant de République à Bastille. Elle réunira près de 20 000 personnes. Le dimanche 25 mars, une seconde marche silencieuse est organisée par l’UEJF en solidarité avec les Toulousains,SOS Racisme, la LICRA et l’Association des victimes du terrorisme.

Du 28 mars au 1er avril l’Union des Etudiants Juifs de France organise son voyage de la mémoire annuel. Il a pour but d’emmener des étudiants en Pologne visiter des lieux d’extermination afin de mieux comprendre la spécificité de la Shoah. Cette année là, l’UEJF emmène une délégation composée de juifs de France et d’iraniens afin de lutter contre le négationnisme et les discours de haine. Du 22 au 29 avril, l’UEJF accueil pour la première fois des étudiants israéliens lors d’un projet appelé « avoir 20 ans en Israël ». Cette délégation s’est rendue dans des facultés et écoles de Paris et de Province pour parler de culture israéliennes (Sciences Po Paris, Polytechnique, Lyon 2, Nanterre, l’ESJ Lille et Toulouse-Le Mirail). Lors de leurs passages à Toulouse des appels à la haine antisémite et au meurtre des juifs ont visé ces étudiants dans l’enceinte de l’université[4].

L’UEJF porte plainte à la suite de ces événements pour incitation à la haine raciale.

En mai 2012, Jonathan Hayoun porte plainte contre Google suite au problème dans son moteur de recherche, plaçant systématiquement le terme « juif » après celui d’une personnalité. Il s’expliquera dans une tribune paru dans le Nouvel Observateur.

Juillet 2012 marque l’anniversaire des 70 ans de la rafle du Vel d’Hiv. L’UEJF publie un sondage réalisé avec l’institut CSA qui s’avère inquiétant : la majorité des jeunes déclarent n’avoir jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv[5].

Début octobre 2012, un record de propos antisémites s’est formé autour du hastag « #unbonjuif ». Jonathan Hayoun prend position contre Twitter et demande d’urgence un rendez-vous avec Twitter France. Après cette rencontre, Twitter s’engage à retirer les tweets antisémites et racistes signalés par l’UEJF. N'acceptant pas de donner les élémenents d'identification des auteurs, l’UEJF assigne Twitter France devant le Tribunal de Grande Instance de Paris le 8 janvier 2013. La décision de justice sera en faveur de l’UEJF. Twitter devra communiquer « les données en sa possession de nature à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création des tweets manifestement illicites » et aussi «  mettre en place dans le cadre de la plateforme française du service Twitter un disposotif facilement accessible et visible permettant à toute personne de porter à sa connaissance des contenus illicites, tombant notamment sous le coup de l’apologie des crimes contre l’humanité et de l’incitation à la haine raciale. »

Le 20 mars 2013 l’association étudiante attaque au pénal Twitter ainsi que son président Dick Costolo pour ne pas avoir appliqué la décision de la justice française. En effet, Twitter avait deux semaines à compter de la décision du Tribunal de grande instance de Paris donné le 24 janvier pour révéler l’identité des auteurs des tweets antisémites. L’UEJF dénonce également le refus de Twitter à mettre en place une plateforme qui permettrait aux utilisateurs de signaler les messages illégal. Elle réclame la somme de 38,5 millions d’euros qu’elle s’engage à reverser au Mémorial de la Shoah.

Activité[modifier | modifier le code]

Elle est très active sur la région parisienne. Parmi ses principales activités on trouve la défense de l'état d'Israël et la lutte contre le racisme et l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur comme en dehors.

Depuis 1995, elle a soutenu l'UNEF-ID, notamment aux élections CNESER, avant de rompre progressivement puis totalement avec elle et de soutenir l'initiative FEDER ; un de ses anciens présidents, Patrick Klugman est aujourd'hui un des responsables de SOS Racisme, association dont l'UEJF avait soutenu la création.

Elle revendique : 15 000 membres, dont 3 000 adhérents, 15 sections locales implantées au sein des campus universitaires à Paris, 15 sections locales situées dans les autres grandes villes de France, 34 membres élus aux Conseils d'administration des universités.

