Ski

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le moyen de déplacement et les disciplines sportives. Pour le matériel, voir Ski (matériel). Pour les autres sens, voir Ski (homonymie).
Skieur à Val d'Isère
Un ski alpin moderne

Le ski est un moyen de locomotion[1],[2] individuel de glisse[2] pratiqué grâce à des patins[2] longs (la taille de l'utilisateur) et étroits (la largeur du pied de l'utilisateur) également appelés skis, fixés aux pieds. Principalement connu par le ski sur neige[2], introduit dans les Alpes et les autres massifs européens à la fin du XIXe siècle, cette pratique du ski sur neige naturelle est évidemment dépendante de la présence, de la résistance et de l'épaisseur du manteau neigeux, ce qui limite sa pratique aux régions montagneuses ou nordiques, ainsi qu'à la saison hivernale.

Le ski peut également s'adapter sur toutes surfaces glissantes possédant une tension superficielle non négligeable : l'eau -on parle alors de ski nautique -, des roches comme le sable ou la pouzzolane, les prairie en pente, voire des sols recouverts de neige ou de glace artificielles, d'aiguilles de pin, ou même d'armatures en treillis couvertes de feutres ou de textiles synthétiques sur des pistes en salle.

Le ski est cependant resté longtemps seulement un moyen de déplacement et un mode de transport, communs pendant les longs hivers enneigés dans les pays nordiques, les contrées sibériennes et les montagnes de l'Asie centrale. Le ski dit « nordique » est originaire de Scandinavie.

Originellement activité de pleine nature, le ski de descente, qui consiste à descendre des pentes de déclivité variable, a conduit à la construction de sites dédiés. Devenu ainsi sport de glisse prenant le nom en Europe de ski alpin, des domaines skiables et des stations de sports d'hiver ont été ainsi aménagées dans des sites jugés propices à une pratique ludique du ski moyennant travaux : terrassements, équipement de remontées mécaniques, de canons à neige, travail de la neige, etc. générant un vaste secteur touristique, notamment dans les Alpes.

La pratique du ski en terrain à faible déclivité a conduit de son côté au développement de sports davantage de pleine nature, comme les différentes formes de ski nordique. Bien que le ski de fond et le ski de descente soient regroupés sous la même appellation de « ski », aussi bien les techniques que le matériel sont très différents entre ces deux disciplines.

Il existe aussi plusieurs techniques nordiques de ski de randonnée et de descente, qui portent le nom de localités ou de contrées de Norvège : le télémark, le christiania

Préliminaires étymologique, linguistique et mythologique[modifier | modifier le code]

Le mot français ski(e) survient dès 1841, par l'intermédiaire de la simple lecture défectueuse, comme l'atteste sa prononciation spécifique, peut-être par l'anglais ou l'allemand, du mot norvégien ski, prononcé [ʃi][Note 1]. Le mot français skie paraît hésiter entre féminin et masculin. En 1841, il est plutôt du genre féminin[3]. En 1876, après son entrée au dictionnaire de Pierre Larousse, il adopte le genre masculin. En 1891, il perd son e final et devient ski[Note 2].

L'article souvent cité du Magasin pittoresque de 1841 est en réalité celui de 1842 (néant en 1841)[4]. D'autre part, il existe de nombreux autres exemples du mot ski(e) entre 1797 et 1842[5].

Le terme norrois, langue à l'origine du rameau des langues scandinaves, ski remplace le mot patin en usage depuis le siècle des Lumières[Note 3]. Le vieux-norvégien skidh désigne une billette de bois, une chaussure ou une raquette pour la neige. Le verbe norrois skidh, c'est-à-dire briser ou fendre, s'apparente au grec schizein, fendre, au latin scridere, scinder, provoquer la scission, au gothique skaider, séparer. En norvégien, ski signifierait morceau de bois.

Il n'est toutefois pas à exclure que le terme norrois soit né d'un rapprochement avec un mot onomatopée d'une langue non indo-européenne, le finnois de Scandinavie aujourd'hui disparu au sud. Les dialectes finnois proches de la mer Baltique emploient les termes suhsi, suksi, suks, sohs. Les Toungouzes de Sibérie orientale connaissent suuksildae, huksille... D'une manière générale, les peuples du Nord euro-asiatique, Zyrianes, Sames, Vogoules, Ostiaks, Samoyèdes connaissent l'art du ski et le pratiquent beaucoup plus assidûment que les scandinaves méridionaux. Le passage d'un groupe de skieurs génère des sons de frottements chuintants ou doucement susurrants selon la nature et la consistance de la piste glacée ou enneigée. L'art du ski aurait été appris par les premiers Germains scandinaves, locuteurs du norrois primitif, mais leur maîtrise technique du travail du bois et du métal leur ont permis d'assimiler le vocable fenno-scandinave et de fabriquer plus aisément l'ustensile.

Les sagas norvégiennes décrivent les exploits d'Ullr, le dieu lumineux du ski et de Skadi, la déesse aux raquettes qui préside à la mort froide. En réalité, ces deux divinités du panthéon nordique sont les derniers géants de la montagne, qui témoignent d'un monde disparu[Note 4]. Les rois mythiques de l'ancienne Norvège privilégient ce mode de déplacement pour des raisons rituelles, mais se révèlent aussi d'habiles skieurs. Parmi ces rituels, le saut à ski est un acte de bravoure.

Archéologie et histoire ancienne et moderne du ski[modifier | modifier le code]

Le fait de marcher et de glisser sur ces planches remonterait à plus de 5000 ans, sans que l'archéologue puisse affirmer s'il s'agit de skiage ou de rituel néolithique. Les plus anciens vestiges archéologiques sont des skis en bois retrouvés en Russie près du lac Sindor et datant d'environ 6300 à 5000 av. J.-C.[6].

