Jeux paralympiques

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Jeux paralympiques

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Généralités
Création 1960
Organisateur(s) Comité international paralympique
Périodicité 4 ans
Nations international
Statut des participants amateurs ou semi-professionnels
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pour la compétition en cours voir :
Jeux paralympiques d'hiver de 2014

Les Jeux paralympiques réunissent des athlètes handicapés de tous pays pour des épreuves handisports. Y participent des athlètes handicapés physiques ou visuels (amputés, aveugles, infirmes moteurs, cérébraux ou en fauteuil roulant, ou tout autre handicap physique) ainsi que les athlètes handicapés mentaux. Ils sont organisés par le Comité international paralympique (et non pas par le Comité international olympique) et ont lieu tous les 4 ans à la suite des Jeux olympiques.

Les sourds et malentendants peuvent prendre part aux Deaflympics (Jeux olympiques des sourds). Les personnes atteintes d'un handicap mental pouvaient aussi participer aux Jeux olympiques spéciaux jusqu'à leur réintégration en 2012 aux Jeux paralympiques d'été de 2012 (après en avoir été exclues depuis 2000).

Histoire[modifier | modifier le code]

Sir Ludwig Guttmann, médecin neurologue de l'hôpital de Stoke Mandeville dans le comté de Buckinghamshire près de Londres, eut l'idée d'organiser dès 1948 sur le terrain de l’hôpital, les premiers « Jeux mondiaux des chaises-roulantes et des amputés » ("World Wheelchair and Amputee Games"). Connus plus tard sous le nom de « Jeux de Stoke Mandeville » étaient destinés à réhabiliter par la pratique physique chez des vétérans et victimes de la Seconde Guerre mondiale devenus paraplégiques. Deux équipes d’anciens combattants ont alors participé à une unique épreuve, le tir à l’arc.

Les 9e jeux de Stoke-Mandeville eurent lieu à Rome en 1960 une semaine après les Jeux olympiques d'été de 1960, et l'on considère qu'il s'agit des premiers jeux paralympiques[1]. La première édition des Jeux paralympiques d'hiver a eu lieu à Örnsköldsvik en Suède en 1976[2].

Parallèlement, ont lieu à Saint-Étienne, à l'initiative d'Yves Nayme, plusieurs éditions de jeux internationaux pour les personnes handicapées physiques (jeux européens de 1966, jeux mondiaux de 1970 et 1975 et championnats du monde de 1990)[3],[4].

Les personnes atteintes de paralysie cérébrale participent aux Jeux paralympiques depuis les Jeux d'Arnhem, en 1980.

Depuis les Jeux paralympiques d’été de Séoul en 1988, les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques sont organisés dans la même ville.

Objectifs et symboles[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

À l'origine, le nom « paralympique » était une combinaison de « paraplégique » et de « olympique ». Avec la participation d'athlètes avec différents handicaps, le terme « paralympique » est aujourd'hui défini comme la réunion de « para », préfixe d'origine grec signifiant « à côté de » ou « parallèle » et de la terminaison « lympique » des Jeux olympiques. Les Jeux paralympiques sont ainsi considérés comme solidaires des Jeux olympiques.

Objectif[modifier | modifier le code]

L'objectif du Mouvement paralympique est de donner l’occasion aux athlètes ayant un handicap physique de se dépasser et de réaliser des performances sportives comparables à celles des athlètes olympiques.

Règles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Disciplines paralympiques.

Les Jeux paralympiques regroupent des athlètes handicapés physiques ou visuels appartenant aux catégories suivantes : tétraplégiques et paraplégiques, séquelles neurologiques assimilables, amputés et assimilés, infirmes moteurs cérébraux, grands handicapés (myopathes, fauteuils électriques), non-voyants et malvoyants.

Pour que la compétition soit équitable, les athlètes sont regroupés par catégories selon leur handicap. L'objectif est de faire concourir ensemble des athlètes ayant des aptitudes fonctionnelles comparables. Dans chaque handisport, on définit des catégories. Ainsi en athlétisme, il y a des épreuves de course pour les aveugles, pour les malvoyants, pour les amputés qui courent avec une prothèse et des courses en fauteuil roulant.

