Jacques Derrida

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Jacques Derrida

Philosophe français

Philosophie contemporaine

Naissance 15 juillet 1930
El Biar (Algérie)
Décès 8 octobre 2004 (à 74 ans)
Paris (France)
École/tradition Déconstruction, philosophie postmoderne
Principaux intérêts Ontologie, linguistique, analyse littéraire, esthétique, psychanalyse, féminisme, éthique, politique
Idées remarquables Déconstruction du logocentrisme, différance, trace, dissémination, événement, don
Œuvres principales De la grammatologie
L’écriture et la différence
La carte postale. De Socrate à Freud et au-delà
Donner le temps 1. La fausse monnaie
Influencé par Platon, Hegel, Kierkegaard, Marx, Nietzsche, Freud, Saussure, Husserl, Heidegger, Bataille, Lacan, Desanti, Levinas, Blanchot, Jabès, Foucault
A influencé de Man, Cavell, Rorty, Kofman, Lacoue-Labarthe, Nancy, Sloterdijk, Stiegler, Butler, Ronell, Kopic

Jacques Derrida, né Jackie Derrida le 15 juillet 1930 à El Biar (Algérie), et mort le 8 octobre 2004 à Paris, est un philosophe français qui a créé puis développé la notion de déconstruction. À la suite de Heidegger, Derrida cherche à dépasser la métaphysique traditionnelle et l'influence qu'elle a pu exercer sur les autres disciplines.

Toute son œuvre consiste à étudier les couples d'oppositions telles que parole/écriture en linguistique, raison/folie en psychanalyse, sens propre/sens figuré en littérature, hostilité/hospitalité, masculin/féminin, etc., oppositions qui correspondent au couple ontologique premier sensible/intelligible, et aux multiples formes qu'il peut prendre (intérieur/extérieur, rationnel/irrationnel, sens/non-sens, fondateur/fondé, etc.).

L'origine de toutes ces différences conceptuelles, mais qui n'est pas véritablement une origine (sans quoi on retrouverait l'opposition origine/dérivation, tributaire des oppositions citées précédemment), est la différance avec un a, concept sur lequel Derrida s'explique dans une conférence introductive au recueil d'articles Marges – de la philosophie (1972). La différance est le jeu qui produit les différences particulières.

En 2007, Derrida était considéré par The Times Higher Education Guide[1] comme le troisième auteur le plus cité dans les ouvrages de sciences humaines de l’année.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Derrida est le troisième fils d’Aimé Derrida d'origine séfarade et de Georgette Sultana Esther Safar[2], une famille juive d'Algérie dont les aïeux établis depuis des siècles en Algérie avaient reçu la nationalité française lors de la promulgation du décret Crémieux en 1870[3].

Il grandit en Algérie et subit les lois de Vichy en 1940 lorsque sa famille est déchue pendant deux ans de la nationalité française[4]. De 1935 à 1941, il va à l'école maternelle et primaire d'El-Biar. Les enfants sont obligés de manifester leur attachement au Maréchal de multiples manières. Derrida en qualité de juif doit laisser au deuxième de la classe sa place pour le lever de drapeau. Son frère et sa sœur ont été exclus de l'école pour la même raison[5]. En 1941, il est lui-même exclu du lycée Ben Aknoun et il est inscrit jusqu'en 1943 au lycée Émile-Maupas, mais il ne supporte pas l'atmosphère communautaire. Il retourne au lycée Ben Aknoun en 1944.

Derrida connaît ainsi, durant sa jeunesse, une scolarité mouvementée. Il voit les métropolitains comme oppresseurs et normatifs, normalisateurs et moralisateurs. Sportif, il participe à de nombreuses compétitions sportives et rêve de devenir footballeur professionnel. Mais c'est aussi à cette époque qu'il découvre et lit des philosophes et écrivains comme Jean-Jacques Rousseau, Friedrich Nietzsche, André Gide et Albert Camus. Il commence à écrire un « journal intime ». En 1947-1948, en classe de philosophie au lycée Gautier d'Alger, il lit Bergson et Sartre. En 1948, inscrit en lettres supérieures au lycée Bugeaud, il est marqué par la lecture de Kierkegaard et Heidegger[6].

En 1949, il vient en France pour étudier en classe de première supérieure au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il se lie d'amitié avec Pierre Bourdieu, Michel Deguy ou Louis Marin. Son professeur de philosophie Etienne Borne trouve que ses dissertations sont « plotiniennes[6] ». Il entre — après deux échecs — à l'École normale supérieure en 1952. Il y fait la rencontre de Louis Althusser, agrégé-préparateur. Derrida milite dans des groupes d'extrême gauche non communiste.

Après sa licence en lettres à l'université de Paris, il part aux Archives Husserl de Louvain en 1953-1954. Il obtient le diplôme d'études supérieures en philosophie avec un mémoire concernant Le Problème de la genèse dans la philosophie de Husserl[7], influencé par les travaux de Jean Hyppolite, Tran Duc Thao et Jean Cavaillès. Il suit les cours de Michel Foucault.

Reçu au concours d'agrégation de philosophie de 1956, après un échec en 1955, il part à l'université Harvard comme special auditor. Il commence la traduction et l'introduction de L'Origine de la géométrie de Husserl. Il se marie en juin 1957 avec Marguerite Aucouturier, une psychanalyste qu'il a rencontrée en 1953 par l'intermédiaire de son frère qui étudiait avec lui à l'École normale supérieure.

