Macédoine (pays)
| Република Македонија (mk-Cyrl) | |||||
| Republika Makedonija (mk-Latn) | |||||
| République de Macédoine (fr) | |||||
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| Devise nationale : aucune | |||||
| Langues officielles | Macédonien[1],[2] | ||||
| Capitale | Skopje |
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| Plus grande ville | Skopje | ||||
| Forme de l’État | République | ||||
| - Président de la République - Président du Gouvernement |
Gjorge Ivanov Nikola Gruevski |
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| Superficie - Totale - Eau (%) |
Classé 149e 25713 km2 Négligeable |
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| Population - Totale (2011) - Densité |
Classé 140e 2 077 328[3] hab. 80 hab./km2 |
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| Groupes ethniques | |||||
| Gentilé | Macédonien, Macédonienne | ||||
| Monnaie | Denar (MKD) |
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| PIB (PPA) (2010) | 20 milliards de USD (125e) | ||||
| PIB (nominal) (2010) | 9 108 milliards de USD (111e) | ||||
| IDH (2010) | |||||
| Fuseau horaire | UTC +1 (CET) ; | ||||
| Hymne national | Denes Nad Makedonija | ||||
| Code ISO 3166-1 | MKD, MK | ||||
| Domaine internet | .mk | ||||
| Indicatif téléphonique |
+389 |
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| Organisations internationales | |||||
| ONU (8 avril 1993[5]) | |||||
La Macédoine, en forme longue la République de Macédoine (en macédonien Македонија et Република Македонија) est un État d’Europe du Sud situé dans la péninsule des Balkans. C'est un des États successeurs de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, dont elle a déclaré son indépendance en 1991. Elle est membre des Nations-Unies depuis 1993, mais à la suite d'un différend sur son nom avec la Grèce, elle a été admise sous un nom provisoire, Ancienne République yougoslave de Macédoine ou Ex-République yougoslave de Macédoine, abrégé en ARYM ou en FYROM, cette dernière appellation étant le sigle anglophone[6],[7].
Sans accès à la mer, elle est entourée de la Grèce, de la Bulgarie, de la Serbie, du Kosovo[8] et de l’Albanie. Le pays, qui compte deux millions d'habitants, occupe approximativement la moitié nord de la Macédoine géographique, qui s'étend aussi en Bulgarie et en Grèce. Sa capitale et plus grande ville est Skopje, suivie par Koumanovo, Bitola, Prilep ou encore Tetovo. Le pays est essentiellement montagneux et compte une cinquantaine de lacs.
De par sa position, le territoire de la république a connu de nombreuses occupations et migrations, les plus marquantes étant l'âge byzantin, l'arrivée des Slaves au VIe siècle, puis une domination ottomane longue de cinq siècles. Ces présences ont façonné une culture riche en influences ainsi qu'une population hétérogène, puisqu'en plus de citoyens appartenant au peuple macédonien, le pays compte d'importantes minorités albanaise, turque et rom. La Macédoine compte ainsi une majorité d'habitants slaves et orthodoxes, mais aussi une forte communauté musulmane.
La République de Macédoine possède un régime politique démocratique et parlementaire. Longtemps isolée, elle ne possède pas de tradition industrielle ancienne et elle a connu, après son indépendance, un passage à l'économie de marché très difficile. Elle se classe parmi les États européens les plus pauvres ; son isolement géopolitique, le manque d'investissements extérieurs et la fragilité de son économie font de son adhésion à l'Union européenne une nécessité.
Sommaire |
[modifier] Géographie
[modifier] Géographie physique
La République de Macédoine est un État d'Europe du Sud-Est, situé au centre de la péninsule balkanique. Sans accès à la mer, elle est bordée au sud par la Grèce, à l'est par la Bulgarie, au nord par la Serbie et le Kosovo et à l'ouest par l'Albanie. Elle couvre 25 713 kilomètres carrés, surface comparable à celle des Pays-Bas[9]. Son territoire se trouve entre 40°50' et 42°20' de latitude nord et 20°27' et 23°05' de longitude est[10].
Le pays est essentiellement montagneux et il compte 34 sommets s'élevant à plus de 2 000 mètres d'altitude. Son point culminant, le mont Korab, atteint les 2 764 mètres d'altitude[9]. Le pays compte aussi des collines, des plateaux, des ravins et des vallées fluviales[10]. Le principal cours d'eau macédonien est le Vardar, fleuve qui traverse le pays sur 301 kilomètres[9]. Il prend sa source dans le nord-ouest du pays, traverse la frontière grecque au sud-est et rejoint la mer Égée près de Thessalonique. Il possède plusieurs affluents, comme la Bregalnitsa, longue de 225 kilomètres, ou la Tsrna, longue de 207 kilomètres[11]. Le bassin du Vardar comprend en outre 80 % du territoire du pays[11] et seuls deux grands cours d'eau n'en sont pas tributaires, il s'agit du Drin noir, qui rejoint l'Albanie et se jette dans la mer Adriatique, et de la Stroumitsa, qui se jette dans la Strouma en Bulgarie[12]. Le pays compte aussi 53 lacs naturels et artificiels. Le plus grand, le lac d'Ohrid, couvre 349 kilomètres carrés, c'est le plus vieux lac d'Europe. Il est suivi par le lac Prespa, qui couvre 274 kilomètres carrés. Ces deux grands lacs sont frontaliers, celui d'Ohrid est partagé avec l'Albanie et celui de Prespa avec l'Albanie et la Grèce ; la Macédoine possède toutefois la grande majorité de leur surface[9]. Le plus grand lac artificiel est celui de Tikvech, il couvre 14 kilomètres carrés, fait 30 kilomètres de long et a une profondeur de 95 mètres[13] ; il fut créé en 1968 grâce à un barrage hydroélectrique[14]. Le pays possède enfin de nombreuses sources d'eau thermale, exploitées depuis l'Antiquité. La plus chaude de ces sources a une eau à 73 °C[15].
La vallée du Vardar sépare deux ensembles géographiques distincts. À l'ouest, le relief est très accentué, des grandes chaînes de montagne appartenant au système dinarique, comme les monts Šar, et au massif du Pinde, alternent avec des plaines encaissées comme le Polog ou la Pélagonie. À l'est, le relief est plus doux car plus ancien, il est lui aussi entrecoupé de plaines et appartient au système des Rhodopes[16]. Le territoire macédonien connaît une activité sismique importante et il fut principalement formé au Cénozoïque[17], bien que des massifs rocheux datent du Précambrien[18]. Le pays connaît des tremblements de terre réguliers et intenses ; le dernier grand séisme en date a eu lieu en 1963 et Skopje, la capitale, avait été détruite à 80 %. Une ancienne activité volcanique a enfin laissé des poches souterraines de sulfure d'hydrogène[19].
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Le massif du mont Korab, point culminant du pays.
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La plaine de Pélagonie vue depuis un massif avoisinant.
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Le lac Prespa.
[modifier] Climat
La Macédoine connaît trois climats : le climat continental dans les régions du nord, le climat méditerranéen dans le sud et le climat montagnard dans les zones de haute altitude[20]. Tout le pays connaît quatre saisons bien distinctes, avec des étés chauds et secs et des hivers froids avec d'abondantes chutes de neige. L'amplitude des températures est très importante puisque si le pays peut connaître -20 °C en hiver, il peut faire 40 °C en été. Les froides températures d'hiver sont influencées par des vents du nord tandis que les chaleurs estivales sont dues à la pression subtropicale que connaît la mer Égée ainsi qu'à des influences du Proche-Orient. Ces dernières sont souvent responsables de la sécheresse du pays. Celui-ci connaît en effet très peu de précipitations : la vallée du Vardar ne reçoit ainsi que 450 mm d'eau par an[21]. La diversité de climats et l'irrigation permettent aux Macédoniens de cultiver des plantes très variées, comme du blé, du maïs, des pommes de terre, du pavot somnifère, de l'arachide ou encore du riz[22].
| Station | Région | Latitude | Longitude | Altitude (m) | Précipitations annuelles (mm) | Températures moyennes en janvier (°C) |
Températures moyennes en juillet (°C) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Skopje | Nord de la vallée du Vardar | 42° 00’ | 21° 26’ | 245 | 940 | -2,48 | 20,86 |
| Kotchani | Est | 41° 50’ | 22° 00’ | 400 | 538 | -2,65 | 21,01 |
| Lac d'Ohrid | Sud-ouest | 41° 03’ | 20° 42’ | 693 | 759 | -1,48 | 22,15 |
[modifier] Faune et flore
La République de Macédoine possède de grandes richesses naturelles[27], les forêts couvrent par exemple 35 % de son territoire[28]. Dans les régions de basse montagne, le hêtre et le châtaignier dominent, tandis qu'au dessus de 1 200 mètres d'altitude, on trouve surtout des conifères, comme le pin et le sapin. Le figuier, le cyprès et le noyer poussent autour des lacs d'Ohrid et de Prespa. Les forêts de basse altitude sont le repère de nombreux animaux sauvages, comme le cerf, la martre et le sanglier. Dans les montagnes vivent des chamois, des bouquetins, des lynx et des ours. Les grands lacs sont des lieux riches en poissons, dont certains, comme la truite d'Ohrid, sont endémiques, et en oiseaux, notamment des cormorans et des pélicans[29]. Afin de protéger les régions naturelles les plus riches, trois parcs nationaux ont été créés, il s'agit du parc de Galitchitsa, qui englobe le massif du même nom, entre les lacs d'Ohrid et de Prespa, du parc de Mavrovo, situé dans les montagnes du nord-est, et du parc du Pelister qui englobe le massif éponyme, situé dans le Sud-Ouest du pays. Ensemble, ils regroupent une surface de 1 064,88 kilomètres carrés, soit 4 % du territoire national[30]. Le lac d'Ohrid est quant à lui classé au Patrimoine mondial de l'Unesco[31].
Bien que la République de Macédoine ait conservé un environnement très propre, celui-ci est soumis à de nombreuses menaces. Ainsi, les forêts, déjà largement diminuées depuis le Moyen Âge, sont victimes de coupes illégales et d'incendies. Les chèvres ont aussi joué un grand rôle dans la dégradation des massifs forestiers ; une loi de 1947, supprimée dans les années 1990, avait d'ailleurs interdit leur élevage. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le pays entreprend des programmes de reforestation, mais la nature aride des sols et le manque de moyens financiers rendent la tâche difficile[32]. La pollution liée à l'activité humaine touche principalement les cours d'eau et les lacs, victimes de l'irrigation, de l'écoulement des engrais, des rejets industriels et du dépôt d'ordures[28]. La pollution atmosphérique atteint surtout les villes, elle est due à quelques centrales électriques, à des usines chimiques et métallurgiques et surtout à la circulation automobile. L'impact de cette dernière est aggravé par l'âge élevé du parc automobile et par l'utilisation de carburants de mauvaise qualité[33]. Plusieurs organisations écologiques militent pour la préservation de la nature macédonienne, la plus vieille et la plus importante étant la Société écologique macédonienne, fondée en 1972[34].
