Robert Ménard

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Robert Ménard
Fonctions
Maire de Béziers
En fonction depuis le 4 avril 2014
(5 mois et 26 jours)
Prédécesseur Raymond Couderc
Biographie
Date de naissance 6 juillet 1953 (61 ans)
Lieu de naissance Oran (Algérie)
Profession Journaliste

Robert Ménard, né le 6 juillet 1953 à Oran, département d'Oran (Algérie), est un journaliste français[1], fondateur et secrétaire général jusqu'au 30 septembre 2008 de l'association française Reporters sans frontières (RSF)[2].

Il se lance dans la vie politique à l'occasion des élections municipales de 2014 à Béziers, dont il devient maire en tant que tête de liste soutenue par le Front national, Debout la République, le Mouvement pour la France et le Rassemblement pour la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts dans le journalisme[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille catholique pied-noir installée en Algérie depuis 1850[3], Robert Ménard a neuf ans lorsque sa famille, rapatriée d'Algérie[4], s'installe à Brusque dans l'Aveyron[5] puis dans le quartier pauvre de la Devèze, à Béziers[6]. Son père, Émile, est tour à tour commerçant, imprimeur et éleveur de poules[7] ; également syndicaliste communiste[6], il devient membre de l'OAS[8],[9]. L'un des oncles de Robert Ménard est par ailleurs emprisonné pour avoir piloté un avion de putchistes[10].

Robert Ménard suit les cours du collège religieux Saint-Gabriel à Saint-Affrique, et envisage de devenir prêtre, ce à quoi sa mère s'oppose[11]. En mai 1968, il fait fermer son collège[10]. Poursuivant ses études à Montpellier, il choisit la philosophie, choix qu'il décrit comme ne répondant pas spécialement à une vocation.

En 1973, au lycée Jean-Moulin à Béziers, à l'époque des manifestations contre la loi Debré de réforme de l'enseignement, il donne des cours de philosophie, pendant les grèves, à des lycéens pour éviter qu'ils ne prennent trop de retard[12].

Toujours à Béziers, il est proche des milieux anarchistes puis trotskistes et milite à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de 1973 à 1979. Il s'inscrit par la suite au Parti socialiste[4], qu'il rejoint via le courant du CERES, l'aile gauche du PS ; il sera délégué du CERES pour la fédération de l'Hérault au congrès de Metz (6 au 8 avril 1979)[13]. Il démissionne du PS six mois après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, se disant stupéfait par tous ceux « qui se précipitaient sur les places »[3].

Dans la mouvance des radios libres, Robert Ménard crée en 1978 Radio Pomarède (du nom d'un bandit d'honneur du Biterrois), radio qui continue d'émettre malgré l'interdiction du ministère de l'Intérieur[14]. Devenu président de l'Association Consensus Liberté Radio, il est la cible de très nombreuses poursuites judiciaires. Lors d'un de ses procès, François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste, se porte témoin de moralité à son égard. Toujours à Béziers, Robert Ménard crée un magazine gratuit, intitulé Le Petit Biterrois, puis est contraint de l'arrêter un an plus tard à la suite de difficultés avec ses annonceurs[4].

Il devient en 1983 journaliste à Radio France Hérault, poste qu'il occupe jusqu'en 1989[4].

1985-2008 : à la tête de Reporters sans frontières[modifier | modifier le code]

À la suite d'un voyage au Japon où il découvre le club de la presse de Tokyo avec trois autres journalistes politiques de Montpellier (Rémy Loury, Jacques Molénat et Émilien Jubineau)[7] et s'affirmant choqué par la couverture médiatique des conflits dans le Tiers monde[4], Robert Ménard fonde Reporters sans frontières le 25 juin 1985 à Montpellier avec ses trois confrères, ainsi que Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud. Il bénéficie en outre du soutien de François Mitterrand[3] et de Jean-Michel Du Plaa, conseiller général PS de l'Hérault et chef de cabinet du président du conseil général Gérard Saumade[15]. Après avoir tenté dans un premier temps d'orienter l'association dans la lutte contre l'indifférence des médias dans les conflits perçus comme marginaux[16], il réussit à en faire l'une des plus grandes organisations de défense de la liberté de la presse dans le monde. Il déclare avoir été interdit de séjour dans de nombreux pays comme la Tunisie, Cuba, la Turquie, l’Algérie ou le Burkina Faso, du fait de ses prises de position en faveur de la liberté de la presse[17].

Selon Thierry Perret, « l'Afrique est un terrain privilégié pour l'association [...] Robert Ménard a très tôt pris fait et cause pour Pius Njawé, et le patron du Messager du Cameroun devenu son ami est assuré d'un soutien sans faille. [...] Robert Ménard, avec sa dégaine d'éternel adolescent, est un agitateur-né, qui ne se cache pas de recourir à toutes les recettes du marketing et de l'action médiatique pour faire avancer la « cause » »[18]. De son côté, France Télévisions cite le cas de la prise d'otage de Florence Aubenas pour illustrer le fait qu'il « se fait surtout connaître par sa défense des journalistes en zone de conflit. Mobilisé dès le premier jour [...], Robert Ménard n'hésite pas à faire du lobbying auprès d'entreprises privées comme Sanofi, Pathé, Suez ou Areva, afin de récolter des fonds pour hâter la libération de la journaliste. Il se rapproche même d'Omar Harfouch, un ami du colonel Kadhafi, « mais aussi un ami de RSF, qui répond toujours présent quand on le sollicite », comme il l'explique au Monde en mai 2005 »[19].

Déploiement, à Paris en 2008, du drapeau de RSF représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes accompagné de la mention « Beijing 2008 ».

