Slobodan Milošević

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Slobodan Milošević
Image illustrative de l'article Slobodan Milošević
Fonctions
3e président de la République fédérale de Yougoslavie
Premier ministre Radoje Kontić
Momir Bulatović
Prédécesseur Zoran Lilić
Successeur Vojislav Koštunica
1er président de la République de Serbie
Premier ministre Desimir Jevtić
Stanko Radmilović
Dragutin Zelenović
Radoman Božović
Nikola Šainović
Mirko Marjanović
Successeur Milan Milutinović
Biographie
Nom de naissance Слободан Милошевић
Date de naissance
Lieu de naissance Požarevac
(Drapeau : Royaume de Yougoslavie Royaume de Yougoslavie)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès La Haye (Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas)
Nationalité Serbe
Parti politique Parti socialiste de Serbie
Conjoint Mirjana Marković
Diplômé de Faculté de droit de l'université de Belgrade
Religion Aucune (anc. orthodoxe serbe)

Signature

Slobodan Milošević (en alphabet cyrillique serbe Слободан Милошевић — parfois orthographié en français Slobodan Milosevic ou encore Slobodan Milochevitch) est né le à Požarevac, Yougoslavie (aujourd'hui en Serbie) et mort en prison le à Scheveningen, Pays-Bas.

Il fut président de la Serbie de mai 1989 à octobre 2000 et de la République fédérale de Yougoslavie de juillet 1997 à octobre 2000. Durant ces périodes eurent lieu les guerres de Yougoslavie, qui mirent fin à la République fédérative socialiste de Yougoslavie. Slobodan Milošević et le Croate Franjo Tuđman furent les principaux artisans du renouveau du nationalisme[1].

Il était accusé auprès du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Il est mort pendant la cinquième année de son procès, d'un infarctus du myocarde, et a été inhumé le , à Požarevac.

Famille[modifier | modifier le code]

Slobodan Milošević est le fils de Svetozar Milošević, un prêtre orthodoxe monténégrin, et d'une enseignante. Il a épousé Mirjana Marković en 1965 alors qu'ils étaient tous deux à l'université de Belgrade. Ils ont eu deux enfants, Marko et Marija.

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

Il rejoint dès 1959 la Ligue des communistes de Yougoslavie. En 1964, il termine ses études de droit à la Faculté de droit de l'université de Belgrade, et travaille d'abord dans l'industrie (compagnie publique de gaz Technogaz), puis dans la finance où il exerce jusqu'en 1983 la fonction de directeur de la Beogradska banka (Beobanka, Banque de Belgrade).

Alors que Slobodan Milošević apparaît comme un homme à tempérament introverti, piètre orateur et sans charisme particulier, il devient en 1984 chef de la section de Belgrade au Parti communiste. Sa carrière politique de premier plan commence en 1986, quand il remplace Ivan Stambolić à la tête du Praesidium du Comité central de la Ligue des communistes de Serbie. Il est réélu en 1988. En mai 1989, il est élu président de Serbie et avance ses idées prônant un nationalisme ethnique. Il met au pas le Kosovo et annule toutes les mesures autonomistes prises précédemment. Le communisme étant en déliquescence dans tous les pays de l'Europe de l'Est, il transforme en 1989 le Parti communiste en Parti socialiste. Il préside également au changement de constitution qui donne au président un pouvoir accru. Dans l'opposition, certaines voix commencent à s'élever contre la menace nationaliste (Cercle de Belgrade), mais le , il est réélu à la présidence, cette fois au suffrage universel direct.

Guerres en Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres de Yougoslavie.

Le , la Croatie et la Slovénie, "États indépendants et souverains" aux termes de la Constitution yougoslave titiste du , déclarent ne plus adhérer à la République fédérative socialiste de Yougoslavie ; lorsque la dissolution de cette fédération aura été constatée en janvier 1992, la Macédoine et la Bosnie-Herzégovine refuseront de rejoindre l'union de la Serbie et du Monténégro que Milošević a constituée en avril 1992 sous le nom de République fédérale de Yougoslavie.

Milošević entreprend alors de modifier par la force les frontières de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine, sous prétexte[réf. nécessaire] des minorités serbes immigrées à partir du XVe siècle en Croatie et en Bosnie et non assimilées ; ces frontières ont été définitivement fixées en 1945 mais datent pour l'essentiel de plus de deux siècles, et la Constitution de 1974 précise que c'est « dans le cadre des républiques et des provinces autonomes » que les « peuples et les nationalités » exercent leurs « droits souverains ».

Milošević lance donc deux guerres successives : la première à l'été de 1991 contre l'État de Croatie, la deuxième en mars 1992 contre l'État de Bosnie-Herzégovine derrière le prétexte d'une « insurrection locale » des Serbes contre le gouvernement légal.

La guerre en Bosnie culmine au massacre de Srebrenica en juillet 1995, perpétré par des forces serbes contre des Bosniaques et qui précipitera l'intervention de l'OTAN.

En Croatie, le président Franjo Tuđman lance l'opération Tempête contre les Serbes vivant en Slavonie orientale et dans la région de Krajina. Cette opération fera plus de 200 000 réfugiés serbes et de nombreux crimes de guerre[2]. Les armées serbes sortent affaiblies de ces événements, et les accords de Dayton de décembre 1995 mettent un terme à la guerre en Bosnie-Herzégovine et en Croatie.

Après les accords de Dayton, la population de Serbie lui demande des comptes et vote contre lui : son parti perd les élections municipales de novembre 1996, et l'opposition devra manifester jour et nuit jusqu'en février 1997 pour qu'il finisse par reconnaître les vrais résultats. En juillet 1997, Milošević est néanmoins élu à la présidence de la "République fédérale de Yougoslavie" (RFY).

