Arrêt sur images

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arrêt sur image (homonymie) et ASI.
Arrêt sur Images
Image illustrative de l'article Arrêt sur images

Pays France
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Genre Presse nationale
Diffusion Internet ex. (2007)
Fondateur Daniel Schneidermann
Date de fondation 2007
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Daniel Schneidermann
Site web www.arretsurimages.net

Arrêt sur images (aussi abrégé sous le sigle ASI ou @si) est un site web de décryptage des médias, créé et dirigé par le journaliste Daniel Schneidermann[1].

Arrêt sur Images a d'abord été une émission de télévision française hebdomadaire de décryptage des médias, créée et présentée par Daniel Schneidermann, diffusée sur La Cinquième à partir de 1995 (chaîne renommée France 5 en janvier 2002). Elle est produite par Carrere group. Sa diffusion est arrêtée brusquement en 2007 par décision du directeur de l’antenne et des programmes de France 5 Philippe Vilamitjana.

À la suite de cette suppression, le concept a donné naissance au site web « arrêt sur images.net » (désigné aussi par le sigle @SI). Après une forme provisoire en septembre 2007, la version définitive est mise en ligne en janvier 2008. La campagne d'abonnement sur Internet lancée à cette occasion a rencontré un franc succès en dépit d'un silence quasi complet des médias classiques[2].

Disponible sur abonnement, « arrêt sur images.net » propose des articles quotidiens (enquêtes, observatoires, chroniques) ainsi que des émissions dont Arrêt sur Images (hebdomadaire), D@ns le texte, @ux Sources et 14h42.

Principe : la critique de la télé par la télé[modifier | modifier le code]

« La vocation d’@rrêt sur images est la réflexion critique sur les médias. »

C'est ainsi que le site Web d'@rret sur images présente sa raison d'être.

En tant qu'émission de télévision, ASI a été unique en son genre : la seule à pousser ce principe jusqu'au bout, à vouloir comprendre la provenance, la signification, la complexité des images qui nous parviennent en flux continu. Cela lui a valu de se faire surnommer par certains journalistes « bœuf-carottes » (la police des polices), puisque l'émission traquait les faiblesses, les incohérences et parfois les manipulations qui sont quotidiennes à la télévision. Les acteurs de cette télévision ont donc parfois pu se sentir surveillés par ce grand « observatoire ».

Ancêtres…[modifier | modifier le code]

Cet objectif n'est pas nouveau : dans le domaine de la presse écrite, Arrêt sur images compte comme ancêtre Presse-Actualité, diffusé dans les années 1960 par Bayard presse, qui analysait de façon critique les différentes présentations de la même information par des journaux ou magazines différents.

Plus proche, l'émission Télés Dimanche, animée par Michel Denisot, a elle aussi, en son temps, apporté son éclairage sur les médias.

…et descendance[modifier | modifier le code]

Arrêt sur images a fait suite aux analyses de l'image télévisuelle qu'exerçait son créateur Daniel Schneidermann dans le journal Le Monde depuis plusieurs années[3]. L'émission a précédé, voire inspiré, d'autres émissions dans lesquelles la télévision tente de porter un regard critique sur elle-même  : ainsi + Clair (Canal+) tente de « décrypter » les informations fournies par la télévision et les autres médias, tandis que le médiateur de France 2 répond chaque semaine[4] aux critiques des téléspectateurs relatives au traitement de l'information par la chaîne.

Une (im)pertinence qui dérange[modifier | modifier le code]

En février 2006, Daniel Schneidermann diffuse dans Arrêt sur images les images censurées par la chaîne M6 dans une enquête du magazine Capital sur La Française des jeux, par peur de perdre cet important annonceur publicitaire[5]. Son émission apparaît dans cette affaire comme le garant de la liberté d'expression des reporters.