Robert Ménard est promu chevalier de la Légion d'honneur le 23 mars 2008[20] sur proposition de Bernard Kouchner[21]. Hasard du calendrier, il ne l’apprend que le lendemain par les médias, alors que des images de quelques manifestants de Reporters sans frontières perturbant la cérémonie d’allumage de la flamme olympique en Grèce[22] font le tour du monde. En effet, afin de protester contre les violations des droits de l'homme en Chine avant les Jeux olympiques en Chine, il a décidé de s’approcher de la tribune officielle lors du discours du responsable chinois à Olympie sous le slogan : « Freedom in China ! »

Il organise des manifestations lors du passage de la flamme à Paris : plusieurs grimpeurs accrocheront des drapeaux représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes, symboles de la campagne de Reporters sans frontières, sur un grand nombre de monuments emblématiques de Paris. Robert Ménard grimpera lui-même, de nuit, sur Notre-Dame, afin d’y brandir ce même drapeau avec le journaliste Jean-François Julliard et les écrivains voyageurs Sylvain Tesson et Priscilla Telmon[23],[24].

Quelques mois plus tard, il est encore une fois interpellé sur les Champs-Élysées alors qu’il proteste contre la présence du président syrien Bachar el-Assad à la tribune officielle du défilé du 14 juillet 2008[4].

Au cours de son mandat, il est accusé de faire deux poids deux mesures dans le traitement de la liberté de la presse dans le monde. Jean-Claude Guillebaud, cofondateur de RSF, quitte l'agence en 1993 en regrettant son abandon de la critique des médias français opéré, selon lui et Acrimed, à l'initiative de Robert Ménard, dans le but d'obtenir leur soutien[25],[26]. Cette attitude sera de fait assumée par Robert Ménard, notamment dans son livre Ces journalistes que l'on veut faire taire (2001), où il écrit qu'en s'attardant sur le cas de la France, « nous risquons de mécontenter certains journalistes, de nous mettre à dos les grands patrons de presse et de braquer le pouvoir économique. Or, pour nous médiatiser, nous avons besoin de la complicité des journalistes, du soutien des patrons de presse et de l'argent du pouvoir économique ». Mais en juin 2004, il rachète et relance la revue trimestrielle Médias en guise de réponse aux critiques lui reprochant de se préoccuper davantage des journalistes emprisonnés à l’étranger que de la situation des médias en France[4][réf. insuffisante]. Stéphane Courbit devient actionnaire du titre fin 2007[27],[5].

Jean-Claude Guillebaud juge également RSF trop proche de la presse anti-Chávez au Venezuela et trop peu critique à l'égard des États-Unis[25], tandis que Jean-Luc Mélenchon reproche à Robert Ménard de s'attaquer systématiquement aux cibles des néoconservateurs américains[28]. Jacques-Marie Bourget accuse de son côté RSF d'avoir « cessé de compter les journalistes blessés ou assassinés par des GI ou des soldats de « Tsahal » », et d'avoir reporté trop tardivement le cas de Sami al-Haj, journaliste soudanais emprisonné à Guantánamo[29]. Selon l'écrivain et journaliste Maxime Vivas, plusieurs officines-écrans de la CIA ont subventionné RSF[30], ce que récuse formellement Robert Ménard[31]. Le 21 mai 2008, il est déclaré persona non grata par des syndicalistes de l'AFP lors d'une manifestation contre les ingérences de l'UMP dans le fonctionnement de l'agence[11].

Rony Brauman, autre cofondateur de RSF quittant l'organisation en 1995, dénonce de son côté l'autoritarisme de Ménard à la tête de l'ONG[26] : « J'ai vu l'autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé, qui le pousse à être excessif »[32]. Alla Lazaréva, ancienne correspondante de RSF, tient des propos similaires : « Monsieur Ménard aspire trop à substituer sa propre personne à la cause entière de la liberté de la presse »[29].

2008-2009 : à la tête du Centre pour la liberté de l'information (Doha, Qatar)[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 2008, Robert Ménard annonce brusquement sa démission et quitte la direction de Reporters sans frontières. L'écrivain Maxime Vivas émet plusieurs hypothèses pour expliquer cette démission : le directeur de RSF aurait été forcé de se démettre en raison de ses critiques de l'Élysée, ou pour permettre à la France de rétablir des relations amicales avec la Chine, ou encore à cause des liens trop voyants entre RSF et les États-Unis et de la nécessité de retoiletter l'association[33][réf. insuffisante].

Le 1er mars de la même année, après une proposition faite à Cheikha Mozah[34], Robert Ménard avait pris les fonctions de directeur général du centre pour la liberté de l'information à Doha au Qatar créé en décembre 2007 sous l'impulsion de RSF[35], censé accueillir et soutenir des journalistes persécutés dans leur pays, et doté d'une subvention annuelle de 3 millions de dollars par l'émir[36]. Son conseil d’administration comptait entre autres Patrick Poivre d’Arvor et Dominique de Villepin[36]. Les détracteurs de l'ancien secrétaire général de RSF s'étonnèrent de cette reconversion dans un pays qui n'a rien d'une démocratie : le pouvoir y est transmis par hérédité et la presse n'a pas le droit d'émettre des critiques contre la famille régnante ni le gouvernement[37]. RSF elle-même « classait régulièrement le Qatar au fin fond du tableau de la liberté de la presse, vers la 80e place »[34]. Mais Jean-François Julliard indiquait en décembre 2008 : « Chaque semaine ou presque, nous faisons des propositions de projets à soutenir ou de gens à aider : des médias touchés par un cyclone en Haïti, par exemple, qui auraient besoin d'un groupe électrogène. Le Centre de Doha répond aux besoins »[35].

Après avoir menacé de démissionner du centre en mars 2009[34], Ménard finira par passer à l'acte en juin 2009, estimant qu'il n'a « plus ni la liberté ni les moyens de travailler »[38],[39]. Maxime Vivas soutient que la prétention de Ménard à gérer seul l'argent du Centre s'est heurtée au droit de regard confié par l'émir à l'un de ses parents, membre du conseil d'administration[40]. De son côté, Télérama affirme : « Le président du conseil d’administration du Centre de Doha, Sheikh Hamad Bin Thamer Al Thani — qui n’est autre que le président de la chaîne de télévision Al Jazeera — a visiblement tout fait pour bloquer la machine. Querelle de pouvoir au sein des cercles dirigeants de l’émirat ? C’est la version donnée par l’entourage de l’ex secrétaire général de RSF »[34].

