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Florian Philippot

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Florian Philippot
Florian Philippot au Parlement européenà Strasbourg le 2 juillet 2014.
Florian Philippot au Parlement européen
à Strasbourg le 2 juillet 2014.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
(11 mois et 0 jour)
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique NI
Vice-président du Front national
En fonction depuis le
(2 ans, 10 mois et 20 jours)
En tandem avec Alain Jamet
Louis Aliot
Marie-Christine Arnautu
Jean-François Jalkh
Président Marine Le Pen
Biographie
Date de naissance (33 ans)
Lieu de naissance Croix (Nord)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Front national (depuis 2011)
Diplômé de Université Paris-Dauphine
HEC Paris
ENA
Profession Haut fonctionnaire de l'Inspection générale de l'administration

Florian Philippot, né le à Croix (Nord), est un homme politique et ancien haut fonctionnaire français de l'Inspection générale de l'administration.

D'abord soutien de Jean-Pierre Chevènement, il adhère au Front national (FN) en 2011 et devient le directeur stratégique de la campagne présidentielle de 2012 de Marine Le Pen. Porte-parole permanent du Rassemblement bleu Marine (RBM), il est actuellement vice-président du FN et l'un des principaux conseillers de Marine Le Pen.

Après avoir été battu aux élections législatives de 2012 et aux élections municipales de 2014 à Forbach, il est élu député européen le 25 mai 2014.

Biographie

Famille et vie privée

Florian Philippot est le fils d’un directeur d'école primaire publique et d'une institutrice[1]. Sa grand-mère est d'origine polonaise[2]. Son frère, Damien Philippot, diplômé de l'ESCP et de Sciences-Po Paris, est directeur des Études politiques de l'Institut français d'opinion publique (Ifop)[3].

Le 12 décembre 2014, le magazine Closer publie des photographies de Florian Philippot accompagné d'un homme au visage flouté et suggère qu'il serait homosexuel ; il présente son compagnon comme étant un journaliste de télévision trentenaire[4],[5]. La publication de ces clichés provoque l'indignation dans les médias et la classe politique[6],[7]. Deux jours plus tard, tout en dénonçant une atteinte à sa vie privée, Florian Philippot confirme la révélation du magazine[8]. Le 16 décembre 2014, le compagnon de Florian Philippot publie une lettre ouverte sous pseudonymat où il se dit « victime collatérale » de cet « outing »[9].

Études et carrière de haut fonctionnaire

Florian Philippot passe son enfance à Bondues (Nord) dans la banlieue de Lille puis fait ses études à Marcq-en-Barœul avant d'entrer à Paris au lycée Louis-le-Grand en classe préparatoire économique et commerciale.

En 2001 il intègre HEC, dont il sort diplômé en 2005. Dans son mémoire de fin d'études, Le modèle fédéral belge et l'effet d'une éventuelle explosion de la Belgique sur l'avenir de l'Union européenne, il préfigure différentes prospectives pour l'avenir de la Belgique[10].

Pendant ses études, il collabore aux 3 Suisses, entreprise dont le siège social se situe dans sa ville de naissance et pour le compte de laquelle il étudie les techniques de ventes du commerce événementiel. Il travaille ensuite à Bruxelles sur la stratégie de la grande distribution au siège du Groupe Louis Delhaize puis dans l'entreprise de sondages politiques TNS Sofres.[réf. nécessaire]

Il passe ensuite le concours de Sciences Po mais échoue à l'oral[11].

Consécutivement, il prépare le concours de l’ENA à l'université Paris-Dauphine. Au grand oral de l'ENA, l'assesseur du président du jury était Éric Zemmour[12]. À cette épreuve d'admission, Florian Phillipot dit avoir obtenu une bonne note et entre dans la promotion Willy Brandt en 2007[13],[14].

À sa sortie de l'ENA, Florian Philippot est affecté à l’Inspection générale de l'administration[15] où il devient le collègue et ami de Jean-Yves Le Gallou, ancien adjoint de Bruno Mégret au Mouvement national républicain (MNR)[16].

Carrière politique

Premiers engagements

Sous le gouvernement Édouard Balladur (1993-1995), il est « horrifié par les privatisations » parce que « c'est l'État qui perd quelque chose. » Concernant sa filiation politique, Florian Philippot déclare : « De Gaulle c’est pour moi la référence absolue[1]. » Par la suite, lors des élections européennes de 1999, il dit être « séduit » par la « liste souverainiste Pasqua-De Villiers », qui devance le RPR[1] sur une ligne d'ailleurs néo-gaulliste.