Il effectue son service militaire de 1957 à 1959 (en pleine guerre d'Algérie) comme enseignant dans une école d'enfants de troupe près d'Alger[7]. Il rencontre souvent Pierre Bourdieu à Alger. Il condamne la politique coloniale de la France et espère une forme d'indépendance pour l'Algérie où pourraient coexister les Algériens et les Français d'Algérie[8].

En 1959, Derrida est affecté au lycée Montesquieu du Mans en classe de lettres supérieures et est invité à la première décade de Cerisy-la-Salle (cycle de conférences auquel il sera invité quatre fois). Il fait son premier voyage à Prague pour rendre visite à la famille de son épouse.

L'année suivante il devient assistant à la faculté des lettres de l'université de Paris. Il y enseigne jusqu'en 1964 (« philosophie générale et logique »). Il publie à cette époque dans les revues Critique et Tel Quel et se lie d'amitié avec Philippe Sollers. Il fréquente également Robert Antelme, Pierre Boulez, Jean Genet, Pierre Klossowski, Francis Ponge et Nathalie Sarraute.

En 1961, il obtient le prix Jean-Cavaillès (prix d'épistémologie) pour son introduction à l'Origine de la géométrie d'Edmund Husserl.

En 1963 naît son premier fils avec Marguerite Aucouturier, Pierre.

En 1963, il donne une conférence au Collège philosophique sur Michel Foucault en sa présence et critique sa thèse sur la folie à propos de Descartes[9].

En 1964 il est nommé maître-assistant d'histoire de la philosophie à l'École normale supérieure sur recommandation d'Althusser et Jean Hyppolite[10]. Il conserve ce poste pendant vingt ans.

Sa participation au colloque de Baltimore à l'université Johns-Hopkins marque le début de ses fréquents voyages aux États-Unis et de l'introduction de la nouvelle pensée française sur le continent américain. La polémique débute en Amérique entre les partisans et les adversaires de la « déconstruction ». Derrida rencontre à cette occasion Jacques Lacan et Paul de Man.

En 1967, ses trois premiers livres sont publiés. Il prononce une conférence à la Société française de philosophie sur « La différance » et publie ses trois grands livres : De la grammatologie, L'écriture et la différence, La voix et le phénomène. Il côtoie régulièrement Edmond Jabès, Gabriel Bounoure ou Maurice Blanchot et s'associe progressivement à Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe et Sarah Kofman. Les éditions Galilée sont fondées à cette époque et deviennent la « voix » de la déconstruction.

En 1967 naît son second fils avec Marguerite Aucouturier, Jean.

Derrida participe aux défilés de Mai 1968 et organise la première assemblée générale à l'École normale supérieure.

Il est accueilli avec une grande hospitalité aux États-Unis, il enseigne dans des dizaines d'universités tandis que son travail se heurte en France à une opposition massive[11].

En 1970 meurt son père Aimé d'un cancer à l'âge de 74 ans.

En 1971, il revient en Algérie après neuf ans d'absence. Il y donne cours et conférence.

En 1974, il met en place un Groupe de recherches sur l'enseignement supérieur philosophique et s'engage contre la Loi Haby de 1975.

En 1975, il devient professeur invité à l'université Yale puis à l'université Cornell comme A. D. White Professor-at-large.

En 1977, il signe les Pétitions françaises contre la majorité sexuelle adressée au Parlement, appelant à l’abrogation de plusieurs articles du Code pénal sur la majorité sexuelle et la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France) avec Michel Foucault, René Schérer, Gabriel Matzneff, Tony Duvert, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et André Glucksmann, Roland Barthes, Guy Hocquenghem, Jean Danet, Alain Robbe-Grillet, Philippe Sollers et Françoise Dolto.

En 1978, Jacques Derrida prend l'initiative de lancer les États généraux de la philosophie à la Sorbonne. Il s'implique de plus en plus dans des actions politiques, domaine qu'il avait apparemment écarté de sa vie professionnelle (il est resté en retrait par rapport aux événements de mai 1968). Ainsi, il soutient toute sa vie la cause démocratique en Afrique du Sud, ce qu'il nomme « l'admiration » de Nelson Mandela ; un de ses ultimes textes, in articulo mortis, est consacré au sujet de la réconciliation (Commission de la vérité et de la réconciliation).

En 1980, en vue de poser sa candidature au poste de professeur laissé vacant par Paul Ricoeur à l'université Paris-X, Derrida soutient à l'université Paris-I une thèse[12] pour le doctorat d'État sur la base d'un ensemble d'anciens travaux des années 1967 et 1972[13]. Le poste à Paris-X fut cependant supprimé par la ministre Alice Saunier-Séïté.

En 1981, il fonde l'association Jean-Hus avec Jean-Pierre Vernant qui aide les intellectuels tchèques dissidents. Il sera arrêté et brièvement emprisonné à Prague (des agents des services tchèques ont dissimulé de la drogue dans ses bagages) à la suite d'un séminaire clandestin. C'est François Mitterrand qui le fera libérer.

Il fonde le Collège international de philosophie en 1983 avec François Chatelet, Jean Pierre Faye et Dominique Lecourt. L'une des traces les plus visibles dans son travail de ce que certains ont considéré comme sa « politisation » aura été la publication en 1993 de Spectres de Marx.