[modifier] Répartition humaine
La République de Macédoine est caractérisée par une capitale macrocéphale, qui concentre un tiers de la population du pays, et par un grand nombre de moyennes et petites villes, 29 au total. Le pays compte aussi 1 637 villages et hameaux[35]. En 2010, 59 % de la population vivait en milieu urbain[36].
Les régions les plus densément peuplées sont celles de Skopje et du Polog, qui forment ensemble un arc au nord-ouest du pays, dans la haute vallée du Vardar. Elles comptent les villes de Tetovo, Gostivar et Skopje et regroupent environ 43 % de la population macédonienne. Ce sont elles qui connaissent la plus forte croissance démographique, expliquée par l'exode rural vers Skopje ainsi que par le fort taux de natalité parmi la minorité albanaise, largement majoritaire dans le Polog. Les régions du sud et de l'est ont une croissance démographique faible et une population rurale plus importante mais elles comptent aussi des villes moyennes, comme Bitola, Prilep, Chtip ou Stroumitsa[37].
Population des dix villes de Macédoine les plus peuplées (2002)[38] 
[modifier] Axes de communication
La vallée du Vardar est le principal axe naturel du pays, il traverse la Macédoine du nord au sud et relie l'intérieur des Balkans à la mer Égée. Cet axe est emprunté par l'autoroute M1, qui fait partie de la route européenne 75, qui part de la Finlande pour arriver en Grèce, ainsi que par la voie ferrée qui relie Belgrade à Thessalonique. Le long du fleuve se trouvent enfin quelques-unes des plus grandes villes du pays, comme Skopje, la capitale, et des villes moyennes comme Gostivar et Vélès. Un autre axe important est le corridor européen VIII, qui relie la mer Adriatique à la mer Noire en traversant le pays d'ouest en est. Cet axe traverse notamment Ohrid, Tetovo, Skopje et Koumanovo[39].
Le réseau routier est le moyen de transport le plus efficace du pays ; la Macédoine possède 13 736 kilomètres de route, dont 216 kilomètres appartiennent à l'autoroute M1. Le réseau autoroutier est modeste mais connaît d'importantes campagnes d'amélioration et d'extension, comme la construction de l'autoroute M2, qui reliera en 2016 Koumanovo à la frontière bulgare[40]. Les Macédoniens manquent de ressources financières pour entretenir et agrandir le réseau et c'est l'Agence européenne pour la reconstruction qui finance les travaux de voirie importants[41]. Le réseau routier macédonien satisfait les critères de l'Union européenne sur la plupart des points, seule l'absence de campagne pour la sécurité routière fait défaut[42].
Le réseau ferroviaire est long de 699 kilomètres dont 234 kilomètres de lignes électrifiées, il est opéré par une compagnie d'État, les Chemins de fer macédoniens, mais l'ouverture au marché est en prévision. Il satisfait lui aussi les critères de l'Union européenne[42], mais il est délabré et seules les activités de frêt sont rentables. Le gouvernement a toutefois prévu l'achat de nouveaux wagons et locomotives en 2013 afin de remplacer le matériel, renouvelé pour la dernière fois en 1979[43]. La rénovation des lignes existantes ainsi que la construction d'une ligne reliant l'Albanie à la Bulgarie et passant par Skopje sont en cours[44]. La Macédoine possède enfin deux aéroports internationaux, ceux de Skopje et d'Ohrid, et 12 autres aéroports plus petits, dont 8 ont des pistes en dur[36].
[modifier] Histoire
[modifier] Étymologie
Le nom de « Macédoine » vient du grec Μακεδονία (Makedonía), qui désigne d'abord un royaume antique, dont le souverain le plus connu est Alexandre le Grand. Les habitants de ce royaume antique étaient appelés Μακεδόνες (Makedónes), terme qui vient de l'adjectif μακεδνός (makednós) signifiant « grand » (cet adjectif a une racine commune avec le nom μάκρος (mákros), signifiant « long »). Les historiens pensent que ce nom, Makedónes, a été attribué aux Macédoniens parce qu'ils étaient connus pour habiter en altitude[45].
La Macédoine fut au fil des siècles une région à géométrie variable. Avant les conquêtes de Philippe II de Macédoine, elle correspond ainsi à la seule Macédoine grecque actuelle, et à l'époque moderne, elle englobe non seulement la région grecque, mais aussi des territoires aujourd'hui bulgares et albanais et l'ensemble de l'actuelle République de Macédoine. Cette grande Macédoine moderne correspond à trois vilayets ottomans, ceux de Thessalonique, de Skopje et de Bitola[46].
[modifier] La Macédoine avant les Slaves
Le territoire de la république actuelle ne fut habité qu'à partir du Néolithique[10]. Le site archéologique le plus ancien est celui de Vrchnik, dans la municipalité de Chtip, il fut occupé à partir de 7000 av. J.-C. Les tout premiers habitants connaissent l'agriculture et la poterie et ils sont sédentaires[47]. Plusieurs cultures locales, identifiables par des artefacts particuliers, se côtoient et se succèdent. Ces cultures sont souvent proches d'autres cultures voisines, comme celle de Vinča qui se développe en Serbie, mais possèdent quelques caractéristiques uniques, comme l'usage de peinture blanche pour décorer la poterie[48] et la fabrication de petites statuettes rituelles, les Magna mater, une figure féminine fusionnée à une petite maison en terre cuite[49].
Grâce aux contacts avec l'Illyrie adriatique, le territoire entre dans l'âge du bronze au début du IIe millénaire av. J.-C. Les villages de cette période sont construits en pierre et sont parfois situés dans des endroits difficiles d'accès afin de se protéger des invasions. La région est en effet régulièrement envahie par des tribus indo-européennes pendant les dernières décades du IIIe millénaire av. J.-C. jusqu'au Bronze moyen[49]. L'observatoire mégalithique de Kokino est le vestige le plus monumental de la période. Il fait 90 mètres sur 50[50] et c'est, selon la Nasa, le quatrième plus vieil observatoire au monde après Abou Simbel, Stonehenge et Angkor Vat[51].
La région connaît de nouvelles invasions de 1300 à 1200 av. J.-C. Cette fois-ci, ce sont des tribus de l'Egée[49] et des Illyriens[52] qui traversent le pays et qui s'assimilent peu à peu aux populations locales. Ils apportent l'usage du fer[49] et encouragent le commerce avec les colonies ioniennes situées sur la côte adriatique[53]. L'âge du fer macédonien commence vers 1200 av. J.-C. et s'achève en 400 av. J.-C. Il est caractérisé par de grandes nécropoles princières, qui montrent l'existence de monarchies organisées et influencées par la Grèce antique, comme le royaume de Péonie[54]. C'est à cette époque que le royaume de Macédoine émerge dans le nord de la Grèce. Ses limites septentrionales correspondent à l'actuelle frontière sud de la République de Macédoine[55].
À partir du VIe siècle av. J.‑C., l'influence grecque se fait de plus en plus importante[56] et le territoire se couvre de villes fortifiées qui doivent faire face à l'invasion perse de 490 av. J.-C. Le royaume de Péonie, dont le territoire correspond à la majeure partie de la République de Macédoine, est finalement envahi par Philippe II de Macédoine en 358 av. J.-C[57]. Après la mort de son fils Alexandre le Grand, la Macédoine antique périclite rapidement et doit faire face à de nombreuses guerres contre l'Empire romain, qui se succèdent de 214 à 148 av. J.-C[58]. Les Romains annexent définitivement le royaume de Macédoine en 168 av. J.-C. et la province romaine de Macédoine lui succède[59]. Les Romains construisent des voies, fondent des villes, comme Scupi (actuelle Skopje) et réorganisent les cités de fondation plus anciennes, comme Heraclea Lyncestis (actuelle Bitola) ou Stobi, qui devient au IIIe siècle la deuxième plus grande ville macédonienne après Thessalonique[60]. Le christiannisme s'implante surtout à partir des IIIe et IVe siècles et environ 130 basiliques de cette époque ont été découvertes sur le sol de la république[56]. Au niveau culturel, le territoire reste toujours sous influence grecque[61].
[modifier] La Macédoine byzantine
L'Empire romain est divisé en 293 entre un État occidental et un État oriental, avec respectivement Rome et Byzance pour capitale. La Macédoine se retrouve incluse dans le nouvel Empire d'Orient, connu sous le nom d'Empire byzantin. À partir de 500, des Slaves venus de l'est de l'Allemagne commencent à traverser le Danube et s'installent dans la péninsule balkanique[62]. Ils atteignent la Macédoine au VIIe siècle et des tribus s'y installent définitivement[63]. Ils s'assimilent aux populations déjà présentes et imposent leur langue. Les Slaves sont rejoints par les Huns, dont la présence est éphémère[64], puis par les Bulgares, venus d'Asie centrale, qui traversent le Danube en 679. Ces derniers s'installent durablement entre le fleuve et le massif du Grand Balkan puis forment un État qui s'étend vers la Thrace au sud et la Macédoine à l'ouest. Au bout de 200 ans, les Bulgares et leurs sujets slaves, beaucoup plus nombreux, ne forment plus qu'un seul peuple. Ce peuple unifié est de culture slave[65] et adopte officiellement la religion orthodoxe en 893[66].
Au IXe siècle, Siméon Ier de Bulgarie se lance dans une guerre qui agrandit considérablement son royaume, en l'augmentant notamment de la Macédoine et de l'Albanie. Au cours du même siècle, les frères Cyrille et Méthode de Thessalonique créent le premier alphabet slave, le glagolithique. Cet alphabet permet la naissance d'une toute première littérature slave et la traduction d'écrits religieux en vieux-slave. Les deux Saints évangélisent d'abord les Slaves du sud des Balkans puis poursuivent leur mission jusqu'en Moravie. Leurs disciples, Clément et Naum fondent à Ohrid la première université slave et deux monastères. Leur œuvre est considérable, puisqu'ils réforment le glagolithique, qui devient l'alphabet cyrillique, et font du vieux-slave la langue liturgique des Slaves. Clément est par ailleurs fait premier évêque d'Ohrid. Sous Clément et Naum, l'université d'Ohrid forme 3 500 prêtres et professeurs ; après leur mort, elle décline mais continue d'exister jusqu'en 1767[67].