Les gravures rupestres découvertes sur l'île de Rødøy, au sud du Nordland âgées de 4000 ans, montrent un skieur sur des planches démesurées, équivalentes à des skis de 4,5 mètres pour un homme actuel, muni d'un bâton rame. Près de la mer Blanche, à Zalavroug, en Russie actuelle, des gravures rupestres datées entre 2000 et 1500 ans avant J.-C. détaillent l'art et la technique de chasse à l'élan d'un trio de chasseurs en proposant un plan de leurs traces complètes sans oublier les marques des bâtons plantés sur la neige fraîche. Cette tradition de représentation rituelle, associée à la chasse hivernale, a été maintenue sur les pierres runiques. On retrouve une scène d'archers tirant à ski sur la pierre de Böksta, en Uppland suédois, érigée vers 1050.

L'étude comparée des traditions des populations germaniques montre leur adoption du ski entre le sixième et le douzième siècle. Il semble qu'elles l'empruntent aux fenno-scandinaves qui, bien qu'en voie d'assimilation au sud, occupent encore la majeure partie des terres scandinaves.

Preuves archéologiques et écrits[modifier | modifier le code]

Mosaïque de la villa romaine du Casale.

L'invention des planches est néolithique. Elle est attestée très tôt en Sibérie, Scandinavie et dans les pays baltes. La section archéologie du musée du ski du Västerbotten à Umea présente des lames en bois extraites des marais et tourbières. Le marais de Kalvsträsk a fourni des planches remarquablement bien préservées de plus de deux mètres de long, de 15,5 centimètres de large, ainsi que des bâtons se terminant par des formes proches de pelles ou cuillères de poussée, immergées il y a 3 200 ans avant J.-C[Note 5]. De nombreuses mises au jour en Suède témoignent de l'usage continu des planches de skis : à Storbäck, 1 200 ans avant J.-C., à Jarvsträsk vers 700 après J.-C., à Ajaur vers 1100

Le ski attelé date de 2500 ans avant J.-C., date à laquelle on retrouve les premières traces en Scandinavie du Shörekjöring, ancêtre du skijoering, qui n’est à l’époque qu’un moyen de locomotion[7].

Les archéologues distinguent trois principaux types de ski selon leur origine géographique : le type arctique, planches de bois courtes (environ 1,5 m d longueur) mais larges (environ 20 cm), sans rainures, parfois doublées de peau, utilisées en Laponie et en Sibérie ; le type nordique, constitué d'une planche droite plus courte que la gauche (utilisé pour le plat et pour prendre de la vitesse) et qui prédomine en Scandinavie ; le type méridional, longues planches (plus de 2 m) avec une excavation en forme de baquet pour placer les pieds, utilisé lors de la dernière période glaciaire en Slovénie, en Pologne et dans les pays baltes[8],[9].

Procope de Césarée décrit en 552, dans son De origine Arctibus que Gotorum (« De l'origine et des actions des Goth »), une population de Skridfinnar (« Finnois glissants »)[10].

En 1307, l'écrivain Fadl Allah Rashid ed-Din mentionne l'usage de planches dénommées Sana ou Hana, fixées aux pieds par des courroies avec lesquelles les montagnards entre Turkestan et Mongolie dévalent les monts et franchissent en prenant appui avec un bâton des distances considérables dans leurs pays de neige abondante, là où les congères entravent la progression ou piègent simplement les chevaux ou animaux de bât. L'écrivain persan n'ignore pas que les contrées boisées, mais aussi les steppes, les vastes plaines, les vallées et collines fréquemment enneigées au nord des grandes chaînes de montagnes connaissent ce moyen de locomotion. La glissade sur une surface de neige plus ou moins gelée s'effectue comme un canoë sur l'eau. Le trait d'un traîneau est possible, comme la descente en pente raide par le biais de courbes. Les peuples finnois, ainsi que les Toungouzes et les Ostiaks, surpassent alors la rapidité animale, celle de l'élan en particulier.

L'usage du ski pour les déplacements hivernaux, en particulier pour le commerce et la guerre, semble aussi fort lointain. En Norvège, si les Birkebeiners ou les soldats royaux semblent déjà se déplacer déjà à ski, le fait est assuré par les archives au XIVe siècle. Notons toutefois qu'en 1206, le roi Haakon III craignant la guerre civile confie son fils nouveau-né de dix-huit mois à deux proscrits birkebeiner pour qu'ils le portent en urgence en lieu sûr. C'est l'origine légendaire servant à justifier la création en 1932 de la course de fond de 54 km entre Rena et Lillehammer.

Il sert aussi en Suède et en Finlande dans les unités combattantes dès le XVIe siècle. La Suède occupée depuis 1518 par les troupes de Christian II, roi du Danemark hésite entre révolte et soumission. Reprenant le flambeau de la résistance, le noble Gustave Vasa tente un soulèvement en Dalécarlie. Mais quelques combattants volontaires répondent seulement à son vibrant appel. Craignant pour sa vie à la Noël 1522, il décide de fuir vers la Norvège. Au cours de leur long conseil solsticial, les édiles locaux influencés par la mainmise danoise sur le commerce et les mines de cuivre, en particulier de Falun, changent d'avis. Ils lancent alors leurs meilleurs hommes à la poursuite du chef fuyard. Ceux-ci rejoignent Gustave Vasa au terme d'une folle course poursuite de 90 kilomètres et le décident à rebrousser chemin. C'est l'origine de la célèbre course de fond de Vasaloppet, crée en 1922. Entre Noël et le nouvel An, elle commémore ce tournant fatidique de la résistance suédoise à l'occupant, puisque le 1er janvier 1523, le soulèvement dalécarlien est à l'origine de l'accession de la dynastie Vasa au trône de Suède, en commençant par Gustave Ier Vasa.

Olaus Magnus, Historia de Gentibus Septentrionalibus…, 1555.

L'historiographe suédois, Olaus Magnus impressionné par la mobilité d'une armée de skieurs, sans doute les Dalécarliens de Gustave Vasa en rébellion, a décrit en 1539 les usages du ski à la chasse et à la guerre[11]. Il rappelle doctement que de nombreux rois légendaires du Nord ont utilisé les attelages de rennes et les skieurs pour surprendre les fantassins ennemis. Les skieurs habiles, clairsemés en avant-garde, sont d'utiles éclaireurs, mais peuvent aussi se rassembler en un front massif. Son ouvrage Historia de gentibus septentrionalibus en 1555 ressasse le thème du ski, y incluant la mythologie nordique. Traduit en Europe occidentale, l'ouvrage a été illustré par d'habiles dessinateurs italiens, qui, ignorant l'art du ski, représentent abusivement les skis en longs sabots excessivement pointus. En 1733, le lieutenant norvégien Jens Henrik Emmausen de Trondheim rédige en Allemagne le premier manuel à l'usage des troupes à ski[12].