En 1984, alors toujours maître-assistant, il devient directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

En 1984 naît son troisième fils, issu de sa relation hors mariage avec Sylviane Agacinski. Jacques Derrida aura eu trois enfants, trois fils.

Il est Distinguished Professor en philosophie, français et littérature comparée à l'Université de Californie à Irvine aux États-Unis à partir de 1986.

Le 5 décembre 1991 meurt sa mère Georgette. Ses derniers mois de vie ont suscité chez Derrida la rédaction d'un texte autobiographique mêlé de réminiscences augustiniennes, Circonfession[14].

En 1995, Jacques Derrida est membre du comité de soutien à Lionel Jospin. Mais il refuse de l'être en 2002, en raison notamment du jugement qu'il porte sur la politique du gouvernement socialiste sur l'immigration. Sylviane Agacinski, qui fut la compagne de Derrida dont elle a eu un fils, écrit dans son Journal interrompu, publié après la défaite de Jospin : « Je lis le 23 mai dans Libération que Jacques Derrida n'a pas voté au premier tour "par mauvaise humeur contre tous les candidats" ».

En 2002, Jacques Derrida et René Schérer rendent un hommage à Pierre Bourdieu, à l'occasion d'un débat sur la question de l'Hospitalité[15].

À partir de 2003, Jacques Derrida souffre d'un cancer du pancréas et réduit considérablement ses conférences et ses déplacements. Il meurt le 8 octobre 2004 dans un hôpital parisien, à l'âge de 74 ans.

La différance[modifier | modifier le code]

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Le mot « différance » apparaît probablement pour la première fois sous la plume de Derrida dans le texte d'une conférence intitulée « Genèse et structure » et la phénoménologie, prononcée à Cerisy-la-Salle en 1959, reprise ensuite dans L'écriture et la différence (Ed. du Seuil 1967), p. 239. Mais surtout, La différance est le titre d'une conférence prononcée par Derrida le 27 janvier 1968, publiée ensuite dans le Bulletin de la société française de philosophie (juillet-septembre 1968) et dans Théorie d'ensemble (collection Tel Quel) Éditions du Seuil 1968, puis republiée dans Marges – de la philosophie (Éditions de minuit, Paris, 1972, p. 1-29) Dès l'ouverture, Derrida prévient que ce néo-graphisme (la différance) n'est, à la lettre, ni un mot ni un concept, et que l'intervention graphique qui consiste à remplacer le e par un a, « a été calculée dans le procès écrit d'une question sur l'écriture » (p. 4). Si elle concerne bien deux voyelles, elle crée une différence qui « s'écrit ou se lit, mais [...] ne s'entend pas. »(p. 4). Ainsi s'ouvre une série de questions au sujet de l'écriture : « Il n'y a pas d'écriture purement et rigoureusement phonétique » (p. 5). Sous toute écriture dite phonétique prétendant pouvoir dire le sens idéalement et ainsi se passer de l'écriture au sens courant, celle-ci ayant toujours été secondarisée par la métaphysique, il y a un jeu silencieux (donc non-phonétique) de différences (par espacement-temporisation) qui déjà la travaille. Autrement dit, il y a déjà une écriture dans la parole. Il s'agit donc moins, pour Derrida, de reconduire l'opposition entre écriture et parole que de montrer que la seconde inclut (tout en la refoulant) la première.

Plus loin, insistant sur le fait que la différance n'est ni un mot ni un concept, Derrida fait remarquer que le verbe différer dit aussi bien ne pas être identique que remettre à plus tard. Mais le nom de différence, lui, n'évoque pas la temporisation, le délai, le détour du remettre à plus tard. Différance au contraire « devrait compenser cette déperdition de sens » (p.8), le a « provenant immédiatement du participe présent (différant) et nous rapprochant de l'action en cours du différer, avant même qu'elle ait produit un effet constitué en différent ou en différence. » (pp.8-9) Derrida souligne qu'en français, la terminaison en ance « reste indécise entre l'actif et le passif » (p. 9). Ainsi, ajoute-t-il, « ce qui se laisse désigner par "différance" n'est ni simplement actif ni simplement passif » (p. 9).

La problématique du signe et de l'écriture se précise : c'est parce que la « structure classiquement déterminée du signe [...] présuppose que le signe, différant la présence, n'est pensable qu'à partir de la présence qu'il diffère et en vue de la présence différée qu'on vise à se réapproprier » (p.9), que Derrida interroge ce « caractère de secondarité provisoire du substitut [le signe] » (p.10) et lui oppose une différance « originaire » [guillemets nécessaires, faute de quoi le mot dénote encore une présence], laquelle remet en question l'autorité de la présence ou de son simple contraire symétrique, l'absence ou le manque » (p. 10).

Derrida rappelle deux motifs que Saussure estimait inséparables et corrélatifs : l'arbitraire du signe et son caractère différentiel. « Il ne peut y avoir d'arbitraire que parce que le système des signes est constitué par des différences, non par le plein des termes. » (p. 11). La signification ne s'annonce qu'à partir du fonctionnement d'un réseau d'oppositions et de distinctions ; c'est-à-dire de différences « sans termes positifs » (p. 11). Les mots ne sont pas des noyaux compacts. Par conséquent, « le concept signifié n'est jamais présent en lui-même, dans une présence suffisante qui ne renverrait qu'à elle-même. » (p. 11). Tout concept s'inscrit nécessairement dans une chaîne, dans un jeu de différences. La différance est « le mouvement de jeu qui "produit" [...] ces différences, ces effets de différence » (p. 12).