En 2002, élève à HEC, il préside le comité Grandes écoles d'une douzaine de personnes autour de Jean-Pierre Chevènement, alors candidat à l’élection présidentielle française[17], et dont le slogan est « HEC avec le CHE »[18]. Il est en désaccord avec les manifestations contre la présence au second tour de Jean-Marie Le Pen du FN : il juge « l’ambiance pas très démocratique, ni républicaine[1]. »

Lors du référendum de 2005, il milite contre le traité établissant une Constitution européenne[19]. En avril 2005 il est au Zénith de Paris, en tant que militant, pour un meeting de Jean-Luc Mélenchon contre le Traité de Lisbonne[19].

Au Front national

La politique sous pseudonyme

Florian Philippot rencontre Marine Le Pen en 2009 par l’entremise du souverainiste Paul-Marie Coûteaux ; il se dit alors intéressé par son « discours social ». Il admet n’avoir avant jamais voté pour ce mouvement et reconnaît qu’il n’aurait pas pu travailler pour celui-ci lorsque Jean-Marie Le Pen le dirigeait, notamment en raison de son programme économique : « Le projet économique n'était pas aussi précis et performant que celui de Marine. Le rôle de l’État n’était pas exprimé de la même manière, mais il faut reconnaître qu’il a été le premier à dire que l’euro n'était pas viable. En cela, c’est un visionnaire[1]. » Il adhère au Front national en 2011[20].

En 2009, il entre en contact avec la rédaction du site de Marianne[réf. nécessaire]. Selon Jean Robin, de mai 2009 à avril 2011[21], Florian Philippot est de manière anonyme blogueur associé au site Marianne2.fr[22], et y réalise notamment des interviews vidéos de responsables politiques tels que Paul-Marie Coûteaux et Nicolas Dupont-Aignan.[réf. nécessaire]

Le 8 avril 2011, lors d'un entretien pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, il se fait passer, sous le pseudonyme d'« Adrien »[17] pour un haut fonctionnaire du ministère des Finances qui « fait profiter Marine Le Pen de son réseau, des hauts fonctionnaires et des fiscalistes qui l'aident à développer sa culture économique » et qui « sort des rapports confidentiels de l'Inspection générale des finances »[23]. Trois jours plus tard, il présente, toujours sous pseudonyme, les grandes lignes du programme économique du FN lors d'un petit déjeuner de presse au siège national du FN, à Nanterre.

Une ascension dans le sillage de Marine Le Pen

Florian Philippot à la présentation du programme présidentiel du FN, le 19 novembre 2011 à Paris.

Vers septembre 2011, Florian Philippot est envisagé comme futur directeur stratégique de la campagne présidentielle de Marine Le Pen[24], et nommé officiellement le 2 octobre suivant.

En mai 2012, il devient, avec Louis Aliot, porte-parole du Rassemblement bleu Marine (RBM)[25] nouvellement constitué, et en est depuis le porte-parole permanent.

Vice-présidence du FN

Le 12 juillet 2012, il est nommé vice-président du Front national, chargé de la stratégie et de la communication[26]. Il affirme alors la volonté du mouvement frontiste de se professionnaliser, et entame une tournée dans les fédérations à partir de septembre 2012.[réf. nécessaire]

Le 9 novembre 2012, il se rend à Colombey-les-Deux-Églises avec Bertrand Dutheil de La Rochère (président de Patrie et Citoyenneté, parti allié du Front national) pour se recueillir et fleurir « à titre personnel » le tombeau de Charles de Gaulle, en se revendiquant des valeurs du gaullisme[27]. Cet évènement qui est une première pour un haut responsable du Front national irritera une partie de la vieille garde du mouvement. Le président d'honneur du parti, Jean-Marie Le Pen, juge cependant l'évènement comme un « acte de communication superflu »[28]. Il est souvent présenté comme l'« éminence grise » de Marine Le Pen, et son principal conseiller[29]. Après la commémoration de la rafle du Vélodrome d'Hiver par le Premier ministre, qui y reconnaît l’implication de l’État français, Florian Philippot accuse le gouvernement d’« entretenir la haine de la France » en arguant que « la France était à Londres et il y avait un pays occupé, non pas complice de l'occupant mais victime de l'occupant[30]. »

En juin 2014, lors des grèves de la SNCF, il soutient les grévistes, réfutant l'argument que la libéralisation du rail soit synonyme de baisse des prix pour les usagers. Ces propos sont largement repris et commentés par les médias[31].