Le problème de la surdité aux Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Les sourds et malentendants n'ont toujours pas le droit de participer aux jeux paralympiques. Ceci peut paraître logique, dans la mesure où les personnes faiblement sourdes ont des capacités physiques peu altérées. Par contre, il est difficile de comprendre pourquoi les sourds profonds qui peuvent avoir une altération de l'équilibre ne participent pas avec les autres handicapés. En réalité, la non-intégration des sourds et malentendants semble découler du fait qu'ils ont leur propre concours, les Deaflympics, qui sont historiquement la plus ancienne compétition handisport internationale. Il peut aussi y avoir des cas de tricherie comme cela s'est produit avec les handicapés mentaux.

Handicapés mentaux[modifier | modifier le code]

Entre 2004 et 2012, les handicapés mentaux ont été exclus des Jeux paralympiques auxquels ils prenaient part depuis 1996, pour des problèmes de classification de handicap et de fausse déficience intellectuelle[5]. Les handicapés mentaux pouvaient cependant participer aux Jeux olympiques spéciaux qui n'avaient pas lieu la même année que les Jeux olympiques ordinaires et les Jeux paralympiques.

Cependant, depuis 2012[6], les handicapés mentaux sont réintégrés dans les compétitions officielles et participent aux Jeux Paralympiques de Londres en athlétisme, natation, et tennis de table.

Après des années de travail « main dans la main » la Fédération française du sport adapté (FFSA), les différentes fédérations nationales et la Fédération internationale des sports pour handicapés mentaux ont pu « établir de nouveaux critères d'éligibilité incomparablement plus solides que par le passé ».

La décision de réintégrer les handicapés mentaux a été prise lors de l'assemblée générale du Comité international paralympique à Kuala Lumpur. Gérard Masson, président de la Fédération française handisport, a soutenu cette décision même si parfois « l'intégration n'est pas aussi évidente dans le monde du handicap »[7]. Pour lui, la réticence de certains pays à réintégrer les handicapés mentaux dans les jeux paralympiques « tenait plus aux critères de classification qu'à un rejet de la part des autres athlètes paralympiques ».

Dans un communiqué, la ministre de la santé et des sports Roselyne Bachelot et la secrétaire d'État chargée des sports ont alors salué « le travail remarquable engagé depuis plusieurs années par la Fédération internationale de sport adapté, avec le soutien du Comité paralympique et sportif français et de la Fédération française de sport adapté, pour réintégrer les sportifs handicapés mentaux dans le mouvement paralympique »[8].

Symboles[modifier | modifier le code]

Les Jeux paralympiques reprennent la plupart des symboles olympiques : les cérémonies d'ouverture et de clôture, la flamme olympique, les mascottes..

Jeux paralympiques d'été[modifier | modifier le code]

Année Ville Pays Nombre de pays Nombre d'athlètes
1960 Rome Drapeau de l'Italie Italie 23 400
1964 Tokyo Drapeau du Japon Japon 22 390
1968 Tel-Aviv Drapeau d’Israël Israël 29 750
1972 Heidelberg Drapeau de l'Allemagne Allemagne 44 1000
1976 Toronto Drapeau du Canada Canada 42 1600
1980 Arnhem Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 42 1600
1984 Stoke Mandeville + New York Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni

Drapeau des États-Unis États-Unis

42 4080
1988 Séoul Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 61 3053
1992 Barcelone Drapeau de l'Espagne Espagne 82 3020
1996 Atlanta Drapeau des États-Unis États-Unis 103 3195
2000 Sydney Drapeau de l'Australie Australie 123 3843
2004 Athènes Drapeau de la Grèce Grèce 136 3969
2008 Pékin Drapeau de la République populaire de Chine Chine 148 4000
2012 Londres Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 165 4200
2016 Rio de Janeiro Drapeau du Brésil Brésil

Sports paralympiques d'été[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Disciplines paralympiques.