La différance est le mouvement « producteur » des différences : elle est le « processus » par lequel les signifiants se substituent à l'infini, entraînant le besoin d'un idéal qui porterait son sens au langage [réf. nécessaire]. Contemporain du structuralisme, Derrida a repensé la différence qui, chez Ferdinand de Saussure (Cours de linguistique générale), donne sens aux éléments signifiants, par rapport à la répétition de la trace durable de l'institution d'un signifié, comme absence au cœur de la présence. Aussi, la « trace »[réf. nécessaire] ne permet pas de remonter à une quelconque origine : les concepts diffèrent, ne sont jamais pleinement en eux-mêmes et sont intriqués malgré leurs apparentes oppositions : il n'y a aucune vérité première externe puisque le supplément constitue l'origine, il n'y a aucune différence transcendantale à poursuivre[réf. nécessaire].

La déconstruction[modifier | modifier le code]

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Article connexe : Déconstruction.

Derrida a la réputation d'être un écrivain difficile, exigeant pour son lecteur, même pour des philosophes. Son style est dense, il pratique de nombreux jeux de mots et affectionne les allusions. Sa lecture, souvent déconcertante et nécessitant de nombreuses relectures, révèle des ouvertures sur l'avenir de la philosophie. Sa remise en cause d'Husserl et plus largement de la philosophie occidentale le conduit à déconstruire l'approche phénoménologique : pour lui, l'écrit a longtemps été négligé au profit de la parole. Il fait alors la chasse aux impasses méthodologiques. Ce travail prend place dans l'introduction de l'Origine de la Géométrie.

De Platon (Phèdre) à Rousseau et Lévi-Strauss, il dénonce la primauté traditionnelle de la parole, conçue comme « vie » et « présence », sur l’écriture[réf. nécessaire]. Il désigne ce système métaphysique comme logocentrisme, voire phallogocentrisme[16]. Il « déconstruit » donc la métaphysique occidentale, fondée sur la détermination de l’être en tant que présence, en mettant à jour les présupposés qui la sous-tendent et les apories auxquelles elle mène.

En particulier, il s'agit de découvrir, dans les textes de la tradition, l'articulation binaire de concepts que la métaphysique prétend distinguer dans leur pureté :

Chacune de ces oppositions est complice des autres et constitue un ensemble de valeurs qui dépassent le cadre philosophique : cette binarité est proprement politique[réf. nécessaire] et dévalorise systématiquement l'un des termes, pensé comme « accident », « parasite », « excrément ».

Or, le langage, même oral, ne signifie qu’en impliquant mort ou absence du référent[17] : l'itérabilité qui fonde la possibilité du signe inscrit à même celui-ci la coupure de son « origine », la décontextualisation, l'absence du locuteur. Le sens suppose en son cœur absence de référent et de la conscience, car il se déploie dans l’intervalle qui les sépare, dans la convention linguistique qui rend tout signe par définition détachable de son contexte.

Cependant, le travail de la déconstruction assume de ne jamais se libérer pleinement de ce qu’elle démystifie[réf. nécessaire] : elle travaille à même les concepts, en joue pour les jouer contre eux-mêmes, cherche à déplacer les oppositions sans prétendre les anéantir.

Le désir de présence qui habite le désir de sens (que la chose visée soit donnée en tant que telle dans la visée) est contradictoire, puisque le sens n'émerge que dans sa « mortifère »[réf. nécessaire] itérabilité.

Derrida éprouve un cœur d’opacité au cœur du rationnel, identifié comme défaut nécessaire et originaire de présence, comme écart originaire.

Il s’agit, selon François-David Sebbah[réf. nécessaire], d’éprouver et non de produire des résultats positifs.

La trace[modifier | modifier le code]

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Du fait que dans la langue il n'y a que des différences, un jeu de différences (cf. La différance, in Marges – de la philosophie, Éditions de Minuit, 1972, p. 11), et non des termes positifs, qui seraient « pleins », pleinement présents à eux-mêmes, sortes de noyaux stables autonomes, Derrida propose d'appeler « trace » ce qui permet le procès de la signification, à savoir le fait pour un élément de la langue de garder « en lui la marque de l'élément passé » et de se laisser « déjà creuser par la marque de son rapport à l'élément futur ». (Ibid.[réf. nécessaire] p. 13)

Illustrant le jeu de la différance, la trace n'est ni l'absence ni la présence : « La trace n'[est] pas une présence mais le simulacre d'une présence qui se disloque, se déplace, se renvoie, n'a proprement pas lieu, l'effacement appartient à sa structure [...] ». (Ibid.[réf. nécessaire] p. 25) Le présent « devient une fonction dans une structure de renvoi généralisé ». (Ibid.[réf. nécessaire])

Plus généralement, le concept de trace tel que Derrida l'élabore permet de contester d'une certaine façon (déconstruire) l'autorité du présent, de la conscience pleine, du comme tel (auquel la philosophie a toujours cru et sur lequel elle s'est fondée), l'autorité de l'essence, du signifié transcendantal, etc. (Cf. Ibid.[réf. nécessaire] p. 27)