En avril 2006, Daniel Schneidermann transcrit sur son blog une conversation avec Arlette Chabot, furieuse d'une émission d'Arrêt sur images où était mise en doute l'impartialité des informations dispensées par la présentatrice du journal télévisé de France 2, Béatrice Schönberg, à la suite de son mariage avec le ministre en exercice Jean-Louis Borloo. Le fait qu'Arlette Chabot soit entrée en possession de l'enregistrement d'une émission qui n'avait pas encore été diffusée, avait conduit Daniel Schneidermann à considérer qu'« une ligne jaune avait été franchie »[5]. C'est à la suite de cette affaire, qu'une rumeur avait surgi dans plusieurs médias au sujet de la disparition de l'émission, avant un démenti de Claude-Yves Robin, directeur de France 5 le 19 avril 2006.

Critiques[modifier | modifier le code]

L'émission a toutefois fait l'objet de critiques qui mettaient en cause sa propre impartialité, voire sa capacité à critiquer réellement le système télévisuel dont elle fait partie.

En 1996, Le sociologue Pierre Bourdieu, est invité sur le plateau d'Arrêt sur images pour donner son analyse du traitement télévisuel des grèves de novembre-décembre 1995 contre le gouvernement Juppé. Il a ensuite estimé ne pas avoir pu s'exprimer à cause des interruptions incessantes de Jean-Marie Cavada, qui se sont d'ailleurs reproduites lors de sa propre émission, La Marche du Siècle. Pierre Bourdieu a, par la suite, développé une critique d'ensemble du fonctionnement de la télévision[6].

Le choix des invités aurait parfois permis de douter de l'impartialité de l'émission, et aurait dénoté un parti pris politique, ce qui nuirait selon certains à l'image et au sérieux de l'émission, dans le sens où celle-ci se réclame d'une certaine neutralité. Une partie de ces critiques, ainsi que celles de Bourdieu, se retrouvent dans le film Enfin pris de Pierre Carles. Le film montre une conversation entre Daniel Schneidermann et Pierre Carles, où ce dernier propose d'inviter une nouvelle fois Pierre Bourdieu, mais cette fois sans contradicteur. Daniel Schneidermann refuse en lui expliquant que son émission, dans un souci d'impartialité, impose toujours un contradicteur à l'invité. En réponse à cet argument, le film montre un extrait de l'émission qui a pour invité l'homme d'affaire Jean-Marie Messier, qui n'est opposé à aucun contradicteur. Il est interrogé avant le début de l'émission sur le chiffre d'affaires de Vivendi, Daniel Schneidermann le prévient de l'absence d'interrogation de ce type pendant l'émission, lui précisant qu'ils vont « parler de choses beaucoup plus futiles[7] ».

Toutefois, ASI, consciente de la difficulté de critiquer la télévision dans une émission de télévision, avait la particularité, une fois par mois, de consacrer une séquence aux critiques faites par les téléspectateurs à son propre contenu. Cela permettait à Daniel Schneidermann de répondre aux critiques et d'expliquer leurs choix éditoriaux.

Histoire de l'émission télévisée[modifier | modifier le code]

Arrêt sur images
Logo de l'émission
Logo de l'émission

Genre Émission média
Présentation Daniel Schneidermann
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre de saisons 12
Production
Durée 55 minutes
Production Alain Taieb
Diffusion
Diffusion France 5
Ancienne diffusion La Cinquième
Date de première diffusion 1995
Date de dernière diffusion 17 juin 2007
Statut arrêté
Public conseillé Tout public

Inscrite dans la charte de la Cinquième[modifier | modifier le code]

L'émission avait été voulue et soutenue par le président de La Cinquième, Jean-Marie Cavada, comme un outil pédagogique répondant parfaitement au rôle éducatif fixé à sa chaîne par le CSA. Elle avait été maintenue par son successeur, Jérôme Clément, puis par les différents directeurs généraux de la chaîne après l'entrée dans le groupe France Télévisions, Jean-Pierre Cottet, Daniel Goudineau et Claude-Yves Robin. À ce titre, c'était avec Ripostes de Serge Moati, une des rares émissions de La Cinquième encore diffusée sur France 5 pour la saison 2007.

