Robert Aron

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Robert Aron ( au Vésinet - à Paris) est un écrivain français, auteur d’essais politiques et d’ouvrages historiques et membre de l’Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du fondé de pouvoir d'un agent de change, Robert Aron est issu d'une vieille famille de la bourgeoisie juive originaire de l'est de la France, il fut élève au lycée Condorcet. Mobilisé à la fin de la Première Guerre mondiale, il part pour le front où, officier, il est blessé en 1918.

Agrégé de lettres après la guerre, il n'enseigne pas et entre aux éditions Gallimard. Secrétaire pendant un temps de Gaston Gallimard, il se lance aussi dans le journalisme cinématographique, à La Revue du cinéma, et dans le journalisme politique, au service étranger de la Revue des deux Mondes. Sa fréquentation des milieux surréalistes, la création, avec Antonin Artaud et Roger Vitrac, du théâtre Alfred Jarry comme son intérêt pour le cinéma traduisent sa curiosité pour les expressions les plus modernistes et les plus provocantes de l'avant-garde littéraire et artistique de l'après-guerre.

Toutefois, quelque peu déçu par ses premières expériences, sa vie va prendre un nouveau cours lorsqu'une rencontre fortuite l'amène, en 1927, à retrouver un ancien condisciple du lycée Condorcet, Arnaud Dandieu. Il entreprend avec celui-ci un travail systématique de recherches philosophiques et politiques qui se traduira au début des années 1930 par la publication de trois ouvrages : Décadence de la nation française (1931), Le Cancer américain (1931) et La Révolution nécessaire (1933). Ces recherches constituent une des principales bases théoriques sur laquelle se crée à partir de 1930 le groupe l'Ordre nouveau, qui, avec Esprit, constitue l'une des manifestations les plus originales du courant personnaliste des non-conformistes des années 1930. En collaboration étroite avec Arnaud Dandieu, puis seul, après le décès brutal de celui-ci en 1933, Robert Aron prend une part très active à toutes les activités et manifestations de L'Ordre nouveau jusqu'à la disparition du mouvement en 1938. Par la suite, Robert Aron continuera à rattacher les activités qui seront les siennes à cet engagement initial.

En 1940, la mobilisation interrompt ses activités éditoriales à la NRF (où il écrit depuis 1922). En 1941, il est victime d'une des premières opérations d'arrestation collective dirigée contre les juifs et est interné au camp de Mérignac près de Bordeaux. Relâché, il est interdit de séjour à Paris et s'installe à Lyon, où il est mêlé, par l'intermédiaire de son ami Jean Rigaut, aux préparatifs du débarquement américain en Afrique du Nord. Après celui-ci, grâce notamment à l'aide que lui apporte Jean Jardin, un ancien de L'Ordre Nouveau, alors directeur de cabinet de Pierre Laval, il parvient à gagner Alger, où il fait partie des premières équipes administratives du général Giraud puis du général de Gaulle. Avec Lucie Faure et Jean Amrouche, il y fonde la revue La Nef, dont il restera un des animateurs jusqu'en 1952. En 1944-1945, il contribue à la création du mouvement La Fédération et restera jusqu'à sa mort un militant actif du Mouvement fédéraliste français, collaborant régulièrement au mensuel Le XXe siècle Fédéraliste et participant à diverses initiatives en faveur de la création d'une fédération européenne, qui l'amènent à se retrouver aux côtés de certains anciens responsables de L'Ordre Nouveau, comme Alexandre Marc ou Denis de Rougemont.

Ayant repris après la Libération des activités éditoriales, notamment à la Librairie académique Perrin puis aux éditions Fayard, Robert Aron entreprend, à partir de 1950, un important travail de recherches historiques portant sur l'histoire contemporaine de la France, avec, notamment, Histoire de Vichy (1954), Histoire de la Libération (1959), Histoire de l'Epuration (1967-1975). Par ailleurs, son agnosticisme des années 1930 ayant fait place à un retour à la foi juive, Robert Aron va, après 1945, consacrer une part importante de sa réflexion aux questions religieuses et au dialogue entre juifs et chrétiens.

En 1954, Robert Aron publie Histoire de Vichy, cet ouvrage est caractérisé par la faible importance donnée à l'implication du Gouvernement français dans la collaboration, notamment en ce qui concerne la déportation. Il est aussi à l'origine de La théorie du "glaive et du bouclier", selon laquelle Philippe Pétain aurait été le bouclier des Français pendant la Guerre. Il aurait permis à la France de n'avoir "que 95 000 déportés", et son rôle serait resté secret. À contrario le Général de Gaulle est présenté comme le "glaive": il serait la partie visible de la Résistance française. Néanmoins cette théorie sera à la fin des années 1960 invalidée par Robert Paxton, historien américain, spécialiste de Vichy.

Académie française[modifier | modifier le code]

Robert Aron est élu membre de l’Académie française le , le même jour que Maurice Schumann. Il meurt subitement, le , cinq jours avant la date prévue pour sa réception solennelle sous la Coupole. Son discours de réception avait cependant été lu et approuvé en séance privée le 17 avril. L’hommage à son prédécesseur au 32e fauteuil, Georges Izard, a donc été prononcé ; c’est pourquoi son successeur, Maurice Rheims, dans son discours de réception n’a prononcé que l’hommage de Robert Aron et non celui de Georges Izard.

Note[modifier | modifier le code]

Robert Aron est inhumé dans le cimetière communal de La Teste-de-Buch. Il est un lointain parent de Raymond Aron, dont l'un des frères se prénommait également Robert.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Décadence de la nation française, 1931, avec Arnaud Dandieu.
  • Le Cancer américain, 1931, avec Arnaud Dandieu.
  • La Révolution nécessaire, 1933, avec Arnaud Dandieu.
  • Dictature de la liberté, Paris Grasset, 1935.
  • Retour à l'Eternel, Albin Michel, 1946.
  • Principes du Fédéralisme, Le Portulan, 1948, avec Alexandre Marc.
  • Les Frontaliers du Néant, Éditions de Flore, 1949.
  • Histoire de Vichy - 1940-1944, avec Georgette Elgey, éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », Paris, 1954, 766 p.
  • Ce que je crois, Grasset, 1955.
  • Histoire de la libération, Fayard, 1959.
  • Les Années obscures de Jésus, Paris, Grasset, 1960.
  • Les Origines de la Guerre d'Algérie, Fayard, 1962.
  • Le Dieu des origines, des cavernes au Sinaï, Librairie académique Perrin, 1964.
  • Les grands dossiers de l'histoire contemporaine, Librairie académique Perrin, Paris, 1962-1964. Nouvelle édition : Pocket, Paris, 1965.
  • Nouveaux grands dossiers de l'histoire contemporaine, Paris, Pocket, 1967.
  • Le Socialisme Français face au marxisme, Grasset, 1971.
  • Histoire de l’épuration, coll. « Les grandes études contemporaines ». Tome 1 : « De l’indulgence aux massacres, novembre 1942-septembre 1944 », Fayard, Paris, 1967. Tome 2 : « Des prisons clandestines aux tribunaux d’exception, septembre 1944-juin 1949 », Fayard, Paris, 1969. Tome 3, volume 1 : « Le monde des affaires, 1944-1953 », Fayard, Paris, 1974. Tome 3, volume 2 : « Le monde de la presse, des arts, des lettres, 1944-1953 », Fayard, Paris, 1975.
  • Discours contre la Méthode, Plon, 1974, Préface d'Arnaud Dandieu.
  • Les Grandes Heures de la 3e République, 6 tomes, Librairie Académique Perrin, 1968-1969

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]


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1974-1975
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