Race humaine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Race (homonymie).

La notion de race humaine est employée pour établir des classifications internes à l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels[1],[2],[3]. Le concept de « race », qui n'est plus utilisé pour la taxinomie du vivant, a été appliqué à partir du XIXe siècle pour distinguer des groupes humains selon des critères arbitraires[4] (religion, nationalité, couleur de la peau, origine géographique…). Il est employé par des idéologues racialistes[4] ou des acteurs politiques promouvant une idéologie raciste.

Les études scientifiques, fondées depuis le milieu du XXe siècle sur la génétique, ont montré que le concept de « race » n'est pas pertinent pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l'espèce humaine car la variabilité génétique entre individus d'un même sous-groupe est plus importante que la variabilité génétique moyenne entre sous-groupes géographiques[5],[6]. Le consensus scientifique actuel rejette en tout état de cause la présence d'arguments biologiques pour légitimer la notion de « race »[7], reléguée à une représentation arbitraire selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels ou politiques[8], comme les identités[9].

Signification[modifier | modifier le code]

Le terme « race » a été utilisé à partir du XIXe siècle pour distinguer des groupes humains selon des critères arbitraires[4] (religion, nationalité, couleur de la peau, origine géographique…). Il est encore utilisé, par des idéologues racialistes[4] ou des acteurs politiques promouvant une idéologie raciste, pour classer dans des catégories les populations humaines selon des critères morphologiques ou culturels[1],[3].

Bien qu'il n'existe pas de « races humaines », on constate une « pluralité humaine »[10] sans hiérarchie liée. Depuis l'achèvement du séquençage du génome humain en 2004, un certain nombre d'analyses génétiques basées sur des polymorphismes génétiques permettraient de distinguer une répartition par « groupe géographique » de certains polymorphismes pertinents du génome humain et à fréquence allélique suffisante. Bien que, comme le rappelle le professeur Jens Reich, les humains possèdent 99,9 % de gènes en communs[11], ou 99,5% pour le généticien Craig Venter [12],[13], l'équipe de Luigi Luca Cavalli-Sforza[14] suggère que les Homo sapiens se répartissent en neuf « populations » de base tout en précisant que « en réalité dans l'espèce humaine, l'idée de "race" ne sert à rien. La structure des populations humaine est extrêmement complexe ; elle varie d'une région du monde à une autre, d'un peuple à un autre ; on rencontre toujours une infinité de nuances dues à des migrations constantes à l'intérieur des frontières et au-delà des frontières qui rendent impossible des séparations tranchées. »[15].

Généralités[modifier | modifier le code]

La notion de race, entendue en termes biologiques, est tardive et se rattache à une période précoce de la science moderne tentant une classification en espèces et en sous-espèces, qui ne concernait d’abord que les végétaux et les autres animaux (Linné XVIIe siècle). Au XIXe siècle, on commence à parler de « races » au sein de l’espèce humaine avec le même sens que les races animales classiques[16]

Joseph Arthur de Gobineau popularise au milieu du XIXe siècle une nouvelle acception, dans son essai raciste, Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855), dans lequel il prenait parti en faveur de la thèse polygéniste selon laquelle l'espèce humaine serait divisée en plusieurs races distinctes, que l'on pourrait selon lui hiérarchiser. Le racialisme, ou encore racisme scientifique, deviendra alors l'idéologie prédominante dans les milieux savants et dans l'anthropologie physique, couplé à l'évolutionnisme, au darwinisme social et aux théories eugéniques développées par Francis Galton. L'habillage de visions racistes par le discours scientifique - que Canguilhem dénommera « idéologies scientifiques » - sera largement discrédité par sa conséquence logique découverte en 1945 : le génocide des Juifs européens par l'Allemagne nazie.

Afin d'éviter l'usage impropre du terme « race », l'Unesco recommanda, au milieu des années 1950 d'instaurer la notion d'ethnie, laquelle insiste fortement sur les dimensions culturelles au sein d'une population humaine (langue, religion, us et coutumes, etc.). Pour autant, quelques tentatives racialistes perdurent, comme l'a montré la publication de The Bell Curve (1994), par Richard Herrnstein et Charles Murray, estimant que le quotient intellectuel inférieur des Noirs américains était d'origine génétique et ne pouvait pas être corrigé par des mesures sociales. Le même reproche est fait à certaines lectures de la sociobiologie, qui cherchent l'éventuelle origine génétique des comportements sociaux y compris altruistes[17].

La segmentation en races humaines a été très répandue à l’époque de la flambée des nationalismes qui a donné lieu à des interprétations racistes se qualifiant de science. Certains ouvrages comme le Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, de Bechtel et Carrière, montrent que ces préjugés s'exerçaient tout autant entre pays européens à la même époque. La deuxième moitié du XXe siècle abandonna peu à peu cette idée sous trois influences : ambiguïtés du terme ; rôle joué par ces idées dans les quinze années du nazisme ; ouvrages de Claude Lévi-Strauss et de Franz Boas qui ont transformé l'anthropologie et mis en évidence les phénomènes d'ethnocentrisme propres à toute culture.

Aujourd’hui le terme continue d'alimenter les débats autour de la biologie, bien que les scientifiques lui préfèrent la notion de population, désignant un groupe humain quel qu'il soit. En France, il tend à disparaître des autres sciences, anthropologie, ethnologie au profit de la notion majoritairement culturelle d'ethnie. On parlera ainsi de populations géographiques en biologie, et de différences entre cultures pour l’anthropologie et l’ethnologie. Pour autant, il continue à être employé dans le reste du monde et en particulier dans les pays anglophones, mais aussi dans les textes législatifs français. Cela amène à s'interroger sur les phénomènes de la race en tant que construction sociale, problème au cœur des Race studies menées en Amérique du Nord (études liées aux critiques du post-colonialisme et aux Gender studies qui étudient le genre en tant que construction sociale.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le terme « race » est parfois utilisé dans le langage courant pour désigner des groupes «ethniques», géographiques ou culturels.

Dans des pays anglophones, comme les États-Unis ou le Canada, le terme race (ou « ethnicity ») est utilisé pour faire référence à l'origine dite «ethnique» déclarée par un individu, sans qu'il y ait de consensus sur les catégories utilisables. Au Québec, où l'utilisation du mot « race » (« race noire », « race blanche »…) ne suscite guère de débat, il est toutefois plus convenu d'utiliser dans les discours et les écrits plus formels le terme « origine ethnique », suivi de la nationalité[réf. nécessaire]. En France, l'utilisation dans un cadre officiel d'une mention raciale est interdite, la Constitution mentionne l'égalité de tous devant la loi, « sans distinction d'origine, de race ou de religion »[18]. Le 16 mai 2013, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi « visant à supprimer le terme de race de la législation française »[19].

Définitions et considérations linguistiques[modifier | modifier le code]

Selon le Trésor de la Langue Française Informatisé, le mot « race » signifie en biologie « Subdivision de l'espèce fondée sur des caractères physiques héréditaires, représentée par une population. » Plus précisément en anthropologie, ce mot signifie :

  • « 1. Groupement naturel d'êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités. »
  • « 2. Ensemble de personnes qui présentent des caractères communs dus à l'histoire, à une communauté, actuelle ou passée, de langue, de civilisation sans référence biologique dûment fondée. »[20]

Le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française propose également plusieurs définitions. Ainsi, pour la biologie :

  • « Subdivision de l'espèce, à caractères héréditaires, et dont les individus constituent une population définie par certaines limites de nature géographique, écologique, physiologique, biologique, morphologique, etc. »
  • « Population d'une espèce qui montre des caractères héréditaires discontinus et distincts des autres populations. »

En ethnologie, il propose la définition suivante : « Regroupement d'êtres humains, qui se distingueraient par des traits physiques communs héréditaires, généralement la couleur de leur peau, sans aucun égard à leur langue, à leur culture ou à leur pays d'origine. » Une note précise : « Utilisé dès le XVIe siècle, le terme race désigne alors l'ensemble des membres (ascendants et descendants) d'une même famille, ou d'un même peuple. Appliqué dans le domaine zoologique, il sert à classer les variétés d'animaux, qui ont des traits communs héréditaires, comme les chiens ou les chevaux (d'où par exemple l'expression chien de race). Au XVIIIe siècle, la notion s'étend aux êtres humains. On tente alors un « découpage » de l'espèce humaine en races distinctes et selon une hiérarchie. Cette conception raciste du monde prend son essor au XIXe siècle, avec l'étude de la variété des races humaines, liée, entre autres, aux progrès de la science et à l'idéologie de la supériorité de la « race » blanche. Cet héritage intellectuel verra son apogée dans la doctrine nazie du XXe siècle. Les atrocités commises lors de la Deuxième Guerre mondiale ont forcé à une prise de conscience sur cette notion de « race », non fondée scientifiquement, et qui a servi d'assise au racisme et à ses pratiques. Elle a donc progressivement été abandonnée au profit de l'idée d'un être humain universel. La déclaration de l'Unesco datée du 20 juillet 1950 a d'ailleurs conclu que « l'humanité est une et que tous les hommes appartiennent à la même espèce ». On parlerait par exemple de race blanche, noire ou jaune, mais ces appellations sont péjoratives. »[21].