Avec la divulgation de telles descriptions et imageries, il était évident que les voyageurs de l'âge classique rationaliste aient été tentés par un voyage septentrional. Le prêtre originaire de Ravenne Francesco Negri passe deux années en Laponie dans les années 1660 et témoigne de son apprentissage du ski. Il décrit les skis ou patins comme de minces planchettes de bois, de faible largeur et d'environ 1,6 à 1,8 mètre de long. Au milieu du ski, une cordelette de fixation est ancrée à la partie antérieure. Le long bâton de poussée est terminé par un cercle de bois pour ne pas s'enfoncer dans la neige. Il décrit la marche glissée. Pour la montée, une pelisse de renne, poils retournés à l'envers, fixée sous le ski permet de freiner la reculade. À la descente, les poils sont orientés dans le bon sens. C'est l'origine du ski de randonnée alpin[Note 6]. Il décrit la rapidité du descendeur qu'est le chasseur lapon, accroupi, maintenant ses skis parallèles et suffisamment proches. L'arrêt peut s'effectuer par un virage rapide à droite ou à gauche, en remontant en travers de la pente, le freinage utilise une technique de slalom. Les distances parcourues peuvent être considérables pour un bon skieur : de l'ordre minimal de soixante kilomètres par jour.

Le Strasbourgeois Jean Scheffer a observé en Laponie l'usage de paire de skis à longueurs inégales, l'un plus petit pour faciliter les manœuvres et l'autre pour la poussée et assurer la vitesse[13].

En 1774, il existe des règlements de courses militaires en Norvège. Celles-ci codifient un délassement et une activité physique appréciée par les soldats gardiens des forteresses entre Norvège danoise et Suède. Dans ces contrées montagneuses s'accumulent plus de dix pieds de neige, la nécessité de chemin battu et déblayé des congères entrave toute marche à pied alors que chaussé de ski, de simples traces suffisent pour accomplir un rapide déplacement. Au terme de la restructuration des forces de défense des royaumes suédois et norvégien unifiés après 1814, l'abandon de la gestion coûteuse des forteresses frontalières amène la création de régiments de patineurs.

La Norvège : première nation du ski moderne[modifier | modifier le code]

Les Norvégiens peuvent être considérés comme les inventeurs du ski moderne. Les compatriotes contemporains des explorateurs Fridtjof Nansen et Roald Amundsen louent ainsi le plus national, le roi des sports norvégiens. Plusieurs facteurs expliquent ce réel engouement populaire. Primo le grand nombre de skieurs aussi bien des milieux urbains que paysans induit une multitude d'ateliers prônant autant de fabrications artisanales associées à pléthore de techniques et de milieux. Secundo une industrie de transformation du bois était née de la demande des marchands anglais à Christiania et, confrontée à la crise, celle-ci saisit tous les créneaux de diversification. Ainsi s'ouvre en 1886 dans la capitale norvégienne la première usine de fabrication de ski, s'ensuit une course acharnée aux brevets technologiques, concernant l'équipement, les fixations, le ou les bâtons, les chaussures, l'art du fart à chaud... Tertio, si le long intérêt militaire avait stimulé une première réflexion sur l'équipement et la pratique, le développement des compétitions militaires et civiles favorise l'émulation entre les hommes et les lieux de diverses pratiques. Spécialistes reconnus de cette spécialité, quelques habitants de ce petit pays deviennent les premiers instructeurs internationaux, dans les domaines civils et militaire. Ainsi les contrées de concours, les monts de Christiania et du Télémark donnent leurs noms aux façons de skier.

Il n'était pas rare, bien avant la Belle Époque, que les petits Norvégiens aient des patins aux pieds dès l'âge de trois à quatre ans. Initiés dans leur prime jeunesse, ils vont plus tard à l'école en hiver. Mieux, leurs maîtres savent greffer sur cette pratique coutumière une éducation technique et sportive. La course, le saut ou encore la descente rapide requièrent de l'adresse et de la volonté, de la prudence et de l'esprit d'attention. Ces activités donnent au corps de la souplesse et de l'élasticité. Dans le monde économique changeant après 1880, les adultes apprécient ce sport naissant ou ce loisir de découverte d'un monde féerique enneigé, véritable corps à corps avec la nature[Note 7].

Il n'est pas étonnant que le vocabulaire actuel garde d'autres traces de ce premier laboratoire norvégien. Le fart, mot norvégien entre dans le Larousse en 1907 avant de générer verbe et substantifs dérivés : farter, fartage... Le slalom, mot français depuis 1910, signifie le fait de zigzaguer ou mieux d'accomplir une succession de virages maîtrisés, son étymologie semble indiquer ce qui reste sur le plan de neige, c'est-à-dire des traces de ski inclinées[Note 8]. L'analyse du virage dans une technique donnée révèle des conceptions techniques induites de la physique de la glisse, intégrant équipement aux pieds et maîtrise des mouvements du corps. Le virage télémark nécessite une génuflexion gracieuse afin de tourner à droite ou à gauche dans les pentes les plus raides. Avec une légère anticipation, il suffit de fléchir la jambe, intérieure au virage, en arrière en relevant le talon, puis de pousser sur le ski mis en avant en faisant déraper la partie postérieure. Le virage Christiania, plus simple, plus rapide, ne comprend pas de contorsions potentiellement dangereuses pour les débutants, mais nécessite un matériel performant, avec de bonnes fixations et de bonnes prises de carres. Skis parallèles, il suffit d'alléger l'arrière en répartissant la portée du corps vers l'avant, et de provoquer le dérapage des deux skis parallèles, en s'efforçant de placer les talons du côté opposé au virage. Le ski alpin dérive de façon lointaine des techniques Christiania, imposant déjà des fixations solidaires.