2009-2014 : retour au journalisme[modifier | modifier le code]

Après son départ de RSF, il revient au journalisme en tant que chroniqueur et éditorialiste sur une ligne réactionnaire dans des talk-shows de grande écoute, et voit ainsi sa notoriété s'accroître[41],[42].

Fin 2008, il crée la maison d'édition Mordicus[43].

Entre fin 2009 et juillet 2010, il reçoit un invité chaque matin à 11 h 5 dans Ménard sans interdit, sur la chaîne d'information en continu I-Télé. Toujours sur la même chaîne, il rejoint l'équipe du 17 h-20 h (L'Info sans interdit) de Julian Bugier et Sonia Chironi pour renouveler son entrevue déplacée à 17 h 45 et ses éditoriaux, bien qu'il soit toujours présent dans la tranche h-h de la chaine, pour différents éditoriaux et échanges avec le journaliste Claude Askolovitch.

Après avoir été débarqué de RTL, où il disposait d'une chronique et participait à l'émission On refait le monde[6],[44], il prend la tête de la matinale de Sud Radio[45] (h-h 30) en août 2011.

En juin 2012, la revue trimestrielle Médias, dirigée par lui-même et Emmanuelle Duverger, doit s'arrêter en raison notamment d'une baisse de 80 % des recettes publicitaires en deux ans, que les dirigeants attribuent à « sa réputation sulfureuse »[46]. L'année précédente, RSF, qui était détentrice de parts dans la société qui publie le magazine, avait indiqué vouloir se séparer de celles-ci par la voix de son président Jean-François Julliard[47]. Stéphane Courbit, actionnaire, avait égalemment décidé de jeter l'éponge[46].

La chaîne d’information i>Télé lui signifie en juillet 2012 l’arrêt de son émission Ménard sans interdit, programmée chaque jour à 17 h 45. Céline Pigalle, nouvelle directrice de la rédaction de la chaîne d'information en continu, estime que « le rendez-vous de Robert Ménard constituait le moment où on ne savait [...] plus si c'était un journaliste ou s'il exprimait une opinion ». Le journaliste refuse la proposition de la chaîne de devenir l'un de ses éditorialistes et s'estime « débarqué ». La direction d'i>Télé assure pour sa part que l’arrêt de ce programme s’est fait en concertation avec Robert Ménard[48]. Ce dernier affirmera plus tard avoir été « congédié d'i-Télé après avoir invité l'historien de l'Afrique Bernard Lugan »[6].

En septembre 2012, il rejoint le Comité consultatif international de Channel 9, une chaîne de télévision géorgienne contrôlée par l'homme d'affaires et politique Bidzina Ivanichvili[49].

Le 1er octobre 2012, il lance avec Dominique Jamet un site d'information intitulé « Boulevard Voltaire » et dont le contenu est fourni par des éditorialistes comme André Bercoff, Éric Brunet, Gilles-William Goldnadel, Pierre Hillard, Jean Sévillia ou Denis Tillinac[50],[51].

Le 9 avril 2014, il annonce se retirer du site pour se consacrer à la mairie de Béziers[52].

Maire de Béziers (2014-)[modifier | modifier le code]

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Il brigue la mairie de Béziers lors des élections municipales de 2014 avec une liste transpartisane[53] qui doit rassembler de « la gauche à l'extrême droite »[19] : celle-ci est composée de six militants du Front national, un du Rassemblement Bleu Marine, trois de Debout la République, un du Rassemblement pour la France, et de six UMP ou ex-UMP ; soit un quart de candidats encartés, d'autres ayant « toujours voté à gauche » d'après Robert Ménard[54]. Il est opposé à Élie Aboud pour l'UMP, député et membre de l'équipe municipale du maire Raymond Couderc ; à Jean-Michel Du Plaa pour le PS, un ami de longue date[9] ; et à Aimé Couquet, candidat du Front de gauche.

Soutiens de Debout la République et du Front national[modifier | modifier le code]

Il commence sa campagne avec un petit groupe de militants de Debout la République (DLR), le parti de Nicolas Dupont-Aignan[8] : Grégoire Annet, chef de file biterrois de DLR, est notamment le secrétaire général de l'association Choisir Béziers présidée par Robert Ménard[55].

En mai 2013, il annonce qu'il accepte le soutien du Front national, tout en maintenant le caractère « apolitique » de sa liste[56]. Marine Le Pen avait d'abord envisagé d'investir une liste FN à Béziers, avant de se raviser devant la réaction de Robert Ménard[9]. Par ailleurs, « Guillaume Vouzellaud, figure locale du FN à Béziers, explique que s’il n’avait pas fait un « burn-out », lui et Ménard y seraient allés ensemble, un deal avait été passé »[57].

En septembre 2013, Nicolas Dupont-Aignan annonce officiellement son soutien à Robert Ménard et à un « programme de salut public »[58]. Le député-maire d'Yerres affirme qu'il l'a « poussé à se présenter avant même qu’il n’ait le soutien du FN »[59], mais concède : « À la suite de la déclaration de Marine Le Pen, il est vrai, j'ai beaucoup réfléchi. Mais une fois que j'avais donné mon soutien, il était difficile de le retirer » ; ajoutant qu'il l'aurait fait si Robert Ménard avait adhéré au Rassemblement Bleu Marine. Mais pour Louis Aliot, vice-président du FN, « il en est de facto. Cela étant, Robert Ménard prend un peu trop de pincettes avec l'étiquette FN. S'il donnait l'impression de porter l'image malgré lui, il pourrait désarçonner une partie de notre électorat, qui n'aime pas être stigmatisé et apprécie la franchise »[60].

En novembre 2013, Robert Ménard indique que Nicolas Reynès, secrétaire départemental des jeunes au FN 34 et membre de son équipe de campagne, ne figurera pas sur sa liste, après que L'Express a rappelé son retrait de l’investiture du Front national en 2012 dans le Nord-Pas-de-Calais, où il était candidat aux législatives, pour avoir publié sur sa page Facebook des photos de femmes blanches nues, images trouvées sur un site néonazi[61].

Le 17 janvier 2014, il accueille Marine Le Pen à l'aéroport de Montpellier et l'accompagne jusqu'à Sète où elle doit tenir un meeting le soir-même. Celle-ci lui apporte un soutien sans ambiguïté[62].