La dissémination[modifier | modifier le code]

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La dissémination est un essai paru d'abord en 1969 dans la revue Critique et qui a ensuite pris place à la fin d'un ouvrage auquel il a donné son nom, en 1972 aux Éditions du Seuil (Paris). Cet essai (p. 319 à 407) s'appuie notamment sur certains textes de Mallarmé et des romans de Philippe Sollers (Drame, Nombres...) pour développer un « concept » inscrit, comme le dit Derrida dans la "chaîne ouverte de la différance, du "supplément", de l' "écriture", du "gramme", du "pharmakon" [...] Dissémination ne veut rien dire en dernière instance et ne peut se rassembler dans une définition [...] Si on ne peut résumer la dissémination, la différence séminale, dans sa teneur conceptuelle, c'est que la force et la forme de sa disruption crèvent l'horizon sémantique[18].

Autrement dit, la dissémination excède la polysémie, car celle-ci « s'organise dans l'horizon implicite d'une résumption unitaire du sens, voire d'une dialectique »[18] « La dissémination, au contraire, pour produire un nombre non-fini d'effets sémantiques, ne se laisse reconduire ni à un présent d'origine simple [...], ni à une présence eschatologique. Elle marque une multiplicité irréductible et générative. »[18] La dissémination est le jeu de ce qui empêche la formalisation sans reste de la signification prétendue d'un texte. C'est le nom d'un « régime moteur du surplus (et du) manque »[18] de sens d'un texte (qu'on a toujours tendance à supposer fini, même s'il y a polysémie). La dissémination, c'est ce qui interrompt la totalisation : « la série des valences sémantiques ne peut plus se fermer ou se rassembler »[19]. Cela dit, le jeu de la dissémination ne promet pas davantage l'ouverture « sur une richesse inépuisable du sens ou sur la transcendance d'un excès sémantique »[19].

Plus simplement, on peut dire de la dissémination qu'elle est, qu'elle porte ou permet une « critique » du sémantisme (naïf ou non), une « critique » du thématisme, une « critique » du simple contenu[20].

Le don[modifier | modifier le code]

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Derrida a publié deux volumes thématisant le don : Donner le temps, aux Éditions Galilée en 1991, et Donner la mort, texte paru d'abord dans le collectif L'éthique du don, ed. Métailié Transitions en 1992, repris en volume chez Galilée en 1999. On peut ajouter d'autres articles évoquant le don, notamment Du « sans prix », ou le « juste prix » de la transaction, texte paru dans le collectif Comment penser l'argent ?, Le Monde Éditions 1992. Résumé en une proposition, le don selon Derrida, pour qu'il y en ait, et s'il y en a, c'est ce qu'on ne peut ni ne doit savoir, cela afin qu'il n'y ait aucune place pour une réappropriation narcissique. Le don est ce qui doit « interrompre le cercle économique du même » (Donner le temps, op. cit. p. 174) et c'est pour cela qu'il faudrait, à la limite, ne pas savoir que l'on donne ni ce que l'on donne. Le don a donc un rapport avec le secret. Un don digne de ce nom serait « un don qui n'est pas présent » (Donner la mort, op. cit. p. 35). Derrida évoque alors le « don de quelque chose qui reste inaccessible, donc non présentable et par conséquent secret. L'événement de ce don lierait l'essence sans essence du don au secret. Car un don, pourrait-on dire, s'il se faisait connaître comme tel au grand jour, un don destiné à la reconnaissance s'annulerait aussitôt. Le don est le secret lui-même, si on peut dire le secret lui-même. Le secret est le dernier mot du don qui est le dernier mot du secret. » Dans Donner le temps, Derrida tente de définir les rapports entre le don, le sacrifice et l'aumône : « Le sacrifice ne propose son offrande que sous la forme d'une destruction contre laquelle il échange, espère ou escompte un bénéfice, à savoir une plus-value ou du moins un amortissement, protection et sécurité. [...] Dès lors que l'aumône est réglée par de la ritualité institutionnelle, elle n'est plus un don pur – gratuit ou gracieux, purement généreux. Elle devient prescrite, programmée, obligée, autrement dit liée. » (p. 174-175)

L'évènement[modifier | modifier le code]

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L'évènement est pour Derrida ce qui ne se laisse pas anticiper. « La puissance ou la pulsion d'archivation peut ouvrir à l'avenir, à l'expérience de l'horizon ouvert : anticipation de l'événement à venir et à ce qu'on pourra en garder en l'appelant d'avance. Mais du même coup, cet accroissement, cette intensification de l'anticipation peut aussi bien annuler l'avenir. C'est le paradoxe de l'anticipation. L'anticipation ouvre à l'avenir, mais du même coup elle le neutralise, elle réduit, elle présentifie, elle transforme en mémoire, en futur antérieur, donc en souvenir, ce qui s'annonce comme à venir demain. » Echographies – de la télévision, Ed. Galilée 1996, p. 118.

« L’évènement, l'autre, c'est aussi ce qu'on ne voit pas venir, ce qu'on attend sans attendre et sans horizon d'attente. » Échographies – de la télévision, op. cit. p. 119

L'évènement doit crever l'horizon d'attente, il doit me surprendre absolument, ne pouvoir être résorbé d'avance. Sans quoi rien n'arrive vraiment qui soit autre.

La question de l'« animal »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L'Animal que donc je suis.