Selon l'Encyclopédie Universalis :

« Utilisé pour signifier la différence entre les groupes humains, le mot « race » s'attache à des caractères apparents, le plus souvent immédiatement visibles. Les plus frappantes de ces différences sont chez l'homme la couleur de la peau, la forme générale du visage avec ses traits distinctifs, le type de chevelure [cf. ANTHROPOLOGIE PHYSIQUE] . Ces variations sensibles, sitôt reconnues, sont interprétées par le système de valeurs propre à chaque culture. Un tout jeune enfant blanc qui rencontre pour la première fois un enfant noir, et s'il n'a pas encore reçu de ses parents le schéma culturel raciste, se demandera pourquoi l'autre s'est mis de la couleur et, en lui serrant la main, il regardera la sienne pour voir si cette couleur déteint. Ce comportement marque la découverte d'une différence qu'il demandera à l'adulte d'expliquer ; ici commence le discours sur les « variétés dans l'espèce humaine ». »

— © Encyclopædia Universalis 2006, tous droits réservés

Dans Le Racisme expliqué à ma fille, Tahar Ben Jelloun écrivait :

« Le mot « race » ne doit pas être utilisé pour dire qu'il y a une diversité humaine. Le mot « race » n'a pas de base scientifique. Il a été utilisé pour exagérer les effets de différences apparentes, c'est-à-dire physiques. On n'a pas le droit de se baser sur les différences physiques — la couleur de la peau, la taille, les traits du visage — pour diviser l'humanité de manière hiérarchique c'est-à-dire en considérant qu'il existe des hommes supérieurs par rapport à d'autres hommes qu'on mettrait dans une classe inférieure. Je te propose de ne plus utiliser le mot « race ». » [22]

Cela rejoignait la proposition faite par l'Unesco au lendemain de la Seconde Guerre mondiale de substituer l'expression « groupe ethnique », plus scientifique et incluant les composantes culturelles, au terme vague et confus de « race », lequel n'a pas de signification rigoureuse[23].

Toutefois, la notion de groupe ethnique ne reflète pas de composante biologique comme le fait la notion de race et constitue ainsi un substitut imparfait pour cette notion. Ainsi, dans une approche différenciée que l'on retrouve au sein de la vaste majorité de la communauté internationale dans le cadre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale[24], la notion de race humaine est parfaitement admise comme une réalité non seulement linguistique mais relevant également du fait social et distincte de l'ethnie. Par exemple, le législateur suisse, dans le contexte du phénomène raciste, fournit explicitement l'explication suivante sur les notions de race et ethnie contenues dans cette convention :

« Les motifs de distinction illicites visés par la Convention ne se limitent pas, comme on pourrait le croire à première vue, à des signes distinctifs physiques. Alors que la « race » et la « couleur » sont des caractéristiques biologiques et physiques, « l'ascendance » désigne l'appartenance sociale ; par la notion d'« origine nationale ou ethnique » viennent encore s'ajouter des composantes linguistiques, culturelles et historiques. De toute façon, la notion de race comprend des éléments subjectifs et sociaux : dans ce sens large — sociologique —, la race est un groupe d'êtres humains qui, en raison de caractères héréditaires et immuables, se considère lui-même ou est considéré comme différent des autres groupes. » (FF 1992 III 265, 275[25],[26])

Historique de la notion[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Antiquité[modifier | modifier le code]

En Égypte antique, on distinguait : les Rot ou Égyptiens, peints en rouge, les Namou, jaunes avec un nez aquilin, les Nashu, noirs avec des cheveux crépus, les Tamahou, blonds aux yeux bleus[réf. nécessaire]. Cette classification ne s’appliquait qu'aux populations voisines de l'Égypte[réf. nécessaire].

Chez les Grecs de l'Antiquité, les divisions entre les peuples ne sont pas fondées sur des critères biologiques ; ce qui fait la différence entre un Grec et un Barbare n'est pas son origine mais sa connaissance de la langue et de la culture grecques.

Des interprétations médiévales de l'Ancien Testament divisaient les hommes en fils de Cham, fils de Sem et fils de Japhet.

Âge classique[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, la fin de la Reconquista dans la péninsule Ibérique voit le développement de l'idée d'une « pureté du sang » (limpieza de sangre) qu’il faudrait protéger de la souillure des descendants des Juifs et des Maures.

Un autre débat intervient après la découverte des Amériques, en particulier lors de la controverse de Valladolid : où faut-il placer, dans les théories existantes, les indigènes du Nouveau Monde ? Les premières « justifications » de l'idée de différences, physiques et de civilisation, ramenées à une infériorité et une étrangeté, consistent à soutenir qu'ils n'ont pas d'âme et ne sont pas, par conséquent, des êtres humains. Ce point de vue est ensuite utilisé pour justifier la traite des Noirs.

En 1684, François Bernier, médecin montpelliérain, de retour de longs voyages en Inde, utilise pour la première fois le mot « race » appliqué à des groupes humains, dans un article du Journal des sçavans, le plus ancien périodique littéraire et scientifique d’Europe. Cet article représente la première tentative théorique de diviser l’humanité en « races ».

À l'âge classique, la notion de race fait son apparition dans le discours de la guerre des races, étudié par Michel Foucault dans Il faut défendre la société. Henri de Boulainvilliers[27] en est l'un des représentants. Ce discours se distingue fortement du racisme biologique du XIXe siècle, en ce qu'il conçoit la race comme une donnée historique, et non essentielle. De plus, il oppose au sein de la nation française deux races, les Gallo-Romains et les Francs. Membres de l'aristocratie, ces derniers règneraient en France en vertu du droit de conquête, et l'histoire de France serait celle de l'affrontement entre ces deux races, l'une autochtone (les Gallo-Romains, considérés comme inférieurs), l'autre allochtone (les Francs, considérés comme supérieurs).

Le terme de « race » était utilisé de manière métaphorique pour désigner telle ou telle population spécifique. Ainsi chez Corneille écrivant des générations futures dans les Stances à Marquise :

Chez cette race nouvelle
Où j'aurai quelque crédit
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.

Le naturalisme du siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Page de la sixième édition du Systema Naturae (1748) de Carl von Linné relative au genre Homo et ses variantes

Les différences visibles parmi les groupes humains entre types physiques ont produit, à l’âge de la science moderne — qui correspond à la découverte du « nouveau monde » où se découvrent d’autres populations — des tentatives visant à classifier l'espèce humaine en fonction de races, décrites généralement selon la couleur de la peau. Progressivement, d'autres critères sont apparus, avec l'émergence de l'anthropologie physique, de l'anthropométrie, etc.

La science naturelle débute en établissant des classifications, aux fins de répertorier puis de comparer les êtres vivants. Au XVIIIe siècle, Buffon et Carl von Linné sont les principaux naturalistes. Les êtres vivants sont classés par espèces et sous-espèces, familles, genres, mais il s'agit d'étudier les plantes et les animaux, et si certains useront plus tard du mot race, il est réservé aux animaux domestiques.

Avec Carl von Linné, apparaît pour la première fois, une classification à visée « scientifique ». Dans la dixième édition de son Systema naturae (1758), celle qui fait foi pour toutes les questions de nomenclature, le savant suédois divise l’Homo sapiens en quatre groupes fondamentaux.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

« Types principaux des différentes races humaines, dans les cinq parties du Monde », d'après Karl Ernst von Baer, 1862.

L’étude à prétention scientifique des races, ou racialisme, se développe dans la deuxième moitié du XIXe siècle, après avoir été amorcée au siècle des Lumières par les inventeurs de l'anthropologie, de l'anthropométrie et de la craniométrie. Parmi les premiers théoriciens à tenter d'établir scientifiquement l'existence de diverses races biologiques au sein de l'espèce humaine, on peut citer Johann Friedrich Blumenbach (De Generis Humani Varietate Nativa 1775), Emmanuel Kant (Des différentes races humaines 1775), le zoologiste hollandais Petrus Camper, l'Américain Samuel George Morton, Arthur de Gobineau, Paul Broca, Francis Galton, Josiah C. Nott, George Gliddon (deux élèves de Morton), William Z. Rippley, son adversaire Joseph Deniker, l'eugéniste Madison Grant, Georges Vacher de Lapouge, Lothrop Stoddard, Charles Davenport, etc.

Elle peut être liée à la conception d’une hiérarchie des races, initiée notamment par Arthur de Gobineau (1816-1882), dans son Essai sur l’inégalité des races humaines publié en plusieurs tomes de 1853 à 1855 qui prône la supériorité de la « race blanche » sur les autres races. Il fonde sa classification raciale non sur le taux de mélanine dans le corps (la pigmentation de l'épiderme) mais sur les conditions géographiques et climatiques. Il divise l'humanité en trois grandes races distinctes, blanche, jaune et noire (en incluant, en outre, la race dégénérée), et prétend que tout métissage est néfaste. Aux États-Unis, son œuvre est traduite en 1856 par Josiah Clark Nott, un disciple de Samuel George Morton et l'un des chefs de file du mouvement polygéniste, qui affirmait la différenciation, dès ses origines, de l'humanité en différentes races.

Charles Darwin répondit aux arguments polygénistes et créationnistes avancés par Nott en soutenant le monogénisme dans La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe (1871). Il défend la thèse selon laquelle les différentes races humaines sont le produit de la sélection sexuelle et non de la sélection naturelle étant donnée l'absence d'éléments probants concernant l'effet sur la survie des différents traits associés à chaque type racial.[réf. nécessaire]

Un manuel d'histoire de 1887[28], utilisé dans les écoles, commence ainsi :

« On distingue trois races humaines :

  • la race noire (descendants de Cham) peupla l'Afrique, où elle végète encore ;
  • la race jaune (descendants de Sem) se développa dans l'Asie orientale, et les Chinois, ses plus nombreux représentants, gens d'esprit positif, adonnés aux arts utiles, mais peu soucieux d'idéal, ont atteint une civilisation relative où ils se sont depuis longtemps immobilisés ;
  • la race blanche qu'il nous importe spécialement de connaître, a dominé et domine encore le monde. »

Ernest Renan s'attache à donner une définition culturelle de la nation, qu'il oppose à la définition allemande, issue de Fichte, de la nation comme communauté biologique d'appartenance :

« La vérité est qu'il n'y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique, c'est la faire porter sur une chimère. Les plus nobles pays, l'Angleterre, la France, l'Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé. L'Allemagne fait-elle à cet égard une exception ? Est-elle un pays germanique pur ? Quelle illusion ! Tout le Sud a été gaulois. Tout l'Est, à partir d'Elbe, est slave. Et les parties que l'on prétend réellement pures le sont-elles en effet ? Nous touchons ici à un des problèmes sur lesquels il importe le plus de se faire des idées claires et de prévenir les malentendus »[29]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Unesco a publié une étude rassemblant un grand nombre de savants et penseurs, intitulée The Race Question (1958). The Race Question précise la dimension exclusivement biologique de la notion de race humaine[30]. Après-guerre, la notion de race est de moins en moins intégrée à la démarche anthropologique, dont l'objet repose essentiellement sur les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines. L'anthropologie, par ses observations et son mode de fonctionnement, s'avère incapable de déterminer la race. Parmi les contributions majeures, celle de Claude Lévi-Strauss intitulée Race et histoire réfute la thèse de Gobineau, socle du racialisme, et démontre la dimension dynamique et non statique de la diversité des cultures humaines. Il pointe par ailleurs l'ethnocentrisme qui sous-tend l'idée que les cultures humaines se seraient construites indépendamment les unes des autres : « Beaucoup de coutumes sont nées, non de quelque nécessité interne ou accident favorable, mais de la seule volonté de ne pas demeurer en reste par rapport à un groupe voisin qui soumettait à un usage précis un domaine où l’on n’avait pas songé soi-même à édicter des règles. ». Pour Claude Lévi-Strauss, contester cet état de fait revient à « répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui nous sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. »

La distinction entre une théorie scientifique, soit la biologie dans ses divers aspects, et l’utilisation qui peut en être faite (idéologique et politique) est, en principe, clairement établie aujourd’hui par les travaux des épistémologues tels François Jacob ou Georges Canguilhem, qui parlait à ce sujet d'idéologie scientifique, et des philosophes et anthropologues tels Claude Lévi-Strauss.