Soutiens divers à droite[modifier | modifier le code]

Le blog dédié à sa campagne est lancé avec l'aide technique de Denis Cheyrouze[63]. Il a également reçu l’appui du Rassemblement pour la France (RPF) de Christian Vanneste[64], qui est représenté par Brice Blazy et dit apprécier la personnalité du candidat ainsi que « ses valeurs conservatrices sur les questions liées à la famille »[60] ; d’une responsable de l’UDI (promise à l’exclusion) ; et d’encartés UMP[65]. Son équipe compte en outre deux figures du Bloc identitaire, à savoir Arnaud Naudin et Christophe Pacotte[66]. Robert Ménard indique à leur sujet en octobre 2013 : « Ils nous aident dans la campagne. Ils sont les bienvenus »[67]. Néanmoins, Nicolas Dupont-Aignan dit peu apprécier ces relations[60]. En novembre 2013, il enregistre le soutien d'Annie Schmitt, deuxième adjointe au maire Raymond Couderc[68]. En décembre 2013, c'est Philippe de Villiers et son parti, le Mouvement pour la France, qui apportent leur soutien au journaliste[69].

Élection[modifier | modifier le code]

Robert Ménard sort nettement en tête du premier tour en recueillant 44,88 % des suffrages exprimés, devant l'UMP Élie Aboud (30,16 %), le PS Jean-Michel Du Plaa (18,65 %) et Aimé Couquet pour le Front de Gauche (6,29 %). Les deux listes de gauche fusionnent pour le second tour derrière Jean-Michel Du Plaa, qui refuse de se retirer comme le requiert le Parti socialiste afin de constituer un front républicain, et se voit donc retirer son investiture[70]. Robert Ménard sort à nouveau en tête du second tour, au terme d'une triangulaire, en recueillant 46,98 % des suffrages exprimés, contre 34,62 % pour Élie Aboud et 18,38 % pour Jean-Michel Du Plaa[71].

Le succès de Robert Ménard a plusieurs raisons :

  • ses origines biterroises — il est connu localement pour son investissement dans les radios libres[72] — et pieds-noirs, sur lesquelles il s'est appuyé pendant la campagne en envoyant notamment des courriers ciblés à la communauté des rapatriés d’Algérie, très nombreuse à Béziers[73] ;
  • une image jugée rassembleuse et ambiguë, due à son statut de créateur de Reporters sans frontières, à sa notoriété nationale et au fait qu'il n’est pas encarté[73],[72] ;
  • une campagne de terrain active et commencée très tôt[72],[74] ;
  • l'essoufflement de l'UMP, usée localement après la direction de la ville pendant 19 ans par Raymond Couderc (présent sur la liste d'Élie Aboud), et qui s'est appuyée sur un système clientéliste typique de la façade méditerranéenne mais en situation de crise et facile à dénoncer[72],[75],[73] ;
  • le manque de légitimité du candidat UMP Élie Aboud, battu sur le fil en 2012 avant de prendre sa revanche[72] ;
  • la faiblesse structurelle et ancienne de la gauche locale[72] ;
  • l'indifférence des Biterrois issus de l'immigration à l'égard du soutien que lui apporte le Front national[75], et plus globalement, l'acculturation de la population au discours extrémiste après le durcissement de la droite locale[72] ;
  • le fait d'avoir su prospérer sur le lent déclin économique de la ville depuis les années 1980[72].

Mandat de maire[modifier | modifier le code]

De nombreuses mesures polémiques[modifier | modifier le code]

Dès les premières semaines de son mandat, Robert Ménard adopte de nombreux arrêtés dont certains créent la polémique jusque dans les médias nationaux.

Après avoir fait de la sécurité l’une de ses priorités de campagne, il débute son mandat en débarquant le chef de la police municipale[76] ; en recrutant dix nouveaux policiers municipaux ; et en promettant de doubler les effectifs, d'armer les agents et d'élargir leurs horaires d’interventions à terme[77]. Il prend un arrêté municipal qui prévoit un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans de 23 heures à 6 heures en période estivale, dans l'hypercentre-ville de Béziers et la Devèze, le quartier « sensible » de la ville. Bien que des mesures similaires aient été prises précédemment dans plusieurs villes françaises[78], cet arrêté crée la polémique[79]. En juin 2014, il décide d'instaurer des séances de rappel à l'ordre pour les auteurs de petits délits ou de simples incivilités dans la salle du conseil municipal, et menace de stopper le versement des aides sociales de la Ville à ceux qui refuseraient de venir[80].

