Église orthodoxe macédonienne

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41° 59′ 54″ N 21° 25′ 37″ E / 41.9984, 21.427

Église orthodoxe de Macédoine
(Македонска Православна Црква)
Image illustrative de l'article Église orthodoxe macédonienne
Fondateur(s) Saint Clément d'Ohrid[1], (par tradition)
Autocéphalie/Autonomie déclarée 1019-1767 (en tant qu'Archevêché d'Ohrid[2]
autocépahlie et indépendance proclamées en 1967[3]
Autocéphalie/Autonomie reconnue Autonomie restaurée en 1958
autocéphalie non reconnue
Primat actuel Archevêque Stéphane (en)
Siège Skopje
Drapeau de la Macédoine Macédoine
Territoire primaire Drapeau de la Macédoine Macédoine
Extension territoriale Europe, Amérique du Nord, Australie et Nouvelle-Zélande
Rite byzantin
Langue(s) liturgique(s) vieux-slave, macédonien
Calendrier julien
Population estimée deux millions environ

L'Église orthodoxe macédonienne - Archevêché d'Ohrid (macédonien : Македонска Православна Црква - Охридска Архиепископија) ou Église orthodoxe macédonienne est la principale Église orthodoxe en République de Macédoine. Elle regroupe les chrétiens macédoniens sous l'autorité de l'archevêque d'Ohrid et exerce sa juridiction dans le pays et parmi la diaspora macédonienne.

En 1958, le Saint-Synode de l'Église orthodoxe de Serbie a donné l'autonomie à l'Église macédonienne afin de restaurer l'archevêché historique d'Ohrid[3], et celle-ci est restée en union canonique avec l'Église serbe, sous l'autorité de son Patriarche. En 1967, à l'occasion des deux-cents ans de l'abolition de l'archevêché d'Ohrid, l'Église macédonienne a proclamé unilatéralement son indépendance vis-à-vis de l'Église de Serbie. Le Saint-Synode serbe a condamné cette décision et a déclaré « schismatique » le clergé macédonien. Depuis, et malgré de nombreux efforts, l'autocéphalie de l'Église orthodoxe macédonienne n'est reconnue ni par le Patriarcat de Constantinople, ni par les autres patriarcats orthodoxes nationaux[3]. Afin de concurrencer l'Église macédonienne autoproclamée et de proposer aux fidèles une alternatice canonique, l'Église orthodoxe serbe a créé un exarchat, reconnu par l'ensemble de la communion orthodoxe, l'Archevêché d'Ohrid.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La cathédrale Sainte-Sophie d'Ohrid, siège de l'archevêché d'Ohrid

En 976, Samuel Ier de Bulgarie prend le contrôle total de la Macédoine, alors byzantine, et envahit la Bulgarie, l'Albanie, ainsi que des régions de Serbie, de Grèce et de Croatie. Il fait de l'évêché d'Ohrid, sa capitale, un patriarcat[4]. Son armée est cependant détruite par les Byzantins en 1014, et en 1018, Ohrid, est prise par l'empereur byzantin Basile II[5]. Celui-ci, soucieux d'intégrer en douceur les Slaves à l'empire, supprime le Patriarcat d'Ohrid mais fait de la ville le siège d'un archevêché autocéphale[6].

La région est envahie par les Ottomans au XIVe siècle et ceux-ci réforment l'administration religieuse en instaurant le système des millets (communautés religieuses). Le millet orthodoxe n'est dirigé que par le patriarcat de Constantinople, et les patriarcats bulgare et serbe sont abolis, respectivement en 1393 et en 1459. Seul l'archevêché d'Ohrid est maintenu et conserve des droits qui lui permettent de devenir le plus grand centre orthodoxe des Balkans, avant la restauration du patriarcat de Peć en 1557[7].

La croix de Macédoine, l'un des symboles de l'Église

Au XVIIIe siècle, les Grecs phanariotes dominent largement la vie chrétienne de l'Empire ottoman et, afin d'augmenter le pouvoir du Patriarcat de Constantinople, ils abolissent le Patriarcat de Peć en 1766 et l'archevêché d'Ohrid en 1767[8],[9].

Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle ainsi qu'au début du XXe siècle, la communauté religieuse macédonienne réclame la restauration de l'archevêché d'Ohrid. En 1872, les Ottomans accordent l'autonomie à un exarchat bulgare nouvellement créé, et les évêchés de Skopje et d'Ohrid y choisissent massivement leur rattachement. Ils quittent ainsi l'autorité du Patriarcat de Constantinople. Après les Guerres balkaniques, la Macédoine du Vardar, qui correspond à la république actuelle, quitte l'Empire ottoman et elle est annexée par la Serbie. Cette dernière force le placement de la région sous l'autorité de son patriarcat. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Macédoine est envahie par la Bulgarie et ses églises retombent momentanément sous le contrôle de Sofia.

Combat pour l'autocéphalie[modifier | modifier le code]

La première assemblée moderne du clergé macédonien a lieu près d'Ohrid en 1943[10]. L'année suivante, un comité pour l'organisation d'une Église orthodoxe macédonienne est officiellement formé[3]. Une résolution, visant la restauration de l'archevêché d'Ohrid en tant qu'Église macédonienne, est refusée en 1945 par le Patriarcat de Serbie. Une autre résolution semblable est toutefois acceptée par les Serbes en 1958, sous la pression des autorités socialistes. À la tête de l'archevêché restauré, le Patriarcat place un religieux serbe, Dositej Stojković[3].

L'instauration d'une église macédonienne indépendante du patriarcat de Serbie est pour les Macédoniens un point crucial de leur histoire, puisque l'existence d'une telle Église affirme leur existence en tant que nation véritable. Cette instauration fait d'ailleurs partie d'un grand nombre de mesures prises par les Communistes après 1945, comme la standardisation du macédonien ou l'établissement d'une Académie macédonienne des Sciences et des Arts. Le rétablissement de l'archevêché d'Ohrid est l'une des rares coopérations entre une religion et un État laïque, et socialiste de sucroît[11].

En 1967, afin de commémorer les deux-cents ans de l'abolition de l'archevêché d'Ohrid par les Ottomans, l'Église macédonienne proclame son autocéphalie et son indépendance vis-à-vis du Patriarcat de Serbie. Le Saint-Synode serbe condamne cette décision et l'Église macédonienne n'est reconnue par aucune autre Église nationale orthodoxe[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

Les éparchies macédoniennes

L'Église orthodoxe macédonienne possède près de 1 200 églises en République de Macédoine, organisées en dix éparchies dont les évêques forment le Saint-Synode, à la tête duquel se trouve l'Archevêque d'Ohrid et de Macédoine.

Éparchies sur le territoire de la République de Macédoine 
  1. Skopje, headed by Archbishop Stefan of Ohrid and Macedonia;
  2. Polog et Koumanovo
  3. Debar et Kitchevo
  4. Prespa et Pélagonie
  5. Stroumitsa
  6. Bregalnitsa
  7. Povardarie
Éparchies à l'étranger 
  1. Amérique et Canada (Toronto)
  2. Europe (Dortmund)
  3. Australie et Nouvelle-Zélande (Melbourne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. En tant que fondateur traditionnel de l'Archevêché d'Ohrid, dont le statut autocéphale est réclamé par les Macédoniens
  2. Dates d'existence de l'archevêché original, alors autonome sous l'autorité du Patriarcat de Constantinople
  3. a, b, c, d, e et f The encyclopedia of Christianity, Volume 3. By Erwin Fahlbusch, Geoffrey William Bromiley. p. 381
  4. (en) Stojan Saveski, « Samuel's Empire, History of Ohrid », Ohrid.org (Open Society Institute Macedonia) (consulté le 30 mai 2011)
  5. Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Historical Dictionnary of the Republic of Macedonia, Scarecrow Press, 1998, p. 9
  6. (en) Timothy E. Gregory, « Fin de l'empire de Samuel », dans A History of Byzantium, Blackwell,‎ 2005, p. 246
  7. Andrew Rossos, Macedonia and the Macedonians: A History, Hoover Press, 2008, p. 45
  8. Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Op. cit., p. 12
  9. Andrew Rossos, Op. cit., p. 56-58
  10. Macedonia and Greece: the struggle to define a new Balkan nation, John Shea, p. 174
  11. Hugh Poulton, Who are the Macedonians ?, C. Hurst & Co. Publishers Ltd, 2000, p. 116

Liens externes[modifier | modifier le code]