Jean-Claude Michéa

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Jean-Claude Michéa

Description de cette image, également commentée ci-après

Jean-Claude Michéa lors d'une réunion du MAUSS à Paris en janvier 2008.

Naissance 1950
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession professeur de philosophie, philosophe

Jean-Claude Michéa (né en 1950) est un professeur de philosophie (aujourd'hui à la retraite) et un philosophe français, auteur de plusieurs essais consacrés notamment à la pensée et à l'œuvre de George Orwell.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Abel Michéa, résistant communiste pendant la Seconde Guerre mondiale, il passe l'agrégation de philosophie en 1972 à l'âge de vingt-deux ans. Engagé au Parti communiste français, il s'en écarte en 1976.

Professeur de philosophie au lycée Joffre à Montpellier depuis la fin des années 1970 (il a pris sa retraite à la fin de l'année scolaire 2009-2010), Jean-Claude Michéa est connu pour ses prises de positions très engagées contre les courants dominants de la gauche qui, selon lui, ont perdu tout esprit de lutte anticapitaliste pour laisser place à la « religion du progrès[1] ».

Pensée[modifier | modifier le code]

Prônant des valeurs morales proches du socialisme de George Orwell, Jean-Claude Michéa fustige l'intelligentsia de gauche qui s'est selon lui éloignée du monde prolétarien et populaire[2]. Il défend des valeurs morales collectives dans une société de plus en plus individualiste et libérale, faisant exclusivement appel au droit et à l'économie pour se justifier. Il « considère que les idéaux bourgeois libéraux ont triomphé du socialisme en le phagocytant » et « déplore que le socialisme ait accepté les thèses du libéralisme politique[3] ».

Participant depuis de nombreuses années à l'entraînement d'adolescents, il a publié un livre sur le football, tout à la fois éloge de ce sport populaire par excellence, et critique de l'industrie footballistique. Selon lui, le football est mis à mal par les doctrines comme le merchandising et le supporter qui en sont les conséquences les plus néfastes.

Puis, dans L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, Michéa développe la théorie selon laquelle l'enseignement serait passé d'un enseignement tourné vers la culture générale et l'émancipation intellectuelle du citoyen à une formation préparant l'individu à la compétition économique du XXIe siècle.

Dans Impasse Adam Smith, Michéa considère que la gauche est une alliance entre le socialisme et le progressisme formée lors de l'Affaire Dreyfus, qui ne peut se faire qu'au détriment du socialisme, la gauche ne faisant ainsi que livrer un peu plus le monde à l'emprise économique du libéralisme économique. Pour Michéa, le libéralisme est structurellement une idéologie progressiste, opposée aux positions conservatrices ou réactionnaires comme l'avait souligné Marx. De la droite à l'extrême gauche, une idéologie libérale est selon lui à l'œuvre. L'essai qu'il a publié en 2007, L'Empire du moindre mal, est consacré à cette question. Son livre a fait l'objet d'un accueil critique plutôt positif chez les partisans de la décroissance[4] ou la Revue du MAUSS[5],[6]. Sa position est proche de celle du philosophe Dany-Robert Dufour dans son ouvrage Le Divin marché.

Dans les Mystères de la gauche (2013), il poursuit cette critique de la gauche, qui selon lui, « ne signifie plus que la seule aptitude à devancer fièrement tous les mouvements qui travaillent la société capitaliste moderne, qu'ils soient ou non conformes à l'intérêt du peuple, ou même au simple bon sens ». La gauche étant devenue identique à la droite, cherche à dissimuler cette proximité en mettant en avant les questions « sociétales »[7].

Jean-Claude Michéa est également l'un des principaux introducteurs en France de l'œuvre de l'historien américain Christopher Lasch, dont il a préfacé plusieurs ouvrages dans leur traduction française[8].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Orwell, anarchiste tory, Climats,‎ 1995 (ISBN 978-2841580002)
  • Les Intellectuels, le peuple et le ballon rond, Climats,‎ 1998 (ISBN 978-2841580934)
  • L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, Climats,‎ 1999 (ISBN 978-2841581214)
  • Les Valeurs de l'homme contemporain, Éditions du Tricorne,‎ 2001 (ISBN 978-2829302237)(avec Alain Finkielkraut et Pascal Bruckner)
  • Impasse Adam Smith : Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche, Climats,‎ 2002, réédition Champs-Flammarion, 2006[9].
  • Orwell éducateur, Climats,‎ 2003 (ISBN 978-2841582334)
  • L'Empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale, Climats,‎ 2007 (ISBN 978-2081220430), réédition Champs-Flammarion, 2010.
  • La double pensée : Retour sur la question libérale, Climats,‎ 2008 (ISBN 978-2081218390)
  • Le complexe d'Orphée : la Gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès, Climats,‎ 2011 (ISBN 2081260476)[10],[11],[12]
  • L'âme de l'homme sous le capitalisme, postface à La culture de l’égoïsme - Discussion entre C. Lasch et C.Castoriadis, Climats, 2012.
  • Les mystères de la gauche : de l'idéal des Lumières au triomphe du capitalisme absolu, Climats,‎ 2013 (ISBN 2081297892)[13]
  • Le plus beau but est une passe, Flammarion, coll. « Climats »,‎ 2014 (ISBN 978-2081313149)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans un entretien qu'il a accordé à la revue A Contretemps , J.-C. Michéa revient longuement sur son milieu familial, son parcours politique et sa formation intellectuelle (A Contretemps, n° 31, juillet 2008).
  2. P. Ansay, "Jean-Claude Michéa, philosophe communautarien socialiste", in POLITIQUE, revue de débats, Bruxelles, n°73, janv.-fév. 2012, pp. 86-92.
  3. Revue française de science politique, Vol. 55 2005/3, p. 558.
  4. Recension du livre sur decroissance.info
  5. Recension du livre sur www.journaldumauss.net
  6. Compte-rendu de la réunion du MAUSS du 16 février 2008 avec Jean-Claude Michéa autour de son livre.
  7. Jean-Claude Michéa: "Pourquoi j'ai rompu avec la gauche", entretien avec Aude Lancelin, marianne.net, 12 mars 2013
  8. Revue du MAUSS, n°22, 2003/2, p. 429.
  9. « Un véritable ouvrage d’analyse » selon Jean-Louis Perrault, maître de conférences en sciences économiques à l'Université de Rennes 1.
  10. « "Le Complexe d'Orphée", de Jean-Claude Michéa : Michéa, c'est tout bête », critique du livre par Luc Boltanski pour Le Monde des livres du 6 octobre 2011.
  11. Paul Gilbert, « Jean-Claude Michéa, Les blancs et les rouges », La Revue Critique,‎ Vendredi 7 octobre 2011 (consulté en 28.10.2011)
  12. Le magazine Causeur lui consacre un dossier spécial en octobre 2011 http://www.causeur.fr/causeur-magazine-40-pour-en-finir-avec-la-gauche,12125
  13. Benjamin CARACO,  De quoi la gauche est-elle devenue le nom ? , Nonfiction,‎ 2 avril 2013 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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