Lors de son premier conseil municipal, il fait voter une baisse des impôts locaux de 2 millions d'euros et la diminution de 30 % des indemnités des élus[81] ; par ailleurs, 400 000 euros destinés à financer la réforme des rythmes scolaires sont supprimés, et le budget du centre communal d'action sociale (CCAS) est diminué de 5 %, alors qu'une baisse similaire avait déjà été décidée par l'équipe précédente — Robert Ménard précise : « le CCAS avait un surplus dont il n'avait plus besoin. Il n'y aura aucune baisse des prestations »[82]. En mai 2014, il cible les incivilités en instaurant une verbalisation de 35 euros pour les déjections canines et des sanctions contre le stationnement illicite. Il prend également un arrêté interdisant d'étendre en journée le linge aux balcons et fenêtres donnant sur les rues du centre-ville[83]. Ce dernier est largement relayé par les réseaux sociaux et les médias nationaux, ce qui suscite l'étonnement d'Arnaud Gauthier de Midi libre pour qui il s'agit d'« une décision comme en prennent de nombreux syndics de copropriété... dans l’indifférence générale, dans une normalité absolue. (...) deux-trois arrêtés pris auront suffi à faire de Robert Ménard le maire le plus actif de France ». Jean-Michel Du Plaa, opposant socialiste au conseil municipal, commente : « L’habilité de Robert Ménard est d’enfoncer des portes ouvertes. Ménard + arrêté = déchaînement médiatique. Malheureusement prendre un arrêté ne suffit pas à résoudre les problèmes »[84]. Cet arrêté n'est en fait pas appliqué[82]. La proposition de Robert Ménard d'offrir une blouse à tous les écoliers de la ville (maternelle et primaire) dont les familles le souhaitent est aussi très médiatisée[85]. Il en est de même pour son intention de supprimer l'étude surveillée, entre 7h35 et 8h30, aux élèves de primaire dont les parents ne travaillent pas, justifiée par un souci d'économies, contre laquelle s'élèvent les élus de l'opposition — Aimé Couquet (Front de Gauche) faisant remarquer qu'elle est illégale — ; des mesures similaires ont néanmoins été appliquées dans de nombreuses autres communes françaises[86],[87]. En juin 2014, il annonce son intention d'interdire les manifestations anti-corrida à proximité des arènes de Béziers[88]. Dans la continuité de son prédécesseur Raymond Couderc, il met en place un plan visant à mettre fin à « la pollution visuelle que constituent les paraboles dans le périmètre du secteur sauvegardé de la ville »[89]. De juillet 2014 à juin 2015, il rend les musées communaux gratuits pour la population biterroise[90]. En juillet 2014, il commémore le massacre du 5 juillet 1962 devant une stèle en l'honneur d'Albert Dovecar, Claude Piegts, Jean-Marie Bastien-Thiry et Roger Degueldre ; Élie Aboud s'associe à ce geste[91]. En septembre 2014, il prend un « arrêté anti-crachat dans l'espace public »[92] et crée une mutuelle sociale au service exclusif des Biterrois. Il déclare à ce sujet : « C'est la chose dont je suis le plus fier depuis ces derniers six mois »[93]. Dans le même temps, il annonce la fin des « passe-droits » et du « clientélisme » dans la gestion du personnel de la Ville, la diminution des recrutements, le non-remplacement de fonctionnaires nouvellement retraités, l'augmentation des heures de travail annuelles et la mise en place d'un nouvel organigramme de la mairie[94].

Choix du cabinet[modifier | modifier le code]

Il choisit comme directeur de cabinet André-Yves Beck, qui a dirigé la communication de Jacques Bompard pendant 19 ans, a été membre de Troisième Voie, fondateur de Nouvelle résistance et proche de la direction du Bloc identitaire[95] ; et comme chef de cabinet Christophe Pacotte, membre du bureau directeur du Bloc identitaire[96]. Le maire de Béziers indique que les deux autres membres de son cabinet sont « Laurent Vassalo, un ancien du PS » et « Alain Laugé, issu de la droite modérée ». Il précise : « J'aime être confronté à des gens qui ne pensent pas comme moi. Ce n'est pas un cabinet conforme à mes choix, ni à mes convictions. J'ai choisi des gens de talent »[97]. Le choix d'André-Yves Beck et de Christophe Pacotte fait réagir Louis Aliot, vice-président du FN : « Il y a peut-être une certaine contradiction en disant “Je ne suis pas Front national” comme s'il avait en face de lui un épouvantail, tout en prenant à son cabinet des gens qui sont beaucoup plus radicaux que ne le sera jamais le Front national ». Louis Aliot déplore en particulier la désignation d'André-Yves Beck, qui a été selon lui « un adversaire acharné du Front national et de Jean-Marie Le Pen depuis toujours, nous ne partageons pas les valeurs de son combat »[98]. Robert Ménard choisit par ailleurs Michel Cardoze comme conseiller culturel[99], qui se désiste rapidement en raison des « amalgames désagréables dont [il a] fait l'objet »[100]. En juin 2014, il se sépare finalement de Christophe Pacotte pour « confiance trahie », ce dernier figurant toujours dans l'organigramme du Bloc identitaire alors que Robert Ménard lui avait demandé d'en démissionner à sa prise de fonctions. Robert Ménard désigne Jacques-Henri de Rohan Chabot, ancien directeur de cabinet d'André Santini, pour le remplacer[101].

Intercommunalité et relations extérieures[modifier | modifier le code]

Robert Ménard échoue à prendre la présidence de la Communauté d'agglomération Béziers Méditerranée (compétente dans le développement économique et la politique de la ville), battu par le maire divers droite de Sérignan Frédéric Lacas, qui réunit sur sa candidature les voix de gauche et de droite[102]. Il est élu 2e vice-président de l'agglomération après avoir menacé de quitter celle-ci, faute d'avoir pu obtenir la 1re vice-présidence dans les négociations[103],[104]. Après avoir refusé la 2e vice-présidence et menacé de saisir le tribunal administratif[105],[106],[107], il signe avec Frédéric Lacas un protocole d'accord comprenant quatre points : la diminution des taxes locales et des charges de fonctionnement de la collectivité ; l'instauration d'un conseil mensuel des maires ; la garantie de la souveraineté du maire sur le territoire de sa commune ; et l'attribution à Robert Ménard d'une deuxième vice-présidence chargée du développement du commerce et de l'artisanat des cœurs de ville, du Renouvellement urbain, de l'habitat et du logement[108].

En-dehors de l'intercommunalité, Robert Ménard échoue à prendre la présidence du conseil de surveillance du centre hospitalier de Béziers (structure indépendante) qui est attribuée au maire d'Espondeilhan, Alain Roméro[109],[110].

En septembre 2014, Robert Ménard et Didier Mouly, maire de Narbonne, annoncent leur intention de « travailler ensemble sur divers dossiers » dans un proche avenir[111].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Père de deux enfants nés de deux unions différentes[5], Robert Ménard est marié à Emmanuelle Duverger, rédactrice en chef de l'ancienne revue trimestrielle Médias[11], responsable des Éditions Mordicus et ancienne juriste à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme. Ensemble, ils ont écrit plusieurs livres, dont La Censure des bien-pensants et Vive Le Pen !. Leur rencontre, qui a eu lieu en 2000, aurait marqué un tournant dans la vie de Robert Ménard : celui-ci s’est en effet « recatholicisé » au contact de son épouse et de leur fille, toutes deux catholiques pratiquantes[57],[32]. S'il affirme : « Elle m'a apporté quelque chose : je n'ai plus honte de ce que je pense »[5], Emmanuelle Duverger tempère : « Il est plus structuré que moi idéologiquement »[32].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Il abandonne ses idées de gauche et devient réactionnaire au cours de sa direction de RSF — sans que cela apparaisse évident auprès des observateurs, ou auprès de ses collaborateurs —[47],[112], puis se rapproche de l'extrême-droite française au tournant des années 2010[113], bien qu'il assure penser « pis que pendre » de certains de ses représentants. Dans le même temps, il se coupe de quasiment tous les intellectuels et journalistes de gauche qu’il côtoyait avec son épouse[57]. Cette évolution suscite l'incompréhension de ses anciens amis de l'époque RSF. Robert Ménard perçoit quant à lui son parcours politique comme l'histoire d'une « maturation » : « Peut-être est-ce ça, devenir adulte ? Je dis ouvertement des choses que je pensais sans oser les dire ou me les avouer »[32]. Il est par ailleurs un « europhile proclamé »[8].