Jeux paralympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Liste des Jeux paralympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Année Ville Pays Nombre de pays Nombre d'athlètes
1976 Örnsköldsvik Drapeau de la Suède Suède 14 250
1980 Geilo Drapeau de la Norvège Norvège 18 350
1984 Innsbruck Drapeau de l'Autriche Autriche 22 350
1988 Innsbruck Drapeau de l'Autriche Autriche 22 397
1992 Tignes/Albertville Drapeau de la France France 24 475
1994 Lillehammer Drapeau de la Norvège Norvège 31 471
1998 Nagano Drapeau du Japon Japon 32 571
2002 Salt Lake City Drapeau des États-Unis États-Unis 36 416
2006 Turin Drapeau de l'Italie Italie 41 550
2010 Vancouver Drapeau du Canada Canada 44 506
2014 Sotchi Drapeau de la Russie Russie 45 576
2018 Pyeongchang Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud

Sports paralympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Disciplines paralympiques.

Classification CIP des athlètes[modifier | modifier le code]

La classification Comité international paralympique pour les sports d'hiver indique la classification des athlètes en fonction de leur handicap pour les disciplines de sport d'hiver et en particulier pour les Jeux paralympiques d'hiver.

Les athlètes sont classés par catégorie de handicaps assimilables et selon les matériels techniques utilisés. Les classes B concernent les handicapés visuels (Blinds). Les classes LW (Locomotion Winter) les handicapés moteurs, debout : LW1 à LW9 ou assis : LW10 à LW12.

Classe Matériel Type de Handicap
LW1 Skieur debout
2 skis attachés ou non
2 stabilisateurs
Amputé fémoral double skiant avec prothèses
Amputé fémoral et tibial
Handicap des 2 membres inférieurs assimilable (test mini 45)
LW2 Skieur debout
1 ski
2 stabilisateurs
Amputé fémoral simple
Amputé tibial skiant sans prothèse
Paralysé d'un membre inférieur, lequel doit être attaché
LW3 Skieur debout
1 ski
2 stabilisateurs
Amputé tibial double skiant avec prothèse
Handicap des 2 membres inférieurs assimilable (test entre 15 et 44)
LW4 Skieur debout
2 skis normaux
2 bâtons
Amputé tibial simple avec prothèse
Amputé fémoral simple avec prothèse
Ankylose du genou (genou bloqué) ou amputation double de l'avant-pied
Handicap d'un membre inférieur nécessitant une orthèse ou avec test inférieur à 15
LW5 à 6 Skieur debout
2 skis
sans bâtons
Amputations
Paralysie ou malfonction congénitale des 2 membres supérieurs
LW7 à 8 Skieur debout
2 skis
1 bâton
Amputations, paralysie ou malfonction d'un membre supérieur
LW9 Skieur debout
2 skis
1 bâton
Amputé d'une jambe et d'un membre supérieur
Hémiplégie ou handicap croisé d'un membre inférieur et d'un membre supérieur
LW10 à 12 3 classes suivant testing de skieurs assis
Uniski
2 stabilisateurs
Amputé fémoral double
Paraplégie ou handicap assimilé des 2 membres inférieurs
B1 Skieur debout guidé,
matériel normal
port obligatoire de lunettes noires
Cécité complète (ou perception de la lumière mais sans possibilité de reconnaître objet et contours à toutes distances et dans toutes les directions)
B2 Skieur debout guidé
Matériel normal
Amblyope
Acuité inférieure à 2/60e et/ou champs inférieur à 5° au maximum de correction
B3 Skieur debout guidé
Matériel normal
Amblyope
Acuité entre 2/60e et 6/60e
Champ entre 5° et 20°

Les skieurs assis peuvent effectuer des tests fonctionnels. L'objectif est de définir l'appartenance à l'une des trois classes LW10, LW11 ou LW12. Pour la classe LW12 également classer les athlètes dans les sous-classes LW12/1 et LW12/2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]