En 896, Siméon Ier fait la paix avec les Byzantins et proclame le Patriarcat de Bulgarie[68]. Il meurt en 927 et son empire tombe rapidement en décadence[69]. Les régions orientales de l'empire retrouvent alors l'autorité de Constantinople et les tsars de Bulgarie abandonnent leur capitale, Preslav, pour d'autres villes situées plus à l'ouest, avant de se fixer à Ohrid[70]. En 976, Samuel Ier de Bulgarie, désireux de reconstruire l'empire de Siméon Ier, reprend le contrôle total de la Macédoine et envahit la Bulgarie, l'Albanie, ainsi que des régions de Serbie, de Grèce et de Croatie. Il fait de l'évêché d'Ohrid un patriarcat[71]. Son armée est cependant détruite par les Byzantins en 1014, et en 1018, sa capitale, Ohrid, est prise par l'empereur byzantin Basile II[72]. Celui-ci est soucieux d'intégrer en douceur les Slaves à l'empire, il leur laisse une certaine autonomie et n'augmente jamais les impôts[73]. Il supprime le Patriarcat d'Ohrid mais fait de la ville le siège d'un archevêché autocéphale. Ses successeurs se montrent bien plus anti-slaves et remplacent les dignitaires slaves par des Grecs. En réponse, la Macédoine connaît deux soulèvements slaves, en 1040 et en 1072, chaque fois les insurgés s'emparent de territoires importants avant d'être écrasés[74].
De 1081 à 1083, les Normands de Robert Guiscard traversent et dévastent la Macédoine, ils sont suivis par les soldats de la Première Croisade dans les années 1090, et les premiers recommencent en 1107 et en 1108. Les souverains byzantins perdent peu à peu le contrôle de la Macédoine et des seigneurs serbes et bulgares créent leurs propres petits royaumes[75]. Annexée par la Bulgarie en 1203, la Macédoine devient serbe en 1282, et Stefan Uroš IV Dušan fait de Skopje la capitale de son Empire serbe[76]. Peu après sa mort, son royaume disparaît et la Macédoine sombre dans des luttes interminables entre seigneurs. Ceux-ci ne peuvent faire face aux envahisseurs turcs lors de la bataille de la Maritsa en 1371. La Macédoine devient alors une région de l'Empire ottoman[77].
[modifier] La Macédoine ottomane
Les Ottomans organisent rapidement la région selon leurs lois[78]. Si les Albanais de Macédoine et les Roms se convertissent massivement et volontairement à l'Islam, les Slaves conservent le christianisme, puisque les Turcs ne les obligent pas à se convertir[79]. Toutefois, seuls les musulmans peuvent accéder aux postes importants et profiter de divers droits et les Chrétiens sont largement discriminés dans la vie courante. Ils doivent par exemple payer plus d'impôts. Le système des millets leur permet cependant de garder une certaine cohésion sociale puisque l'Église possède quelques droits administratifs[80].
La Macédoine connaît un certain essor au cours des XVe et XVIe siècles, c'est-à-dire pendant l'âge d'or de l'Empire ottoman. Cet essor reste toutefois confiné aux villes, transformées en centres de commerce turcs, où se concentre la population musulmane[81]. À cause de conditions de vie très dures, les Slaves se révoltent pour la première fois contre le régime ottoman en 1564[82], et nombre de paysans chrétiens fuient les terres agricoles des vallées pour rejoindre les haïdouks, bandes de hors-la-loi qui sèment le trouble sur les axes commerciaux[83]. Au cours de la guerre austro-turque, les haïdouks profitent du chaos et lancent un nouveau soulèvement en 1689. Ils offrent leur soutien à l'armée autrichienne, arrivée dans le sud de la Serbie, et ils s'emparent ensemble de Skopje. Les haïdouks prennent peu à peu le contrôle total de la Macédoine mais les Ottomans reprennent vite du terrain et défont les haïdouks à Koumanovo et les Autrichiens sont repoussés au nord du Danube[84].
Au XVIIIe siècle, l'Empire ottoman est en déclin et les seigneurs musulmans locaux profitent de l'état d'anarchie pour prendre de plus en plus de pouvoir. Certains constituent même de petites armées de mercenaires formées de Turcs et d'Albanais et terrorisent la population slave tout en neutralisant les haïdouks[85]. Afin de fuir l'insécurité croissante dans les campagnes, de nombreux Slaves quittent leurs villages et s'installent dans les villes où ils travaillent comme domestiques, artisans ou marchands. Ils amorcent une re-christianisation et une re-slavisation des centres urbains et certains s'enrichissent au point de former une nouvelle classe moyenne[86]. Mais à cause de l'hégémonie de l'Église grecque, l'émergence d'une petite élite slave n'entraîne pas immédiatement de renouveau culturel slave macédonien[87]. Sous la pression des Grecs phanariotes, au pouvoir à Istanbul, le Patriarcat de Peć est aboli en 1766 et l'archevêché d'Ohrid disparaît en 1767. Le Patriarcat de Constantinople contrôle désormais tous les Orthodoxes des Balkans[88],[89].
À la fin du XVIIIe siècle, une littérature macédonienne primitive apparaît, et, en 1792, Marko Todorovitch publie à Vienne le premier livre en macédonien, il s'agit d'un manuel de lecture[90]. Les premiers écrivains macédoniens écrivent dans leur dialecte, puisque le macédonien n'est pas encore standardisé et il est considéré comme une variante du bulgare[91]. La naissance d'une véritable identité nationale macédonienne est cependant empêchée par l'emprise culturelle grecque et par des politiques d'assimilation culturelle serbes et surtout bulgares à partir des années 1850. La Grèce, la Bulgarie et la Serbie sont elles-mêmes d'anciens territoires ottomans nouvellement indépendants et elles désirent chacune annexer la Macédoine. Pour appuyer leurs revendications, les Grecs, les Bulgares et les Serbes cherchent à faire naître ou à renforcer un sentiment d'appartenance à leur nation respective, en ouvrant des écoles, des églises et des clubs culturels[92] ; la rivalité bulgaro-grecque s'exprime notamment dans le domaine religieux, les Bulgares ayant obtenu des Ottomans la création d'une église nationale (et du millet correspondant) en 1870. En dépit des efforts de ces trois pays, beaucoup de Macédoniens ne s'identifient pas à un de ces peuples, même au début du XXe siècle[93]. Un courant nationaliste local existe pourtant, mais, contrairement aux autres mouvements balkaniques, il se répand sans aucune aide ou support extérieurs et sans infrastructures. Au contraire, il est non seulement menacé par le régime ottoman, mais aussi par les gouvernements des pays voisins[94].
Cette carence identitaire est également due à une situation économique et politique catastrophique. Ainsi, la fin du XIXe siècle, 80 % de la population vit de l'agriculture, 70 % des paysans ne possèdent pas de terres mais travaillent sur les domaines de propriétaires ottomans[95], les rares manufactures de la région sont obsolètes, peu productives et ne peuvent faire face à la concurrence étrangère et la région connaît l'instabilité, l'insécurité chronique et la corruption. Les puissances occidentales tentent pourtant de s'impliquer dans le développement et la sécurisation de la région, en construisant par exemple des lignes téléphoniques et une voie ferrée, mais cela ne suffit pas[96].
[modifier] Insurrections, guerres et partage
Les nationalistes macédoniens deviennent de plus en plus puissants à la fin du XIXe siècle et ils conduisent un premier soulèvement en 1876, puis un deuxième en 1878. Soldés par des échecs, ils ont surtout pour but d'alarmer les pays occidentaux sur la situation catastrophique de la région[97].
- Macédoine de l'Égée (Grèce)
- Macédoine du Vardar (Serbie)
- Macédoine du Pirin (Bulgarie)
- Macédoine albanaise
En 1893, des nationalistes macédoniens fondent à Thessalonique l'Organisation révolutionnaire macédonienne, qui est rebaptisée plus tard[98] Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne, plus connue sous son sigle macédonien VMRO. En 1901, le mouvement reçoit le soutien du gouvernement bulgare car il y voit un outil pour la création d'une Grande Bulgarie, incluant la Macédoine. L'organisation supporte avant tout les droits du peuple slavo-macédonien mais envisage aussi la libération de tous les autres peuples qui vivent dans la région vis-à-vis des Ottomans[99].
Le VMRO organise en 1903 le dernier et le plus grand soulèvement populaire de l'histoire macédonienne. Ce soulèvement crucial commence le 2 août, jour de la Saint-Élie (Sveti Eliya en macédonien), ce qui lui vaut son nom d'Insurrection d'Ilinden. Au bout d'un mois, les forces rebelles contrôlent une région de près de 10 000 kilomètres carrés[97]. En septembre, l'armée ottomane lance toutefois une contre-offensive générale et l'insurrection est neutralisée à la mi-novembre[100].
La Bulgarie, la Grèce et la Serbie, décidées à expulser définitivement les Turcs des Balkans, déclarent la guerre à l'Empire ottoman en 1912. Les Turcs sont rapidement défaits et la Macédoine est partagée entre les vainqueurs[101]. La Bulgarie conteste toutefois ce partage qui lui laisse de trop petits territoires et déclare la guerre à la Grèce et à la Serbie en 1913. Ces dernières gagnent une seconde fois et font reconnaître définitivement les frontières issues de la première guerre[102]. La Macédoine se retrouve séparée en quatre : la Grèce reçoit le sud, la Serbie le territoire qui forme la république actuelle, la Bulgarie une région aux confins orientaux[103] et l'Albanie de petits territoires situés à l'ouest[104]. Chaque État s'emploie à assimiler définitivement les populations locales, parfois par la force, et bien souvent en interdisant l'usage public des dialectes macédoniens[105],[106].
La Première Guerre mondiale prolonge les Guerres balkaniques de 1912-1913 puisque la Bulgarie envahit à nouveau les Macédoine grecque et serbe. Tandis que les Bulgares sont aidés par l'Autriche-Hongrie, la Serbie et la Grèce reçoivent l'aide des Alliés ; le front de Salonique se forme et d'importants combats ont lieu dans la région. Les Alliés finissent par percer le front en septembre 1918 et libèrent ainsi la Macédoine serbe[107].
[modifier] La Macédoine yougoslave
En 1918, la Macédoine serbe rejoint le nouveau Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, rebaptisé Royaume de Yougoslavie en 1929. Les Serbes poursuivent l'assimilation des Macédoniens et colonisent la région[108], même si le VMRO reste actif et commet plusieurs actions terroristes, dont l'assassinat du roi Alexandre Ier en 1934[109]. L'organisme devient par ailleurs de plus en plus proche des Communistes, qui reconnaissent eux-aussi l'existence du peuple macédonien[110]. La région ne connaît pas de réel développement économique pendant l'entre-deux-guerres et demeure extrêmement pauvre[111].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Macédoine serbe est divisée entre la Bulgarie et l'État fasciste d'Albanie en 1941[112] puis est libérée par les Résistants communistes en 1944[113]. Ces derniers proclament la République socialiste de Macédoine qui devient l'une des six républiques fédérées de la Yougoslavie de Tito. L'existence du peuple macédonien est alors reconnue internationalement et la langue macédonienne est codifée[114],[115].