À l'élection présidentielle de 2007, il indique avoir voté pour François Bayrou au premier tour, puis pour Nicolas Sarkozy au second tour[32]. À l'élection présidentielle de 2012, il indique avoir voté pour Nicolas Dupont-Aignan au premier tour (tout en étant « en désaccord avec ce qu’il dit sur l’Europe »[112]), puis pour Nicolas Sarkozy au second tour (« en se bouchant le nez », précise-t-il)[8]. Il indique à ce sujet : « J’essaye de bricoler, je n’ai pas un parti avec lequel je suis d’accord »[112].

Rapports avec le Front national[modifier | modifier le code]

En 2011, ses déclarations à l'antenne de RTL, où il dit comprendre le vote Front national et dénonce le manque de représentation de ce parti au niveau des conseils généraux, suscitent une certaine émotion[114]. Son ouvrage Vive Le Pen ! suscite de vives réactions, en particulier chez RTL, radio qu'il finira par quitter[6]. Robert Ménard explique à propos de ce pamphlet :

« Je ne voterai pas Front national mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu'il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d'expression. Je dirais la même chose du Front de gauche ou de la Ligue communiste révolutionnaire. Défendre la liberté d'expression n'est pas défendre l'extrême droite[115]. »

En septembre de la même année, il déclare sur l'antenne de RTL à propos de Marine Le Pen :

« Elle pose des questions qui sont des vraies questions. Contrairement à ce que disent les gens, elle apporte des réponses qui sont des réponses […]. Elle piétine une classe politique qui est dans l'incapacité totale de résoudre les problèmes qu'il y a[116]. »

Ces rapports sont prolongés par le soutien qu'apporte le Front national à sa candidature aux élections municipales de Béziers en 2014. À cette occasion, Robert Ménard déclare au Monde :

« Je n'ai pas la carte [du FN] et je ne la prendrai jamais, pas plus que celle d'un autre parti. Cela dit, je suis d'accord avec 80 % de leurs idées, notamment celles sur l'immigration[32]. »

Il affirme également qu’il n’a « jamais voté Le Pen[117]. » D'après Rue89, « Robert Ménard valide une grande partie de leur programme (la préférence nationale aussi), seul « le programme économique » lui pose problème. Le jour où le FN reviendra sur la sortie de l’euro, il est possible que Ménard bascule dans le Rassemblement Bleu Marine. Dans ce cas, il est probable qu’il l’assumera pleinement. L’ancien patron de RSF n’a pas peur de l’isolement que cela pourrait provoquer[57]. »

Rapports avec diverses organisations d'extrême droite[modifier | modifier le code]

En 2010, il se montre particulièrement offensif à l'encontre du Bloc identitaire, qu'il situe à l'« l'extrême-droite de l'extrême-droite », alors qu'il interviewe son dirigeant de l'époque et Pierre Cassen à l'occasion de l'apéro saucisson-pinard[118].

En octobre 2011, il prend part aux « 4es de la réinformation » de la Fondation Polémia, un think tank d'extrême droite dirigé par Jean-Yves Le Gallou[119]. Il précise qu'il a accepté cette invitation « comme [il] le fai[t] avec tous ceux qui [l]’invitent et [lui] proposent d’aborder des thèmes sur lesquels [sa] contribution peut avoir un intérêt »[120].

On le voit également participer à un colloque organisé par Jacques Bompard à l'Assemblée nationale[121].

En février 2013, il se rend à La Traboule, le local de la branche lyonnaise du Bloc identitaire[121], et prend la présidence du comité de soutien des identitaires qui ont occupé la mosquée de Poitiers[57]. Il précise à leur sujet : « Je ne partage pas leurs idées. Mais je refuse qu'il y ait deux poids, deux mesures »[32].

En mai 2013, il intervient comme conférencier au local d'une organisation d'extrême-droite, Troisième Voie, dissoute peu après à la suite de l'affaire Clément Méric[122],[123], expliquant qu’il veut débattre avec tout le monde[124].

Il a également prononcé une conférence chez les royalistes du cercle de Flore[57].

En 2014, il entre dans l'équipe de TV Libertés, une chaîne issue de la mouvance d'extrême droite, pour y animer à partir du mois d'avril l’émission d'entretiens « Ménard sans Interdit », reprenant le titre de la séquence qu'il animait sur I-Télé[125],[126].

Enfin, Denis Cheyrouze, « figure importante gravitant dans l’orbite de l'Opus Dei » d'après Rue89, est cofondateur et webmestre du site Boulevard Voltaire ; il a également participé à la refondation de la grille de Sud Radio qui a provoqué l'arrivée de Robert Ménard, et l'a coaché pour l'animation de la matinale. Robert Ménard a néanmoins indiqué ignorer ses accointances avec l'Opus Dei avant les révélations du journal en ligne[63].

Prises de position publiques[modifier | modifier le code]

Liberté d'expression[modifier | modifier le code]

Influencé par l'ancien président de l'Agence France-Presse Claude Moisy, Robert Ménard défend une « approche américaine de la liberté d’expression »[57]. Vincent Brossel, ancien responsable de RSF, affirme : « Lorsqu'il a découvert le premier amendement de la Constitution américaine qui la garantit, ça a été pour lui une révélation. Il est devenu très américanophile, même s'il ne parle pas un mot d'anglais »[32].