La Norvège, devenue nation indépendante après 1905, s'est empressée d'exporter l'art du ski que ses explorateurs avaient utilisé pour la conquêtes des pôles et ses indispensables équipements. Le premier essor du ski scandinave, dans tous les massifs du monde de l'Atlas algérien au Kilimandjaro, des Appalaches aux Cascades ou aux Sierra californiennes, des montagnes rocheuses aux Andes, sur les contreforts de l'Himalaya ou du Tibet, dans les montagnes de Corée ou du Japon, sur les monts du Sud-Est australiens ou néo-zéolandais se déroule avant le premier conflit mondial, entre 1908 et 1912. Les stations les mieux équipées promeuvent aussi le bobsleigh. En France, le capitaine Bernard discute des avantages comparés des attaches norvégiennes Huitfeldt, Sigurd, Houm[14]... Les meilleures entreprises ou sociétés d'importation françaises, telle Koski gérée par G. de Coninck, à Maisons-Laffitte, ne peuvent que se réclamer de brevets norvégiens. Les fabriques de ski françaises prennent modèle : ainsi, l'entreprise Rossignol à Voiron délaisse la conception de navettes textiles pour suivre l'exemple de sociétés scandinaves. Même la mode, joignant le luxe à l'utile, observe les magasins de sports d'hiver scandinaves, et s'inspire de ce champ d'activité nordique, valorisant l'hiver par le pull à col roulé, les pantalons seillants, les bandes molletières, les gants et bonnets[Note 9].

Jalons historiques vers les sports modernes[modifier | modifier le code]

De la rivalité du télémark et du christiania, à l'hyperspécialisation du ski alpin basée sur des écoles techniques extraordinairement sophistiquées, en passant par le ski acrobatique, jusqu'au ski extrême sans compter les mutations de la planche de snowboard et le speed flying ou ski tracté par une voile, l'art de dévaler les pentes a connu plusieurs révolutions. Les formes de ski nordique ont également connu de spectaculaires progrès. Aussi faut-il distinguer plusieurs temps forts :

  • d'abord les essais aventureux des pionniers en Europe occidentale et en Amérique à la fin du XIXe siècle qui, après avoir été souvent moqués par la presse et le public encore sceptiques, amènent la vulgarisation quasi-planétaire de cette pratique de loisir et de ce sport véritablement à la mode entre 1908 et 1912 ;
  • ensuite, à partir de 1924, le temps domestiqué des stations, des remontées mécaniques, de la massification du ski-loisir touristique et des grandes compétitions en connexion avec les recherches technologiques ;
  • enfin le monde compartimenté en domaine d'équipements, de matériaux et d'encadrements spécialisés d'aujourd'hui qui est peut-être inauguré après 1980 par la disparition du pas glissé alternatif de l'ancien fondeur remplacé par le demi-pas de patineur.

Le ski a été puissamment vulgarisé par le monde associatif, le Touring club de France et les sections du Club alpin et du Club pyrénéen en France, du Club vosgien en Alsace allemande... Il se diffuse plus lentement dans les régions paysannes grâce à l'effort des militaires, soucieux de défense mobile du territoire en cas d'hiver enneigé. L'école de Briançon instruit en tout 5 000 soldats skieurs, jusqu'en 1914 et forme les premiers bataillons de chasseurs alpins. Après les premiers concours de Montgenèvre en 1907 et de Chamonix en 1908, la presse française n'est plus rigolarde : le ski décrié des pionniers a désormais une fonction utilitaire reconnue partout officiellement, les dingues sur patins cèdent la place aux skieurs, vrais sportifs durs à cuir, même avec leur bonnet sur la tête et leurs mitaines aux mains. Les administrations rurales des zones enneigées, à l'instar du corps des Eaux-et-Forêts, demandent des instructeurs pour leurs employés et leurs gardes. Des cantonniers, en accord avec leur hiérarchie, se proposent de devenir formateur auprès des populations montagnardes. Des instituteurs sont invités à former la jeunesse. Le Touring Club de France publie Le ski utilitaire, une méthode de fabrication familiale à l'usage des paysans montagnards[Note 10].

L'engouement pour le ski de loisirs grandit dans les années 1930, après les premiers Jeux olympiques d'hiver, en 1924, à Chamonix. Les années 1960 marquent le boum des sports d'hiver. Grâce au « plan neige », lancé en 1965, des stations de ski sortent de terre par dizaines. En 1970, plus de 360 stations sont répertoriées en France. En 1984, la Fédération Française de Ski compte 794 000 licenciés dans 2 350 clubs. L'essor de la pratique est vif, avec 6 % de croissance des effectifs cette même année. Le ski est un des sports populaires qui connaît une forte progression, à l'instar du tennis, du foot-ball et du judo.

Dans les années 2000, à chaque saison, les stations françaises accueillent sept millions de skieurs[réf. nécessaire].

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

Temps des pionniers[modifier | modifier le code]