Race et anthropométrie[modifier | modifier le code]

Une vitrine de l'exposition de propagande nazie Der ewige Jude (Le Juif éternel) montrant les traits anatomiques « typiques » attribués aux Juifs
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Les partisans du classement de l’espèce humaine en races cherchèrent un instrument de mesure susceptible de donner des critères de différenciation. Ils recensèrent ainsi des caractères phénotypiques visibles, soit le premier moyen de catégoriser l’espèce humaine en différentes races. La méthode consiste à cette époque à étudier ces caractères physiques de manière systématique : c’est la naissance de l'anthropométrie comme moyen de quantifier les différences au sein de l’espèce humaine.

Grâce à cet outil furent définies des « races humaines » en fonction de leurs caractéristiques physiques : pigmentation, forme du visage et du crâne (crâniométrie), etc. Cette définition implique d’une certaine façon l’existence d’une « pureté raciale », illustrée par des individus « type ». La discipline passionna ceux qui s’intéressaient à la classification des « races » et qui étaient persuadés de leur existence.

Certains auteurs distinguent plusieurs dizaines voire des centaines de « races » mais tous accordent dans leurs descriptions une place particulière à de grands ensembles en nombre limité, le plus souvent basés sur la pigmentation de la peau.

L'anthropométrie a largement nourri les discours et politiques racistes. La période du nazisme vit ainsi se multiplier des expositions détaillants des caractères physiques, pour « apprendre » à reconnaître les races humaines.

L'analyse génétique a aujourd'hui fortement remplacé l'anthropométrie.

Des taxinomies raciales occidentales[modifier | modifier le code]

La classification établie par Johann Friedrich Blumenbach à la fin du XVIIIe siècle, qui bien que monogéniste divisait l'espèce humaine en cinq « races » (caucasienne ou blanche, mongole ou jaune, malaise ou marron, noire, Indiens d'Amérique ou rouge), est couramment utilisée jusqu'au début du XXe siècle. C'est alors que l'américain William Z. Ripley[31] et Joseph Deniker[32] proposent des classifications qui divisent les peuples européens en sous-catégories.

En France[modifier | modifier le code]

En 1900, Joseph Deniker divise les peuples européens en six races principales (littorale, ibéro insulaire, occidentale, adriatique, nordique, orientale) et quatre secondaires (subnordique, vistulienne, nord-occidentale, subadriatique). En 1933, Georges Montandon divise l'espèce humaine en cinq « grand'races » (europoïde, mongoloïde, négroïde, vedd-australoïde, pygmoïde) elles-mêmes divisées en vingt « races », puis en « sous-races » et pour finir en « groupes somatiques »[33]. En 1944, Henri Vallois propose de diviser l'humanité en quatre groupes (primitifs, noirs, blancs, jaunes) répartis en vingt-sept « races »[34],[35].

Les statistiques ethniques font débat dans plusieurs pays. En France, elles sont « interdites » et provoquent des réactions passionnées, « qui montrent bien que nous n’en avons pas fini avec la question des races humaines [36] ».

En Allemagne[modifier | modifier le code]

En Allemagne les principales classifications furent établies au cours de la première partie du XXe siècle par Egon Freiherr von Eickstedt, puis par Hans Günther.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, les principales classifications, pour des usages scientifiques, furent établies par William Ripley et Carleton Coon. Le débat à l'intérieur de la communauté savante concernant le découpage des différentes races est toutefois à distinguer de l'usage évolutif et varié de catégories raciales dans les différents recensements[37]. On observe, des variations très significatives dans les instructions données aux agents chargés de ces « découpages »[38]. Dans ces recensements, opérés à partir de 1790, la race désigne tantôt une couleur de peau (ainsi « Blanc » et « Noir », seules catégories utilisées de 1790 à 1850[37]), tantôt une appartenance ethnique (ainsi « Eskimo » et « Aléoute », catégories qui apparaissent dans les années 1960 et sont généralisées, au niveau national, en 1980[37]), tantôt une religion (ainsi la catégorie « Hindou », introduite en 1910[37]), tantôt une nationalité ou une origine nationale (ainsi les catégories « Chinois » ou « Japonais », introduites respectivement en 1860 et 1870). À côté du champ scientifique et du champ du recensement, la catégorie de race fait l'objet d'une construction juridique spécifique (en).

Précision, refus et abandon de la notion de race[modifier | modifier le code]

La grande variabilité des traits physiques empêche de les attribuer uniquement à une race. En effet, la grande majorité des caractères physiques sont quantitatifs. Une même couleur de peau peut être retrouvée dans des groupes très éloignés et inversement on constate des différences importantes à l'intérieur de groupes donnés (de là la discussion, en Amérique latine et aux États-Unis, à propos des différents teints de noirs, ou la classification élaborée, dès la colonisation européenne des Amériques, afin de hiérarchiser les individus issus du métissage de groupes ethniques distincts en fonction de la couleur de leur peau). Tout ce panel possible de variété découle du métissage. Ce métissage, s'il est suffisant pour créer des formes intermédiaires, n'invalide pas véritablement l'existence de races humaines en tant que telles. Pour certains auteurs, l'existence d'une variation graduelle vient au contraire valider la pertinence de formes non métissées. D'après Rosenberg et ses collaborateurs[39] « Si continuum il y a, cela signe l'existence de races différentes, sinon il n'y aurait nullement de continuum mais plutôt une répartition complètement aléatoire des caractéristiques à travers le globe. »

L'usage criminel de la notion de « race » au cours de la Seconde Guerre mondiale par le régime nazi et l'absence de catégorisations fiables liées à cette notion font que les anthropologues n'utilisent plus ce type de classification.

Les approches des sciences humaines anthropologiques, études comparatives des civilisations, ethnologiques, politiques et sociologiques, ont eu à abandonner cette notion difficilement exploitable dans leur matière.

D’autre part, la période de la politique d’extermination raciste du nazisme a forcé, après guerre, à réfléchir de manière critique sur cette notion de race humaine, et soit à l’abandonner, soit à ne la conserver que dans un sens métaphorique, c’est-à-dire de groupement culturel mais non plus de classe biologique. Les exactions que le nazisme justifiait au nom de la sauvegarde d'une pseudo-« race aryenne », entraînèrent une rectification dans le sens de l'antiraciologie. Dans son édition de juillet-août 1950, sous le titre « Les Savants du monde entier dénoncent un mythe absurde… le racisme », le Courrier de l’Unesco publie la « déclaration sur la race ». Il s’agit d’un document rédigé en décembre 1949 par un groupe international de chercheurs qui précisent la notion de race[30] et affirment l’unité fondamentale de l’humanité [40].

Claude Lévi-Strauss analyse les mécanismes de la constitution de l’idéologie raciste, en termes de différenciations de races :

« Le péché originel de l’anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race (à supposer que […] cette notion puisse prétendre à l’objectivité), et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines[41]. »

Levi-Strauss affirme que si les groupes humains se distinguent, et pour autant qu’ils sont à distinguer, c'est uniquement en termes de culture. En effet, c'est uniquement par la culture que les groupes humains ou sociétés se départagent et se différencient ; pas selon la nature que serait la nature biologique. S’il y a bien lieu de maintenir les distinctions, elles ne relèvent pas de l’étude de la biologie, mais de l’anthropologie au sens large. Le racisme consiste précisément dans le contraire, en faisant d’un phénomène culturel un phénomène prétendument physique, naturel et biologique. Levi-Strauss explique dans Race et Histoire (qui sera aussi publié par l'Unesco) que la très grande diversité culturelle, correspondant à des modes de vie extraordinairement diversifiés, n’est en rien imputable à la biologie : elle se développe parallèlement à la diversité biologique. Il a repris ses analyses dans un ouvrage ultérieur et plus détaillé, Le Regard éloigné[42].