La mort[modifier | modifier le code]

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Les « thèmes » de la mort et du deuil sont évoqués dans presque tous les textes de Derrida. Mais c'est surtout dans Mémoires - pour Paul de Man (Ed. Galilée 1988), Spectres de Marx (Ed. Galilée 1993), Apories (Ed. Galilée 1996) et Chaque fois unique la fin du monde (Ed. Galilée 2003) qu'ils sont le plus thématiquement développés.

Dans Le théâtre de la cruauté et clôture de la représentation, texte repris dans L'écriture et la différence(1967), Derrida évoque la mort à partir de l'horizon de la dialectique : « [la dialectique] est le mouvement indéfini de la finitude, de l'unité de la vie et de la mort, de la différence, de la répétition originaire, c'est-à-dire l'origine de la tragédie comme absence d'origine simple » (p. 364). Cette idée d'unité de la vie et de la mort sera développée dans le séminaire de la fin des années 1970 (non encore publié) intitulé : La vie la mort. Dans La dissémination (1971), à partir de la problématique de la trace comme renvoi et répétition qui excède le désir de propre, Derrida explicite un mouvement du texte de Sollers qu'il analyse en notant que celui-ci compose « avec le désir (du propre), [compte] avec les contradictions de ses forces (car le propre limite la disruption, garde contre la mort, mais regarde aussi vers elle ; la propriété absolue, la proximité indifférenciée de soi à soi est un autre nom de la mort [...] » (p. 368). Plus précisément, c'est donc dans Spectres de Marx (1993) que Derrida développe une série de remarques au sujet de la mort, du travail du deuil (notamment p. 151, 160, 176-177, 185, 187, 203, 209-210), de l'impossibilité d'opposer strictement le vivant au non-vivant (p. 178-179). Page 224, on peut lire que « la mort n'est pas au-delà, hors de la vie, sauf à y inscrire l'au-delà au dedans, dans l'essence du vivant. » Plus loin, (p. 235) est évoquée « la question de la-vie-la-mort », ouvrant à « une dimension du sur-vivre ou de la survivance irréductible et à l'être et à quelque opposition du vivre et du mourir. » Dans Points de suspension (1992), la question du deuil est abordée ainsi : « [La] portée de l'autre mortel "en moi hors de moi" instruit ou institue mon "moi" ou mon rapport à "moi" dès avant la mort de l'autre [...] Je parle du deuil comme de la tentative, toujours vouée à l'échec, un échec constitutif, justement, pour incorporer, intérioriser, introjecter, subjectiver l'autre en moi. Avant même la mort de l'autre, l'inscription en moi de sa mortalité me constitue. Je suis endeuillé donc je suis – mort de la mort de l'autre, mon rapport à moi est d'abord endeuillé, d'un deuil d'ailleurs impossible ». À la page suivante, Derrida dit encore : « Le deuil serait plus originaire que mon être pour la mort. » Dans Apories (1996), Derrida tente de démontrer l'insuffisance de l'affirmation de Heidegger selon laquelle seul le Dasein a un rapport à la mort comme telle, à la mort comme possibilité de l'impossibilité de l'existence. Derrida demande (p. 125) : « comment une possibilité (la plus propre) en tant qu'impossibilité peut encore apparaître en tant que telle sans disparaître aussitôt, sans que le "comme tel" sombre d'avance et sans que sa disparition essentielle fasse perdre au Dasein tout ce qui le distingue [...] de la bête. » Et un peu plus loin (p. 132) : « les animaux ont un rapport très signifiant à la mort [...] même s'ils n'ont pas rapport à la mort comme telle et au "nom" de mort comme tel. [...] Mais l'homme non plus, justement ! ni l'homme en tant que Dasein [...] » [Cf. également les conclusions que Derrida en tire dans les pages suivantes, surtout les pages 134 et 135. Dans Mémoires pour Paul de Man (1988) on retrouve également la problématique du deuil, pp.71-72 dans ses rapports au récit, à la mémoire, etc. Dans Chaque fois unique la fin du monde (2002), on citera ces deux assertions entre beaucoup d'autres : « la mort commence son œuvre avant la mort » (p. 204), « le deuil est le phénomène de la mort et c'est le seul phénomène derrière lequel il n'est rien » (p. 184).

Critiques et postérité[modifier | modifier le code]

Phénoménologie[modifier | modifier le code]

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Derrida a consacré ses premiers travaux à la pensée de Husserl : En 1954, encore étudiant de philosophie à l'École normale supérieure, il rédige un « mémoire pour le diplôme d'études supérieures » intitulé : Le problème de la genèse dans la philosophie de Husserl (mais qui ne sera publié qu'en 1990, aux PUF). En 1959, il prononce une conférence : « Genèse et structure » et la phénoménologie, qui sera reprise dans L'écriture et la différence (Éditions du Seuil, 1967). En 1962 il écrit une très longue introduction à un écrit tardif de Husserl : L'origine de la géométrie (PUF). En 1966, il livre une introduction à la pensée de Husserl intitulée : La phénoménologie et la clôture de la métaphysique (texte paru en langue grecque, traduction Roxane Argyropoulos), qui ne sera publié en français qu'en 2000 dans la revue Alter. En 1967, un volume paraît, qui est consacré au problème du signe dans la phénoménologie de Husserl, et qui a pour titre : La voix et le phénomène (PUF), ainsi qu'un essai : La forme et le vouloir-dire, sous-titré : note sur la phénoménologie du langage, sur le même sujet, repris plus tard dans Marges – de la philosophie aux Éditions de Minuit, en 1972.