Sous le régime communiste, la Macédoine connaît un développement socio-économique rapide. La population agricole diminue[116], tout comme l'illetrisme[117], et l'industrie est largement encouragée[118]. Dans les années 1980 naissent enfin des tensions entre les Macédoniens et la minorité albanaise[119], qui forme environ 20 % de la population du pays[120]. La Yougoslavie est alors touchée dans son ensemble par une crise socio-économique et des premières élections multipartites sont organisées en 1990. En Macédoine, comme en Slovénie ou en Croatie, ce sont les nationalistes qui remportent le plus de sièges au Parlement[121].
[modifier] La Macédoine indépendante
Après les déclarations d'indépendance slovène et croate, la Macédoine décide à son tour de conduire un référendum en 1991. Les partisans de l'indépendance remportent 95 % des suffrages[122] et la Macédoine déclare son indépendance. Le nouveau pays doit vite faire face à de nombreux problèmes. D'abord, la minorité albanaise revendique rapidement plus d'autonomie[122] et ensuite, la Grèce s'oppose à la reconnaissance internationale du pays parce qu'elle considère que le nouvel État, par son nom et ses symboles, s'approprie l'héritage culturel grec. La Macédoine refuse de changer de nom et ce n'est qu'après un blocus économique qu'elle accepte de changer de drapeau en 1995[123]. Ce blocus ainsi que les Guerres yougoslaves qui se déroulent dans des pays voisins entravent le passage à l'économie de marché[124].
En 2001, les tensions entre Albanais et Macédoniens atteignent des proportions dangereuses et des anciens combattants de la guerre du Kosovo lancent une guérilla dans le nord-ouest du pays. Le conflit est finalement désamorcé grâce à une médiation internationale. Les Albanais obtiennent alors plus de droits, notamment dans le système éducatif. Ensuite, la Macédoine poursuit lentement sa croissance économique[124] et devient candidate à l'adhésion à l'Union européenne en 2004[125].
[modifier] Politique et administration
La Macédoine est une république à régime parlementaire[126], son organisation politique est définie par une constitution proclamée en 1991. Cette constitution garantit notamment l'autorité de la loi, la démocratie et la défense des droits individuels. Parmi les autres valeurs importantes de la constitution se trouvent la liberté d'expression artistique et politique, le droit de vote pour tous les citoyens de plus de 18 ans, le droit d'entreprise et le pluralisme politique[127].
[modifier] Organisation des pouvoirs
La constitution de 1991 remet le pouvoir législatif au Parlement, constitué d'une seule chambre, l'Assemblée de la République de Macédoine. Ses 120 membres sont élus au suffrage universel direct tous les quatre ans. Le Parlement adopte et fait appliquer les lois, il élit le gouvernement, négocie le budget national, ratifie les traités internationaux, nomme et révoque les juges et déclare la guerre. Tout membre de l'Assemblée peut proposer une loi, ainsi que toute autre personne munie d'une pétition comportant au moins 10 000 signatures de votants. Le Président de la République a droit de veto sur le passage des lois, s'il en fait usage, la loi est revotée par l'Assemblée et elle est définitivement adoptée si elle reçoit au moins deux-tiers des suffrages. Le Président de l'Assemblée est élu par au moins 61 membres du Parlement. Il remplace le Président de la République si celui-ci est en incapacité d'assumer ses fonctions[128].
Le pouvoir exécutif est entre les mains du président de la République et du gouvernement. Le Président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct ; une personne peut prétendre au plus à deux mandats. Le Président négocie les accords internationaux, nomme ses ambassadeurs, reçoit la diplomatie étrangère, nomme divers dignitaires de la République, par exemple deux juges de la Cour constitutionnelle, il est le chef suprême des Armées et représente l'État dans le pays et à l'étranger[129]. Le gouvernement peut proposer des lois et des orientations budgétaires, il est responsable de l'application des lois, décide la reconnaissance d'États étrangers et propose des ambassadeurs[130].
Le pouvoir judiciaire est détenu par des juges sans restriction de mandat élus par l'Assemblée. La Macédoine compte 27 cours de grande instance, 3 cours d'appel et une cour suprême. La Constitution interdit la création de cours d'urgence ou extraordinaires. Il existe enfin une Cour constitutionnelle, chargée de vérifier la conformité des actions du Parlement et du gouvernement par rapport à la Constitution[131]. Le droit macédonien est de tradition romano-civiliste[126].
[modifier] Découpage territorial
La République de Macédoine ne possède qu'un seul échelon territorial, constitué par 84 municipalités. La ville de Skopje possède un statut particulier, défini par la Constitution ; elle est formée de 10 municipalités tout en possédant son propre conseil et son maire. Les municipalités macédoniennes regroupent une ou plusieurs localités qui ont des besoins et des intérêts en commun. Une municipalité est donc une entité géographique et économique centrée sur un chef-lieu. La création ou la modification d'une municipalité doivent être édictées par une loi après un référendum local. Chaque municipalité possède son gouvernement et son maire, élus au suffrage universel direct. Ceux-ci ont diverses capacités définies par la loi, ils peuvent par exemple déterminer dans une certaine mesure leur mode de fonctionnement, ils votent le budget local et choisissent les plans de développement[132].
Les municipalités peuvent autoriser l'existence d'échelons inférieurs, correspondant par exemple à un village ou à un quartier. Les pouvoirs de telles entités sont déterminés par le gouvernement municipal, ils varient donc d'une municipalité à l'autre. Ces entités ne peuvent toutefois avoir une nature politique, elles ne peuvent que proposer des idées au gouvernement local et s'investir volontairement dans le développement du village ou du quartier. Elles peuvent recevoir des financements de la municipalité, de la population, d'entreprises, etc[132].
Alors que la minorité albanaise soutient la décentralisation du pays pour accentuer son autonomie, les Macédoniens ethniques s'opposent généralement à la création de régions, en avançant que la Macédoine est trop petite pour en avoir besoin[132]. Le pays est toutefois divisé depuis 2009 en huit régions statistiques qui n'ont aucun rôle administratif. Elles ont été créées pour que le pays possède des unités correspondant aux NUTS européennes ; ces régions correspondent à l'échelon NUTS-3. En plus de leur vocation statistique, elles doivent coordonner le développement économique entre les municipalités. Elles possèdent un conseil composé des maires de leurs municipalités[133].
[modifier] Vie politique, principaux partis et critiques
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Le président de la République de Macédoine, Gjorge Ivanov et le président du gouvernement, Nikola Gruevski.
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Depuis l'indépendance en 1991 et l'instauration d'un système multipartite, la scène politique macédonienne est dominée par deux grands partis, qui forment souvent des coalitions avec des formations plus petites. Les deux grands partis sont les mêmes depuis 1991, il s'agit du VMRO-DPMNE et du SDSM. Le VMRO-DPMNE est au départ un parti nationaliste, mais à cause de son manque de reconnaissance international, il est devenu chrétien-démocrate en 1995. Le SDSM est quant à lui l'héritier de l'ancienne Ligue communiste de Macédoine, mais son orientation sociale-démocrate qui tend vers le néolibéralisme fait qu'il est plus soutenu par les classes aisées que par la classe populaire[134]. Les deux partis soutiennent l'adhésion du pays à l'Union européenne et à l'Otan[135].
Parmi les formations plus petites se trouvent les partis ethniques albanais, comme le DUI, le PDP ou le Parti démocrate albanais et d'autres formations comme le Nouveau Parti social-démocrate, formé par un ancien membre du SDSM en 2005[134].
Les partis politiques et les dirigeants macédoniens sont souvent l'objet de critiques. Le VMRO-DPMNE est ainsi accusé de limiter la liberté des médias après qu'un tribunal a gelé les subventions de la chaîne de télévision A1, connue pour soutenir l'opposition[135]. Le gouvernement est aussi accusé par Amnesty International d'impunité vis-à-vis des criminels du conflit de 2001, de ne pas respecter la laïcité du pays et de ne pas favoriser suffisamment l'amélioration des conditions de vie des minorités, notamment des Roms. L'organisme recense aussi des actes de torture commis par la police sur des prisonniers[136]. L'implication des femmes en politique est également critiqué puisqu'en 2011, s'il y a 43 femmes sur les 120 membres du Parlement, il n'y a que deux femmes au gouvernement (au ministère de l'Intérieur et à celui de la Culture)[137],[138].
[modifier] Dirigeants actuels
Depuis 2006, c'est le VMRO-DPMNE qui détient la majorité au Parlement. Il est allié au DUI albanais[135] et ce sont des membres de ces deux partis qui forment l'essentiel du gouvernement, présidé depuis 2006 par Nikola Gruevski, du VMRO-DPMNE. Celui-ci est à la tête d'un gouvernement composé de 21 ministres dont trois sont sans portefeuille[138].
Au mois d'avril 2009, Gjorge Ivanov, professeur de sciences politiques, politicien sans étiquette proche du VMRO-DPMNE, a été élu président de la République. Il succède à Branko Crvenkovski, membre du SDSM[139].
[modifier] Politique étrangère
[modifier] Présence internationale
La République de Macédoine possède un consulat ou une ambassade dans 38 États étrangers et elle entretient des relations diplomatiques avec 167 États[140]. Elle est membre de nombreuses organisations internationales, comme l'Onu, le Conseil de l'Europe, la Banque des règlements internationaux, le FAO, Interpol, l'Unesco ou encore l'Organisation internationale de la francophonie[36].
L'armée macédonienne compte environ 12 800 soldats en temps de paix[141] et elle est présente au sein de l'EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine, ainsi qu'en Afghanistan, au Liban et au Kosovo[142]. Elle a aussi participé à la Guerre d'Irak et le pays est candidat à l'adhésion à l'Otan depuis 1999[143].
[modifier] Conflit du nom
Lorsque la République de Macédoine a pris son indépendance en 1991, elle s'est tout de suite heurtée à l'hostilité de la Grèce. Celle-ci s'opposait au nom-même du nouvel État, à son drapeau, arborant le soleil de Vergina, symbole de Philippe II de Macédoine et à des passages de la Constitution qui pouvaient impliquer une ingérence dans les affaires grecques voire des prétentions territoriales sur la Macédoine grecque[144]. Afin que le nouvel État change ses symboles, la Grèce a lancé une campagne contre sa reconnaissance internationale et a bloqué son adhésion à des organismes internationaux[145]. En l'absence de changement de la part de la Macédoine, elle a finalement engagé un blocus économique en 1994[146]. Les deux pays acceptent toutefois de signer les accords de New York en 1995, et en échange de la réouverture de la frontière gréco-macédonienne, la Macédoine s'engage à changer de drapeau[147].