Dans un Rapport au président de la République qui date de 1979, sur les questions de « sciences de la vie et société » (titre de l’ouvrage), François Gros, François Jacob et Pierre Royer font précisément le point sur les rapports entre connaissances en matière de sciences de la vie et société. Dans un travail engageant toute la communauté scientifique — les membres de l’Académie des sciences, du CNRS, des professeurs d’université, du Collège de France, les « Sages » du Comité national de la recherche, intéressés à la biologie l'ont suivi et y ont contribué — disent ceci :

« Depuis plus d’un siècle, et ces temps-ci encore, on n’a que trop tenté d’utiliser des arguments tirés de la biologie pour justifier certains modèles de sociétés. Darwinisme social ou eugénisme, racisme colonial ou supériorité aryenne, […] les idéologies n’ont guère hésité à détourner les acquis de la biologie… »

Ils mettent également en valeur une certaine opposition entre la biologie et les autres matières scientifiques :

« les acquis de la biologie moderne vont, pour la plupart, à l'encontre des idées les plus communément admises aujourd'hui. »

Aux États-Unis depuis le début des années 2000, le concept de race applicable à l'espèce humaine est de nouveau débattu[43],[44],[45],[46],[47]. Le 1er juillet 2009, Osagie K. Obasogie, professeur de droit à l'Université de Californie, dans un article intitulé Le Retour du mythe de la race ? [48], critique le renouveau de la notion de race dans le domaine biologique depuis le début des années 2000 à la suite des découvertes faites dans le cadre du projet de génome humain. En particulier, O. K. Obasogie souligne que « la distribution des variations génétiques ne se recoupe pas avec les catégories raciales. » Finalement, O. K. Obasogie conclut que  :

« Sans précautions, l'utilisation commerciale et légale des biotechnologies peut contribuer à faire revivre le mythe de la validité scientifique des constructions sociales des catégories raciales ; celles-ci se reflèteraient dans les différences et variétés génétiques humaines et les situations sociales et sanitaires des groupes raciaux seraient déterminés par des prédispositions génétiques plutôt que par les comportements sociologiques et les pratiques institutionnelles. Compte tenu des conséquences dramatiques qui ont été provoquées dans le passé par le lien dressé entre les découvertes biologiques avec les hiérarchies raciales, nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer le risque que les nouvelles techniques puissent faire resurgir les vieilles théories raciales. Il en va de l'avenir de nos concepts de race et d'égalité. »

La série de programmes scientifiques pour la télévision Nova qui a diffusé le 15 février 2000 une émission relative aux origines des premiers habitants du continent américain donne un exemple de ce débat  : une des têtes de chapitre de l'émission était intitulée "Les races existent-elles ?" et consistait en un échange de point de vue entre deux anthropologues américains, chacun défendant le sien[49].

La culture comme principal critère de différenciation[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Les ethnologues estiment que, mises à part les différences génétiques et phénotypiques, les populations humaines sont principalement différenciées par leurs us et coutumes qu'elles se transmettent de génération en génération. L’espèce humaine se caractérise donc par une très forte dimension culturelle. C'est pourquoi le concept d’ethnie est de nos jours préféré à celui de race, en ethnologie. Les différences culturelles permettent de définir des ethnies extrêmement nombreuses. La notion de nation comme de communauté religieuse, de même, s’abstrait de la notion de race ou d'ethnie : ce qui compte pour la définir est moins ce que ses membres sont que ce qu’ils souhaitent en commun.

Pour R. Barbaud, la « diversité culturelle peut donc être tenue pour une composante naturelle de la biodiversité, comme l’aboutissement ultime de notre propre évolution. Elle a bien, de ce point de vue, la même fonction que la biodiversité pour les autres espèces ». La diversité humaine est donc génétique, avec ses conséquences phénotypiques, mais aussi culturelles. Et il importe de bien distinguer les deux domaines, pour ne pas recréer, même involontairement, des discours racistes et non-scientifiques.

Les différences culturelles apparaissent dans cette optique comme les plus importantes, quand bien même elles peuvent d’ailleurs contribuer à modifier ponctuellement les traits (par exemple, le petit pied des chinoises, les « femmes-girafes » (Padaung) en Afrique, etc. sont des modifications culturelles) et participent à la dynamique du groupe. Un élément de la question est de savoir si un isolement géographique ou culturel peut entraîner la sélection de gènes spécifiques, donc de savoir si un peuple ou une ethnie peut constituer une race.

Il faut par ailleurs remarquer, comme le signale le biologiste Stephen Jay Gould, que des facteurs culturels qui favorisent ou au contraire dissuadent certaines unions conjugales sont de nature à développer à très long terme un processus de raciation. Cependant, selon Jacques Ruffié, du Collège de France, les groupes humains convergent depuis environ six mille ans. L’homme moderne (Homo sapiens) a connu de courtes périodes d’isolement de groupes ethniques, mais aussi beaucoup de mélanges. Seuls des groupes isolés, et numériquement très petits (Basques, Népalais, par exemple), ont pu générer des différences avec les autres, et manifester des populations stables d’un point de vue taxonomique, c’est-à-dire présentant des différences génétiques significatives et héréditaires. Le processus de mondialisation et de métissage des cultures et des individus réduit très fortement les possibilités de tels modes de vie autarciques.

Dans la pratique, la durée d’une société (et donc d’une culture) humaine semble en effet faible devant celle qui serait nécessaire à la séparation de traits physiques. Chez l’être humain, l’impact de la culture ne semble donc pas suffisamment grand pour expliquer une différenciation en races.

Relation entre race et évolution[modifier | modifier le code]

Une origine commune, des groupes séparés[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Le berceau de l’Homo sapiens semble pour le moment avoir été l’Afrique. À partir de ce point central, des groupements humains auraient migré vers tous les continents, y compris l’Europe déjà peuplée des Homo neanderthalensis, dont l'avancée était de quelques dizaines de kilomètres par génération. Les tenants de thèse monogénistes affirment l'origine commune de l'humanité, tandis que le polygénisme prétend que l'humanité était dès le départ divisée en plusieurs races distinctes. Cependant, les thèses racialistes peuvent aussi coexister avec le monogénisme, par exemple chez Blumenbach.

L'évolution du genre Homo a donné lieu à la différenciation de plusieurs espèces. Il est donc possible que durant des périodes de transition, différentes races, toutes membres du groupe Homo sapiens, aient coexisté. Jean Hiernaux souligne ainsi que « manifestement, des origines à nos jours, l’évolution humaine est loin d’avoir subi le schème de l'arbre ». Trenton W. Holliday va même plus loin : pour lui, les différentes espèces de la famille des Hominidés se seraient croisées, donnant des nouvelles espèces fécondes (selon un modèle rhizomatique opposé au modèle arborescent). Cette évolution suggère un schéma complexe, qu’il compare à la technique du pleaching des pépiniéristes (qui consiste à relier des branches d’un arbre à son tronc et entre elles).

Si la thèse de l'interfécondité de l'Homo sapiens avec l’homme de Néandertal était avérée, cela signifierait qu'il y a bien eu coexistence de plusieurs races humaines il y a 30 000 ans. Dans le cas contraire, les différentes espèces dont le nom scientifique contient « Homo » seraient bien des espèces distinctes de l'être humain, non des races humaines.

Aujourd'hui, les groupes humains, éloignés géographiquement, présentent une variété assez importante de caractères morphologiques, anatomiques et physiologiques différents.

L'apport de la génétique[modifier | modifier le code]

L’essor de la génétique et l’apparition de la génétique des populations permet d’approfondir la question de la pertinence de la notion de race au sein de l’espèce humaine. L’étude quitte alors le terrain de la simple biométrie pour s’intéresser aux mécanismes régissant l’évolution de l’espèce humaine. Avec l’étude de la variabilité génétique de l’humanité apparait notamment un outil qui semble plus puissant que tous ceux utilisés jusqu’alors dans l’étude des races.

Selon Albert Jacquard, la notion de race implique un isolement prolongé empêchant tout échange génétique avec des groupes extérieurs : si cette condition est aisément applicable aux animaux domestiques, il note qu'« il y a quelques dizaines de milliers d'années, alors que l' humanité ne comportait que quelques millions d'individus répartis sur d'immenses espaces, des différences génétiques significatives ont pu s'établir entre les divers groupes, et ceux-ci auraient pu être, à juste titre, répartis entre plusieurs races. Il se trouve que, dans l'état actuel de l'humanité, les échanges multiples et incessants ont enlevé pour le généticien toute signification à une telle classification. » [50]

En 2003, l'université Stanford a publié une étude dont le but était de vérifier la validité du concept de race humaine, dans le cadre de l'autodéclaration en vigueur aux États-Unis[51]. Leur conclusion est que l'auto-identification raciale est assez précise pour continuer à être utilisée dans le cadre médical.

En 2008, la revue Science a publié l'étude génomique la plus complète jamais effectuée. Cette étude compare 650 000 nucléotides chez 938 individus appartenant à 51 ethnies. Les nombreux généticiens qui ont participé à ce travail ont conclu de leurs travaux qu'il existait sept groupes biologiques parmi les hommes : les Africains subsahariens, les Européens, les habitants du Moyen-Orient, ceux d'Asie centrale et d'Asie du Sud, les Asiatiques de l'Est, les Océaniens et les Amérindiens[52],[53].

Plusieurs études génétiques récentes tendent à réfuter l’existence d’une « race européenne » aux contours bien précis et qui serait exempte de toute influence biologique extra-européenne. En effet, selon une étude de l'expert Chao Tian, en 2009, ayant calculé les distances génétiques (Fst) entre plusieurs populations en se basant sur l’ADN autosomal, les Européens du Sud tels que les Grecs et Italiens du Sud apparaissent soit à peu près autant distants des Arabes du Levant (Druzes, Palestiniens) que des Scandinaves et Russes, soit plus proches des premiers. Un Italien du Sud est ainsi génétiquement deux fois et demi plus proche d'un Palestinien que d'un Finlandais[54],[55],[56]. De même en avril 2011, Moorjani et ses collègues[57], ayant analysé plus de 6 000 individus provenant de 107 populations différentes en utilisant une nouvelle méthode d'estimation des origines ancestrales, ont montré que presque toutes les populations sud-européennes présentaient une proportion de gènes d'Afrique sub-saharienne située entre 1 et 3 % (3,2 % au Portugal, 2,9 % en Sardaigne, 2,7 % en Italie du Sud, 2,4 % en Espagne et 1,1 % en Italie du Nord). Ce flux de gènes africains aurait pu se produire selon les auteurs par l'intermédiaire des Nord-Africains à la fin de l'Empire romain et lors des conquêtes musulmanes qui ont suivi.