Réception américaine[modifier | modifier le code]

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« Héros culturel » aux États-Unis selon Jean-Louis Hue du Magazine Littéraire, il a reçu 21 fois un doctorat Honoris causa, de plusieurs universités. Derrida déclarait avant sa mort au journal L'Humanité : « Je n'ai jamais fait de longs séjours aux États-Unis, le plus clair de mon temps ne se passe pas là-bas. Cela dit, la réception de mon travail y a été effectivement plus généreuse, plus attentive, j'y ai rencontré moins de censure, de barrages, de conflits qu'en France. »[21]. Son œuvre constitue l'un des piliers de la French Theory.

Derrida bénéficie d'une reconnaissance qui va au-delà du monde universitaire. Par exemple, le film de Woody Allen Deconstructing Harry (en 1997, traduit en français par Harry dans tous ses états) est une référence directe aux travaux de cet auteur — « référence » que Derrida jugera d'ailleurs pauvre et décevante au regard de la complexité de ce « concept ».

Philosophie analytique[modifier | modifier le code]

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Derrida est un philosophe rejeté par la très grande partie de la tradition analytique. Ses premiers travaux de portée internationale sont vivement critiqués. Dans son essai sur le philosophe anglais John L. Austin et sa théorie des actes de langage[22], Derrida est ainsi accusé d'énoncer des « pseudo-concepts »[23], l'attaque la plus rude étant venue du philosophe américain John Searle, continuateur de la pragmatique d'Austin, qui dit de Derrida que « sur différents points cruciaux, il ne comprend pas la position d'Austin et [...] l'expose incorrectement »[24]. Une lettre ouverte signée par Barry Smith et différents philosophes, parmi lesquels W. V. Quine, fut publiée en 1992 par le quotidien anglais The Times pour s'opposer à ce que l'université de Cambridge décerne à Derrida un doctorat honoris causa [25]. Cette lettre reprocha notamment aux travaux de Derrida « leur inadéquation aux standards de clarté et de rigueur » et mentionne que « beaucoup de philosophes français ne voient en M. Derrida que la cause d'un embarras silencieux »[26].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jacques Derrida est l'auteur de plus de quatre-vingts livres.

  • Introduction (et traduction) à L'origine de la géométrie de E. Husserl, PUF, 1962.
  • Le Problème de la genèse dans la philosophie de Husserl, Paris, coll. « Epiméthée », PUF, 1990. Rééd. 2010.
Mémoire pour son diplôme d'études supérieures en philosophie à l'École normale supérieure, en 1953-1954.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Jacques Derrida a fait des apparitions dans deux films :

Deux films lui sont consacrés :

Discographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur Derrida et son œuvre[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Collectif: Penser avec Jacques Derrida, (sous la dir. de Joseph Cohen), Rue Descartes, Paris, PUF, no. 52, 2006. Avec les contributions de : M. Crépon, G. Bensussan, R. Zagury-Orly, S. Margel, S. Habib, J. Cohen, P. Sloterdijk, B. Stiegler, et. al.
  • Mark Dooley (en) et Liam Kavanagh, The Philosophy of Derrida, London: Acumen Press, 2006; Montreal: McGill-Queen’s University Press, 2007.
  • Marc Goldschmit, Jacques Derrida, une introduction, Agora Press-pocket, éd. de la découverte, octobre 2003, 2e éd. décembre 2007.
  • Fred Poché, Penser avec Jacques Derrida. Comprendre la déconstruction, Lyon, Chronique Sociale, 2007.
  • Charles Ramond, Derrida : la déconstruction, Paris, PUF, 2008.
  • Collectif: Derrida. L'événement déconstruction, (sous la dir. de Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly), Les Temps modernes, Paris, Gallimard, no. 669-670, juillet-octobre 2012.
  • Pierre-Alexandre Fradet, Derrida-Bergson. Sur l'immédiateté, Paris, Hermann, coll. "Hermann Philosophie", 2014. ISBN 9782705688318
  • Raoul Moati, Derrida et le langage ordinaire, Paris, Hermann, coll. "Le Bel Aujourd'hui", 2014.
  • Jacob Rogozinski, Cryptes de Derrida. Faire part, Paris, Lignes, 2005, réédition 2014.

Colloques[modifier | modifier le code]

