Pierre Tevanian

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Pierre Tevanian, né en février 1970 à Paris, est un enseignant, essayiste et militant associatif français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fondateur avec Sylvie Tissot du collectif Les Mots sont importants, coanimateur du site de ce collectif, il est aussi connu pour ses nombreuses publications théoriques[réf. nécessaire] et militantes.

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, professeur agrégé de philosophie en Seine-Saint-Denis (Drancy).

Le militant[modifier | modifier le code]

Outre son activité d'enseignant, Pierre Tevanian est surtout un auteur et un militant engagé dans des actions dont les deux points centraux sont la promotion d'une laïcité ouverte et la défense des libertés publiques. Comme l'indique le nom du collectif qu'il fonda en 2001, il porte une attention particulière à l'usage des mots dans l'espace public.

Il s'est attaqué aux questions liées aux discriminations et au racisme. Plus globalement son œuvre vise à défendre les libertés publiques notamment en critiquant les lois qu'il considère comme des lois « d'exception à l'encontre de populations spécifiques visées en fonction de leur origine, de leurs situation sociale ou de leur religion ».

Bien que cela ne représente qu'une partie de ce qui le concerne, il est apparu comme un représentant caractéristique de l'action militante non politicienne (c'est-à-dire hors des partis politiques classiques), ou d'un militantisme associatif[réf. nécessaire].

Il est à l'origine de plusieurs polémiques, notamment avec Caroline Fourest[1],[2], Fiammetta Venner[3], Philippe Val, ou avec divers représentants ou membres d'associations militant sur les mêmes questions mais dans des approches divergentes voire opposées.

Principaux engagements[modifier | modifier le code]

Principales actions et interventions[modifier | modifier le code]

L'action publique la plus visible de Pierre Tevanian est la création en 2000, avec Sylvie Tissot, enseignante et chercheuse en sociologie, du collectif « Les Mots sont importants » (LMSI). Ils présentent ainsi leur projet :

« Les mots sont importants : vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés clôturant la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace des censures(...) mais si nous ne prétendons pas connaître la bonne façon de parler, nous considérons qu’il y en a indéniablement de mauvaises. C’est l’analyse de certaines d’entre elles que nous proposons sur (ce) site, en soulignant l’ampleur et la gravité de leurs effets. »

La démarche de LMSI peut s'inscrire dans le large mouvement de l'analyse critique du discours public et médiatique. On retrouve dans ce domaine des associations plus ou moins proches comme Acrimed[4], spécialisée dans la critique des médias, l'association Pénombre[5] ou le site « Périphéries, escales en marge[6] », animé par Mona Chollet (journaliste et écrivaine) et Thomas Lemahieu (journaliste et photographe).

Ouvrages et travaux[modifier | modifier le code]

Pierre Tevanian a rédigé de nombreux articles relatifs au racisme et à la discrimination (Le racisme républicain, Le voile médiatique, Livre noir de la condition des femmes, Culture postcoloniale) ; au « sécuritarisme » (Le ministère de la peur, Stop quelle violence ?, La machine à punir) ; à l'usage des mots dans le discours public (Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Almanach de la critique des médias)[réf. souhaitée].

Sa collaboration avec un groupe de danseurs/chorégraphes pour le spectacle « En corps » reste dans la même orientation, puisque, comme l'écrivent ces performeurs, il s'agit « d’entamer un vaste travail de déconstruction des genres et de parler de ce qui touche à la domination masculine, à l’hétéro- et l’androcentrisme, à l’homophobie et au sexisme, et plus généralement aux groupes diffamés, pour reprendre l’expression d’Hannah Arendt[réf. souhaitée]. »

Collaborations diverses[modifier | modifier le code]

  • 2001-2002 : Collaboration au séminaire de Sidi Mohammed Barkat sur « Les formes de la violence politique », Collège international de philosophie (coanimation du séminaire « Figures du corps d'exception », consacré essentiellement à la discrimination fondée sur le genre, l'orientation sexuelle et le mode de vie)[réf. souhaitée].
  • 2002-2003 : Collaboration, en compagnie de Sylvie Tissot, avec les danseur-euses/chorégraphes Frédéric Gies, Frédéric De Carlo, Sarah Degraeve et Viviana Moin sur le projet « En corps » (création au Centre National de la Danse de Paris)[réf. souhaitée].

Controverse[modifier | modifier le code]

Dans un article Intitulé "Les mots de Marx sont importants" publié le 10 juin 2013 dans le Club de Médiapart, Germinal Pinalie affirme que « le livre La haine de la religion de Pierre Tevanian s'appuie sur une traduction truquée du passage de Marx sur l'opium du peuple »[7].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le racisme républicain. Réflexions sur le modèle français de discrimination (Esprit frappeur, 2002)
  • Le ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire (Esprit frappeur, 2004)
  • Le voile médiatique. Un faux débat : « l'affaire du foulard islamique » (Raison d'agir, 2005)
  • La République du mépris. Métamorphoses du racisme dans la France des années Sarkozy (La Découverte, 2007)
  • La Mécanique raciste (Éditions Dilecta, 2008), (ISBN 978-2-916275-44-4)
  • Dévoilements. Du hijab à la burqa, les dessous d'une obsession française (Libertalia, 2012. http://editionslibertalia.com/Devoilements.html)
  • La haine de la religion. Comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche (La Découverte, 2013)
  • Chronique du racisme républicain (Syllepse, 2013)

En collaboration avec Sylvie Tissot[modifier | modifier le code]

  • Stop quelle violence ? (Esprit frappeur, 2001)
  • Dictionnaire de la lepénisation des esprits (Esprit frappeur, 2002)
  • Les mots sont importants - 2000/2010 (Libertalia, 2010)

Participation à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Faut-il avoir la haine ?, dir. Olivier Le Cour Grandmaison, éd., L'Harmattan, 2001
  • L'époque de la disparition, II, dir. Jean-Louis Déotte, éd., L'Harmattan, 2002
  • Le foulard islamique en questions, dir. Charlotte Nordmann, éd., Éditions Amsterdam, 2004
  • La machine à punir. Discours et pratiques sécuritaires, dir. Laurent Bonelli, éd., L'esprit frappeur, 2004
  • Almanach de la critique des médias, dir. Olivier Cyran et Mehdi Ba, Éditions Les Arènes, 2005
  • Livre noir de la condition des femmes, S. Treiner, F. Gaspard, C. Ockrent éd., XO éditions, 2006
  • Culture postcoloniale, N. Bancel, P. Blanchard éd., Éditions Autrement, 2006
  • Les Filles voilées parlent, Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Éditions La Fabrique, 2008,
  • Burqa-bla-bla, Petit chahut deviendra grand (sous la direction d'Abdellah Boudami), Égalité Éditions, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]