Joachim von Ribbentrop
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Joachim von Ribbentrop (30 avril 1893 à Wesel - 16 octobre 1946 à Nuremberg, Allemagne) était ministre des affaires étrangères du Troisième Reich de 1938 à 1945.
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[modifier] Jeunesse et débuts
Il passe sa jeunesse au Canada anglophone et y demeurait en août 1914. Il rentre alors immédiatement en Allemagne, par la Hollande, pour s'engager comme soldat pendant la Première Guerre mondiale. Il est blessé en 1917.
Ancien représentant en vin de Champagne pour Pommery, il rejoint le NSDAP en 1932 où ses liens avec le milieu politique traditionnel sont appréciés. Il est alors l'ami de Heinrich Himmler mais leur relation se détériore quand ce dernier tente d'avoir son propre service diplomatique.
[modifier] Diplomate
En 1935, il devient ministre sans portefeuille et conseiller officieux de Hitler pour les Affaires Etrangères. Parlant couramment le français et l'anglais, il accroît son influence en prenant systématiquement le parti le plus extrême, le seul que voulait entendre Hitler, ce qui revient à marginaliser le ministre ds Affaires Etrangères en titre, Konstantin von Neurath. En juin 1935, il négocie, sur un coup de bluff, un accord naval germano-britannique permettant au Reich d’accroître sensiblement sa flotte : pour cela, il affirma à John Simon, Secrétaire au Foreign Office, que si les propositions allemandes n'étaient pas acceptées dans leur intégralité, il repartait immédiatement. Il devint à ce moment le spécialiste du Parti Nazi pour la diplomatie et augmenta son influence sur Hitler.
D'abord ambassadeur à Londres en 1936, il y laisse une réputation d'incompétence totale ; il devient cependant ministre des affaires étrangères d'Hitler en 1938 à la place de Konstantin von Neurath.
Il est l'artisan, avec Viatcheslav Molotov, du pacte germano-soviétique de non-agression qui aboutit notamment en 1939 à la partition de la Pologne entre les deux puissances.
Il prépare aussi le terrain diplomatique de l’annexion des Sudètes et joue un rôle essentiel dans le rapprochement entre Hitler et Mussolini qui aboutit au Pacte d'Acier signé le 22 mai 1939.
Au cours de l'automne 1940, il monte le chimérique "complot Windsor" pour s'emparer de l'ex-Roi Edouard VIII et le remettre sur son trône pour amener la Grande-Bretagne à la paix. Il ne pousse pas au déclenchement de la guerre contre l'URSS en 1941, mais ne fait rien pour l'empêcher par servilité vis à vis d'Hitler. Selon l'historien Anthony Beevor, juste après avoir remis la déclaration de guerre à l'ambassadeur soviétique Dekanozov, il lui souffle : " vous ferez savoir à Moscou que j'étais contre cette guerre !"
[modifier] Perte d'influence
Au fur et à mesure que la guerre se poursuit, l'influence de Ribbentrop diminue d'autant plus qu'Hitler ne s'embarasse plus de précautions diplomatiques. De plus, la plupart des personnes qu'il nomme dans les ambassades sont grossièrement incompétentes. Hitler le marginalise, mais le maintient dans son entourage où il est fréquemment moqué. Ribbentrop aménage un train qui suit tout le temps Hitler dans ses déplacements, pour se montrer tout le temps avec lui. Il est complètement exclu de la tentative d'assassinat du 20 juillet 1944 pourtant menée par la classe sociale à laquelle il cherchait à s'identifier.
[modifier] Jugement et exécution
Lors du Procès de Nuremberg, il nie toute responsabilité au sujet des camps de concentration. Cependant, il aurait poussé, en septembre 1942, les diplomates allemands en poste dans les pays occupés à accélérer les déportations de Juifs. Ribbentrop se serait plaint auprès des Italiens des lenteurs dans la déportation des Juifs de la zone d'occupation italienne de la France. Les diplomates ont joué un rôle important dans l'organisation de la déportation, négociée, comme en France avec le régime de Vichy en juin 1942, lorsque le représentant allemand auprès du régime de Vichy exige de Laval la déportation de 50.000 Juifs. D'autre part, il fut prouvé au cours du procès, qu'il s'empara des biens de certaines personnes dont il avait ordonné la déportation.
Au cours du procès, c'est le procureur français Edgar Faure qui mène le contre-interrogatoire : il lit à l'accusé un extrait d'une lettre de l'Ambassade d'Allemagne du 27 juin 1942, adressée au chef de la Sicherheitspolizei en France.
« Le Hauptsturmführer Dannecker m'a indiqué qu’il avait besoin au plus tôt de 50 000 Juifs de la zone libre pour être déportés vers l'Est, et qu'il convenait de soutenir l'action de Darquier de Pellepoix, Commissaire Général aux Questions Juives. »
Dans sa réponse, Ribbentrop s'embrouille et se laisse piéger par Edgar Faure. Il commence par nier avoir eu connaissance de ce travail de ses propres services, avant d'essayer de dire qu'il a tenté de temporiser, ce qui indique qu'il connaissait parfaitement la situation.
En avril 1943, Ribbentrop participe aussi à une conférence entre Hitler et le Hongrois Horty durant laquelle ce dernier est informé que les Juifs devaient être exterminés ou envoyés en camps de concentration.
Il est condamné à mort lors du Procès de Nuremberg en 1946 pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crime contre l'humanité, et il est le premier des condamnés à être exécuté par pendaison dans la nuit du 16 octobre 1946 à 1h01 .
Ses dernières paroles sur l'échafaud :
- « Que Dieu protège l'Allemagne, sur le point de mourir, j'exprime l'espoir qu'elle puisse conserver son unité, et que l'ouest et l'est arriveront à s'entendre sur ce point. »
[modifier] Référence
- Magazine Historia N° 334 septembre 1974 Sur le procès de Nuremberg
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