Invasion de la Yougoslavie

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Invasion de la Yougoslavie
L'invasion de la Yougoslavie, représentée par une animation dans la série de films Pourquoi nous combattons (cinquième film)
L'invasion de la Yougoslavie, représentée par une animation dans la série de films Pourquoi nous combattons (cinquième film)
Informations générales
Date 6 - 17 avril 1941
Lieu Yougoslavie
Issue Victoire de l'Axe, démembrement du territoire yougoslave
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Drapeau du Royaume de Hongrie Royaume de Hongrie
Flag of Independent State of Croatia.svg Oustachis
Soutien logistique de :
Drapeau du Royaume de Bulgarie Royaume de Bulgarie
Drapeau : Roumanie Royaume de Roumanie
Drapeau du Royaume de Yougoslavie Royaume de Yougoslavie
Commandants
Flag of German Reich (1935–1945).svg Maximilian von Weichs
Flag of German Reich (1935–1945).svg Wilhelm List
Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Vittorio Ambrosio
Flag of the Kingdom of Yugoslavia.svg Milorad Petrović
Flag of the Kingdom of Yugoslavia.svg Milan Nedić
Flag of the Kingdom of Yugoslavia.svg Dušan Trifunović
Forces en présence
700 000 hommes 850 000 hommes
Pertes
Italie:
3 324 tués ou blessés
Allemagne:
151 tués,
392 blessés,
15 disparus
plusieurs milliers de tués
254 000 prisonniers
Seconde Guerre mondiale,
Campagne des Balkans
Batailles
Campagne des Balkans

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Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise

L'invasion de la Yougoslavie par les forces de l'Axe, dite également Guerre d'avril (croate : Travanjski rat, serbe : Aprilski rat, slovène : Aprilska vojna) a eu lieu en avril 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale et marqua le déclenchement de la campagne de Yougoslavie.

Contexte[modifier | modifier le code]

À la suite des difficultés de l'Italie dans la Guerre italo-grecque, l'Axe avait besoin de renforcer sa position dans la région. Ayant obtenu l'appui de la Roumanie, de la Hongrie et de la Bulgarie, Adolf Hitler fit pression sur le régent Paul pour qu'il accepte de signer le Pacte tripartite et de laisser un droit de passage aux troupes allemandes parties aider les Italiens. Le prince Paul finit par obtempérer, et signa le traité le 25 mars.

Cette politique de soutien au Reich provoqua l'opposition immédiate d'une partie de l'armée, favorable au Royaume-Uni, et de la classe politique : le 27 mars, un coup d'État fut organisé, avec le soutien du roi Pierre II. Ce dernier, âgé de 17 ans, fut proclamé majeur et nommé officiellement responsable des affaires de son royaume[1]; réalisé sans effusion de sang, le coup d'état organisé par l'armée est en réalité dirigé en sous-main par les services de renseignements britanniques, tout en déclenchant, dans la population serbe, de nombreuses manifestations de joie à Belgrade[2]. À ces manifestations de joie en Serbie, s'ajoutent des démonstrations populaires à Belgrade, hostiles au Reich, favorables à l'Union Soviétique[3]. Malgré ces démonstrations, la politique yougoslave ne se trouve pas remise en cause, et le nouveau gouvernement assure l'ambassadeur allemand à Belgrade de la perpétuation de la coopération avec l'Axe, continuant la politique amorcée par l'adhésion de la Yougoslavie au pacte tripartite[4]. Au fil des jours, cette politique prudente de recherche d'un équilibre entre le Reich et l'Union soviétique entraîne la méfiance de l'armée, partisane d'une politique contre le Reich plus marquée[4]. Ainsi, une délégation yougoslave arrive-t-elle en Union Soviétique le 4 avril 1941, après un détour par Istanbul, pour négocier les termes d'une rapprochement politique et militaire entre les deux pays[5].

Dans un contexte marqué par les rivalités balkaniques entre l'Union Soviétique et le Reich, le rapprochement entre l'URSS et le royaume de Yougoslavie incite le Reich à tenter de limiter ce renouveau d'influence soviétique à Belgrade[6]. Dans le même temps, le pacte d'amitié entre le Reich et le royaume est remis en cause: non seulement l'ambassadeur du Reich à Moscou doute de sa solidité, mais aussi les signataires yougoslaves du traité sont jetés en prison à Belgrade[7]. Au terme des négociations, un accord est signé le 6 avril entre l'URSS et le royaume: antidaté du 5, il est censé précéder de quelques heures l'agression allemande[8]

L'Allemagne nazie décida aussitôt de punir le Royaume de Yougoslavie pour son insubordination, afin d'éviter notamment un retournement d'alliance du pays. L'invasion était désignée par l'Allemagne et ses alliés sous le nom de code « Opération 25 ».