Implantation électorale en Moselle-est

En juin 2012, Florian Philippot se présente aux législatives, « parachuté » selon ses propres termes à la place du candidat FN habituel Éric Vilain[32] dans la sixième circonscription de la Moselle. En dépit de cette candidature dissidente, il se qualifie pour le second tour avec 26,34 % des suffrages exprimés face au socialiste Laurent Kalinowski (37,45 %), tandis que le député UMP sortant Pierre Lang est éliminé dès le premier tour[33]. Battu au second tour, Florian Philippot récolte 46,30 % des suffrages exprimés.

Florian Philippot en mars 2014.

Malgré ce bon score, son attitude supposée envers les militants et le recrutement contesté[34] au conseil régional de Lorraine d'Arnaud Menu, alias Arnaud Naudin, rédacteur en chef de Novopress, l’un des médias du Bloc identitaire, provoquent début 2013 la démission de son suppléant, d'un ancien candidat FN aux dernières élections cantonales, ainsi que de quatre conseillers régionaux FN[35].

Par ailleurs, après avoir été pressenti pour mener une liste FN aux élections municipales de mars 2014 à Freyming-Merlebach, deuxième ville la plus peuplée de la 6e circonscription mosellane[36],[37], Philippot choisit finalement de mener la liste forbachoise en tandem avec son ancien rival Éric Vilain[38],[39]. Après être arrivé en tête au premier tour, il devient conseiller municipal après sa défaite dans un quadrangulaire au second tour[40].

Florian Philippot prend d'autre part la tête de liste de son parti aux élections européennes de mai 2014 dans la circonscription Est qui comprend cinq régions, dont la Lorraine[41]. Sa liste arrive en tête (28,98 % des voix) et il est donc élu député européen.

Analyses de son rôle au sein du Front national

Qualifié par la presse de « figure montante du Front national », proche de Marine Le Pen et du courant « réformiste » du FN, il fait partie, selon Le Point, de la « nouvelle génération de militants du Front national tout entier dévoués à cette dernière et décidés, comme elle, à prendre le pouvoir au plus vite. Au besoin en liquidant l’héritage du père, Jean-Marie Le Pen. ». Selon lui par ailleurs, toujours cité par Le Point : « La dédiabolisation du parti est achevée, nous constituons désormais une réelle alternative politique[42]. » Bien que l’ancien président du FN admette ne pas être « énarcophile » et que certains dirigeants du mouvement le trouvent « terne », ils font globalement la louange de son travail : une « pépite capable de pondre des notes sur tout », un « fin connaisseur des rouages de l’administration », « puissant intellectuellement »[1]. Auteur d'un ouvrage consacré aux numéros 2 du Front national, l'historien Nicolas Lebourg estime à son sujet que « jamais un second n’a eu autant d’influence » au sein du parti[43].

Le journaliste Laurent de Boissieu considère qu'il a apporté au FN « une cohérence entre la dénonciation du libéralisme extérieur (protectionnisme face au libre-échangisme mondial) et une dénonciation du libéralisme intérieur (interventionnisme social-étatiste contre la remise en cause du modèle social français), en rupture avec le programme de libéralisation interne défendu hier par Jean-Marie Le Pen et aujourd'hui [en 2015] par Marion Maréchal-Le Pen[44]. » Le politologue Thomas Guénolé voit dans sa ligne « un colbertisme qui veut fédérer le non du référendum de 2005 à la constitution européenne »[43].

Après la suspension de Jean-Marie Le Pen par le FN, Florian Philippot fait l'objet de vives attaques de ce dernier, qui voit en lui le principal responsable de sa sanction. À cette occasion, Jean-Marie Le Pen fait notamment référence à l'homosexualité de l'intéressé[45].