Génotype et phénotype[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

L’anthropomorphisme classifiant a pu s’appuyer sur la biométrie, tandis que la génétique s’appuie sur la notion de « gènes communs et exclusifs à un groupe d'individus » pour tenter de définir précisément des caractéristiques communes, qui donneraient un contenu à la notion de race. Si les gènes ont des répercussions sur l’aspect visible de l’être, le fait que deux êtres soient différents ne signifie cependant pas que leurs gènes soient très différents. Ainsi, le degré de couleur de la peau est déterminé par trois gènes permettant la production de mélanine ; tous les humains produisent de la mélanine (sauf ceux atteints d'albinisme), donc tous les humains ont des variantes (allèles) de ces trois gènes, allèles à expression plus ou moins marquée.

Les analyses ADN montrent ainsi que l’espèce humaine possède déjà un peu plus de 98,6 % de son génome en commun avec les chimpanzés et qu'elle partage le même patrimoine génétique à 99,8 %. Les différences entre hommes et singes sont dues à seulement quelques dizaines de gènes. Les apparentes différences anatomiques et physiologiques à l’intérieur de l’espèce humaine sont dues à un nombre encore plus restreint de gènes. Difficile, dès lors, d’arriver à isoler des gènes « types », différenciant diverses populations.

La compatibilité des tissus pour les dons d'organe (cœur, rein…) ou de sang ne dépend pas du groupe ethnique du donneur et du receveur ; et à l’extrême, le donneur doit être un membre proche de la famille du receveur (comme pour les dons de moelle), le nombre de donneurs compatibles se comptant sur les doigts d’une main parmi les milliards d’individus, ce qui ne correspond pas non plus à la notion de « race » communément admise. On peut donc en déduire que les différences externes, qui ont servi à définir initialement les races, ne sont d’aucune utilité dans ce domaine, et sont très éloignées des considérations biochimiques.

Variabilité génétique : un outil de classification[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique pour 9 groupes de populations utilisant les données de Cavalli-Sforza, L.L., Menozzi, P. & Piazza, A[58].

De nos jours, la définition de la notion de race a disparu du champ de la biologie d’où elle a été rejetée. Seuls quelques chercheurs isolés persistent à recourir à cette notion controversée, utilisée de manière très générale, se détachant de la biométrie ou de la génétique moderne. Ainsi, si Luigi Luca Cavalli-Sforza, dans son ouvrage « Gènes, Peuples, et Langues », pose la définition suivante en évoquant l’usage de certains dictionnaires, dans le cadre d’un chapitre portant sur la question de la pertinence du terme :

« Une race est un groupe d’individus qu'on peut reconnaître comme biologiquement différents des autres. »

il ne s’y réfère que pour rappeler ce qui fut reçu aux époques précédentes, mais maintenant abandonné.

Avec l'étude de la variabilité génétique apparait une nouvelle définition : Theodosius Dobzhansky proposera ainsi sa définition du concept de race (au sens large) :

« Une population d’espèces qui diffèrent selon la fréquence de variants génétiques, d’allèles ou de structures chromosomiques. »

Cependant, comme l’indique Marcus Feldman (du département de biologie de l’université Stanford) et ses collègues : « comme deux populations différentes présentent toujours de tels variants, cette définition est en réalité synonyme de population ».

Au sein de cette approche apparaît une nouvelle donnée : la variabilité au sein d’une population est plus grande que celle existant entre les populations[59]. Cette constatation amène à l’époque un grand nombre de biologistes à considérer que la notion de race n’est pas biologiquement pertinente.

Ainsi, dans Éloge de la différence (1981), Albert Jacquard affirme que pour la génétique moderne la notion de race des anciennes classifications ne convient pas à l’espèce humaine. André Langaney va plus loin en indiquant que « la notion de race est dépourvue de fondements et de réalité scientifique », puisqu’on ne peut, d’après lui, distinguer les populations des différentes parties du globe en se fondant sur des différences génétiques.

Les scientifiques, qu’ils soient généticiens, anthropologues ou ethnologues s’accordent donc, avec des arguments différents, sur l’arbitraire de la définition de races au sein de l’espèce humaine. Ainsi, la pertinence biologique de cette notion est notamment remise en question. Luigi Luca Cavalli-Sforza précisera son point de vue ainsi :

« Toute tentative de classification en races humaines est soit impossible, soit totalement arbitraire. »

et, dans l'ouvrage Qui sommes-nous ? :

« En réalité, dans l’espèce humaine, l’idée de « race » ne sert à rien. »

Une définition génétique[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Depuis 2004, le projet de séquençage du génome humain est achevé. L’analyse statistique des variations du génome au sein de l’espèce humaine est facilitée, et les généticiens disposent d'un nouvel outil pour étudier les variations génétiques.

Entre 2001 et 2003, des études (notamment celles de Rosenberg, Stephens et Bamshad) ont permis de démontrer qu’il était possible de déterminer la région d’origine des ancêtres d’un individu en étudiant des « marqueurs génétiques ». Ces travaux ont provoqué un regain d’attention pour le concept de race (de la communauté scientifique, mais également de la part des partisans des théories racistes) : on peut ainsi compter pas moins de onze commentaires, dans des revues scientifiques ou des journaux, posant la question de la catégorisation en races.

Certains commentaires tendent à remettre en cause l’idée selon laquelle la plus grande part de variabilité serait présente au sein même des populations. Or, c’est cette observation qui avait conduit à la perte d’intérêt pour le classement en races des êtres humains. Cependant, pour Feldman, Lewontin et King, cette constatation n’a pas à être remise en cause, mais doit être mise en perspective avec d’autres découvertes.

Pour Feldman et ses collègues, il y a ainsi trois questions distinctes :

  1. « Est-il possible de trouver des séquences d’ADN qui soient polymorphes (…) et dont les fréquences alléliques (…) soient suffisamment différentes entre les grandes régions géographiques pour permettre de déterminer, avec une forte probabilité, l’origine géographique d’une personne ? »
  2. « Quelle fraction de la variabilité génétique humaine trouve-t-on à l’intérieur de populations géographiquement séparées, et quelle fraction distingue ces populations ? »
  3. « Les gènes dont les fréquences alléliques sont hautement spécifiques de la région géographique sont-ils typiques du génome humain en général ? »

Les réponses aux deux premières questions sont bien connues : il est possible de trouver des marqueurs génétiques (gène codant des protéines ou séquences non codantes) permettant d'estimer l’origine géographique d’un individu, cependant, la plus grande part de la variabilité génétique est située à l’intérieur des groupes géographiques, et non entre ceux-ci. Ces deux réponses sont apparemment contradictoires, mais le paradoxe peut être levé par la réponse à la dernière question : les gènes dont les fréquences alléliques diffèrent d’une région à l’autre ne sont pas typiques du génome humain.

Il faut cependant noter que les variations qui paraissent si petites entre différents génomes humains, ont des conséquences phénotypiques importantes et que les individus issus de zones géographiques proches ont plus de chance d'avoir des caractères communs que des individus distants. Ceci va certainement tendre à disparaître avec la mobilité importante des populations humaines à la surface du globe.

Le problème de la pertinence[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Ainsi, les scientifiques ont-ils pu démontrer qu’il était possible de définir de façon scientifique des groupes au sein de l’espèce humaine. Ces groupes (correspondant à des populations différentes) diffèrent, non pas sur la base de génotypes différents, mais sur un ensemble de petites différences entre fréquences alléliques d’un grand nombre de marqueurs génétiques. Il est également possible de connaître (avec une certaine probabilité, cependant) le continent d'origine d'un individu, mais le fait de connaître cette origine n’améliore quasiment pas la capacité à prédire son génotype (il n’existe aucun gène pour lequel un allèle donné ne se retrouve qu’au sein d'un grand groupe géographique) et ne revient pas à une catégorisation en races pour autant.

Cet état de fait permet d’une certaine manière de définir des « races » au sein de l’espèce humaine, en se fondant sur la notion de population et les découvertes récentes en génétique. Les scientifiques préfèrent cependant user du terme de « groupe géographique », étendant la notion de population, le terme de race restant fortement connoté et pouvant prêter à confusion selon la définition utilisée. Il reste également à définir à partir de quel niveau de telles « races » sont définies, puisqu’il est possible, avec la même méthode mais une précision décroissante, de catégoriser à l’échelle de la Terre, de grande régions ou des populations locales.

Cependant, le fait de pouvoir définir plus ou moins arbitrairement des races au sein de l’espèce humaine ne renseigne pas sur la réalité biologique que de tels concepts recouvrent. Il se pose ainsi le problème de la pertinence d’une telle classification raciale. Certains ont ainsi pu soulever l’idée selon laquelle un classement racial pourrait être avantageusement intégré aux pratiques médicales. Mais cette dernière idée est contrecarrée par deux constatations :

  1. la race est une notion trop différente de l’ascendance pour être biologiquement utile ;
  2. elle ne peut être utile que dans la mesure où elle est liée au contexte social.

Feldman, Lewontin et King, résument ainsi la situation dans un article du magazine Nature, daté de 2003 :

« Contrairement à l'idée défendue depuis le milieu du XXe siècle, on peut définir scientifiquement des races dans l’espèce humaine. La connaissance du génome humain permet en effet de regrouper les personnes selon les zones géographiques d’où elles sont issues. En revanche, les usages que l’on prétend faire en médecine d’une classification raciale sont sujets à caution. »

Il est ainsi beaucoup plus pertinent, du point de vue biologique, de connaître l’ascendance d’un individu, via une étude de son génotype, que de le classer dans une race. Feldman et ses collègues font ainsi remarquer qu’une classification raciale dans un but médical est « au mieux sans grande valeur, au pire dangereuse », et qu’elle « masque l’information biologique nécessaire à des décisions diagnostiques et thérapeutiques intelligentes », il ne faut donc pas « confondre race et ascendance ». Dit autrement : « Si l’on veut utiliser efficacement le génotype pour des décisions diagnostiques et thérapeutiques, ce n’est pas la race qui importe, mais les informations sur l’ascendant du patient ».