Ski à Rockcliffe Park en 1887
Championnat d'Australie de ski à Kiandra, en 1900
  • 1861 : fondation du premier club de ski en Norvège : le Ski Club de Trysil[15]. Le ski est jusqu’alors un moyen de transport dont l’origine remonte à la nuit des temps.
  • 1861 : fondation supposée du Kiandra Snow Shoe Club en Australie[16].
  • 1867 : première compétition de ski en Norvège, et première démonstration de la technique de télémark par un des concurrents, Sondre Norheim, menuisier passionné de ski et originaire du comté de Telemark.
  • 1878 : à l’occasion de l’exposition internationale de Paris, le pavillon norvégien présente notamment des skis. Ce moyen de locomotion ancestral attire particulièrement l’attention des visiteurs qui en font massivement l’acquisition. Henri Duhamel en expérimente une paire dans les Alpes à Chamrousse.
  • 1883 : fondation du premier club moderne de ski : le Ski Club Christiana (Oslo).
  • 1885 : l’hôtelier suisse de Saint-Moritz Johannes Badrutt propose des paires de ski à ses hôtes afin de les divertir pendant l’hiver.
  • 1886 : première usine de fabrication de ski en Norvège à Christiana (Oslo).
  • 1887 : l’usage de deux bâtons s’impose en ski de fond. Jusque-là, les skieurs n’utilisaient qu’un seul bâton.
  • 1890 : publication de l’ouvrage « À ski à travers le Groenland » du Norvégien Fridtjof Nansen dont les traductions en français, anglais et allemand déclenchent un engouement pour le ski en Europe.
  • 1893 : fabrication dans la vallée de Chamonix de la première paire de ski française.
  • 1895 : première compétition de ski en Allemagne (Tauenberg). Un skieur norvégien s’impose.
  • Novembre 1895 : création d'un Ski Club des Alpes[17] à Grenoble par les amis d'Henri Duhamel qui leur a distribué quatorze paires de skis acquises lors de son voyage en Finlande[Note 11]
  • 1896 : le Ski Club des Alpes premier fondé en France en novembre 1895 est officialisé le 1er février 1896. Son fondateur est le président du Rocher-Club Ernest Thorant (Henry Duhamel décline la présidence en raison de son éloignement de Grenoble, il habitait à Gières). En Alsace allemande, actuel département du Bas-Rhin est fondé le ski-Club vosgien.
  • 1er mars 1896 : Première sortie du ski-club grenoblois avec le trajet aller-retour Lans-Autrans dans le Vercors[Note 12].
  • 1899 : pratique du « Ski Norvégien » (ski de fond) dans le Jura (Les Rousses).
  • Hiver 1901-1902 : premier essai militaire de raids à skis dans la région de Briançon, par le capitaine Clerc et sept hommes équipés à ses frais.
  • 1903 : premier essai de ski dans les Pyrénées par M. Henri Sallenave
  • Hiver 1903 : Les hommes du 159° régiment d'infanterie reçoivent, grâce à la persévérante démonstration du capitaine Clerc trois saisons consécutives, deux instructeurs norvégiens. C'est l'origine de l'école normale de ski de Briançon, confiée par le ministère de la Guerre au capitaine Rivas.
  • 1907 : premier concours de ski en France, du 9 au 13 février, à Montgenèvre. Accueillant trois mille personnes, il prend ipso facto une dimension internationale et auréole la station organisatrice pour plusieurs décennies.
  • 1908 : Du 3 au 5 janvier, second concours international de ski à Chamonix. Premier carnaval international de ski à Kiandra, Australie.
  • 1911 : L'anglais Arnold Lunn organise les premiers concours de vitesse, avec arrêts, virages, parfois des chutes, sur de fortes pentes à Montana en Suisse. Cette pratique est l'ancêtre du ski alpin, qui naît officiellement en 1931.
  • 1922 : Premier slalom à Mürren en Suisse.

Temps des équipements et des grandes compétitions[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Ski alpin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski alpin.

En ski alpin, les skis sont fixés aux pieds par l'intermédiaire de chaussures rigides attachées à des fixations de sécurité. En général, on utilise également une paire de bâtons. Le ski alpin se pratiquant uniquement en descente, il est généralement pratiqué dans des stations offrant des remontées mécaniques. En compétition, le ski alpin se compose de cinq disciplines :

Ski nordique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski nordique.

Le ski nordique englobe les disciplines où le talon de la chaussure n'est pas fixé au ski.

Michal Malak pendant les qualifications du Tour de Ski à Prague.

Discipline s'effectuant sur des terrains plats ou vallonnés, le ski de fond est une discipline d'endurance. On peut le pratiquer en style libre (pas de patineur) ou classique (pas alternatif).

Le skieur saute depuis un tremplin. Il est noté à la fois sur la longueur du saut effectué et sur la qualité de sa réception. La taille des tremplins peut varier de quelques mètres à plus d'une centaine.

Discipline combinant le ski de fond et le tir à la carabine.

Discipline combinant le saut à ski et le ski de fond.

Ski freestyle ou freeski[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Ski freestyle et Ski acrobatique.
  • Le ski de bosses : c'est une discipline alliant à la fois une descente dans une piste à bosses et quelques sauts acrobatiques.
  • Le saut acrobatique : les concurrents s'élancent sur des tremplins pour effectuer des rotations et des vrilles.

Et de nouvelles disciplines de ski considérées comme sports extrêmes :

  • le skicross : parcours accidenté où les skieurs concourent 4 par 4, en différentes manches éliminatoires successives ; certains pays classent le skicross comme « ski alpin » ;
  • le big air : c'est un tremplin plus ou moins gros, variant de 20 à 25 mètres, permettant d'effectuer des figures en l'air. Il se différencie du saut acrobatique par la longueur des sauts et le système de notation moins stricte.
  • le half-pipe : l'épreuve consiste en un enchaînement de figures dans un demi cylindre aux parois verticales;
  • le slopestyle : succession de bigs air et de rails, chaque rider est évalué par des juges ;
  • le backcountry : figures à ski dans la poudreuse et en sautant des falaises ;
  • le freeride : descente en hors-piste en général sur des pentes raides, avec des sauts de falaises, jugé sur la propreté d'exécution.

Ski nautique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski nautique.

Le ou les skis sont fixés aux pieds par une coque maintenant le pied et fixée sur le patin.

Le skieur pratique le ski, le plus souvent derrière un bateau, dans trois disciplines : slalom, saut et figures. cf. Ski nautique

Ski de randonnée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski de randonnée.
Ski de randonnée

Le ski de randonnée est un sport hybride, qui se pratique en terrain accidenté non aménagé. Le matériel ressemble à celui utilisé en ski alpin mais possède quelques spécificités qui permettent de gravir les pentes avant de les descendre : les skis sont plus légers, les fixations possèdent deux positions : une première pour la montée qui laisse le talon libre afin de faciliter la marche, une deuxième pour la descente qui verrouille le talon. On utilise des peaux de phoque que l'on colle sous les skis et qui empêchent le recul. Pour empêcher le ski de chasser en neige dure, on lui ajoute des « couteaux » (pièces en forme de « T » qui mordent la neige). À ce matériel s'ajoute éventuellement le matériel spécifique d'alpinisme : crampons et piolet qui permettent de gravir des itinéraires plus escarpés en mettant les skis sur le sac à dos, baudrier et corde pour des itinéraires glaciaires.

