Phallocratie

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Le terme phallocratie (du grec phallos, « pénis en érection » et cratos « pouvoir ») désigne la domination sociale, culturelle et symbolique exercée par les hommes sur les femmes. Par extension, elle est utilisée pour désigner une structure sociale misogyne, patriarcale et sexiste.

Portée[modifier | modifier le code]

Le clergé catholique est souvent représenté chez les féministes comme étant phallocrate[1]. La culture du viol est aussi très souvent présentée comme étant phallocrate.

Phryné devant l'aréopage (1861), Hamburg Kunsthalle
- Peinture de Jean-Léon Gérôme

Dénonciation[modifier | modifier le code]

Les premières critiques de la société phallocratique vinrent avec l'Humanisme et le siècle des Lumières. Lors de la Révolution française, des femmes révolutionnaires tentèrent d'obtenir que l'émancipation des citoyens aille de pair avec celle des citoyennes. Cette critique et cette exigence se développèrent fortement chez les intellectuels, et surtout les intellectuelles notamment anarchistes, durant tout le XIXe siècle. Ce n'est toutefois qu'au début du XXe siècle que les premières victoires s'obtinrent.[À attribuer]

Début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La première victoire du féminisme eut lieu au début du XXe siècle[2] avec la conquête du droit de vote ; auparavant on considérait que « les affaires politiques étaient considérées comme hors de portée de l'esprit féminin et il n'était donc pas question que les femmes puissent voter » — Source.

Années soixante[modifier | modifier le code]

Le terme fut employé pendant la révolution sexuelle[3] pour caractériser un ordre établi dans lequel cette définition et ses traits caractéristiques étaient jusqu'alors invisibles puisqu'enfouis dans la tradition patriarcale transmise socialement.

« À bas la phallocratie » fut une expression d'accusation et de revendication lancée par les femmes et hommes se revendiquant du féminisme, durant les manifestations dans les années qui accompagnèrent mai 68 en Europe.

En ce sens, l'existence du mot dépend des progrès du féminisme. Il est notable que pendant la période correspondant à la troisième vague féministe, le terme est tombé en désuétude et n'est plus décrié.

En bande dessinée[modifier | modifier le code]

Les aristocrates de la cité de Valsennar de la BD Le Pays sans étoile (1971), série Valérian, agent spatio-temporel, sont des phallocrates (au sens premier donné dans cet article) au pouvoir absolu sur les femmes. Cette bande dessinée correspond à la période susdite et donne une parabole S.F. aux conflits qui s'assimilaient à une guerre des sexes. Elle dépasse les clivages classiques et montre des princes de Valsennar dont les mœurs les rendent efféminés par le raffinement de la vie de courtisans, observant un concours d'odalisques dont Laureline fait partie bien contre son gré.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. On notera par exemple le livre de la théologienne féministe Uta Ranke-Heinemann, Des Eunuques pour le royaume des cieux (trad. Monique Thiollet, collection Pluriel, Ed. Robert Laffont, Paris, 1990), qui emploie les termes eunuques et phallocratie pour décrire le clergé.
  2. Première vague du féminisme (en)
  3. Seconde vague du féminisme (en)

Articles connexes[modifier | modifier le code]