En résumé : il est possible de classer scientifiquement les êtres humains en races définies arbitrairement, selon des catégories peu pertinentes sur le plan biologique. Cependant, la notion de « race » utilisée ici diffère sensiblement de celle utilisant les simples traits physiques.

Évolution de l’Homo sapiens et de ses principales subdivisions[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.
Article détaillé : Histoire évolutive des homininés.

Le peuplement des différents continents a eu lieu durant les deux derniers millions d'années en plusieurs vagues successives de populations humaines et pré-humaines. S'agissant de l'espèce humaine moderne, l'analyse morphologique des squelettes fossiles et des traces d'activité complexes (culture symbolique, rites) indique que les premiers Homo sapiens sont apparus il y a environ 150 000-200 000 ans en Afrique de l'Est[60]. On estime qu'il fallut environ 50 000-100 000 ans à ces populations originelles pour quitter le continent africain[réf. nécessaire], probablement via le Moyen-Orient pour atteindre le reste de l'Eurasie où ils rencontrèrent des populations humaines archaïques comme Homo neanderthalensis ou Homo heidelbergensis.

Cette théorie du Totem monocentriste, dite Out of Africa est confirmée par la diversité génétique des populations africaines sub-sahariennes plus importante que celle des autres continents[60]. Il est aussi envisagé[61] que certains humains modernes aient pu se reproduire avec les populations d'autres espèces du genre Homo qu'ils auraient rencontrées au cours des différents épisodes migratoires,.

On constate chez l'homme des adaptations morphologiques et génétiques par sélection naturelle causé par le milieu naturel. On observe des forts taux de mélanine chez des populations vivant dans des zones à fort rayonnement solaire (pour protéger la peau), et de faibles taux chez habitants des zones où l'ensoleillement est faible (pour emmagasiner beaucoup d'énergie solaire). Les yeux bridés et les faibles pilosités de certains peuples seraient aussi une adaptation aux conditions climatiques[réf. nécessaire]. Comme dans la majorité des espèces mammifères vivant dans les mêmes conditions, des populations humaines vivant dans des forêts denses ou des iles isolées sont de très petites tailles (voir nanisme insulaire) comme les différentes populations pygmées d'Afrique centrale et les Négritos d'Asie du Sud-Est. On constate aussi de forts taux de globule rouge chez des populations vivant en haute-montagne, ces forts taux étant héréditaires[réf. nécessaire]. La drépanocytose, maladie héréditaire de déformation des globules rouges, est particulièrement présente chez des populations vivant dans des régions où le paludisme est endémique serait une tentative d'adaptation permettant de protéger de cette maladie.

La diffusion[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2013). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

L'Homo sapiens serait apparu il y a 200 000 ans en Afrique équatoriale[62].

Les premiers groupes à migrer en dehors de l’Afrique subsaharienne ont colonisé l’Afrique du nord et l’Asie du sud-ouest il y a 100 000 ans à 90 000 ans. À ce niveau, ils furent isolés des africains par la distance et par le désert du Sahara, et évoluèrent donc en une subdivision distincte : les nord africains et sud asiatiques.

Des peuples d’Asie du Sud ont migré en Asie du Sud-est il y a environ 70 000 ans et ont évolué en Asiatiques du Sud-Est. Les peuples d'Asie du Sud sont étroitement liés génétiquement à ceux du sud de la Chine. Il y a seulement 6 000 ans, certains Asiatiques du Sud-Est ont commencé à migrer dans les îles du Pacifique, où ils ont évolué en une subdivision distincte, les habitants des îles du Pacifique.

Certains des peuples d’Asie du Sud et d’Asie de l'Est ont émigré dans les îles de l'archipel indonésien et sont arrivés en Nouvelle-Guinée il y a environ 65 000 ans. Il y a environ 60 000 ans, certains de ces peuples ont émigré en Australie, où ils ont évolué en Aborigènes Australiens[63]. Un peuple étroitement lié survécut dans les hautes-terres de Nouvelle-Guinée comme les aborigènes de Nouvelle-Guinée.

Quelques-uns des peuples qui ont colonisé le Proche-Orient entre 100 000 et 90 000 ans ont migré vers le nord et ont atteint le Caucase il y a environ 60 000 ans, à partir duquel ils se sont répandus dans l'Ukraine, puis, il y a environ 40 000 ans, en Europe centrale et occidentale. D'autres peuples de l'Asie du Sud-Ouest ont commencé à coloniser l'Europe du Sud-Est en Anatolie. Ces peuples ont évolué en Européens avec leurs peaux pales et, dans le nord de l'Europe, leurs cheveux blonds et des yeux bleus. Les Européens furent isolés des Sud-Asiatiques et des Africains du Nord par la mer Méditerranée, et à l'est par les mers Noire et Caspienne, les hautes montagnes du Caucase et de l'Himalaya et le désert de Kara Koum au Turkménistan. Le faible taux de mélanine permet un important emmagasinement de l'énergie solaire.

Des peuples du Sud et d’Asie centrale ont commencé à coloniser l'Asie du Nord entre -60 000 et -50 000, où ils ont évolué en Asiatiques de l'est. Les Asiatiques de l'est étaient très isolés des Européens par le désert de Gobi à l'ouest et des Sud-Asiatiques par l'Himalaya au sud. Les hivers auxquels ils ont été exposés étaient beaucoup plus sévères que dans l'Asie du Sud et un peu plus sévère que ceux d’Europe, avec des températures plus froides en hiver, environ --12 °C pendant la glaciation principale. C'est en réponse aux hivers froids que les Asiatiques de l'Est ont adapté progressivement un morphotype adaptatif au froid : un nez aplati leur permettant d'éviter les engelures, de petites jambes et un tronc épais leur permettant conserver la chaleur, et une couche de graisse isolante sous-cutanée qui donne à la peau une apparence jaunâtre (pareille à celle des peuples de l'arctique). Les poils de visage se sont faits plus rares chez les hommes, parce que la barbe abondante gelait et produisait des engelures. Les yeux bridés permettent d'atténuer l'effet d'éblouissement de la lumière réfléchie par la neige et la glace et la pénétration dans les yeux de particules transporté par le blizzard, les tempêtes de sables ou de poussières.

Quelque part entre -50 000 et -40 000 des peuples d’Asie ont migré dans l'extrême nord de l'Asie où ils ont évolué vers les peuples de l'Arctique. Ces peuples ont évolué en une subdivision à part parce qu'ils étaient géographiquement isolés de l'Asie de l'est, au sud par le Tcherski élevé, Khrebet, Khingan, et les montagnes Sayan, et environ un millier de miles de forêt au nord du fleuve Amour. Les peuples de l'arctique ont connu les périodes de froid les plus sévères avec des températures d'hiver d'environ --15 °C, et tombant à environ --20 °C pendant la glaciation de Würm principale. En réponse à ces hivers froids, les peuples de l'Arctique ont évolué avec des adaptations morphologiques accentuant encore celles des Asiatiques de l'est.

Les Amérindiens ont évolué à partir de peuples qui ont émigré d'Asie du nord en Alaska en passant par le détroit de Behring, et ont ensuite fait leur chemin vers l’Amérique. Les dates auxquelles ces passages à niveau ont été faits sont contestées et il a été fréquemment affirmé qu’ils se sont produits il y a environ 12 000 à 11 000 ans. Contrairement à ces allégations, tout porte à croire qu'elles ont été faites beaucoup plus tôt, aux alentours de -40 000. Les preuves viennent tant des archives archéologiques que de l'analyse génétique. Les découvertes archéologiques d'objets amérindiens ont été datés par l'analyse au radiocarbone comme datant de -24 000 au Mexique[64], il y a 30 000 ans en Californie[65] il y a 32 000 ans dans le nord-est du Brésil[66] il y a 35 000 à 43 000 ans pour une peinture Rockwall dans la Serra du National Park dans le Nordeste brésilien[67] et, il y a 33 000 ans à Monte Verde au Chili[68]. Il aura fallu plusieurs milliers d'années à ces peuples pour faire leur chemin de l'Alaska à l'Amérique du Sud. Les preuves archéologiques sont corroborées par l'analyse génétique qui date aussi la première migration vers l'Amérique à environ -40 000 [69].

Il semble très probable que des Asiatiques de l’Est ont migré vers le Nord il y a environ 50 000 ans, certains ont migré vers le nord dans la péninsule du Kamchatka et du Tcherski, puis ont fait la traversée du détroit de Béring en Alaska il y a 40 000 ans. Certains de ces peuples ont migré vers le sud jusqu'à ce qu'ils colonisent l'ensemble des Amériques et ont évolué en amérindiens, tandis que les peuples d'asiatiques de l'est qui sont restés en Asie du Nord ont évolué en asiatiques de l'est. L'origine commune et relativement récente de ces deux subdivisions est apparente et mise en évidence à partir d'un certain nombre de similitudes génétiques. Par exemple, le groupe sanguin rhésus négatif est rare dans ces deux populations, de plus le groupe sanguin Diego est unique chez elles. Elles ont également toutes deux une texture capillaire similaire et des cheveux noirs, des incisives particulières, et l’os inca dans le crâne[70].

La notion de race comme construction sociale[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, l'Unesco recommandait de remplacer « race » par «groupe ethnique», mais ce terme est également déconstruit et contesté depuis les années 1970[71]. Cependant, les Race studies analysent la construction sociale et idéologique de la race, la production d'effets réels d'auto-identification et de reconnaissance en termes d'appartenance à telle ou telle race. Aux États-Unis, la race est un paramètre facultatif du recensement. La Cour suprême des États-Unis a eu maintes fois l'occasion de statuer sur la race - United States v. Bhagat Singh Thind en 1923, lois sur la déségrégation scolaire, lois sur l'affirmative action, etc.).

En Suisse où la Cour suprême a affirmé dans une décision de 1998 : « La race, au sens de l'art. 261bis CP, se caractérise notamment par la couleur de la peau (...); il n'est donc pas douteux que les noirs constituent une race au sens de cette disposition. » (ATF 124 IV 121, 124[72]). L'ONU dans le cadre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale adoptée par la plupart des États de la communauté internationale entend quant à elle « favoriser la bonne entente entre les races et d’édifier une communauté internationale affranchie de toutes les formes de ségrégation et de discrimination raciales »[24].