Le conflit du nom n'est toutefois toujours pas résolu puisque la Macédoine est membre de l'Onu sous un nom provisoire, Ancienne République yougoslave de Macédoine, abrégé en ARYM, ou en anglais Former Yugoslav Republic of Macedonia et FYROM. La Grèce conduit toujours des actions contre la Macédoine, en empêchant par exemple son adhésion à l'Otan, mais le conflit du nom occupe depuis 1995 une place mineure dans les relations des deux pays qui ont des liens économiques importants[148]. De nombreux pays, comme les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni ou la Chine, reconaissent la République de Macédoine sous son nom constitutionnel[149],[150],[151],[148].
[modifier] Économie
[modifier] Histoire économique
La Macédoine est jusqu'à l'époque communiste yougoslave une région très pauvre, très rurale et sans réelle industrie. En 1945, le régime communiste entreprend une vaste replanification de l'agriculture. Les propriétés d'exilés, d'étrangers, des monastères, d'anciennes compagnies privées et des banques sont nationalisées et la moitié de l'ensemble est attribuée à des agriculteurs qui ont soutenu la lutte contre le fascisme. Le reste est laissé à l'agriculture industrielle planifiée et est réparti entre plusieurs coopératives[152]. Le développement de l'industrie fait ensuite baisser le nombre très élevé d'agriculteurs. Alors qu'ils formaient presque 80 % de la population en 1945[153], ils en forment 57 % en 1961 et 22 % en 1981[116].
Le développement industriel communiste est centré sur quatre activités : l'extraction de chrome, la production de tabac, d'électricité grâce à des barrages hydroélectriques, et de pavot somnifère, destiné à l'industrie pharmaceutique. La république extrait aussi du zinc, du fer et du marbre, produit de l'acier, du textile, des produits chimiques et des matériaux de construction. Le tourisme et la production de tapis sont aussi encouragés. L'industrie macédonienne est toutefois peu productive et tributaire de l'importation de machines, de nourriture et de biens de consommation. Le taux de chômage de la république socialiste reste toujours élevé, il s'élève par exemple à 20 % en 1971[118].
Après l'indépendance, la Macédoine doit faire face à la disparition de ses marchés d'exportation, à cause du blocus grec et des guerres de Yougoslavie. Le pays perd 60 % de son activité commerciale et frôle la faillite ; la pauvreté engendrée encourage les activités illégales[154]. Après la fin du blocus grec, l'économie s'améliore légèrement. L'inflation, évaluée à 2 200 % en 1992, est ainsi descendue à 55 % en 1995[155] et à moins de 5 % en 1997[154]. Mais le taux de chômage, évalué à 19 % en 1991, atteint les 40 % en 1998 ; la Bosnie-Herzégovine est le seul autre pays issu de la Yougoslavie à avoir un chiffre aussi catastrophique[156]. En 1999, la guerre du Kosovo influe ensuite lourdement sur l'économie macédonienne puisque le pays ne peut plus exporter du tout vers la Yougoslavie et doit trouver des clients alternatifs, par exemple la Bulgarie, la Roumanie ou la Grèce[124]. La privatisation commence lentement en 1995 et s'achève vers l'an 2000[154].
La petite taille de la Macédoine rend son économie vulnérable et dépendante de l'intégration européenne. La république, qui ne fournissait que 5 % des revenus de la Yougoslavie dans les années 1980, est l'un des pays les plus pauvres d'Europe. Elle possède un taux d'inflation faible, mais un taux de chômage extrêmement élevé et elle peine encore à recevoir des investissements étrangers et à créer des emplois. Le pays connaît une importante économie parallèle, estimé à plus de 20 % du PIB[157]. Les gouvernements successifs ont imposé l'austérité économique, une politique monétaire prudente et de nombreuses réformes qui ont permis l'octroi de prêts importants et nécessaires au développement du pays. La crise financière mondiale s'est surtout ressentie par la diminution des investissements extérieurs et par un grand déficit commercial[157]. La croissance économique a lentement repris en 2010, et le PIB macédonien à connu une hausse de 3 % en 2011[36]. La Macédoine ne souffre pas de la crise de la dette publique grecque, malgré les importants liens économiques qui existent entre les deux pays[158].
Le passage à l'économie de marché a grandement accentué les clivages régionaux, notamment entre la capitale et le reste du pays. La région de Skopje, qui concentre la population, les entreprises et les moyens de communication, produit presque la moitié du PIB, tandis que la région du Nord-Est, qui compte pourtant la ville de Koumanovo, ne produit que 4,5 % du PIB. Les autres régions ne produisent qu'entre 7 et 8 % du PIB et seule la Pélagonie, située au sud-ouest, se distingue avec un pourcentage de 12,5 %. Certaines régions, comme celle de Skopje, bénéficient aussi largement de la migration journalière de travailleurs venus d'autres entités administratives[159]. Les disparités régionales s'expliquent aussi par le centralisme politique et économique et l'absence de grande ville pouvant concurrencer la capitale[160].
[modifier] Revenus de la population et développement humain
Le salaire moyen en République de Macédoine s'élevait à 490 euros par mois en 2010[161], chiffre largement en dessous de la moyenne européenne mais au dessus des moyennes serbe, 329 euros[162], et bulgare, 342 euros[163]. Il existe des différences de salaire importantes selon l'occupation : l'agriculture, l'industrie et la construction sont les activités les moins rémunératrices, elles offrent environ 20 % de moins que le salaire médian. En revanche, l'extraction minière, le secteur public et les transports offrent 20 % de plus, et c'est le secteur de la finance qui est le plus rémunérateur, avec des salaires presque deux fois plus élevés que la moyenne. Le secteur de l'énergie est lui aussi avantageux, puisqu'il offre 43 % de plus que le salaire moyen[164].
Avant 2012, les employeurs macédoniens devaient payer leurs salariés au moins 65 % du salaire national moyen[165]. Depuis, un salaire minimal a été promulgué et celui-ci s'élève à 130 euros par mois. Il favorise environ 65 000 travailleurs qui gagnaient moins avant l'application de la nouvelle loi[166]. En 2008, 28,7 % de la population vit sous le seuil de pauvreté[36], chiffre en constante augmentation depuis l'indépendance du pays[167]. La pauvreté est surtout présente dans les régions rurales et dans les familles nombreuses avec un ou plusieurs membres au chômage ou avec un faible niveau d'éducation. Le chômage est essentiellement un phénomène urbain, et la pauvreté rurale est liée à des revenus faibles plutôt qu'au manque de travail[168]. En même temps que la part de population pauvre augmente, les classes supérieures s'enrichissent rapidement et la République de Macédoine avait un coefficient de Gini qui s'élevait à 44,2 en 2008, ce qui la place en quarante-cinquième position mondiale et en deuxième position européenne derrière la Bulgarie pour l'inégalité de revenus parmi la population[169].
En 2007, l’indice de développement humain de la République de Macédoine était de 0,817, ce qui la place au soixante-douzième rang mondial. Cet indice est en croissance constante et il a augmenté de 0,30 point entre 2000 et 2007[170].
[modifier] Emploi
En 2010, la République de Macédoine était le pays qui comptait le plus de chômeurs au monde. Son taux de chômage s'élevait alors à 33,8 %[171]. Le pays a connu des taux de chômage importants bien avant son indépendance et la transition à l'économie de marché, mais la situation s'est agravée à partir de 1991, à cause de la baisse du commerce extérieur et la fermeture de nombreuses usines. Plus des trois quarts des demandeurs d'emploi sont au chômage depuis plus d'un an et plus de la moitié d'entre-eux ont arrêté leurs études au niveau secondaire. Le chômage des jeunes est très important, il s'élève à plus de 60 %. Les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes, mais l'écart, de 2 %, est léger[172].
Le taux de chômage varie considérablement selon les régions, puisque il ocille entre 20 et 25 % pour la région du Sud-Est et entre 40 et 45 % pour la région du Nord-Est. Avec le Sud-Est, les régions qui ont le plus faible taux de chômage sont le Polog et Skopje. Ce taux varie également parmi les communautés ethniques, et si le taux est relativement bas chez les Albanais, 27 %, il est extrêmement élevé chez les Roms, 73 % en 2010[160].
Le taux de chômage catastrophique est toutefois biaisé par le grand nombre de travailleurs non déclarés, qui représentent la majorité des chômeurs enregistrés. Pour beaucoup, ils travaillent dans le petit commerce, les services à la personne, dans de petites entreprises de peinture ou de plomberie, mais aussi dans de grandes compagnies de construction. Le travail au noir, largement accepté par la société, existe notamment parce que les charges fiscales sont trop lourdes pour les petites entreprises et parce que l'administration est trop complexe et inadaptée. Il traduit également le manque de confiance et de respect des Macédoniens envers leur État[173]. Afin de faire disparaître le travail au noir, le gouvernement lance des campagnes d'inspection ; 24 000 ont été effectuées en 2011 et ont entraîné environ un millier de déclaration de travailleurs[174].
En 2011, la majorité de la population active, plus de 460 000 personnes, travaillait en tant qu'employé. Il y avait également 80 000 personnes qui travaillaient à leur compte et près de 39 000 employeurs. Les femmes forment environ 40 % de la population active[175]. En 2010, l'agriculture employait 19,9 % des travailleurs, l'industrie, 22,1 %, et les services, 58 %[36].
[modifier] Principaux secteurs d'activité
L'économie macédonienne se caractérise par une agriculture encore importante, puisqu'elle représentait 8,7 % du PIB en 2010. L'industrie, frappée par la transition économique qui a suivi l'indépendance, représentait la même année 22,1 % du PIB, et elle connaît un renouveau, puisque la production industrielle macédonienne a augmenté de 10 % en 2011, un taux qui la place au neuvième rang mondial pour la croissance industrielle. Les services représentaient quant à eux 69,2 % du PIB[36].
[modifier] Agriculture
La République de Macédoine possède 10 140 km² de terres agricoles, qui représentent presque 39 % de son territoire. La moitié de ces terres sont dévolues aux cultures, l'autre moitié à l'élevage, mais la culture représente environ 70 % de la production totale. Le pays compte aussi 48 606 75 hectares de forêts, largement inexploitées[176]. Il existe deux types d'exploitations, une minorité, héritées du système socialiste, sont vastes et ont un fonctionnement industriel, les autres, familiales, sont très petites et surtout très nombreuses, car 80 % des exploitations macédoniennes font entre 2,5 et 2,8 hectares[177], et les agriculteurs macédoniens expériencent de nombreuses difficultés, comme le manque de graines et d'engrais de qualité, le mauvais état des systèmes d'irrigation et l'absence de bonnes stratégies de vente[178].