  • Les fins de l'homme. À partir du travail de Jacques Derrida, sous la direction de Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, Colloque de Cerisy-la Salle (1980), Éditions Galilée, réédition Hermann, 2013.
  • L'Éthique du don. Jacques Derrida et la pensée du don, (Royaumont 1990), sous la direction de Jean-Michel Rabaté et Michael Wetzel, Métailié-Transition, 1992.
  • Le Passage des frontières - autour du travail de Jacques Derrida, (Cerisy-la-Salle, 1992), sous la direction de Marie-Louise Mallet, Galilée, 1994.
  • L'Animal autobiographique - autour de Jacques Derrida, (Cerisy-la-Salle, 1997), sous la direction de Marie-Louise Mallet, Galilée, 1999.
  • Ghostly Demarcations. A Symposium on Jacques Derrida's Specters of Marx (New York, 1998), sous la direction de Michael Sprinker, éditions Verso, 1999.
  • Judéités - questions pour Jacques Derrida, (Paris, 2000), sous la direction de Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly, Galilée, 2003.
  • La Démocratie à venir - autour de Jacques Derrida, (Cerisy-la-Salle, 2002), sous la direction de Marie-Louise Mallet, Galilée, 2004.
  • Jacques Derrida et l'Algérie, (Alger, 2006), sous la direction de Mustapha Cherif, Bibliothèque nationale d'Alger, 2006.
  • Derrida, la tradition de la philosophie, Colloque d'octobre 2005 organisé par Jean-François Courtine, Francis Wolff et Frédéric Worms. Galilée, 2008.
  • Déconstruire, dit-il... Autour de Jacques Derrida, (Maison de la Recherche de l'université de Paris IV, 20-23 mai 2009) Comité scientifique: Joseph Cohen, Werner Hamacher, Felix Heidenreich, Jean-Luc Nancy, Raphael Zagury-Orly
  • Derrida par une trace itérable [en arabe], (ministère de la Culture, Royaume de Bahreïn, 10-13 août 2009), comité scientifique : Mohammad Ahmad Al Banki, Safaa Fathy.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Peeters, Derrida, Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2010.
  • David Mikics, Who Was Jacques Derrida? An Intellectual Biography, Yale University Press, 2010.
  • Fred Poché, Penser avec Jacques Derrida. Comprendre la déconstruction, Lyon, Chronique Sociale, 2007.

Articles en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The most cited authors of books in the humanities », timeshighereducation.co.uk,‎ 2009-03-26 (consulté le 2009-11-16)
  2. Geoffrey Bennington, Jacques Derrida, University of Chicago Press, 1999
  3. « J’ai participé à une transformation extraordinaire du judaïsme français d’Algérie : mes arrière-grands-parents étaient encore très proches des Arabes par la langue, les coutumes, etc. Après le décret Crémieux (1870), à la fin du XIXe siècle, la génération suivante s’est embourgeoisée », Jacques Derrida, « Je suis en guerre contre moi-même », Le Monde,‎ 19 août 2004 (lire en ligne)
  4. « Moi, l’Algérien » de Jacques Derrida, Le Nouvel Observateur, no 2192
  5. Marc Goldschmidt, Jacques Derrida : une introduction, 2003, p. 230
  6. a et b Goldschmidt (2003), p. 231
  7. a et b « Biographie », sur Site Jacques Derrida (consulté le 21 avril 2010)
  8. Goldschmidt (2003), P. 233
  9. Derrida, « Cogito et Histoire de la Folie », dans L'Écriture et la différence, Seuil, 1967, p. 51-97. Le texte est publié d'abord dans la Revue de métaphysique et de morale en 1964
  10. Jacques Derrida par Jason Powell
  11. Goldschmidt (2003), P. 234
  12. L'Inscription de la philosophie : recherches sur l'interprétation de l'écriture : thèses soutenue sur un ensemble de travaux
  13. Jason Powell, Jacques Derrida: A Biography, Continuum, 2006.
  14. Circonfession est publié dans la marge inférieure de l'ouvrage de G. Bennington consacré au philosophe. L'enregistrement de sa lecture par Derrida lui-même est éditée en 1993 par les éditions Des femmes .
  15. Entretien Jacques Derrida/René Schérer sur la question de l'hospitalité
  16. Le terme de « phallogocentrisme » apparaît pour la première fois chez Derrida en 1972, dans le texte « tympan » (Marges - de la philosophie, p. xvii).
  17. Cf. notamment la lecture du séminaire de la Lettre volée de Lacan, dans La Carte postale, de Socrate à Freud et au-delà, Flammarion, 1980.
  18. a, b, c et d cf.Positions, Editions de minuit, Paris, 1972, p. 61
  19. a et b cf.Positions, Éditions de Minuit, Paris, 1972, p. 63
  20. Le passage le plus éclairant pour comprendre le jeu et l'enjeu de ce « concept » se trouve probablement aux pages 389 à 391 de La dissémination
  21. Jérôme-Alexandre Nielsberg, « Entretien avec Jacques Derrida - Penseur de l’événement », L'Humanité, 28 janvier 2004
  22. « Signature, événement, contexte », dans Marges - de la philosophie, 1972.
  23. « Il faut se résoudre à admettre que les positions de Derrida, quelle que soit leur célébrité et quel qu'ait été leur impact intellectuel, sont totalement inconsistantes. Non seulement nous n'avons pas besoin de pseudo-concepts comme ceux de différance ou d'archi-écriture, mais leur utilisation conduit à de graves errements. » précisent notamment Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughli, La philosophie du langage, PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 80.
  24. John Searle, Pour réitérer les différences, réponse à Derrida, 1991, éd. L'éclat, p. 7, Lien web. Auquel Derrida a répondu dans Limited Inc., Galilée, 1990.
  25. (en) Jeffrey Sims, « Revisiting the Derrida affair with Barry Smith », Sophia, vol. 38, no 2,‎ août 1999, p. 142 (lire en ligne)
  26. Barry Smith et al., "Open letter against Derrida receiving an honorary doctorate from Cambridge University", The Times, 9 Mai 1992.
  27. Voir http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0802280729.html.
  28. Site internet du film Derrida

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]