La notion de «race» a pratiquement disparu des discours politiques en France, à l'exception de ceux promouvant des théories racistes, mais pas du lexique juridique et législatif. Elle apparaît dans un décret de novembre 1928 « déterminant le statut des métis nés de parents légalement inconnus en Indochine », qui accorde la citoyenneté française aux enfants de mère «indigène» (et donc sujet de l'Empire français) et de père inconnu s'il est « présumé de race française »[73]. Introduite en métropole en 1939 sous la Troisième République avec le décret Marchandeau du 21 avril 1939, qui interdisait la propagande antisémite, la notion de «race» est devenue une catégorie juridique sous le régime de Vichy avec les statuts des Juifs, avant d'être décrédibilisée à la suite, notamment, du génocide des Juifs européens et d'autres populations (génocide des gitans, programme d'euthanasie, etc.) par l'Allemagne nazie.

Les textes législatifs français continuent néanmoins à employer le terme de « race », d'abord en interdisant toute discrimination raciale. Le décret du 2 février 1990 a autorisé le fichage des origines raciales des personnes. En 1983, la loi relative aux droits et obligations des fonctionnaires se réfère à l'ethnie, et non à la race. Elle a été amendée par la loi du 16 novembre 2001 sur la lutte contre les discriminations, qui a réintroduit le mot « race ». La demande du député Michel Vaxès (PCF), en 2003, de supprimer la notion de race du discours législatif et juridique français a été rejetée par la majorité[74]. Quelques années auparavant, les signataires de la Charte Galilée 90, dont le ministre Jean-François Mattéi, avait demandé le retrait du terme de « race » à l'article 1er de la Constitution.

Dans la tradition religieuse[modifier | modifier le code]

Selon la Genèse (récit partagé par le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam), l'humanité descend d'un homme et d'une femme créés directement par Dieu et a donc une origine commune. Mais un autre récit biblique a été employé pour justifier les divisions entre les humains puisque, après le Déluge, Noé comme Adam serait l'ancêtre commun à l'ensemble de l'humanité. Selon des discours mythologiques, ses trois fils, Ham (ou Cham), Japhet et Sem, seraient à l'origine de groupes dont les représentations ont varié. Ainsi, une tradition antique, qui assimile les «Hamites» aux «Noirs», se retrouve dans des milieux rabbiniques ou chez Léon l'Africain, et justifie l'esclavage au XVIIe siècle. Mais au XIXe siècle, les Hamites deviennent assimilés aux Égyptiens antiques, «Blancs», «Caucasiens», et distingués des «Noirs»[75]. Des traditions présentent Japhet comme l'ancêtre des Européens[76], et Sem comme celui des Sémites.

Pour les nazis, l'opposition supposée entre «sémites» et «aryens» justifia la mise en œuvre de la «solution finale» et l'assassinat de millions de personnes.

Dans les œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Le thème d'une race distincte de l'humanité est souvent utilisé en fiction. En science-fiction, il peut s'agir d'une nouvelle race apparue par les mécanismes de l'évolution. Interféconds avec les humains, les mutants du comics Les X-Men (nom scientifique dans l'univers de fiction : Homo superior) appartiennent à cette catégorie (le croisement entre un superior et un sapiens est toujours un superior ; les sapiens ont une probabilité faible ou nulle selon les individus d'avoir des enfants superior, les frères et sœurs étant toujours de la même race). On trouve également des races humaines supplémentaires dans les univers de fantasy : par exemple les vélanes dans Harry Potter sont une race imaginaire puisque ces individus sont interféconds avec les humains.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Race, Dictionnaire Larousse
  2. Dictionnaire de l'Académie française : « Chacun des grands groupes entre lesquels on répartit superficiellement l'espèce humaine d'après les caractères physiques distinctifs qui se sont maintenus ou sont apparus chez les uns et les autres, du fait de leur isolement géographique pendant des périodes prolongées. »
  3. a et b Georges Peters, Racismes et races : histoire, science, pseudo-science et politique, Editions d'En bas,‎ 1986, 135 p. (lire en ligne), « L'espèce humaine est habituellement sous-divisée en races d'après des critères purement physiques, qui sont surtout en rapport avec des dimensions du squelette. »
  4. a, b, c et d Déclaration d'experts sur les questions de race.
  5. Y-a-t-il des races humaines ? Pourquoi autant de couleurs de peau ?, hominides.com
  6. Alberto Piazza, « Un concept sans fondement biologique », Aux origines de la diversité humaine - la science et la notion de race, 30/09/1997, La Recherche n°302, p. 64.
  7. Katharine Tyler, « Compréhension publique des notions de race et de génétique : un aperçu des résultats d’une récente recherche au Royaume-Uni », sur L'Observatoire de la génétique,‎ 2005 (consulté le 1er novembre 2012)
  8. Tony Fitzpatrick, « Evolutionary biologist: race in humans a social, not biological, concept », sur Washington University in St. Louis,‎ 20 mai 2003 (consulté le 1er novembre 2012)
  9. Bayart (Jean-François), L'Illusion identitaire, Fayard, 1996, 307 p.
  10. Jordan (Bertrand), L'Humanité au pluriel. La génétique et la question des races, Seuil, 2008.
  11. Reich (Jens), « Les frontières de l'humain », in Mattéi (Jean-François), Regard éthique : le génome humain, Strasbourg, Conseil de l'Europe, 2001, p. 127-138, voir sur Google Books.
  12. « First Individual Diploid Human Genome Published By Researchers at J. Craig Venter Institute », J. Craig Venter Institute,‎ 3 septembre 2007
  13. « Une autre façon de concevoir la maladie », L'Harmattan,‎ 2010
  14. Luigi Cavalli-Sforza, The History and Geography of Human Genes, 2000
  15. Luigi Luca Cavalli-Sforza, Qui sommes-nous ? : Une histoire de la diversité humaine, Champs Flammarion, 2011 (1re éd. 1997), p. 325.
  16. Nouvelle Division de la Terre par les différentes Espèces ou races d’homme qui l’habitent, envoyé par un fameux Voyageur à M. l’abbé de la *** à peu près en ces termes de François Bernier, paru sans nom d’auteur dans le Journal des sçavans du 24 avril 1684 est cependant considéré comme la première tentative théorique de diviser l’humanité en races distinguées selon leurs origines géographiques, leurs caractères somatiques et leurs mœurs.
  17. cf. Richard Dawkins, Le gène égoïste.
  18. Legifrance.
  19. Le service public de l'accès au droit.
  20. Trésor de la langue française Informatisé
  21. Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française
  22. Tahar Ben Jelloun, Le Racisme expliqué à ma fille
  23. The Race Question, Unesco, 1950.
  24. a et b RS 0.104 Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale
  25. Feuille fédérale.
  26. Message concernant l'adhésion de la Suisse à la Convention internationale de 1965 sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale et la révision y relative du droit pénal du 2 mars 1992.
  27. Essai sur la noblesse de France, 1732
  28. Histoire de France, conforme aux programmes officiels du 18 janvier 1887 par C.S. Viator
  29. Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation ?, conférence donnée à la Sorbonne, le 11 mars 1882. Texte complet sur wikisource
  30. a et b « 1. Une race, biologiquement parlant, peut se définir comme un groupe parmi ceux qui constituent l'espèce humaine Homo Sapiens. », Déclaration d'experts sur les notions de race, Paris, le 20 juillet 1950
  31. Ripley (William Z.), The Races of Europe, 1899.
  32. Deniker (Joseph), Races et peuples de la terre, 1900.
  33. Montandon (Georges), La Race, les races. Mise au point d'ethnologie somatique, Paris, Payot, 1933.
  34. Vallois (Henri), Les Races humaines (1944), Paris, PUF, 1976, p.  19-20.
  35. Un dossier de deux pages publié par Le Monde du 10 novembre 2006, fait le point sur les « recensements ethniques » à travers la planète et envisage le cas français.
  36. Bertrand Jordan, in L'humanité au pluriel. Science ouverte, Seuil, février 2008 (ISBN 978-2-02-096658-0).
  37. a, b, c et d Campbell Gibson et Kay Jung, Historical Census Statistics on Population Totals By Race, 1790 to 1990, and By Hispanic Origin, 1970 to 1990, For The United States, Regions, Divisions, and States, Population Division, US Census Bureau, septembre 2000, Working Paper Series No. 5
  38. Bertrand Jordan, in L'humanité au pluriel. Science ouverte, Seuil, février 2008 (ISBN 978-2-02-096658-0).
  39. Rosenberg et al. 2005[réf. incomplète]
  40. « 1. Les savants s'accordent en général à reconnaître que l'Humanité est une et que tous les hommes appartiennent à la même espèce, Homo Sapiens. », Déclaration d'experts sur les notions de race, Paris, le 20 juillet 1950
  41. Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, 1952, éd. Folio, coll. Essais, 1989 (ISBN 2-07-032413-3), p. 10.
  42. Claude Lévi-Strauss, 1983, Le Regard éloigné, Plon, 398 p.
  43. « Race as a biological concept has had a variety of meanings. In the taxonomic literature, a race is any distinguishable type within a species, such as dark-bellied and light-bellied variants of small mammals. » in Race: A genetic melting-pot [1] par Marcus W. Feldman, Richard C. Lewontin2 & Mary-Claire King, résumé de l'article publié par la revue Nature le 24 juillet 2003.
  44. « New genetic data has enabled scientists to re-examine the relationship between human genetic variation and 'race'. We review the results of genetic analyses that show that human genetic variation is geographically structured, in accord with historical patterns of gene flow and genetic drift. » in Résumé introductif de Genetic variation, classification and 'race' [2], Lynn B Jorde & Stephen P Wooding, Department of Human Genetics, University of Utah School of Medicine, Salt Lake City, Utah 84112, États-Unis ; publié en ligne le 26 octobre 2004 par Nature Genetics
  45. « Genetic variation is geographically structured, as expected from the partial isolation of human populations during much of their history. Because traditional concepts of race are in turn correlated with geography, it is inaccurate to state that race is "biologically meaningless. » ib., Conclusions
  46. « The use of racial variables in genetic studies has become a matter of intense public debate, with implications for re- search design and translation into practice. » dans l'introduction The Use of Race Variables in Genetic Studies of Complex Traits and the Goal of Reducing Health Disparities [3], collective, publié en janvier 2005 par [[<American_Psychologist>|<American_Psychologist>]] [[:en:<American_Psychologist>|<span class="indicateur-langue" title="Équivalent de l’article « <American_Psychologist> » dans une autre langue">(en)]], Vol. 60, No. 1, 77–103
  47. « Critics have debated for the past decade or more whether race is dead or alive in “the new genetics”: Is genomics opening up novel terrains for social identities or is it reauthorizing race? I explore the relationship between race and the new genetics by considering whether this “race” is the same scientific object as that produced by race science […] in the networks that sustain the world of (post)genomics today. » in The Genetic Reinscription of Race [4] par Nadia Abu El-Haj, Department of Anthropology, Barnard College, Columbia University, New York, NY 10027 ; publié en septembre 2007 dans l'Annual Review of Anthropology
  48. Return of the race myth? O. K. Obasogie constate une nouvelle émergence du concept de race dans certains domaines scientifiques (santé, généalogie, utilisation légale de l'ADN dans le droit de la preuve), renouveau rejetant explicitement toute accointance avec les théories pseudo-scientifiques qui ont fait émerger l'idéologie raciste à la fin du XIXe siècle. O. K. Obasogie critique ces renouveaux dans chacun de ces domaines en soulignant les biais qui sont introduits dans les discours liant la notion de race avec les dernières découvertes et développements techniques.
  49. Does Race Exist? Les anthropologues George Gill de l'université du Wyoming et Loring Brace de l'université du Michigan s'affrontent sur cette question. Après avoir lu leurs positions respectives, décidez par vous-même (trad.). http://www.pbs.org/wgbh/nova/first/race.html
  50. Albert Jacquard, « La génétique des populations », MURS, no 5,‎ 1986 (lire en ligne)
  51. Categorization of humans in biomedical research: genes, race and disease
  52. Humanité - Une seule race, mais sept groupes biologiques, Le point, 28 février 2008
  53. Worldwide Human Relationships Inferred from Genome-Wide Patterns of Variation, Science, 28 février 2008
  54. C.Tian et .al 2009, European Population Genetic Substructure: Further Definition of Ancestry Informative Markers for Distinguishing among Diverse European Ethnic Groups
  55. Nelis et al. 2009, Genetic Structure of Europeans: A View from the NorthEast
  56. Distances génétiques (Fst) autosomales calculées par Chao Tian et al. 2009:
    • Grec-Druze : 0.0052, Grec-Bédouin : 0.0064, Grec-Palestinien : 0.0057, Grec-Russe : 0.0108, Grec-Suédois : 0.0084,
    • Italiens du Sud-Druze : 0.0057, Italien du Sud-Bédouin : 0.0079, Italien du Sud-Palestinien : 0.0064, Italien du Sud-Russe : 0.0088, Italien du Sud-Suédois : 0.0064
    Autres distances génétiques (Fst) autosomales calculées par Nelis et al. 2009 :
    • Italiens du Sud - Lettoniens : 0.0150, Italiens du Sud - Finlandais (Helsinki) : 0.0160
    • Espagnols - Lettoniens : 0.0100, Espagnols - Finlandais (Helsinki) : 0.0110
    • Européens – Chinois 0.1100, Européens – Africains (Yoruba) 0.1530
  57. Moorjani P, Patterson N, Hirschhorn JN, Keinan A, Hao L, et al. 2011 The History of African Gene Flow into Southern Europeans, Levantines, and Jews. PLoS Genet 7(4): e1001373. doi:10.1371/journal.pgen.1001373
  58. Cavalli-Sforza, L.L., Menozzi, P. & Piazza, A., The History and Geography of Human Genes, 1994.
  59. Selon une étude récente de Rosenberg, parue en 2002 et portant sur des microsatellites : 86 à 95 % de la variabilité génétique se trouve à l’intérieur des populations locales, 2 à 6 % entre populations d’une même grande région géographique, et 3 à 10 % entre grandes régions.
  60. a et b Genetic analysis of African populations: human evolution and complex disease. Sarah A. Tishkoff, Scott M. Williams. Nature Reviews Genetics 3, 611-621 (août 2002) DOI:10.1038/nrg865
  61. Selon Richard Edward Green, 1 à 4 % du génome de l'homme moderne, proviendrait des néandertaliens (Le Monde du 30 janvier 2014) et selon la revue américaine Science ce serait 20 % du génome de Néandertal qui subsisterait, si l'on met bout à bout tous les morceaux d'ADN.
  62. Relethford 1988
  63. Bradshaw, 1997
  64. Lorenzo et Mirambell, 1996
  65. Bada, Schroeder, et Carter, 1974
  66. ( Guidon et Delibrias, 1996)
  67. Watanabe, Aïta, Mamaguchi, et al., 2003
  68. Dillehay et Collins, 1998
  69. Cavalli-Sforza, 2000
  70. Krantz , 1990
  71. Philippe Poutignat et Jocelyne Streiff‑Fenart (préf. Jean-William Lapierre), Théories de l'ethnicité, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Georges Balandier » (réimpr. 1999 et 2005) (1re éd. 1995), 270 p. (ISBN 9782130466277), « suivi de, Les groupes ethniques et leurs frontières, de Fredrik Barth »
  72. 124 IV 121
  73. Saada (Emmanuelle), Les enfants de la colonie, les métis français entre citoyenneté et sujétion, La Découverte, Paris, 2007.
  74. SUPPRESSION DU MOT « RACE » DE LA LÉGISLATION, proposition de Michel Vaxès (PCF) à l'Assemblée nationale, le 13 mars 2003
  75. Sanders (Edith R.), «The Hamitic Hypothesis; its origin and function in time perspective», Journal of Afrcan History, vol. X, n° 4, 1969, p. 521-532.
  76. Genèse 10:5; Japhet est allé dans les îles des Gentils (religion)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Auteurs[modifier | modifier le code]

