Droit de réponse

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Le droit de réponse permet, en France, à toute personne, physique ou morale, "nommée ou désignée" dans un média de faire publier sa version des faits.

Ce droit existe en France, en fonction des médias, depuis la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, prévu à l'article 13[1], depuis la loi de 1974 sur la communication audiovisuelle, via l'article 6 de sa version remaniée en 1982, et depuis Loi pour la confiance dans l'économie numérique et ses décrets d'application de 2007.

La réponse doit être demandée dans les trois mois à compter de la publication de l'article ou de la diffusion. Le média a trois jours pour la publier ou la diffuser, délai réduit à 24 heures en période de campagne électorale. Il doit la présenter dans le même corps typographique. La diffamation en droit français est plus facile à invoquer lorsque le droit de réponse est refusé.

Le droit de réponse n'est pas conditionné à la mise en cause de l'honneur d'une personne et à la rectification de l'erreur matérielle. Son objectif traditionnel est de permettre une information la plus complète du public. Néanmoins, pour éviter l'opportunisme de partis politiques qui demanderaient systématiquement des droits de réponse pour publier des tribunes, et parce que le droit de réponse est une limite à la liberté d'expression, la jurisprudence tend à restreindre ce droit au visa de l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Avec l'apparition de nouveaux médias, le droit de réponse a été étendu et connait alors des limites spécifiques:

  • Dans l'audiovisuel français, il ne peut être exercé que s'il y a eu atteinte à l'honneur ou à la réputation,
  • Sur l'internet français, où il n'y a pas de rareté de place, après bien des discussions, la Loi pour la confiance dans l'économie numérique fait partir le délai de trois mois du jour où l'article concerné a été publié, et non du jour où il a été retiré. Le décret d'application du 24 octobre 2007 (n°2007_1527) [2] déclare que la procédure "ne peut être engagée lorsque les utilisateurs sont en mesure, du fait de la nature du service de communication au public en ligne, de formuler directement les observations qu'appelle de leur part un message qui les met en cause."

Il existe des droits similaires dans d'autres pays d'Europe, mais il est loin d'être uniformisé[3].

Aux États-Unis, le droit de réponse n'existe pas. Si Joseph McCarthy a pu apparaître dans l'émission qui le critiquait pour répondre aux critiques du présentateur Edward R. Murrow[4], il ne s'agit pas d'un « droit de réponse » comme le disent certains médias français[5], mais d'une faveur que lui fit la chaîne pour apaiser les tensions.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dont l'alinéa premier prévoit à ce jour que : "Le directeur de la publication sera tenu d'insérer dans les trois jours de leur réception, les réponses de toute personne nommée ou désignée dans le journal ou écrit périodique quotidien sous peine de 3 750 euros d'amende sans préjudice des autres peines et dommages-intérêts auxquels l'article pourrait donner lieu".
  2. Décret n° 2007-1527 du 24 octobre 2007 relatif au droit de réponse applicable aux services de communication au public en ligne et pris pour l'application du IV de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique
  3. transfert.net./ "Le droit de réponse doit être transposé à l'internet" [Emmanuel Derieux]
  4. Clooney lectures in black and white - Telegraph
  5. Good night and good luck : Mac Carthy contre CBS