Les exactions serbes au Kosovo qui, sous couleur de contre-insurrection, auraient fait 2 000 morts civils et 300 000 réfugiés, finissent par convaincre les dirigeants occidentaux, au bout de huit années de ses violences, que l'action militaire contre Milošević est nécessaire.

Le 24 mars 1999, l'OTAN ordonne, contre l'opposition de la Russie au conseil de sécurité de l'ONU, des frappes aériennes contre la RFY. Ces frappes forcent Milošević à signer les accords de Kumanovo du 10 juin 1999, où il s'engage à retirer ses troupes. Le même jour, le Conseil de Sécurité de l'ONU vote la Résolution 1244, qui prévoit une administration provisoire de l'ONU (MINUK) et une présence militaire dirigée par l'OTAN (KFOR)

Devant le Tribunal pénal international[modifier | modifier le code]

Cette même année, il est inculpé devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

En septembre 2000, il est battu à l’élection présidentielle fédérale par Vojislav Koštunica et son régime est renversé en octobre 2000. Sous la pression d'un ultimatum américain fixant au 31 mars la date limite exigeant l'arrestation de Slobodan Milošević sous peine de sanctions économiques, la justice serbe le somme de se rendre. Les forces spéciales de la police donnent l'assaut le mais les gardes du corps et les partisans de l'ancien président serbe parviennent à résister. Et ce n'est qu'après un siège de 33 heures, organisé par la police, qu'il se rend aux autorités. Il est arrêté le pour abus de pouvoir et corruption et est livré à l'ONU par le gouvernement serbe en juin 2001. Son procès, qui a débuté le , le fait comparaître devant le TPIY pour crimes contre l'humanité, infractions graves aux Conventions de Genève et violation des lois ou coutumes de la guerre. L'avocat français Maître Jacques Vergès qui avait offert ses services, n'a pas été retenu comme défenseur par l'accusé.

En février 2007, le TPIY jugea la Serbie non coupable de génocide, et conclut que le gouvernement de Belgrade n'avait pas planifié le massacre de Srebrenica (le plus grave épisode figurant dans l'acte d'accusation). Cependant le président du TPIY déclara que Milošević était au courant des risques de survenue de massacres en Bosnie et n'avait rien fait pour les éviter[3].

Doutes sur les circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

L'état de santé de Milošević marque la fin du procès[4]. Des demandes répétées de Milošević d'être soigné en Russie sont rejetées par le tribunal, bien que la santé du prévenu, qui assure lui-même sa défense, rende difficile la continuation du procès[5].

Milošević meurt au centre de détention des Nations unies à Scheveningen, le , avant la fin de son procès. Les premières annonces indiquent que sa mort est naturelle. Il souffrait de problèmes cardiaques et d'hypertension. Toutefois, une autopsie complète et des analyses toxicologiques ont été demandées afin d'établir avec certitude les causes de sa mort. Il avait déclaré au mois de février à ses avocats craindre un empoisonnement.

Son conseiller juridique, qui a montré un document de six pages, a affirmé que l'ancien président a écrit une lettre[6] la veille de sa mort dans laquelle il a affirmé que des traces d'un « médicament puissant » destiné au traitement de la lèpre ou de la tuberculose avaient été détectées dans son sang en janvier. Il y affirmait être très inquiet et avoir peur que l'on tente de l'empoisonner.

Selon le résultat du rapport d'autopsie publié le 12 mars dans la soirée, Slobodan Milošević est décédé d'un infarctus du myocarde. Le 17 mars, le TPIY exclut définitivement la thèse de l'empoisonnement dans un nouveau rapport d'analyses toxicologiques affirmant qu'aucun poison, médicament ou substance étrangère susceptible d'avoir provoqué la mort n'a été retrouvé.

Les funérailles de Slobodan Milosevic, le 18 mars 2006.

Après qu'il a été envisagé de l'inhumer en Russie ou à Belgrade, ce qui a suscité quelques controverses, Milošević est finalement inhumé le 18 mars dans sa ville natale de Požarevac. Un hommage a cependant lieu préalablement à Belgrade en présence de plus de 50 000 partisans et de nombreuses personnalités politiques et culturelles occidentales (opposants à l'OTAN) qui l'ont toujours soutenu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie Universalis 2008 article Franjo Tudjman
  2. CROATIE : Opération « Tempête » - justice n’a toujours pas été rendue dix ans après, Amnesty International, 4 août 2005.
  3. "L'ONU disculpe la Serbie des charges de génocide."
  4. À ce sujet, puisqu'il y a deux mois je vous ai soumis ma requête vous demandant de m'autoriser à suivre un traitement. Je pense qu'il faudra que vous me l'accordiez et que je puisse me soigner. Le mercredi 22 février 2006 à l'Audience publique.[1]
  5. Motion demandant une intervention spécialisée
  6. Lettre de Milošević

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le procès Milošević ou l'inculpation du peuple serbe, Patrick Barriot, Ève Crépin, Éditions L'Âge d'Homme, 2005, ISBN
  • Ma vérité, Slobodan Milošević, Éditions Le Verjus, 2004, ISBN

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Actes d'accusation contre Slobodan Milošević au Tribunal Pénal International :
Pour la guerre de conquête et d'extermination partielles menée contre l'état et la population de Croatie
Pour la guerre de conquête et d'extermination partielles menée contre l'état et la population de Bosnie-Herzégovine
Pour la guerre d'extermination partielle menée contre la population de l'État du Kosovo