Sujets[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (Collectif), Le Racisme devant la science, Paris, Unesco/Gallimard, 1960 (2e éd. 1973), (ISBN 92-3-201079-8)
  • Georges Canguilhem, La Connaissance de la vie, Vrin, 1967
  • Georges Canguilhem, Qu'est-ce qu'une idéologie scientifique ? in Idéologie et rationalité dans l'histoire des sciences de la vie, Vrin, 1977
  • (en) Luigi L. Cavalli-Sforza, Paolo Menozzi, Alberto Piazza, The History and Geography of Human Genes, Princeton University Press, 1994
  • Armelle Enders, «“Castes”, “Races”, “Classes”. Dynamiques sociales et politiques», in Pierre Singaravélou, dir., Les empires coloniaux, Paris, Points, 2013, p. 77-124
  • François Gros, François Jacob, Pierre Royer : Société et sciences de la vie, Rapport au président de la République, La Documentation française, 1979
  • Colette Guillaumin, L'Idéologie raciste, Genèse et langage actuel, Paris/La Haye, Mouton, 1972. Nouvelle édition : Gallimard, collection Folio essais (no 410), 2002
  • M.W. Feldman, R.C. Lewontin, M.C. King, Les races humaines existent-elles ?, L Recherche, 377, 2004 (article orignal : Race: a genetic melting-pot, Nature, 24; 424(6947):374, 2003)
  • François Jacob (prix Nobel de biologie), La Logique du vivant : Une histoire de l'hérédité, Gallimard, 1970
  • Albert Jacquard, La Science à l'usage des non-scientifiques, 2003
  • Albert Jacquard, Éloge de la différence, La génétique et les hommes, Seuil, 1981
  • Bertrand Jordan, L'Humanité au pluriel : La génétique et la question des races, Seuil, 2008, (ISBN 978-2-02-096658-0)
  • Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Unesco, 1961
  • Claude Lévi-Strauss, Race et Culture, Revue int. des sciences sociales (UNESCO), 1971
  • André Langaney, Le Sexe et l'innovation, Le Seuil, Paris, 1987
  • André Langaney, La Philosophie ... biologique, Belin, Paris, 1999
  • André Langaney, Ninian Hubert van Blyenburgh et Alicia Sanchez-Mazas, Tous parents, tous différents, Chabaud, Bayonne, 1992
  • (en) Lieberman, Hampton, Littlefield, et Hallead Race in Biology and Anthropology: A Study of College Texts and Professors, Journal of Research in Science Teaching, 29:301-321, 1992
  • John Maynard Smith, La Théorie de l'évolution, PB Payot, 1962
  • Frederic Monneyron, L'Imaginaire racial, L'Harmattan, 2004
  • Carole Reynaud Paligot, La République raciale : Paradigme racial et idéologie républicaine 1860-1930, PUF, 2006
  • Carole Reynaud Paligot, Races, racisme et antiracisme dans les années 1930, PUF, 2007
  • Léon Poliakov, Le Mythe aryen (première partie sur l'histoire du racisme), 1993
  • Sarga Moussa (dir.), L'Idée de race dans les sciences humaines et la littérature (XVIIIe ‑ XIXe siècles) : actes du colloque international de Lyon, (16-18 novembre 2000), L'Harmattan, 2003 (ISBN 2-7475-4350-1)
  • (en) Noah A. Rosenberg, Jonathan K. Pritchard, James L. Weber, Howard M. Cann, Kenneth K. Kidd, Lev A. Zhivotovsky, Marcus W. Feldman, Genetic Structure of Human Populations, Science, Vol 298, Issue 5602, 2381-2385, 2002
  • Trenton C. Holliday, Espèces d'hybrides !, La Recherche, 377, 2004

Documents historiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]