L'élevage ovin domine largement, mais la Macédoine compte aussi de grands cheptels de bovins et de porcins. L'élevage ovin permet la production de laine, de viande et de lait, notamment utilisé pour la confection de fromage. Les agriculteurs macédoniens élèvent aussi des volailles et des lapins. Le pays compte enfin plus de 100 000 ruches[176].
Les cultivateurs macédoniens produisent des céréales, surtout du blé, du maïs, de l'avoine et du riz, et des primeurs, comme des tomates, des pommes de terre, des choux ou encore des pastèques. Ils produisent aussi du tabac, du pavot somnifère et des fruits[176]. La viticulture est également importante ; le vignoble macédonien s'étend sur 28 000 hectares[179] et produit 980 000 hectolitres de vin par an[180]. La plus grande entreprise, la Tikveš Winery, a été classée en 2008 parmi les trente meilleures marques mondiales lors du Salon international de l'agroalimentaire[181]. Le vin et le tabac représentent ensemble un quart des produits agricoles exportés, les primeurs forment également une part importante des exportations, surtout dirigées vers l'Union européenne et l'ex-Yougoslavie, notamment la Serbie[177].
[modifier] Industrie
L'industrie macédonienne est centrée sur l'agro-alimentaire, le textile et la métallurgie. La transformation agro-alimentaire s'appuie sur l'abondance et la diversité des ressources locales et l'industrie textile bénéficie des faibles coûts de la main-d'œuvre. Cette dernière est peu élaborée, puisque la République de Macédoine ne produit pas de tissu et que ses usines ne fabriquent presque pas de produits finis. L'industrie textile se caractérise aussi par des petites entreprises et des exportations tournées à 80 % vers l'Union européenne[182].
L'activité métallurgique, autrefois alimentée par les mines locales, est de plus en plus tributaire de l'importation de métaux. L'extraction minière, qui ne produit plus que 0,7 % du PIB, concerne surtout le chrome, mais il existe encore des gisements de cuivre[183]. Les mines de cuivre, situées dans l'est du pays, autour de Radovich et Pehtchevo, ont été fermées à la suite de la baisse des prix des métaux en 2008, mais seront remplacées vers 2013 par de nouveaux complexes d'extraction et de transformation[184]. Les usines macédoniennes travaillent principalement le nickel, le fer et l'acier, tous importés[183], et les principales entreprises dans ce domaine sont Arcelor Mittal et Makstil Skopje. Parmi les autres grandes entreprises macédoniennes se trouvent aussi Alkаloid Skopje, qui fabrique des médicaments, Rade Končar Skopje, spécialisé dans la production d'appareils électriques, et la brasserie Prilepska Pivarnica, qui produit de la bière et des jus de fruits[185],[186].
[modifier] Énergie
La République de Macédoine ne produit que 60 % de sa consommation énergétique et dépend grandement des importations. Elle doit ainsi acheter du gaz et du pétrole, mais aussi de l'électricité depuis 2000. En 2007, ces importations s'élevaient à 774 millions de dollars, dont 253 millions pour l'électricité seule. La production électrique est particulièrement menacée par l'épuisement progressif des ressources du pays en lignite, qui fait fonctionner plus des trois-quarts des centrales. La prépondérance du chauffage à l'électricité explique la très forte consommation de cette énergie, mais limite la dépendance vis-à-vis du gaz[187]. Le gaz est importé de Russie grâce au pipeline qui traverse l'Ukraine, la Moldavie, la Roumanie et la Bulgarie. L'unique gazoduc macédonien, qui relie la frontière bulgare à Skopje, est relativement neuf car il date des années 1990. La République de Macédoine ne compte qu'un oléoduc, construit à la même époque, et il relie la rafinerie Okta, la seule du pays, au port grec de Thessalonique[188]. Makpetrol, principal distributeur macédonien de pétrole et de ses dérivés, est une des principales entreprises du pays[189].
La part des énergies renouvelables est encore anecdotique, mais la République de Macédoine a hérité de la période socialiste de plusieurs centrales hydroélectriques, qui souffrent néanmoins du manque d'entretien. L'énergie solaire se développe lentement, surtout grâce à des initiatives privées[187], et un premier parc éolien d'une capacité de 37 mégawatts est en construction[190]. La géothermie est exploitée pour le chauffage des serres et le chauffage individuel, mais les sources macédoniennes ne sont pas assez chaudes pour une exploitation massive[187].
[modifier] Commerce et artisanat
Le commerce macédonien s'appuie surtout sur les magasins traditionnels qui contabilisaient près de 20 000 enseignes en 2008, mais la grande distribution est implantée dans les villes, avec 212 grandes et 798 petites surfaces la même année. Le hard-discount est également présent, avec 162 enseignes[191].
L'artisanat macédonien est menacé par la modernisation des modes de vie, de production et de consommation et le gouvernement tente de le protéger, par exemple en offrant des fonds pour l'achat de matériel. L'artisanat traditionnel est important pour la Macédoine car il forme un argument touristique non négligeable[192]. Les entreprises artisanales sont emblématiques des vieux bazars hérités de l'ère ottomane et elles travaillent le cuivre, l'or, l'argent, fabriquent des armes, des vêtements ou encore de la menuiserie[193].
[modifier] Tourisme
Le tourisme en République de Macédoine est encore faible bien qu'en développement et a contribué à 1,8 % du PIB en 2008. De 1997 à 2008, le chiffre d'affaires des hôtels et des restaurants a augmenté en moyenne de 4,64 % par an. Le nombre de visiteurs étrangers augmente lui aussi constamment, par exemple de 14,6 % en 2011[194]. Cette année là, le pays a accueilli presque 262 000 touristes étrangers[195], surtout venus des pays voisins comme la Grèce, la Serbie et l'Albanie, mais aussi des pays d'Europe occidentale et des États-Unis[194]. Le nombre de visiteurs étrangers en 2011 est toutefois très loin des moyennes des années 1980, lorsque le pays faisait partie de la Yougoslavie. En effet, la Macédoine accueillait alors environ 600 000 touristes par an, et a atteint les 689 000 visiteurs étrangers en 1987[196].
La République de Macédoine, bien que dépourvue de littoral, possède un certain potentiel touristique, notamment grâce à ses montagnes et sa nature préservée, mise en valeur dans les trois parcs nationaux du pays. La capitale touristique du pays est Ohrid, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco. La ville est célèbre pour son lac, bordé par plusieurs plages, et pour ses nombreux monuments historiques. Skopje, la capitale politique et économique, a perdu l'essentiel de son patrimoine lors du tremblement de terre de 1963 mais conserve un quartier ottoman avec des hammams et des mosquées, ainsi qu'une forteresse et des musées d'envergure nationale. La ville de Bitola est quant à elle réputée pour son architecture du XIXe siècle et ses nombreux consulats, ouverts lorsque la ville était ottomane. Les petites villes, comme Chtip, Vélès, Kratovo ou Krouchevo sont d'autres petites attractions touristiques pour leur pittoresque, tout comme les innombrables monastères orthodoxes. L'écotourisme est en développement dans quelques villages, comme Galitchnik ou Braytchino, tout comme tourisme thermal, par exemple à Katlanovo, la principale station du pays. Les quelques stations de ski connaissent elles aussi un certain développement[197].
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Bateaux de plaisance sur le lac d'Ohrid.
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Plage sur lac Prespa.
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Architecture du XIXe siècle à Bitola.
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La vieille-ville de Kratovo.
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Le village de Galitchnik.
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Station de ski de Zare Lazareski.
[modifier] Finance
Le secteur bancaire macédonien est caractérisé depuis le passage à l'économie de marché par des polices prudentes et rigoureuses, à cause de la fragilité économique du pays. Le marché est largement investi par les groupes étrangers, comme l'autrichien Steiermärkische Sparkasse, le liechtensteinois Hypo Investmentbank et le français Société Générale qui ont acheté des entreprises locales[198]. Les plus grands groupes banquaires macédoniens sont la Komercijаlnа bаnkа Skopje, la Stopanska banka Bitola, la TTK Banka Skopje, la Stopanska banka Skopje et la Tutunska banka Skopje[199],[200].
La bourse macédonienne est le marché officiel des actions en République de Macédoine. Son principal indice, le MBI 10, qui regroupe les cours de 10 actions parmi les plus échangées, représentait une capitalisation totale de plus de 27 milliards de denars, soit plus de 440 millions d'euros à la fin 2011[201]. Le taux de change de la monnaie nationale, le denar, fixé sur le cours du mark allemand en 1995, est fixé sur celui de l'euro depuis la création de ce dernier[198].
[modifier] Principaux partenaires économiques
La République de Macédoine commerce principalement avec des pays de l'Union européenne et n'a pas conservé des liens importants avec les autres États issus de la Yougoslavie. En 2010, ses exportations sont dirigées à environ 20 % vers l'Allemagne, 7 % vers l'Italie et la Bulgarie et 6 % vers la Grèce, et elle importe surtout depuis l'Allemagne, la Russie, la Grèce, la Bulgarie, le Royaume-Uni, la Turquie et l'Italie. Largement dépendante de ses importations de matières premières et de biens de consommation, sa balance commerciale reste toujours déficitaire, par exemple de six milliards de dollars en 2011[36]. La République de Macédoine a conclu un Accord de stabilisation et d'association avec la plupart des États membres de l'Union européenne[202] ; en 2012, elle a également signé une union douanière avec la Turquie, un partenaire de plus en plus important[203], et projette une union du même type avec Israël[204].
La République de Macédoine reçoit de plus en plus d'investissements étrangers, mais ceux-ci restent modestes. En 1993, au plus fort du conflit du nom avec la Grèce, le pays n'avait reçu que 812 000 dollars d'investissements, contre plus de 330 millions en 2007[205]. En 2010, la République de Macédoine n'était toutefois que le 86ème État au monde pour la valeur des investissements reçus[36]. Ceux-ci viennent surtout de pays européens comme l'Autriche, les Pays-Bas, la Bulgarie, la Suisse ou encore la Slovénie. Les investissements grecs, très importants au début des années 2000, ont considérablement baissé depuis[205]. Afin d'attirer les entreprises étrangères, le gouvernement macédonien a instauré en 2007 un impôt à taux unique pour les entreprises, inspiré par celui de l'Estonie[206]. Les investissements étrangers concernent à environ 29 % le marché des énergies, suivent la production industrielle, 25 %, et la finance, 15 %[205].
