Mésie

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43° 58′ N 21° 08′ E / 43.96, 21.13

Provinces de Mésie inférieure (à droite) et de Mésie supérieure (à gauche) à l'époque d'Hadrien (117-138).

La Mésie (en grec Koinè et en grec médiéval : Μοισία ; en latin : Moesia) est une ancienne région géographique et historique située au sud du cours inférieur du Danube, dans les actuelles Serbie, Bulgarie (nord) et Roumanie (extrémité sud-est).

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La Mésie était délimitée :

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Initialement peuplée par des tribus thraces, des colons grecs s'installent, à partir du VIIIe siècle av. J.-C., sur le littoral du Pont-Euxin (Mer Noire).

Sous l'Empire romain, les principales villes était :

Odessus et Tomi étaient des cités grecques qui formaient une pentapole avec Istros, Messembria et Apollonia.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Mésie pré-romaine[modifier | modifier le code]

Initialement peuplée par des tribus thraces et daces, la région accueille à partir du VIIIe siècle av. J.-C. des colons grecs qui s'installent sur le littoral. La langue autochtone - le mésien (ou moésien) - sur laquelle l'on dispose de peu d'éléments précis, est réputée appartenir au groupe thraco-illyrien proche d'un ensemble satem regroupant le moésien, le dacien, le mysien et le thrace.

En -76, Gaius Scribonius Curio - proconsul de Macédoine - entreprend une marche militaire en Mésie où il vainc plusieurs tribus indigènes. À cette occasion, les Romains atteignent le Danube pour la première fois[1]. La région fut définitivement conquise par Marcus Licinius Crassus - petit-fils du général et consul romain Crassus - en -29[2].

La Mésie romaine[modifier | modifier le code]

La région fut transformée en province romaine, en l'an 6, et confiée à Aulus Caecina Severus[3]. Elle prit le nom de province de Mésie au plus tard en l'an 15. La province est alors gouvernée, et ce pendant 24 ans, par Caius Poppeus Sabinus, soit jusqu'en 35, année de sa mort. Il gouverne alors non seulement la Mésie, province impériale, mais aussi l'Achaïe et la Macédoine, provinces sénatoriales[4]. La Mésie fut ensuite réorganisée par Domitien, en 87, qui créa deux provinces : la Mésie supérieure et la Mésie inférieure.

La région aurait été évangélisée par saint André frère de saint Pierre et premier disciple du Christ qui y aurait subi le martyre (Croix de saint André).

À la suite des réformes administratives de Dioclétien à la fin du IIIe siècle et de la mise en place de la Tétrarchie (293-324) :

  • la moitié ouest de la Mésie fut incluse dans le diocèse des Mésies (diocesis Moesiarum), appartenant à la préfecture du prétoire d'Illyrie (Illyricum) et placée sous la responsabilité du César d'Orient. Elle fut subdivisée en  :
    • province de Mésie première (Moesia prima), formée par l'essentiel de la Mésie supérieure ;
    • province de Dacie ripuaire (Dacia ripensis), formée par la partie orientale de la Mésie supérieure et la partie occidentale de la Mésie inférieure ;
  • la moitié est de la Mésie fut incluse dans le diocèse de Thrace (Thraciae), appartenant à la préfecture du prétoire d'Orient et placée sous l'autorité de l'Auguste d'Orient. Elle fut subdivisée en  :
    • Mésie seconde (Moesia secunda) formée par la partie centrale de la Mésie inférieure ;
    • Scythie mineure (Scythia minor) formée par la partie centrale de la Mésie inférieure.

Toutefois, le diocèse des Mésies se révéla trop grand et donc trop difficile à gouverner et à défendre. Constantin Ier le divisa donc, dans les années 306-337, en diocèse de Macédoine, au sud, et en diocèse de Dacie, au nord, (dont la Mésie première et la Dacie ripuaire). Ceci est attesté en 370 et par la Notitia dignitatum de 410.

À la suite de la division de l'Empire romain, en 395, l'ensemble des provinces mésiennes se trouvèrent dans la partie nord de l'Empire romain d'Orient.

Malgré la protection naturelle que constituait le Danube, la région subit de plein fouet les Grandes invasions et fut dévastée à de nombreuses reprises par les Goths (238), les Wisigoths (378), les Huns (441) et d'autres peuples. Dès le début du VIe siècle, les tribus slaves s'installent dans la région, assimilant progressivement les populations locales romanisées. Les provinces de Mésie I et II disparurent dans les années 640, lorsqu'elles furent submergées par les tribus slaves. En 680, les Proto-Bulgares conduits par le khan Asparoukh passèrent le Danube et conquirent les territoires entre celui-ci et le Grand Balkan. Un traité de paix conclu à Byzance, en 681, entre les Bulgares et l'Empire byzantin marque la naissance du Premier État bulgare, qui englobe la Mésie inférieure et la partie orientale de la Mésie supérieure, le reste de cette dernière demeurant byzantine pendant encore quelques décennies.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dardanos et Moesiacos Curio proconsul subegit et primus Romanorum ducum ad Danuvium usque pervenit ; "Le proconsul Curio soumit les Dardaniens et les Mèses, et fut le premier des chefs romains à parvenir jusqu'au Danube" : Rufius Festus, Breviarium rerum gestarum populi romani, 7, 5.
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, LI, 23[1], 24[2], 25[3], 26[4] et 27[5].
  3. Dion Cassius, Histoire romaine, LV, 29.[6]. Aulus Caecina se porte alors à la rencontre de Valérius Messalinus, alors gouverneur des provinces de Dalmatie et de Pannonie, en bute aux Celtes d'outre-Danube.
  4. Tacite, Annales, I, 80[7] et VI, 39[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vladimir P. Petrović, Les documents écrits relatifs aux voies de communication en Mésie Supérieure, Classica et Christiana, 4/2, 2009, p. 137-171.Lire en ligne.