Le jour de l'annonce officielle de la suppression de l'émission, Daniel Schneidermann rappelle sur son blog les conditions de création d’Arrêt sur images et, surtout, pourquoi elle est apparue :

« Cette mission était, en 1995, au cœur du projet de chaîne de la connaissance. C’était après la première guerre du Golfe, et ses dérapages en direct. C’était après la fausse image du faux charnier de Timisoara. Ceux qui avaient imaginé cette chaine, et s’appelaient Georges Duby ou Jean-Noël Jeanneney, avaient voulu voir si on pouvait retourner le monstrueux outil contre lui-même. Ils ne savaient pas très bien comment faire. Cavada, premier président, m’appela. “Ca vous tente ?” Je n’en avais pas la moindre idée, mais oui, ça me tentait. J’avais tout de même une intuition. Pour dépouiller les images de leur pouvoir, il fallait les arrêter. »

Contenu[modifier | modifier le code]

Produite par Alain Taieb, et présentée par le journaliste Daniel Schneidermann, qui la coprésente à l'origine avec Pascale Clark, elle se fixe pour but d'analyser l'image télévisuelle, de décrypter la manière dont elle influence les téléspectateurs et de comprendre ses enjeux.

Des chroniqueurs et journalistes, autour de Daniel Schneidermann, partagent leur regard sur des images parues les jours précédents sur les chaînes de télévision  : Alain Rémond, Hélène Risser, Candice Mahout, Nathalie Gathié, Jean-Jacques Vannier, David Abiker, Judith Bernard, Sébastien Bohler, John Paul Lepers, Maja Neskovic, Christelle Ploquin, Perrine Dutreil, Aurélie Windels, Ioulia Kapoustina, Philippe Vandel, Colombe Schneck, Emmanuelle Walter, Arnaud Viviant, Marie-Hélène Parinaud…

L'émission fait aussi intervenir les auteurs d'images présentées dans l'émission, ainsi que des spécialistes des sujets traités. Elle revient parfois sur elle-même, s'analyse, et a son historiographe quasi officiel, le médecin Claude Got.

Une certaine liberté[modifier | modifier le code]

Jusqu'en septembre 2006, France 5 diffuse gratuitement la dernière émission sur son site web, dans une version non montée qui peut déborder après le générique ; il n'est pas rare de pouvoir suivre des discussions se prolongeant quand l'émission est censée être finie. France 5 décide à partir de la rentrée 2006 de ne mettre en ligne que la version montée, malgré une pétition pour s'y opposer de la part de nombreux internautes qualifiant ce choix de censure. La justification de la chaîne était alors qu'il s'agissait d'uniformiser le format des émissions disponibles sur le site de la chaîne. Un blog[8], tenu par la « forumancière» de l'émission Chloé Delaume, permettait de découvrir les coulisses de l'émission et des portraits des intéressés.

Fin[modifier | modifier le code]

À la fin de la saison 2005/2006 des informations avaient circulé sur un possible arrêt de l'émission[9]. Après quelques semaines d'indécision la direction de France 5 annonce qu'elle maintient l'émission pour la saison suivante. Cependant en septembre 2006, celle-ci décide la suppression de la rediffusion de la version intégrale non montée sur le site de France 5, remplacée par la version montée pour la télévision.

Mais le 18 juin 2007, la direction de la chaîne France 5 annonce qu'elle ne reconduira pas six de ses magazines pour la rentrée 2007, dont Arrêt sur images. La chaîne annonce qu'une autre émission de décryptage serait prévue à un horaire éventuellement différent[10]. Il s'agira finalement de Revu et corrigé, émission présentée dans un style « infotainment » par Paul Amar, diffusée à partir du 15 septembre 2007. Elle a fait dès la première émission l'objet de critiques[11] sur le site d'Arrêt sur images.

En juin 2007, Daniel Schneidermann avait laissé entendre sur son blog[12], que l'émission pourrait ne pas être reconduite par France 5 à la rentrée de septembre[13]. Il avait alors invité les téléspectateurs d'Arrêt sur images à se mobiliser et à faire entendre leur craintes auprès de Patrick de Carolis, le PDG de France Télévisions.