[modifier] Population
[modifier] Démographie
La République de Macédoine est un État jeune et la région a connu au cours de son histoire des situations économiques et politiques difficiles qui ont empêché la tenue de recensements fiables. Le premier de ces recensements n'a ainsi eu lieu qu'en 1948, en même temps que commençait une véritable modernisation du pays. Il donne 1 152 986 habitants à la Macédoine, alors république yougoslave. La croissance démographique est rapide sous le régime communiste, puisqu'en 1953, le pays a déjà gagné plus de 240 000 habitants par rapport à 1948 et il compte 1 647 308 habitants en 1971. La Macédoine dépasse les deux millions d'habitants en 1991 et elle compte 2 022 547 lors du dernier recensement, conduit en 2002. Selon ce recensement, la population se composait de 65,2 % de Macédoniens, de 24,2 % d'Albanais, de 3,9 % de Turcs et de 2,7 % de Roms.
Sous le régime communiste, la Macédoine a également vu sa population agricole baisser considérablement, puisque si presque 80 % des Macédoniens vivaient de l'agriculture en 1945, seuls 22 % sont agriculteurs en 1981. Cette baisse est accompagnée par la croissance soutenue des villes. Ainsi, Skopje, qui ne compte que 102 600 habitants en 1948, en compte 506 926 en 2002.
[modifier] Diversité ethnique
Le recensement de 2002 donne à la Macédoine 2 022 547 habitants. 1 297 981 d'entre-eux, soit 64 %, sont Macédoniens et 509 083, soit 25,2 %, sont Albanais. Les deux autres minorités notoires, les Turcs et les Roms, forment respectivement 3,9 % et 2,7 % de la population du pays. La Macédoine compte aussi de petites minorités valaque et serbe[207].
Auparavant difficiles, les relations politiques entre les Macédoniens et les Albanais se sont améliorées après le conflit de 2001, car ces derniers ont obtenu plus d'autonomie. Ainsi, les municipalités à majorité albanaise peuvent faire de l'albanais leur seconde langue officielle. Les écoles de ces municipalités doivent aussi proposer des cours entièrement en albanais et la minorité possède des médias dans sa langue. Les relations sociales restent toutefois souvent difficiles, notamment à cause des préjugés entretenus par chaque communauté. Ainsi, les Macédoniens sont souvent hostiles à l'Islam, religion majoritaire chez les Albanais, et expliquent la forte croissance démographique de ces derniers comme une volonté de les surpasser en nombre. En retour, les Albanais ont souvent l'impression que les Macédoniens les considèrent comme une population immigrée et ne cherchent pas à les comprendre ou à reconnaître leur culture[208]. Enfin, alors que les Macédoniens adhèrent fortement à l'État, la seule patrie qu'ils ont réussi à obtenir au cours de l'histoire, les Albanais sont plutôt attachés à la région où ils vivent et aux deux États albanais indépendants, l'Albanie et le Kosovo[209]. Les Albanais se concentrent surtout aux confins nord-ouest du pays, sur les frontières albanaise et kosovare. Tetovo et Gostivar sont les deux plus grandes villes macédoniennes à majorité albanaise et Skopje, la capitale, possède une forte minorité albanaise.
Les Turcs, bien moins nombreux que les Albanais, possèdent eux-aussi leurs écoles et leurs médias. Ils sont plutôt discrets et quasiment absents de la scène politique[210] ; la Macédoine entretient en outre des relations diplomatiques chaleureuses avec la Turquie[211]. Les Roms, quant à eux, vivent généralement dans des conditions difficiles. Ainsi, sur les 54 000 Roms de Macédoine, 17 000 sont au chômage et 14 000 n'ont pas accès aux produits de première nécessité. La plupart d'entre eux vit du petit commerce, de la récupération des ordures et de la mendicité. La Macédoine fait toutefois figure d'exemple dans les Balkans, car l'État montre une certaine volonté pour intégrer les Roms à la société et pour améliorer leurs conditions de vie, notamment en favorisant leur accès à l'éducation et en créant un ministère des Roms. C'est aussi en Macédoine que se trouve la seule municipalité au monde à avoir adopté le romani comme langue officielle, il s'agit de Chouto Orizari, située dans la banlieue de Skopje. Le pays compte enfin un grand nombre d'ONG dédiées à l'amélioration du sort des Roms[212].
[modifier] Religions
Le christianisme est la religion majoritaire en République de Macédoine puisque 64,7 % de la population appartient à l'Église orthodoxe macédonienne, selon le recensement de 2002. Une petite minorité, 0,37 % de la population, appartient à d'autres Églises chrétiennes. L'islam regroupe enfin 33,3 % de la population, ce qui fait de la Macédoine le quatrième pays d'Europe par la proportion de la population musulmane, après le Kosovo (90 %), l'Albanie (70 %) et la Bosnie-Herzégovine (48 %). Les 1,63 % restant n'ont déclaré aucune appartenance religieuse.
Le pays comptait avant la Seconde Guerre mondiale une petite minorité juive séfarade, estimée entre 7 000 et 8 000 personnes et concentrée dans les villes de Skopje et Bitola. Presque tous ont péri dans les camps de la mort.
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Cathédrale Saint-Clément de Skopje.
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Monastère d'Osogovo, près de Kriva Palanka.
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La Mosquée peinte de Tetovo.
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La mosquée Alaxha de Skopje.
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Église catholique de Bitola, construite au XIXe siècle.
[modifier] Culture
[modifier] Symboles nationaux
La République de Macédoine est officiellement représentée par son drapeau, ses armoiries et son hymne, Denes Nad Makedonija, écrit en 1944. Le drapeau représente un soleil jaune a huit rayons sur un fond rouge et il a été adopté en 1995 après un conflit avec la Grèce, qui n'acceptait pas le premier drapeau de l'État, un soleil de Vergina jaune sur fond rouge. Cet emblême avait été choisi par les autorités macédoniennes après l'indépendance parce qu'il avait été retrouvé dans la tombe d'Alexandre le Grand et pouvait ainsi revendiquer l'héritage macédonien antique, ce que la Grèce n'avait pas apprécié, puisqu'elle se considère comme seule héritière d'Alexandre le Grand. Le soleil de Vergina reste toutefois utilisé officieusement par de nombreux Macédoniens.
Les armoiries macédoniennes sont les mêmes que celles de la République socialiste de Macédoine, seule l'étoile rouge communiste en a été retirée. Ces armoiries représentent les paysages macédoniens avec un lac et une montagne, ses productions agricoles avec des épis de blé et des boutons de pavot somnifère, et l'artisanat avec une broderie. Ces armes, au dessin très socialiste, ont été plusieurs fois menacées d'être remplacées, surtout par le blason historique macédonien, qui est de gueules au lion d'or. Cependant, ce blason est déjà utilisé par des formations politiques, comme le VMRO-DPMNE, et il est refusé par les Albanais, parce qu'ils ne se sentent pas représentés par ce symbole.
L'idée selon laquelle les Macédoniens actuels descendent du peuple macédonien antique et l'utilisation de l'image d'Alexandre le Grand est relativement récente. Elle vient de la diaspora macédonienne, présente surtout au Canada et en Australie, faite d'émigrés qui ont souvent fui la répression et sont plus nationalistes que les Macédoniens de la république. Un certain extrémisme culturel naît dans la diaspora australienne à partir des années 1970, ses idées gagnent rapidement les habitants de la République socialiste de Macédoine puis jouent un rôle non négligeable dans les premières années de la Macédoine indépendante[213]. Malgré les contestations grecques, l'utilisation des symboles antiques est encore récurrente au début du XXIe siècle. Ainsi, l'aéroport de Skopje porte le nom d'Alexandre le Grand depuis 2006 et des statues gigantesques du roi et de son père Philippe II ont été érigées dans le centre de Bitola et de Skopje entre 2008 et 2011. D'autres figures héroïques, comme le roi médiéval Marko Kraljević, le Saint Clément d'Ohrid, ou les nationalistes du début du XXe siècle Damé Grouev et Gotsé Deltchev, sont des symboles identitaires courants en Macédoine.
Seuls les Macédoniens ethniques se sentent représentés par les symboles nationaux de la république, qu'ils soient officiels ou non. Les minorités utilisent de leur côté leurs propres drapeaux et emblèmes. Pendant les années 1990, le pays avait d'ailleurs connu de nombreux heurts à cause de maires de municipalités à majorité albanaise qui voulaient hisser le drapeau albanais sur leurs édifices administratifs. Depuis 2005 et en vertu des accords d'Ohrid signés en 2001, les municipalités dont la majorité de la population n'est pas macédonienne peuvent faire usage officiel des symboles ethniques de la minorité dominante[214].
[modifier] Culture traditionnelle
La République de Macédoine possède des traditions riches et très particulières, notamment grâce au grand isolement de la région, qui n'a reçu des influences occidentales qu'à partir de la fin du XIXe siècle. Le pays possède ainsi une grande anthologie de poèmes folkloriques qui conservent l'histoire et les modes de vie anciens et des chansons très caractéristiques en raison de leur rythmique irrégulière dont l'origine est inconnue. Le chant traditionnel se caractérise aussi par l'importance des voix féminines.
L'art traditionnel macédonien s'est particulièrement développé dans la production de fresques religieuses. Les plus vieilles datent du XIe siècle. Les fresques macédoniennes se distinguent des canons byzantins par leur importance accordée à la nature et leur perspective tridimensionnelle. Après la conquête ottomane, la production de fresques décline et se retrouve confinée aux villages. Il faut attendre le XVIIIe siècle et la construction de grandes églises pour que les fresques connaissent un renouveau.
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Hommes dansant l'oro, danse traditionnelle.
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La salade Chopska, monument culinaire national.
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Fresque de l'église de Nerezi.
[modifier] Culture contemporaine
La littérature macédonienne se développe particulièrement après la codification du macédonien en 1945. Elle reste attachée à la tradition poétique mais plusieurs auteurs, comme Slavko Janevski ou Venko Markovski, se lancent dans le roman de fiction et dans le théâtre. La musique contemporaine se détache plus nettement de la tradition et s'oriente vers le rock, comme l'ancien groupe Leb i Sol, vers le darkwave mêlé de musique byzantine, comme Mizar, Arhangel et Padot na Vizantija ou vers la pop, comme Toše Proeski, Vlado Janevski, Elena Risteska et les productions de Darko Dimitrov. Le pays possède enfin une scène tzigane importante, représentée notamment par Esma Redžepova et le Kočani Orkestar.
Le pays compte plusieurs grands festivals, comme le Skopje Jazz Festival, qui a notamment accueilli Ray Charles, Youssou N'Dour, Tito Puente, Sierra Maestra, Rabih Abou-Khalil et Gotan Project[215] et le Skopje Summer qui regroupe des concerts et des expositions qui ont souvent lieu dans des endroits ouverts à tous (rues, parcs, sites touristiques…)[216]. May Opera Evenings, lui aussi à Skopje, inclut généralement des opéras, de la musique symphonique et des récitals[217].