Ses activités vont de la vente de sandwichs kasher à la bourse aux livres en passant par un suivi dans les démarches administratives ou la médiation pour les étudiants juifs devant passer des examens les jours de shabbat. Sans être un mouvement religieux, elle organise chaque année des « journées de la culture juive », destinées à mieux faire connaître cette culture. Elle est en justice contre de nombreux actes qu'elle juge antisémites à l'université (affaire Bruno Gollnisch, contre le Renouveau étudiant, etc.) ou en dehors (sur internet par exemple, partie civile contreMaurice Papon). Procès où elle a d'ailleurs souvent échoué comme lors de l'affaire Daniel Mermet où Reporters sans frontières a vu dans ce procès une atteinte à la liberté de la presse. Nicolas Sarkozy était l'invité de l'UEJF en 2005 à Strasbourg au parlement européen.

L'UEJF organise régulièrement sa Convention nationale se déroulant par exemple à Nice, Strasbourg, Lyon, New York, Israël où il est question de sujets autour de la communauté juive. Selon ses propres termes « l'UEJF s'est toujours posée en soutien réfléchi et efficace de l'État d'Israël » et promeut la « paix au Proche-Orient ». En mai 2011, le mouvement organise sa Convention nationale au Maroc, et part à la rencontre des opposants au pouvoir en place dans ce pays, ouvrant ainsi la voie à tout un cycle de réflexion sur le Printemps arabe. La convention nationale de novembre 2011 a eu lieu à Marseille. À cette occasion l'UEJF organise un meeting contre le Front National rassemblant des personnalités politiques de tous bords de la cité phocéenne. La dernière convention nationale de novembre 2012 a eu lieu à Grenoble. Des journalistes et essayistes tels que Joseph Macé-Scaron, Guy Konopnicki et Alexis Lacroix sont intervenus lors de débats organisés à cette occasion.

Le Bureau Exécutif National de l’UEJF est chargé de mettre en œuvre la politique générale de l’association ainsi que les évènements nationaux. Il est élu pour deux ans lors d’un Congrès National.

Chaque année l’UEJF organise des événements nationaux : les Universités d’automne, la Convention nationale, les Universités d’hiver, le voyage de la mémoire et les Universités d’été. Ce sont des temps de rencontres mais aussi de débats sur l’actualité et les problématiques que peuvent rencontrer les étudiants juifs de France.

Sections[modifier | modifier le code]

L’UEJF reste fidèle à sa mission originelle celle d’être avant tout un syndicat étudiant qui s’affirme aujourd’hui comme la troisième force syndicale étudiante. Rassemblant plus de 15 000 étudiants, elle assure leur représentation à travers ses 30 sections locales implantées à Paris et en Province mais aussi par ses 35 élus aux conseils centraux universitaires et des élus répartis dans les différents C.R.O.U.S Travaillant en relation permanente avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports et le Ministère de l’Education Nationale, le Ministère des Affaires Sociales, les services du Premier Ministre, l’UEJF est également l’organe de représentation des étudiants juifs auprès des pouvoirs publics. L’UEJF contribue à faire de la laïcité du système d’éducation français un facteur d’ouverture et non d’exclusion. Elle permet aux étudiant de pouvoir concilier la poursuite d’une scolarité harmonieuse et le respect de leurs convictions religieuses.

La région parisienne regroupe la majorité des étudiants juifs de France, et l'UEJF y est organisée par sections au sein des principales universités et écoles. Elle y dispose généralement d'un local d'où elle peut organiser ses activités locales. Chaque section possède un groupe Facebook à jour sur les évènements proposés par les présidents de section et leur bureau.

Les sections UEJF à Paris et en Ile-de-France  : Paris 1 Panthéon- Sorbonne, Paris 2 Assas, Paris 3 Sorbonne- Nouvelle, Paris 4 Santé, Paris 5 Descartes, Paris 7 Grands- Moulin, Paris UPEC Médecine (Créteil), Paris UPEC Eco-gé (Créteil), Paris- Dauphine, Paris 10 Nanterre, Santé, Sciences- Po, ESG, Novancia.

Les sections UEJF en Province : Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Metz, Nice, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse.

Subventions publiques[modifier | modifier le code]

L'UEJF reçoit des subventions de la part de différents ministères.

En 2011, l'UEJF a reçu 142.500 euros venant des services du premier ministre[6], 20.000 euros de la part du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative[7], et 37.000 euros de la part du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche[8].

Affiliations[modifier | modifier le code]

Relations nationales

En France, l'UEJF fait partie :

Relations internationales

L'UEJF entretient des relations étroites avec les étudiants juifs à travers le monde. Elle est membre :

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]