Daniel Schneidermann est interviewé dans le Journal du dimanche du 17 juin (avant la notification officielle par la chaîne de l'arrêt de l'émission). À la question suivante  :

« Sur votre blog, vous vous en prenez violemment à votre direction, Patrick de Carolis (PDG de FranceTélévisions) et Patrice Duhamel (directeur des programmes). Ne cherchez-vous pas le bâton pour vous faire battre ? »

Il répond  :

« Non, il ne faut pas le voir comme cela. Mais il faut les remuer. Pour tout dire, la direction est nulle, c'est tout. »

Et dans un article de son blog, le 18 juin, il commente  :

« Enfin, je pense à eux, (les dirigeants de la Chaîne et de France Télévisions) évidemment, au quatuor des assassins tremblants. Tous ces mois à ronger leur frein, à attendre l’heure, avant de porter enfin le coup de poignard. Tous ces mois, ou toutes ces années. Ah, Carolis, depuis quand rêviez-vous secrètement de prononcer les mots que vous venez de prononcer ? Depuis que nous avions mis en lumière votre petit bidonnage sur France 3, quand vous aviez vendu des images de reconstitution d’un sauvetage en montagne, comme celles d’un sauvetage réel ? Depuis qu’il vous a fallu piteusement venir vous expliquer devant les téléspectateurs de la médiatrice de France 3 ? Quel effet ça fait, Carolis, de porter si longtemps votre vengeance ? Il parait que Vilamitjana avait déjà demandé l’arrêt de l’émission à Carolis l’an dernier (l’an dernier, c’est-à-dire après que nous ayons traité dans l’émission du problème de Mme Borloo, présentatrice de journal, et qu'Arlette Chabot s’en soit fort énervée). Je n’en sais rien. À vrai dire, ça m’est égal. Claude-Yves Robin (directeur général de France 5), Philippe Vilamitjana (directeur de l’antenne), Patrice Duhamel (directeur général de France Télévisions), Patrick de Carolis (PDG) : je ne sais pas, dans le quatuor, qui a tenu le poignard, qui a tenté de retenir la main de qui, qui s’est caché derrière qui. À vrai dire, ça m’est égal. Tous quatre sont à mes yeux responsables. »

Réponse indirecte de Claude-Yves Robin, directeur général de France 5.

« Nous renouvelons de manière générale des émissions un peu vieillissantes ou qui n’ont pas rencontré leur public »

Le magazine de décryptage des médias de Daniel Schneidermann a connu une légère baisse d’audience depuis 2003 sur les 15 ans et plus  : 7,3 % (en 2003/2004), 7,3 % (en 2004/2005), 7 % (en 2005/2006), 6,6 % (en 2006/2007). Dimanche 17 juin, selon Le Point, la dernière émission de la saison de Daniel Schneidermann a enregistré 5,9 % de part d’audience sur les 4 ans et plus, soit 736 840 téléspectateurs[14].

Cependant argue-t-on du côté d'Arrêt sur images, ces chiffres d'audience ne prennent pas en compte les visionnages croissants de l'émission disponible sur Internet. De plus, toutes les émissions des chaînes publiques ont connu une décroissance de leur audience avec l'apparition de la TNT. Enfin, Daniel Schneidermann souligne sur son blog que l'émission a un pourcentage d'audience supérieure à la moyenne de France 5 et que les chiffres d'audience considérés mélangent différentes tranches d'âge. La fin de l'émission Arrêt sur images posait également un problème juridique, étant donné qu'une émission à regards critiques sur les médias était demandée dans le cahier des charges de France 5 par l'État[15], mais en annonçant qu'une autre émission remplacerait Arrêt sur images, la direction de France 5 a rempli ses obligations.

Dans la lettre recommandée qu'il a reçue samedi 30 juin la direction de France 5 annonce à Daniel Schneidermann qu'il est licencié pour "faute grave". Il lui est notamment reproché d'avoir mené "de façon délibérée une campagne de dénigrement à l’encontre des dirigeants de la chaîne et du groupe (France télévisions) allant jusqu’à des attaques personnelles envers son président Monsieur Patrick de Carolis dans le but de faire pression" et d'avoir "insinué que la décision de l’arrêt de l’émission résultait d’une volonté de vengeance"[16].