Outre le dévissage, les chutes de pierres, les crevasses, l'avalanche représente le plus grand danger de ce sport, d'autant plus présent dans les statistiques d'accident que le passage des skieurs est susceptible de déclencher le départ des avalanches — généralement « de plaque » — qui les emportent. Il est donc très important de ne pas partir seul et de se munir de matériel spécifique permettant d'appeler les secours, mais également de commencer sans tarder les recherches de façon autonome : détecteur de victimes d'avalanche (DVA), pelle et sonde devraient, de nos jours, faire partie du matériel de base de tous les skieurs de randonnée, qui ne doivent pas partir seuls.

Freeride[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Freeride.
Ski freeride
Ski alpin hors-piste.

Le freeride ou ski hors piste est une déclinaison du ski alpin qui se rapproche du ski de randonnée. Il s'agit le plus souvent de descendre des pentes non balisées, si possible recouvertes d'une belle couche de neige poudreuse fraîche. Cette pratique nécessite des planches plus larges que celles utilisées pour le ski de piste, afin d'obtenir une meilleure portance dans la neige profonde. Pour les puristes[réf. nécessaire], le ski freeride possède un talon plat. En backcountry, les skis sont bi-spatulés (twin-tip), c'est-à-dire relevés devant comme derrière afin de faciliter les réceptions et le ski en arrière. Depuis la sortie du Volant Spatula en 2001 (cambre inversé) puis du Coreupt Born to Drop en 2008 (double rocker à cambre traditionnel), les skis de backcountry sont généralement dotés d'un rocker consistant en une inversion progressive du déroulé du ski. À plat, le point de contact du ski n'est plus le tail (talon) ni le nose (spatule) mais une zone située plusieurs dizaines de centimètres des spatules. Ces dernières s'adoucissent. Le tout permet un meilleur déjaugeage (flottabilité en poudreuse). Le freeride s'est considérablement développé à la fin des années 1990 ; en 2005 la plupart des fabricants de ski proposent des gammes spécifiques à des prix relativement abordables.

Le freerider se doit d'avoir toujours sur lui le trio DVA-pelle-sonde de façon à pouvoir dégager les skieurs éventuellement pris sous une avalanche, et le cas échéant être repéré sous une coulée.

Ski extrême[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski extrême.

Il s'agit de pratiquer du ski sur des pentes dites extrême (supérieures à 50°). Les skis sont généralement peu taillés et rigides. Les pentes sont souvent remontées à pieds pour connaitre les conditions de neige et anticiper les passage difficiles. Cette discipline s'approche beaucoup de l'alpinisme de par ses techniques mais également son engagement et nécessite de par sa difficulté un très bon niveau de ski freeride.

Télémark[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Télémark.

Le télémark est une technique nordique de descente, originaire du comté de Telemark en Norvège. Inventée par le menuisier Sondre Norheim dans les années 1860, elle consiste en un fléchissement de la jambe intérieure au virage. D'abord oublié au profit du virage « christiania », le télémark réapparaît aux États-Unis dans les années 1970. Son développement s'est accéléré à la fin des années 1990 avec l'apparition de skis plus courts, taillés (désormais identiques aux skis alpins) et des chaussures à coque plastique. Cette technique élégante fait désormais de nombreux adeptes, dans toutes les disciplines : freeride, freestyle, compétition, randonnée, etc.

Ski de vitesse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski de vitesse.

Le ski de vitesse (kilomètre lancé) est un sport qui consiste à descendre une piste damée le plus vite possible afin d'atteindre la plus grande vitesse. Les skieurs peuvent subir une accélération identique à celle d’une F1 (0 à 200 km/h en moins de 6 secondes). Le record du monde, détenu par Simone Origone, est de 251,397 km/h sur la piste de KL des Arcs[18]. Cet exploit a été réalisé le 19 avril 2006.

Il y a plusieurs pistes de ski de vitesse en France :

Ski joëring[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ski joëring.

Il se pratique avec un cheval ou un poney attelé qui tire le skieur grâce à un cadre, bien souvent rigide. Les skis ne doivent pas dépasser 1,50 m pour ne pas gêner le cheval. Il se pratique sur neige damée, en carrière fermée, sur les pistes ou plus rarement en chemins. Cette discipline convient aussi bien aux skieurs qu'aux cavaliers.

SnowK Ball[modifier | modifier le code]

Le SnowK Ball est un sport collectif joué avec deux équipes de quatre joueurs, souvent sur une piste rouge. Le principe est globalement similaire au rugby : il faut aplatir la « balle » derrière la ligne de l'adversaire, bien que les plaquages soient interdits[19]

Fabrication et matériel de ski[modifier | modifier le code]

Avant d'être au centre d'une activité industrielle, parfois de haute technologie, le monde du ski a été ancré dans la civilisation traditionnelle nordique : ski, chaussures, fixations et déjà vêtements et lunettes à fentes adaptés constituaient un équipement artisanal à fabriquer et à entretenir chez soi. Les pionniers bourgeois d'Europe occidentale ont parfois eu quelques réticences à adapter cette façon d'être en bloc, d'autant que la première industrialisation du ski dès 1880 avait déjà gommé les adaptations paysannes parfois trop voyantes ou rudimentaires, et déjà exporté une façon d'être moderne sur la neige.

Un atelier-modèle en 1904 à l'école de ski de Briançon[modifier | modifier le code]

L'école militaire de ski de Briançon dispose dès sa fondation d'un atelier. Le capitaine Rivas, conseillé par les deux instructeurs norvégiens, dénonce le mauvais manuel de Wilhelm Paulcke qui donne une idée hasardeuse de la fabrication des skis[20]. Tout au plus disposera-t-on de skis voilés, à mauvaises courbures et galbes. Il invite les stagiaires de l'atelier à préparer des moules et des formes à skis spécifiques, en tenant compte des neiges locales.