Il a écrit plusieurs ouvrages à ce sujet, dont La Censure des bien-pensants en 2003 avec son épouse Emmanuelle Duverger, ou encore Vive Le Pen ! publié en 2011 et également coécrit avec Emmanuelle Duverger, dans lequel ils affirment : « Défendre la liberté d’expression, aujourd’hui, revient fatalement à défendre celle de la droite extrême et de tous ceux qui y sont assimilés. Pour les autres, pas de problème »[57]. Il relie ce phénomène au fait que, selon lui, « presque tous les journalistes sont de gauche »[32].

Il a ainsi donné la parole à Thierry Meyssan[127], à Bernard Lugan ou à Alain Soral[21] ; il a soutenu l'humoriste Dieudonné et le journaliste Éric Zemmour[128] ; il s'est opposé à l'interdiction en France de la chaîne du Hezbollah Al-Manar et à toutes les lois réduisant la liberté d'expression[3], dont la loi Gayssot[21],[129] contre laquelle il a signé en 2010, aux côtés de plusieurs révisionnistes, une pétition qui appelait à la libération de Vincent Reynouard[57].

Peine de mort[modifier | modifier le code]

Suscitant la polémique à la suite de déclarations favorables à la peine de mort sur France Inter[130] et i-Télé, il affirme qu'il a « toujours été pour la peine de mort dans certains cas », et qu’il ne considère pas nécessairement son abolition comme « un droit de l’homme »[131]. Il précise : « Il va de soi que cette solution radicale n'est valable que si on est sûr à 100% que les gens sont coupables »[132].

Torture[modifier | modifier le code]

En 2007, à propos de l'affaire de l'assassinat de Daniel Pearl, Robert Ménard déclare que l'usage de la torture pour sauver une ou plusieurs vies représente « une vraie question » et que l'on peut s'interroger sur la légitimité de son emploi dans certains cas. Le site Rue89 l'accuse à cette occasion de vouloir légitimer la torture[133],[130].

Homosexualité[modifier | modifier le code]

En février 2010 sur Paris Première, Robert Ménard déclare qu'il ne veut pas que ses enfants voient le dessin animé Le Baiser de la Lune évoquant une relation amoureuse entre deux poissons mâles, et avoir « envie que [ses] enfants aient une sexualité hétérosexuelle ». Plus tard, il dit être « fier d'avoir été de tous les défilés de La Manif pour tous »[32]. Candidat à la mairie de Béziers, il affirme qu'il ne célébrera « aucun mariage homosexuel » s'il est élu[134]. Il refuse cependant d'être accusé d'homophobie[32].

Islam et laïcité[modifier | modifier le code]

D'après son épouse, Robert Ménard et elle-même ont « évolué sur la question de l’islam » et « entamé « une phase de réflexion » sur le danger d’un islam conquérant, agressif », en étant à l'écoute d'intellectuels comme Renaud Camus ou Michèle Tribalat. L'intéressé admet ainsi avoir changé d’avis sur l’interdiction du foulard à l’école, à laquelle il n'est plus opposé. Il déclare également que « le voile est un problème par sa présence massive »[57]. Par ailleurs, il répète régulièrement sur son blog que l'islam n'est pas soluble dans la démocratie[75].

Néanmoins, il affirme également, en 2013 : « je combats l’idée que l’islam serait ontologiquement un problème, c’est une monstruosité »[57]. En 2010, il déclare que la loi contre la burqa est une « ineptie », mais également qu'il n'a « aucune envie qu’il y ait autant de mosquées que d’églises dans notre pays »[3]. Dans un entretien filmé datant de 2011, Robert Ménard explique que, par souci d’égalité des religions, il ne serait « pas choqué par un financement d’État des mosquées ou des autorisations données à des processions musulmanes ». Cette vidéo circulant lors de sa candidature à la mairie de Béziers, il dénonce une « magouille » et une « tromperie »[117].

Décoration[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Club des 500 : les 500 qui font le Languedoc-Roussillon, Montpellier, Éditions ensoleillées-Intelligence Média, 1990.
  • Ces journalistes que l'on veut faire taire (avec Géraldine Faes), Éditions Albin Michel, 2001, (ISBN 2226122133 et 9782226122131).
  • La Censure des bien-pensants (avec Emmanuelle Duverger), Albin Michel, 2003.
  • Les jeux de la honte, Le Cherche-Midi, 2008.
  • Des libertés et autres chinoiseries, Robert Laffont, 2008.
  • Les Français sont-ils antisémites ? (avec Élisabeth Lévy, Léonard Vincent), Mordicus, 2009.
  • Mirages et cheikhs en blanc : enquête sur la face cachée du Qatar, le coffre-fort de la France (avec Thierry Steiner), 2010 (ISBN 978-2354170738).
  • Vive Le Pen ! (avec Emmanuelle Duverger), Mordicus, paru le 21 avril 2011[135] (ISBN 978-2918414278).
  • Vive l'Algérie française ! (avec Thierry Rolando), Mordicus, 7 juin 2012, 30 p.

Robert Ménard a signé plusieurs préfaces :