Dans une interview où il revenait sur sa carrière, Daniel Schneidermann avait déclaré : « On entend beaucoup dire [des] gens de télé, et c'est vrai pour beaucoup d'entre eux, que si on leur enlève leur émission ils ne sont plus rien. Je pense que c'est vrai pour 90 % d'entre eux. Personnellement je n’ai jamais ressenti ça. » Pierre Carles a utilisé cette interview dans son film Enfin pris (2002), dans lequel le psychanalyste Jean-Paul Abribat dit qu'il parle comme s'il était une exception mais confirme par là même la règle. Il s'agit selon lui de « narcissisme de la petite différence », c'est-à-dire « le petit quelque chose qu'on pense avoir en plus ».

Réactions divisées[modifier | modifier le code]

L'arrêt de l'émission a provoqué des critiques de la part de téléspectateurs mécontents, qui ont en réaction lancé une pétition pour le maintien de l'émission[17]. Le principal syndicat de l'enseignement en France, la Fédération syndicale unitaire, a appelé à signer la pétition[18]. Durant le mois au cours duquel la pétition était accessible, elle a recueilli 185 218 signatures[19]. L'émission a également reçu le soutien d'ATTAC[20] et de la CFDT médias défendant « l'existence d'une émission critique des médias »[21]. La classe politique a également réagi à la suppression de l'émission : Claude Bartolone (PS), Marielle de Sarnez et François Bayrou[22] (MoDem) et Lionnel Luca (UMP)[23], puis Arnaud Montebourg (PS) et le Parti socialiste[24], ainsi que le Parti communiste[25] et Les Verts[26]. La SCAM réclame alors également le maintien de l'émission et propose un débat public avec la direction de France Télévision[27].

À noter cependant que ces critiques de la suppression de l'émission ne sont pas unanimes. Ainsi, l'intersyndicale de France 5, CGT-CFDT-CGC-FO, loin de soutenir Daniel Schneidermann, s'indigne surtout de la « campagne de dénigrement orchestrée par Daniel Schneidermann qui porte gravement préjudice à la chaîne du savoir et de la connaissance ainsi qu’à l’intégrité professionnelle de ses salariés ». Elle rappelle que la direction a prévu le remplacement d' Arrêt sur images par une autre émission[28]. « Il paraît avisé d'attendre cette nouvelle émission et d'en juger sa pertinence avant de crier à une chasse aux sorcières au seul bénéfice d'une personne », poursuivent les syndicats[réf. nécessaire] Pour sa part, la CFDT médias, si elle « regrette la fin d'Arrêt sur images, ne regrette pas le départ de Daniel Schneidermann ». « Contrairement à ce qui pourrait être compris, poursuit le syndicat, Daniel Schneidermann n'est victime d'aucune chasse aux sorcières. Il a pratiqué en personne le licenciement brutal au sein de son équipe. Grand donneur de leçons audiovisuelles, il a également pratiqué l'hypocrisie consistant à multiplier les collaborations auprès de plusieurs médias pour aboutir au mélange des genres et à la confusion d'intérêts »[réf. nécessaire]

@rrêt sur images[modifier | modifier le code]

Loubiana SAS


Fondateurs Daniel Schneidermann
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Drapeau de France Paris [29] (France)
Dette 420 674 € (2012 [30])
Chiffre d’affaires 912 576 € (2012[30])
Résultat net 10 765 € (2012 [30])
-40 317 € (entre 2011 et 2012 [30])

Le site Web[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre 2007, Arrêt sur images revient officiellement sur le Web sous la forme d'un site Internet[31], s'apparentant à un blog. Daniel Schneidermann et certains des chroniqueurs qui participaient à l'émission télévisée continuent leur travail de journalistes sur l'Internet en s'appuyant sur une émission hebdomadaire sans durée fixe et des reportages vidéo visibles sur le site. On y retrouve notamment Sébastien Bohler, Alain Korkos, David Abiker, Judith Bernard, Elisabeth Lévy, Gilles Klein, Didier Porte

Après une campagne d'abonnements, la version définitive du site est lancée le 7 janvier 2008. L'accès de la zone[32] Vite Dit, la revue de presse quotidienne, est gratuit pour les visiteurs et le reste du site est réservé aux abonnés (plus de 40 000)[33]. Daniel Schneidermann refuse le financement par la publicité : « Quand on fait semblant de donner quelque chose gratuitement aux gens, on vend toujours une part de leur cerveau disponible[34] à des annonceurs[2] ».