Ainsi les anciens skieurs militaires initiés à la fabrication en atelier pourront revenir dans leur village en homme de métier et propagandiste concret de ce sport. Outre l'art de réparer les planches, de favoriser leur glissement par fartage, de les faire sécher après usage dans des boîtes de formes adaptées, ils connaissent les subtilités de la fabrication des skis avec leur moule personnel ainsi que des bâtons, des diverses fixations rudimentaires selon l'usage à base de courroies ou d'étriers. Ils peuvent alors réaliser des skis à l'aide de planches en pin sylvestre ou pin cembro.

La qualité du moule à ski est primordiale. Cette boîte de cintrage doit permettre le serrage et l'équerrage de la paire de planchettes humides. Si la forme est mal préparée ou gauchie avec le temps, les skis seront voilés. Le capitaine Rivas a supervisé différents types de moules à skis, parmi lesquelles la Briançonnaise[Note 13].

Le procédé se sépare en quatre étapes :

  • 1. La mise en place des deux planchettes humides dans la forme creuse du moule à ski, puis le sèchage au four 48 heures de l'ensemble. La courbure obtenue est durable.
  • 2. Les planchettes sont taillées au dimension du ski.
  • 3. Les ébauches de ski sont polies, vernies, munies de garnitures.
  • 4. Les skis sont mis à la forme de repos.

Équipement actuel[modifier | modifier le code]

Les skis préparés à l'aide de matériaux polymères composites moulés sont le fruit d'une technologie sophistiquée et adaptée à chaque type d'activités sportives. Le fartage a bénéficié des meilleures connaissances en physico-chimie moléculaire et en tribologie.

L'ensemble des fixations, chaussures et vêtements bénéficie également du spectaculaire essor des matériaux depuis soixante ans. Ils ont de plus évolué avec l'émulation de la compétition.

Musées du ski[modifier | modifier le code]

  • Musée du ski du Västerbotten à Umea (Suède)
  • Musée du ski de Holmenkollen (Oslo, Norvège)
  • Musée du ski à Besse-et-Saint-Anastaise (Puy-de-Dôme, France)
  • Musée Val d'histoire à Val-d'Isère (Savoie, France)

Expéditions célèbres à skis[modifier | modifier le code]

  • En 1888, Fridtjof Nansen traverse le Groenland d'est en ouest à l'aide de skis. Cette exploration suivie par la presse internationale captive le public français et les quelques amateurs de skis, premiers sportifs bourgeois encore souvent moqués, découvrent la technique employée pour cet exploit dans la revue française Le Tour du Monde en 1891. Nansen en fait un récit deux ans plus tard, puis un rapport complet dans ses livres (À ski) à travers le Groenland qui sont traduits en français et émerveille le monde des initiés de la montagne à une époque où le ski est encore presque inconnu dans les Alpes.
  • Le Norvégien Torry Larsen fut en 2000 le premier à rallier la Russie au Canada par le pôle Nord.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'anglo-saxon et de façon générale les langues germaniques ont préservé la prononciation. Une transcription phonétique du norvégien aurait donné "chi(e)" en français. L'expression allemande Schie fahren indique que faire du ski ou skier s'apparente à un véhicule permettant en l'occurrence de glisser, de la même façon que le vélocipède permet de rouler, ce que dément le français qui accepte le terme de marche à ski.
  2. Faire du ski, expression attestée en 1894, semble antérieur au verbe skier qui apparaît en 1896 avec le skieur, membre du ski-club, qui s'impose dorénavant sur le premier formé skiste et le classique patineur. La skieuse est plus tardive en 1908.
  3. Très commun autrefois, pour tout ce qui permet la glisse, patin est attestée avant 1727. En 1801, le patin à neige est une lame de bois allongée pour glisser sur la neige. Le terme de patins de neige subsiste dans la langue familière des skieurs, tout comme planches.
  4. Thor a réduit à l'état minéral la foule de géants, qui peuvent symboliser les croyances anciennes des peuples non indoeuropéens.
  5. Les niveaux d'extraction peuvent être déterminés par analyse et étalonnage palynologiques, mais aussi par la dendrochronologie...
  6. Cette astucieuse technique pour ne pas reculer est très répandue. Dans les contrées proches de la mer, on utilise de la peau de mammifères marins, par exemple de veau marin dans le Finnmark norvégien.
  7. Ce qui n'empêche nullement l'essor des premières stations, principalement aux voisinages des villes, à Kristiana, Bergen, Drammen, Lillehammer, Finse, Trondheim, Tromsø, dans les massifs du Telemark, de Solbergbakken, de Holmenkollen, Oksenkollen, Froegnersaetteren ou près du lac de Gjovik ou de Mjøsa.
  8. De sla, incliné et låm, trace de ski. L'explication populaire norvégienne suggérait une hypothétique expression dialectale proche de slalom, répétée tel un cri des mères à leurs enfants, expression signifiant ralentissez (en multipliant les virages).
  9. Elle hésite encore à adopter les couleurs tranchées et claires, prisées alors par les artistes du Nord, à commencer par Carl Larsson ou Erik Werenskiold. Le monde coloré de l'après-ski ne se généralise qu'à la fin des années trente en Europe. Sur les pistes nocturnes et éclairées d'Oslo, il s'impose dès l'entre-deux-guerres.
  10. Elle y explique le cintrage des skis en une boîte forme. op. cit.
  11. Cette engouement pour le ski est stimulée depuis quelques années par l'exploration groenlandaise de Nansen.
  12. Cela permet la naissance d'un premier vocabulaire francophone du ski en liaison avec la presse alpine, notamment Le Moniteur Dauphinois qui suit l'événement et s'attache à analyser ensuite la technique en mars.
  13. Une bille de mélèze brute de 2,30 mètre et 20 cm de large est creusée, puis séchées 80 heures dans un four de boulanger.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Delaplace, L'Histoire du sport, l'histoire des sportifs: le sportif, l'entraineur, le dirigeant, Paris, Montréal, L'Harmattan, coll. « Espace et temps du sport »,‎ 1999, 416 p. (ISBN 273847649X), p. 329
  2. a, b, c et d Sylvain JOUTY et Hubert ODIER, Dictionnaire de la montagne, Omnibus,‎ 2009 (ISBN 225808220X)
  3. Le Magasin pittoresque, ouvrage de vulgarisation des sciences, le présente ainsi au public français sans mentionner sa phonétique internationale.
  4. Le Magasin pittoresque, 1842, p. 31-32
  5. M. Achard, La Connaissance du ski en France avant 1890, approche bibliographique 16e-19e s., Le Bessat, 2011
  6. (en) E. John B. Allen, The Culture and Sport of Skiing. From Antiquity to World War II, University of Massachusetts Press,‎ 2007, p. 10
  7. Ski Joering à Chamonix Mont-Blanc
  8. Silvia Gredig, Essai sur la formation du vocabulaire du skieur français, J. Villiger,‎ 1939, p. 63
  9. {{Ouvrage}} : paramètre titre manquant, p. 156
  10. (en) Olav Bø, Skiing throughout history, Norske samlaget,‎ 1993, p. 16
  11. Charta magna et descriptio…, op. cit.
  12. (en) E. John B. Allen, Historical Dictionary of Skiing, Scarecrow Press,‎ 2011, p. 20
  13. Joan Scheffer op. cit.
  14. Capitaine Bernard op. cit.
  15. « Le ski : de l’origine aux pratiques nordiques et alpines » sur le site officiel du CIO olympic.org
  16. (en) World's First Ski Club
  17. Selon Claude Muller et Gaston Magi dans l'Isère 1900-1920 mémoire d'hier, page 134.
  18. [1]
  19. Le snowK ball
  20. MWilhelm Paulcke, Manuel de ski pour la préparation en famille, op. cit., 1er édition