Notes et références

  1. a, b, c, d, e et f « Florian Philippot, l'énarque qui conseille Le Pen », sur http://www.lexpress.fr/,‎
  2. Joséphine Lebard, « Et soudain, chez Ardisson, le discours du FN sur l’immigration s’écroule », sur Rue 89,‎ (consulté le 7 décembre 2013)
  3. Damien Philippot, directeur des études politiques à l'IFOP, sur rfi.fr.
  4. « Philippot va porter plainte contre Closer », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 12-13 décembre 2014 (consulté le 13 décembre 2014)
  5. « Oui à l'amour pour tous ! », Closer, no 496,‎
  6. Renaud Dély, « L'outing de Philippot, une atteinte à la démocratie », sur tempsreel.nouvelobs.com, L'Obs,‎ (consulté le 13 décembre 2014)
  7. « Les révélations de Closer sur Florian Philippot indignent la classe politique », sur leparisien.fr, Le Parisien,‎ (consulté le 13 décembre 2014).
  8. Marc de Boni, « Florian Philippot : Il n'y a pas de lobby gay au Front national », sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ (consulté le 15 décembre 2014).
  9. Tyto Alba, « Lettre ouverte à Closer de l’homme qui accompagne Philippot sur les photos », Rue89,‎ (lire en ligne)
  10. https://infothec.hec.fr/flora/servlet/LoginServlet
  11. http://www.rue89.com/2011/10/05/fn-philippot-lhomme-qui-sait-tout-rejoint-marine-le-pen-224754
  12. http://prepaconcours.sciences-po.fr/francais/annales/pdf/103_rapport_2006.pdf
  13. Olivier Beaumont, « Florian Philippot, l’apprenti », sur http://www.leparisien.fr/, Le Parisien,‎
  14. Abel Mestre, « Florian Philippot, technocrate passé de Chevènement à Le Pen », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. « Arrêté du 4 mai 2009 portant affectation aux carrières des élèves de la promotion 2007-2009 « Willy Brandt » de l’Ecole nationale d’administration ayant terminé leur scolarité au mois de mars 2009 (élèves issus des concours externe, interne et troisième concours) », sur http://www.legifrance.gouv.fr/,‎
  16. Voir sur lemonde.fr.
  17. a et b Nolwenn Le Bienvennec, « FN : Philippot, « l'homme qui sait tout », rejoint Marine Le Pen », sur http://www.rue89.com/
  18. Voir sur nordeclair.fr.
  19. a et b « Rencontre avec Florian Philippot », sur Nouvelobs.com.
  20. Florence Aubenas, « Florian Philippot, le Front médiatique » sur Le Monde, 28 novembre 2014.
  21. Voir sur enquete-debat.fr.
  22. « Et s'il fallait se libérer de l'euro ? », Le vrai débat - Blogueur associé, marianne.net, 3 mai 2010.
  23. « Adrien, haut fonctionnaire à Bercy et conseiller de Marine Le Pen », leparisien.fr, 8 avril 2011.
  24. « Marine Le Pen dévoile l'équipe de campagne dirigée par un jeune énarque », sur 20minutes.fr.
  25. « FN - Aliot et Philippot porte-paroles » sur Lefigaro.fr.
  26. « F. Philippot devient vice-président du FN », Le Figaro, 12 juillet 2012.
  27. Christophe Forcari, « Le frontiste Florian Philippot célèbre le Général », in libération.fr, 9 novembre 2012.
  28. David Doucet, « Philippot, le gourou de Marine Le Pen », lesinrocks.com, 17 mars 2013.
  29. R. S., « Front national - Divorce sur le mariage homo », in Le Figaro Magazine, semaine du 18 janvier 2013, page 18.
  30. Voir sur lefigaro.fr.
  31. Françoise Fressoz, « Florian Philippot soutient les cheminots en grève », lemonde.fr (consulté le 18 juin 2014)
  32. Nicolas Bastuck, « Parachutage mouvementé pour le FN à Forbach », sur Le Point.fr (consulté le 31 mars 2014)
  33. « Candidats élections législatives 2012 en Moselle - 2e tour », sur TOUT METZ (consulté le 31 mars 2014)
  34. « Le FN recrute le rédacteur en chef de Novopress », sur Droite(s) extrême(s) (consulté le 31 mars 2014)
  35. « Philippot, le parachuté chahuté du FN », sur nouvelobs.com (consulté le 31 mars 2014)
  36. « Le FN recrute à Freyming-Merlebach » sur Le Républicain Lorrain.
  37. « F. Philippot envisage Freyming-Merlebach » sur Le Républicain Lorrain.
  38. « À Forbach, le parachutage du FN dans le sens du vent » sur Libération.
  39. « Municipales : Philippot (FN) pressenti pour être candidat à Forbach » sur lepoint.fr.
  40. Matthieu Goar, « Forbach : le frontiste Florian Philippot rate son parachutage », sur Le Monde,‎ (consulté le 31 mars 2014)
  41. « Florian Philippot candidat aux Européennes dans l'Est à la place de Bruno Gollnisch » sur lelab.europe1.fr.
  42. Nicolas Bastuck, « Moselle - Florian Philippot (FN) réussit son parachutage », sur http://www.lepoint.fr/,‎
  43. a et b Florian Fayolle, « Comment Florian Philippot a eu la peau de Jean-Marie Le Pen », sur challenges.fr,‎ (consulté le 5 mai 2015)
  44. Laurent de Boissieu, « Le FN, l'euro et la politique économique », sur ipolitique.fr,‎ (consulté le 17 avril 2015)
  45. Dominique Albertini, « Jean-Marie Le Pen, Florian Philippot et le «lobby gay» », sur liberation.fr,‎ (consulté le 14 mai 2015)

Voir aussi

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Articles connexes

Lien externe