@rrêt sur images fait partie des membres fondateurs du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), créé en octobre 2009[35].

En mars 2013, le site révèle l'affaire Koh-Lanta. Dans une première enquête publiée le 27 mars 2013 et signée par Sébastien Rochat et David Medioni, @si remet clairement en question la version donnée par la production (Adventure Line Production) sur la mort du candidat Gérald Babin. Une polémique se déclenche, mais @si continue son travail et étoffe son enquête par un second papier publié le 5 avril 2013. Dans cet article intitulé "Six nouveaux témoignages accusent la production", le récit du drame est très détaillé et donne lieu à l'ouverture d'une enquête pour homicide involontaire au parquet de Créteil.

Plus récemment, le site a mis en ligne des informations résumant (initialement mis sur www.angersmags.info ainsi que www.courrierdelouest.fr) et relayant, de façon complémentaire, la visite mouvementée de Christiane Taubira à Angers.

L'équipe lance une application iPhone début novembre 2009, une application Android en octobre 2010 et une application pour tablettes tactiles développée en Flex (adaptable à la taille des écrans) en décembre 2011. Point commun de toutes ces applications, elles ont été développées par un @sinaute (abonné du site d'@rrêt sur images). Elles permettent d'accéder aux contenus du site directement sur les terminaux compatibles.

De nouveau à la télévision[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er décembre 2008, il existe une chaîne de télévision, Arretsurimages.tv, diffusée sur le bouquet Freebox TV canal 94, par abonnement. Elle diffuse une plage en clair de 20 h à 21 h. Depuis octobre 2012, cette chaîne est accessible également en replay.

L’originalité de ces émissions est, non seulement la diffusion sans montage et son format « SDF (Sans Durée Fixe) », qui permet de développer les points de vue des invités sans contrainte de temps (durée de 50 à 90 minutes).

Actuellement, programmation toutes les 2 heures (les heures impaires à la demie) d'une émission d'archive et le soir à 19 h 30 et 21 h 30 de l'émission de la semaine (du samedi au vendredi).

Nouvelles émissions produites[modifier | modifier le code]

En plus de l'émission hebdomadaire d'@rret sur images, il existe depuis mars 2009 un programme animé par Judith Bernard : D@ns le texte, et une émission présentée par Maja Neskovic, @ux Sources. Guy Birenbaum a également animé une émission, jusqu'en juin 2011, Ligne J@une[36].

  • L'émission D@ns le Texte est une émission littéraire qui s'attache fortement au texte, d'un roman ou d'un essai, classique ou contemporain, et au travail de création de l'écrivain, en présence de l'auteur, de spécialistes de l'œuvre, de l'éditeur ou des traducteurs.

Elle est animée par Judith Bernard qui est parfois seule avec l'invité, parfois accompagnée par un ou plusieurs chroniqueurs, tels que Hubert Artus (le chroniqueur plus fréquent mais pas encore réapparu depuis la rentrée 2010), Frédéric Ferney (seuleme nt dans les premiers numéros), Daniel Schneidermann, Eric Naulleau, ou pour une seule fois, Aude Lancelin, Erwan Desplanques. Le choix des thèmes (livre ou auteur) de l'émission est effectué soit en lien avec une relative actualité de l'œuvre, soit par un choix personnel de Judith Bernard ou de Daniel Schneidermann.L'émission D@ns le Texte est un peu à côté de l'objectif initial du site @rret sur images (à savoir la critique des médias) ; elle a été créée par Daniel Schneidermann et Judith Bernard sur le constat qu'une telle émission, orienté vers le texte et l'auteur, et non pas sur le people, l'ego de l'animateur ou la vie personnelle de l'écrivain, n'existe pas à la télévision actuellement.