La République de Macédoine a développé depuis 1945 une petite industrie cinématographique. Sous le régime communiste, les Studios Vardar produisent ainsi 36 films, mais les réalisateurs de l'époque manquent de liberté puisqu'ils doivent répondre à des commandes du pouvoir et illustrer la réalité socialiste du pays. Seul le film Bonne Année 49 du réalisateur Stole Popov, sorti en 1986 se distingue par sa liberté artistique. Après l'indépendance, le cinéma macédonien connaît un renouveau, marqué par la nomination du film Before the Rain de Milcho Manchevski aux Oscars en 1995.
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L'écrivain Venko Markovski.
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Toše Proeski, son décès en 2007 entraîna un deuil national.
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La chanteuse romani Esma Redžepova.
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Le Kočani Orkestar.
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Le cinéaste Milcho Manchevski.
[modifier] Jours fériés
La République de Macédoine distingue des jours fériés universels, observés par l'ensemble de la population, et des fêtes religieuses ou consacrées à des minorités, uniquement observées par les personnes qui le souhaitent. Dans les deux cas, les travailleurs ont droit à des indemnités salariales ou a une augmentation de salaire s'ils travaillent[218]. La fête nationale, appelée Jour de la République, a lieu de 2 août, elle commémore l'Insurrection d'Ilinden de 1903. Parmi les autres jours fériés universels se trouvent les fêtes des Saints Cyrille et Méthode et de Clément d'Ohrid, la célébration de l'Indépendance de 1991 ou encore la Fête du Travail. Les jours fériés communautaires sont essentiellement des fêtes religieuses musulmanes, orthodoxes, juives et catholiques, mais aussi des journées consacrées aux différents communautés ethniques du pays[218].
[modifier] Sports
Le football est le sport le plus populaire en République de Macédoine. Il est contrôlé par la Fédération de Macédoine de football, qui organise notamment la Coupe de Macédoine de football. L'équipe nationale s'entraîne dans la Philip II Arena, le plus grand stade du pays, qui peut accueillir 36 400 spectateurs. Le footballeur macédonien le plus connu est Goran Pandev, attaquant au SSC Naples. Le handball est un autre sport important et le pays a organisé le championnat d'Europe de handball féminin en 2008. À cette occasion, le gouvernement avait fait construire le centre sportif Boris Trajkovski de Skopje, la plus grande salle de sport couverte du pays. L'équipe de Macédoine de handball masculin a remporté la cinquième place au championnat d'Europe en 2012. Lors du championnat d'Europe de basket-ball de 2011, l'équipe macédonienne a remporté la quatrième place, son meilleur score depuis qu'elle participe à l'événement. Le ski est peu développé en Macédoine, malgré la présence de plusieurs stations de ski en amélioration constante. La Macédoine a participé à quatre Jeux olympiques d'été et quatre Jeux d'hiver. Le pays n'a gagné qu'une seule médaille, en bronze, gagnée en lutte aux Jeux olympiques de 2000.
[modifier] Codes
La République de Macédoine (ancienne République yougoslave de Macédoine) a pour codes :
- FY, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2,
- FYR, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-3,
- LW, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports,
- .mk, selon la liste des Internet TLD (Top level domain),
- MK, selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques,
- MK, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2,
- MKD, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-3,
- MKD, selon la liste des codes pays du CIO.
- Z3, selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs,
[modifier] Notes et références
- (en) Languages Law passed in Parliament sur macedoniaonline.eu. Consulté le 21 juin 2009. « Using the Badenter principles, the Parliament had passed the use of languages law that will touch all ethnicities in Macedonia. The law doesn't allow for use of Albanian or any other minority language as a second official language on Macedonia's territory. »
- Langue officielle de Macédoine
- (en) Central Intelligence Agency, The World Factbook, 2011
- (fr) Rapport sur le développement humain 2010 des Nations Unies. Tableau 1 p. 167., 2010 [PDF]
- Site de l'ONU
- Site du ministère de affaires étrangères
- Nations-Unies, A/RES/47/225, 8 avril 1993
- Frontière revendiquée par la Serbie mais la Macédoine a reconnu officiellement le Kosovo et elle s'est engagé dans un processus de reconnaissance de la frontière avec les autorités de Pristina (voir (en) Macedonia 'Waiting' Over Kosovo Border, 11 mars 2008, et (en) Serbia Disputes Kosovo-Macedonia Border, 24 avril 2008, sur www.balkaninsight.com
- « Situation géographique », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Historical Dictionnary of the Republic of Macedonia, Londres, The Scarecrow Press inc., coll. « European Historical Dictionnaries, No. 22 », 1998, p. 1
- (en) Macedonian geography, Open Society Institute Macedonia. Consulté le 22 mai 2011
- « Cours d'eau », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 249
- « Drin noir et Stroumitsa », dans Economic Commission for Europe, Meeting of the Parties to the Convention on the Protection and Use of Transboundary Watercourses and International Lakes, Nations unies, 2011, p. 30 et 53
- Macedonian climate and waters, Macedonian cultural and information centre. Consulté le 22 mai 2011
- (en) Macedonian Cities -- Kavadarci Monuments, Macedonian cultural and information centre. Consulté le 22 mai 2011
- (en) Mira Gorgieva et Kiril Popovski, « Thermal waters in Macedonia ». Consulté le 22 mai 2011
- (en) Macedonian relief, Macedonian cultural and information centre. Consulté le 22 mai 2011
- (en) Cenozoic Sedimentary and Volcanic Rocks of Macedonia, Geological society of America. Consulté le 22 mai 2011
- (en) Granitoid formations in the Republic of Macedonia, Faculté des mines et de géologie de Chtip. Consulté le 22 mai 2011
- « Séismes », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 91
- « Climats », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 31
- « Climat », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 73
- « Cultures et climat », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 2
- (en) Facts, Municipalité de Skopje. Consulté le 22 mai 2011
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- (en) Main geographic-hydrographic features, Municipalité d'Ohrid. Consulté le 22 mai 2011
- [ Gaisma (pour les températures)][hhttp://www.gaisma.com/en/location/kocani.html Pour les températures], Gaisma. Consulté le 22 mai 2011
- « Richesses naturelles », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 101
- « Utilisation du sol », dans MaryLee Knowlton, Macedonia, Marshall Cavendish Corporation, coll. « Cultures of the World », 2005, p. 11
- « Faune et flore », dans MaryLee Knowlton, Op. cit., p. 12
- « Parcs nationaux », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 173
- « parcs nationaux et patrimoine mondial », dans MaryLee Knowlton, Op. cit., p. 11-12
- « Histoire de la déforestation », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 115-116
- « Pollution atmosphérique », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 193-194
- EEF Members, Fédération écologique européenne. Consulté le 22 mai 2011
- (en) The State of the Environment, Open Society Institute Macedonia. Consulté le 22 mai 2011
- (en) Macedonia, Cia - The World Factbook. Consulté le 22 mai 2011
- (en) [http://lgi.osi.hu/publications/2007/368/FDI_Regional_Development_Macedonia.pdf The Challenge of Regional Development in the Republic of Macedonia: The State of the Matter, Issues and Considerations, Risto Karajkov
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- (mk) Projets, Chemins de fer macédoniens
- « Etymologie », dans N.G.L. Hammond, The Macedonian State, the origins, institutions and history, p. 12
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- « Premier site habité », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 3
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- (en) Unearthed, Sainsbury's Centre for Visual Arts, Norwich. Consulté le 18 mars 2011
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- (en) Ancient observatories Timeless knowledge, NASA, 2005. Consulté le 18 mars 2011
- « Invasions illyriennes », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 5
- « Commerce avec les colonies ioniennes », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 5
- « Nécropoles antiques », dans N.G.L. Hammond, Op. cit., p. 38
- (en) ANCIENT MACEDONIA (from the Neolithic Age to the Middle Ages), Foundation Open Society Institute Macedonia. Consulté le 20 mars 2011
- (en) Ancient Macedonian Culture, MyMacedonia.net. Consulté le 18 mars 2011
- (en) Paeonia, Encyclopædia Britannica, 2011. Consulté le 18 mars 2011
- « Conquête romaine », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 6
- « Macédoine romaine », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 7
- « Stobi », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 7
- Relja Novaković, « Ligne Jirecek », dans ГДЕ СЕ НАЛАЗИЛА СРБИЈА ОД VII ДО XII ВЕКА (ИСТОРИЈСКО-ГЕОГРАФСКО РАЗМАТРАЊЕ) ПРОБЛЕМИ И ЗНАЊА, Institut historique de Belgrade, Serbie, 2008 [lire en ligne], p. 218
- « Invasions slaves », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 8.
- Andrew Rossos, « Via Egnatia », dans Macedonia and the Macedonians: a history, Hoover Press, 2008 [lire en ligne], p. 25
- Andrew Rossos, « Huns », dans Op. cit., p. 18.
- « Union des Bulgares et des Slaves », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 8.
- R. J. Crampton, « Adoption du Christianisme », dans A Concise History of Bulgaria, Cambridge University Press, 1997, p. 16
- Andrew Rossos, « Clément et Naum », dans Op. cit., p. 34
- R. J. Crampton, « Règne de Siméon », dans Op. cit., p. 16
- R. J. Crampton, « Mort de Siméon », dans Op. cit., p. 17
- R. J. Crampton, « Fin du Premier empire bulgare », dans Op. cit., p. 19
- (en) Stojan Saveski, « Samuel's Empire, History of Ohrid », Ohrid.org (Open Society Institute Macedonia)
- « Empire de Samuel », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 9
- « Fin de l'empire de Samuel », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 9.
- Andrew Rossos, « Soulèvements », dans Op. cit., p. 36-37
- Andrew Rossos, « Fin du XIe siècle », dans Op. cit., p. 38
- « Conquête serbe », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 9
- Andrew Rossos, « Bataille de la Maritsa », dans Op. cit., p. 40
- John R. Lampe, « Empire ottoman », dans Op. cit., p. 22
- « Conversion », dans Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 143
- Andrew Rossos, « Chrétiens ottomans », dans Op. cit., p. 45
- Andrew Rossos, « Villes ottomanes », dans Op. cit., p. 52
- Valentina Georgieva et Sasha Konechni, « Premier soulèvement », dans Op. cit., p. 11
- Andrew Rossos, « Haïdouks », dans Op. cit., p. 49
- Andrew Rossos, « Soulèvement de Karpoch », dans Op. cit., p. 54
- Andrew Rossos, « Les seigneurs du XVIIIe siècle », dans Op. cit., p. 55
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[modifier] Voir aussi
- (mk) (en) Gouvernement de la République de Macédoine
- (mk) (en) Président de la République de Macédoine
- (en) Portail du tourisme national
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