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dossier sur le ski préparé par Jean-Pierre Jaubert en partenariat avec les collèges des Mûriers quartier de La Bocca à Cannes (France) et de Hosletoppen (Norvège), in Magazine documentaire BT 1055 Le ski, février 1994, publication de l'école moderne française, 48 pages (p. 2-33).

Sur l'époque moderne :

  • Olaus Magnus, Charta maritima et descriptio septentrionalium terrarum, 1539 et Historia de gentibus septentrionalibus, 1555.
  • R de la Martinière, Voyage des pays septentrionaux, 1671. Réédition en 1708 avec illustrations sous le titre Nouveaux voyages vers le septentrion.
  • Francesco Negri, Voyage septentrional, impression italienne vers 1650 ; éd. orig. Padova, 1700 ; réimpr. Bergame, Leading, 2000.
  • Joan Scheffer, Histoire de la Laponie, Strasbourg, 1678.

Pionniers des associations et introducteurs militaires :

  • Capitaine Rivas, Petit manuel du skieur, Imprimerie P. Voltaire, Briançon, édition d'octobre 1906, 33 pages.
  • Le ski utilitaire, Touring Club de France, 1910.
  • Capitaine Bernard, Manuel du skieur, 1910.
  • Wilhelm Paulcke, Manuel de ski, seconde édition française (traduction de la troisième édition allemande par F. Achard), Berger-Levrault, Nancy, 1910.
  • Mémoires de Henri Duhamel.
  • Arnold Lunn, Les montagnes de ma jeunesse, Collection Montagne, Paris-Neufchâtel, 1943, 219 pages (traduit de l'anglais par Claire Éliane Engel).
  • M. Hoeck, E.C. Richardson, Histoire du ski, traduction française vers 1978.
  • Roger Merle, Histoire du ski dans le Briançonnais, édition Ophrys, Alpes et Midi, 1989.

Explorateurs :

  • Fridtjof Nansen, À travers le Groenland [expédition de 1888], traduction Charles Rabot, Paris, 1893.

Généralités :

  • J.B. Allen, Le Ski en France 1840-1940, Saint-Cyr-sur-Loire, 2003
  • Rémi Auscher, Les sports d'hiver, 1912, incluant les premières cartographies des centres de sports d'hiver.
  • "Les Sports d'hiver en France", Notes et études documentaires, no 3701-3702, 24 juin 1970.
  • Yves Ballu, L'épopée du ski, édition Arthaud, Paris, 1981.
  • Yves Ballu, L'hiver de glisse et de glace, Découvertes Gallimard, Paris, 1991.
  • James Coutet, Ski, technique, compétition, montagne, J. Landru, Chamonix, 136+95 pages.
  • Jean-Jacques Bompard, Encyclopédie du ski, Paris, 2005
  • Jean Franco, Le ski, no 1232 de la collection Que sais-je ?, PUF, Paris, 1967, 128 pages.
  • Édouard Frendo, Le ski par la technique française, Chamonix-Landru, 1946, 381 pages.
  • Jacques Gautrat, Dictionnaire du ski, Microcosme, édition du Seuil, 1969, 356 pages.
  • François Gazier, Les sports de montagne, no 325 de la collection Que sais-je ?, PUF, Paris, 1949, 128 pages.
  • Dr Frederik Hallberg, Le ski par la technique moderne, 3° édition, B. Arthaud, Grenoble, 1932, 428 pages.
  • Jean Laurent-Lefebure, Le ski facile, collection Tous les sports, Paris, 1946.
  • René Moyset, Initiation au ski, collection sportive, édition Borneman, 1959, Paris, 64 pages.
  • H. Mückenbrünn, Frederik Halberg (illustrations), A. Latarget (préface et chapitre sur la physiologie du ski), Le ski, B. Arthaud, Grenoble, 1931, 473 pages.
  • Claude Mullet et Gaston Magi, L'Isère 1900-1920 mémoire d'hier, éditions De Borée, Clermont-Ferrand, 2000, 179 pages.

Spécialités :

  • Marc Ismaël, Le ski de fond, no 1525 de la collection Que sais-je ?, PUF, Paris, 1973, 128 pages.
  • Marcel Peres, Le ski alpin, no 1232 de la collection Que sais-je ?, PUF, Paris, 1986, 128 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]