Le résultat est une émission ou d'une part chacun, écrivain, animatrice a et prends le temps d'exprimer leur pensée in extenso, et d'autre part où Judith Bernard et/ou le chroniqueur sont sans concession envers l'invité par rapport au contenu de son texte, tel que les lecteurs attentifs qu'ils ont été l'ont perçu.

  • L'émission D@ns le Film, animée par Judith Bernard avec Rafik Djoumi comme chroniqueur (et en tant que critique de cinéma) a le même objectif que D@ns le Texte : rentrer le plus possible dans la « matière » du ou des films, pour aider à sa compréhension et son rôle du point de vue artistique, social et/ou économique.
  • L'émission @ux Sources, présentée par Maja Neskovic : chaque semaine, elle rencontre un journaliste, éditorialiste, patron de presse, économiste, pour lui demander comment il (ou elle) s'informe.
  • L'émission Ligne J@une était une émission de débats polémiques, qui s'intéressait théoriquement aux franchissement de la « ligne jaune » dans l'espace médiatique, mais qui concrètement s'intéressait plus particulièrement aux « buzzs ». Elle était animée par Guy Birenbaum, et accueillait généralement de 3 à 4 invités destinés à s'affronter sur le sujet choisi.
  • L'émission @u prochain épisode présentée par Rafik Djoumi a pour but d'analyser les rapports qui lient les consommateurs de séries aux séries en rencontrant des spécialistes de la "culture séries". Elle n'a pas de périodicité précisément définie.
  • L'émission 14h42 présentée par Jean-Marc Manach, toutes les deux semaines, traite des questions du numérique.
  • L'émission C'est Pas Qu'un Jeu, présentée par Daniel Schneidermann avec la rédaction de Canard PC, s'intéresse aux jeux vidéo (histoire, économie, idéologie).

Équipe @si[modifier | modifier le code]