L'Allemagne engagea dans l'opération une division d'infanterie de montagne, six divisions d'infanterie et deux divisions blindées au sein de la 2e armée du général Von Weichs, stationnée en Autriche et en Hongrie. Leur premier objectif était la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. Le régiment d'infanterie Grossdeutschland et la division SS Reich au sein du 41e corps d'armée, stationné en Roumanie, devait foncer sur Belgrade. Une division de montagne, quatre divisions d'infanterie et deux divisions blindées au sein du Panzergruppe 1 du général Von Kleist, stationné en Bulgarie, devait remonter la Serbie du Sud au Nord. L'Allemagne engagea donc directement 17 divisions dont 4 blindées.

L'Italie engagea, outre les troupes déjà présentes en Albanie, la 2e armée avec neuf divisions d'infanterie, une division blindée, trois divisions rapides et une alpine, stationnée dans la région de Trieste. La Hongrie attaqua avec la 3e armée hongroise. La Roumanie n'intervint pas directement, tout comme la Bulgarie. Mais les Bulgares tirèrent les marrons du feu en envoyant le lendemain de la capitulation yougoslave trois divisions de la 5e armée bulgare en Macédoine[9].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Attaques aériennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Châtiment.

Le 6 avril, sans aucune déclaration de guerre préalable, la Luftwaffe déclencha l'Opération Châtiment (Unternehmen Strafgericht) et commença à bombarder Belgrade. La campagne de bombardements dura 4 jours, causant de nombreux morts civils et perturbant gravement les lignes de communication entre la capitale yougoslave et l'armée. L'armée de l'air yougoslave riposta aux attaques de la Luftwaffe et de la Regia Aeronautica, frappant des cibles en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie, en Autriche, en Italie et en Albanie, mais n'était pas de taille à résister longtemps aux forces aériennes allemandes et italiennes.

Opérations terrestres et navales[modifier | modifier le code]

Les troupes yougoslaves lancèrent le 7 une contre-offensive sur le territoire albanais, mais furent repoussées par les armées allemandes et italiennes. La flotte yougoslave tenta à partir du 9 avril de réaliser un débarquement sur l'enclave italienne de Zadar, mais la contre-attaque italienne fit échouer l'opération le 14.

Les forces terrestres de l'Axe enfoncèrent rapidement les lignes de l'Armée Royale yougoslave. Le 9 avril, la Wehrmacht prit Niš, empêchant la manœuvre de retraite décidée par le général Milan Nedić et débuta son avance sur Belgrade, vers laquelle convergèrent trois corps de Panzers. L'armée italienne, de son côté, envahit des parties des territoires de la Croatie, de la Slovénie, du Monténégro et de la Dalmatie. L'armée hongroise envahit la Bačka. La Bulgarie et la Roumanie n'envoyèrent pas de troupes au sol, mais fournirent un appui logistique aux forces de l'Axe : les troupes allemandes opérèrent notamment depuis le territoire roumain.

Belgrade fut prise le 13 avril, et les combats s'arrêtèrent le 16, et la Yougoslavie capitula officiellement le 17. La famille royale dut prendre la fuite.

Le sort de la Yougoslavie fut décidé par la conférence de Vienne. L'Allemagne et l'Italie démembrèrent la Yougoslavie, divisée en zones d'occupation allemandes ou en protectorats italiens, hongrois ou bulgares, et créant deux régimes collaborateurs, l'État indépendant de Croatie et le Gouvernement de Salut National de Serbie.

Malgré cette facile victoire des forces de l'Axe, l'invasion du territoire yougoslave ne fut que le début de la campagne de Yougoslavie, une féroce guerre de résistance se déclenchant dès l'été 1941.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Williams, Heather; Parachutes, Patriots and Partisans: The Special Operations Executive and Yugoslavia, 1941-1945, C. Hurst & Co., 2003
  2. G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 263-264.
  3. G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 264.
  4. a et b G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 265.
  5. G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 268.
  6. G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 270.
  7. G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 272.
  8. G.Gorodetsky, Le Grand Jeu de Dupes, p. 279.
  9. "Histoire(s) de la Dernière Guerre" no 10, p. 64.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Bernadac, La Luftwaffe, Éditions France empire, Collection Le Glaive et les Bourreaux, Paris, 1983, (ISBN 2-7048-0269-6) pages 95 à 102.
  • (fr) Gabriel Gorodetsky, Le grand jeu de dupes. Staline et l’invasion allemande Les Belles Lettres, Paris, 2000. (ISBN 2251380442).
  • (fr) Yann Mahé, Tonnerre dans les Balkans : la Wehrmacht envahit la Yougoslavie et la Grèce, in Histoire(s) de la Dernière Guerre, no 10, mars 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]