  • Ahmat Zeidane Bichara, prix de journalisme Lorenzo-Natali de l’Union européenne en mars 2006 pour son reportage « Centre de dressage pour les enfants et les épouses » ;
  • Lise Garon, Le Silence tunisien : les alliances dangereuses au Maghreb, L'Harmattan, 1998 ;
  • Raoul Vaneigem, Rien n'est sacré, tout peut se dire : réflexions sur la liberté d'expression, Éditions La Découverte, 2003 ;
  • André Sibomana et Pierre Creisson, Gardons espoir pour le Rwanda, Mordicus, 2008 ;
  • Journal d'un réfugié politique, Éditions Le Bord de L'eau, 2006 ;
  • Thomas Dandois et Hervé Deguine, En territoire interdit, Arthaud, 2008 ;
  • André Sibomana et Pierre Creisson, Gardons espoir pour le Rwanda, Mordicus, 2008.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Ménard, Ces journalistes que l'on veut faire taire : l'étonnante aventure de Reporters sans frontières, Albin Michel, 2001, p. 94.
  2. « Robert Ménard quitte la direction de Reporters sans frontières », Le Point, 26 septembre 2008
  3. a, b, c, d et e Bénédicte Fournier, « Robert Ménard, un esprit libre », Valeurs actuelles, 9 décembre 2010
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  11. a, b et c Zineb Dryef et Augustin Scalbert, « Robert Ménard (RSF) : un chevalier en croisade », Rue89, 25 mai 2008
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  13. Michel Frontère, op. cit., p. 65 : « Plus tard, je l'ai retrouvé au Parti socialiste, où nous militions ensemble au CERES au moment du congrès de Metz (1979). »
  14. Michel Frontère, op. cit., p. 65.
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  16. Thierry Perret 2005, p. 309
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  100. « Béziers : Michel Cardoze renonce à travailler avec Robert Ménard », Midi libre, 18 juin 2014
  101. « Béziers : un nouveau chef de cabinet aux côtés de Robert Ménard », Midi Libre, 22 juillet 2014
  102. Marc de Boni, « Béziers: Ménard a pris la ville mais il a perdu l'agglomération », Le Figaro, 18 avril 2014.
  103. « Agglo de Béziers : Ménard quitte la séance... et est élu 2e vice-président », Midi libre, 28 avril 2014.
  104. Sylvie Bonnet et Alexandre Grellier, « Béziers : Robert Ménard annonce qu'il veut quitter l'agglomération », France 3 Languedoc-Roussillon, 25 avril 2014.
  105. Laurence Creusot, « Agglo de Béziers : Ménard refuse la 2e vice-présidence et écrit au sous-préfet », France 3 Languedoc-Roussillon, 29 avril 2014.
  106. Fabrice Dubault, « Agglo de Béziers : Robert Ménard conteste l'élection du président de Béziers-Méditerranée », France 3 Languedoc-Roussillon, 2 mai 2014.
  107. « Béziers / Agglo : Robert Ménard saisit la justice pour casser l'élection », Midi libre, 20 mai 2014.
  108. « Agglo de Béziers : Ménard et Lacas enterrent la hache de guerre », Midi libre, 27 mai 2014
  109. Libie Cousteau, Béziers: les coups d'éclat de "Super-Ménard", L'Express, 8 août 2014
  110. Béziers : les "sages" de l'hôpital n'ont pas choisi Robert Ménard, Midi Libre
  111. René Ferrando, "Pacte" Béziers - Narbonne : les oppositions s’expriment, Midi Libre, 23 septembre 2014
  112. a, b et c Marine Turchi, « Robert Ménard, la dérive de l'activiste de RSF », Mediapart, 30 mars 2014
  113. « Municipales : Robert Ménard dit avoir le soutien du FN à Béziers », Le Monde, 30 mai 2013.
  114. Emmanuel Berretta, « RTL prend ses distances avec Robert Ménard », Le Point, 1er avril 2011.
  115. Emmanuel Schwartzenberg, « Vive Le Pen : Ménard reste à RTL et i>Télé », Le Figaro, 4 avril 2011.
  116. « Robert Ménard, intervenant vedette d’un club de l’extrême… extrême-droite » sur blog.lemonde.fr, 26 septembre 2011.
  117. a et b Ludovic Trabuchet, « Municipales à Béziers : l’apolitisme à la Ménard peut-il trouver ses limites ? », Midi libre, 9 décembre 2013.
  118. Arnaud Gauthier, « Béziers : quand Robert Ménard se payait le Bloc identitaire », Midi libre, 17 juin 2014
  119. « Robert Ménard, intervenant vedette d’un club de l’extrême… extrême-droite », sur droites-extremes.blog.lemonde.fr, 26 septembre 2011.
  120. « Robert Ménard répond à François Soudan », Jeune Afrique, 19 octobre 2011.
  121. a et b AFP, « Municipales : Robert Ménard dit avoir le soutien du FN à Béziers », Le Monde, sur lemonde.fr, 30 mai 2013.
  122. « Municipales de Béziers : Robert Ménard servi sur les plateaux », Midi libre, sur midilibre.fr, 12 juin 2013.
  123. Vivien Vergnaud, « Qui sont les Jeunesses nationalistes révolutionnaires ? », Le Journal du dimanche, sur lejdd.fr, 6 juin 2013.
  124. « Robert Ménard sur RMC : « Il faut aussi dissoudre les groupes d’extrême gauche », RMC, sur rmc.fr, 11 juin 2013.
  125. Arnaud Boucomont, « Municipales / Languedoc-Roussillon : Aliot, Ménard et Collard, trio télégénique du FN », Midi libre, 13 mars 2014
  126. Site de TV Libertés
  127. « Robert Ménard ouvre son micro à Thierry Meyssan ! », Agoravox TV, 11 septembre 2011.
  128. « 2e jour du procès d'Eric Zemmour : place aux soutiens de Zemmour », Enquête & Débat, 14 janvier 2011.
  129. « Robert Ménard sur la pétition pour abroger la loi Gayssot », Enquête & Débat, 18 janvier 2011.
  130. a et b Pierre Haski, « Quand Robert Ménard (ex-RSF) défend la peine de mort », Rue89, 21 mars 2010.
  131. « Robert Ménard : « Pour la peine de mort dans certains cas », Télé 2 Semaines, 17 décembre 2010.
  132. Charlotte Menegaux, « Peine de mort : R. Ménard se justifie », Le Figaro, 22 mars 2010
  133. Jean-Noël Darde, « Quand Robert Ménard, de RSF, légitime la torture », Rue89, 26 août 2007.
  134. Antoine Guiral, « Robert Ménard, candidat sans frontières aux municipales de Béziers », Libération, 9 juin 2013, mis à jour le 10 juin 2013.
  135. « Robert Ménard publie Vive Le Pen », Europe 1, 31 mars 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maxime Vivas, L’Irrésistible déchéance de Robert Ménard, candidat du Front national, Les éditions Arcane 17,‎ 2013, 66 p. (ISBN 9782918721284).
  • Thierry Perret, Le Temps des Journalistes. L'invention de la presse en Afrique francophone, Karthala,‎ 2005, 320 p. (ISBN 9782845866591).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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