  • Producteur, animateur de l'émission @rret sur images et chroniqueur : Daniel Schneidermann ;
  • Journalistes permanents actuels : Sébastien Rochat (généraliste ; depuis janvier 2010), Laure Daussy (généraliste ; depuis mars 2010), Vincent Coquaz (depuis 2013), Robin Andraca (depuis 2014).
  • Autres animateurs/animatrices d'émission : Judith Bernard pour l'émission D@ns le Texte (émission qui se transforme à l'occasion en l'émission D@ns le Film). De mars 2009 à mai 2011[36], Guy Birenbaum présente l'émission Ligne J@une. Durant l'été 2009, Anne-Sophie Jacques, Alain Korkos, Maja Neskovic et Laurence Lacour ont exceptionnellement animé l'émission @rret sur images. Durant l'été 2010, Anne-Sophie Jacques a rempilé dans ce rôle pour quelques émissions. A la rentrée 2011, elle a animé tous les mois une émission @rrêt sur Images spécial économie, avec Daniel Schneidermann.
  • Chroniqueurs, chroniqueuses actuels ou récents, en texte écrit et/ou dans des émissions (ont tous été présents au moins une fois sur un plateau, sauf Sherlock)  : Judith Bernard (chronique de critique sociale et/ou d'humeur), Anne-Sophie Jacques (chronique étymologique des mots de l'actualité, puis chronique économique), Alain Korkos (chronique hebdomadaire d'analyse des images), Didier Porte (chronique vidéo d'humour, depuis juillet 2010) ; le (ou la) mystérieux/se Sherlock Com' (dénonciation/explication des plans de communication), Georges Marion (chronique occasionnelle sur les permanences du journalisme d'investigation).
  • Équipe technique : François Rose (réalisation des émissions), Adèle Bellot (documentaliste), Mireille Campourcy (webmaster), Les Points Sonneurs (ingénieurs du son)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Crise au Sarkozistan, premier livre édité par Arrêt sur images (en autoproduction sur Lepublieur.com).
  • L'interview impossible, édité par Arrêt sur images (en autoproduction sur Lepublieur.com).
  • Allah n'y est pour rien, sur les révolutions arabes et quelques autres, d'Emmanuel Todd, édité par Arrêt sur images (en autoproduction sur Lepublieur.com).
  • La crise et moi, par Anne-Sophie Jacques, édité en 2012 par Arrêt sur images (en autoproduction sur Lepublieur.com).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « A propos » - Arrêt sur Images
  2. a et b « Arrêt sur Images : Schneidermann revient par le Net », Zineb Dryef, Rue89, 15 septembre 2007
  3. Daniel Schneidermann tient toujours une chronique hebdomadaire sur les médias, mais dans Libération.
  4. Le médiateur de l'information à France 2
  5. a et b « La télé à cache cash », dans Les Dossiers du Canard enchaîné (ISSN 0292-5354), juillet 2006
  6. Pierre Bourdieu, Sur la télévision (1996). Voir aussi le débat entre Pierre Bourdieu et Daniel Schneidermann dans les colonnes du Monde diplomatique la même année : « Analyse d’un passage à l’antenne », par Pierre Bourdieu ; « Réponse à Pierre Bourdieu », par Daniel Schneidermann.
  7. Enfin pris ? à partir de 31:16
  8. Blog de la « forumancière» Chloé Delaume, tel qu'archivé par Internet Archive
  9. Daniel Schneidermann revient sur cette annonce par Jean-Marc Morandini sur Europe1 (blog @si). Paris Match, Le Point et L'Express ont aussi pu diffuser cette information.
  10. France 5 : clap de fin pour « Arrêt sur images » Le Point du 18 juin 2007.]
  11. Critique de la première de Revu et corrigé sur son forum et sur le site d'Arrêt sur images
  12. BBB pour BigBangBlog
  13. ASI, J-1, dernières nouvelles de l’insoutenable attente par Daniel Schneidermann le 14 juin 2007 sur le Bing Bang Blog.
  14. source : Médiamétrie/Zénithoptimedia
  15. « La Cinquième, chargée de concevoir et de programmer des émissions de télévision à caractère éducatif et favorisant l'accès au savoir, à la connaissance, à la formation et à l'emploi, destinées à être diffusées sur l'ensemble du territoire métropolitain. Cette programmation doit contribuer à l'éducation à l'image et aux médias. » Charte de l'antenne
  16. "la décision de l’arrêt de l’émission résultait d’une volonté de vengeance"
  17. Pétition contre la fin d'"Arrêt sur images" : plus de 35.000 signatures Le Nouvel Observateur, 22 juin 2007
  18. La FSU demande le maintien de l'émission "Arrêt sur images" de France 5
  19. La pétition a reçu 185 218 signatures
  20. communiqué sur france.attac.org
  21. La CFDT regrette la fin d'Arrêt sur images mais pas le départ de Daniel Schneidermann
  22. Et le 177 579 ème soutien s’appelle...François Bayrou. sur le Big Bang Blog
  23. [Big Bang Blog] - ASI : soutiens d’Attac France et d’un député UMP
  24. [Big Bang Blog] - Soutiens (en ordre dispersé) de Montebourg et du PS
  25. Site national du PCF - Télévision, « Arrêt des images » - Radio, « Suppression de la bande... »
  26. Les Verts - Déprogrammation d’Arrêt sur images, un signe inquiétant pour la démocratie
  27. Arrêt sur images: La Scam veut un débat - Toute l'actu sur Lejdd.fr
  28. coulisses-tv.fr
  29. Mentions légales
  30. a, b, c et d Bilan et résultat Loubiana pour l'exercice 2012
  31. Le site d'Arrêt sur images
  32. Vite Dit
  33. Au lancement officiel, Daniel Schneidermann revendique environ 30 000 abonnés. Le nombre de ces derniers dépasse les 40 000 après 6 mois d'émission – cf. l'article : « Le site officiel d'@rrêt sur images ouvre ses portes », imedias.biz, 7 janvier 2007.
  34. En référence à une déclaration de Patrick le Lay, PDG de TF1
  35. Xavier Ternisien, « Les sites d'information "pure player" s'organisent », Le Monde,‎ 8 octobre 2009
  36. a et b Daniel Schneidermann, « Point à la ligne (jaune) », @rrêt sur images,‎ 14 juin 2011 (consulté le 15 juin 2011)