Coumans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple couman. Pour la langue coumane, voir Couman.

Coumans
Kıpçaklar (tr)

IXe siècle1241

Description de cette image, également commentée ci-après

     Territoire couman vers 1200 (« Kipchak (Cuman) Khanates »)

Informations générales
Statut Khanat
Histoire et événements
IXe siècle Établissement des Coumans entre la Volga et l'Oural
XIe siècle Installation dans la steppe pontique, territoire des Petchenègues
1241 Défaite contre les Mongols et intégrations à leur empire

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Coumans (ou Cumans, Comans, Koumans) sont les Turcs kiptchaks (Kaptchak, Kiptchak ou Qiptchaq) de la région du fleuve Kouban et étaient appelés en russe : Polovtses (« de couleur fauve »), peuple turcophone semi-nomade. Les Kiptchaks occupèrent un vaste territoire, qui s'étendait du nord de la mer d'Aral jusqu'à la région au nord de la mer Noire.

En 888, les Coumans sont établis entre la Volga et l'Oural, pays dont ils avaient chassé les Petchenègues. Au XIe siècle, ils se répandirent sur la steppe pontique entre le Dniepr, le Don, la Volga et l'Oural (Iaïk), puis ils ont occupé une partie de l'Ukraine actuelle au XIIe siècle en affrontant la Rus' de Kiev. Au XIe siècle, ils se sont répandus dans les territoires peuplés de Valaques, qui formeront plus tard la Moldavie, la Valachie et la Transylvanie. De là, ils continuèrent leurs campagnes dans l'Empire byzantin et dans le royaume de Hongrie, soit comme pillards, soit s'engageant comme mercenaires. La plus grande partie d'entre eux passa en Hongrie, où ils s'établirent dans le comté appelé depuis Coumanie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce peuple était probablement une tribu alliée aux Alains (peuple indo-iranien) et tirait son nom du Cuma ou Kouma, un fleuve qui se jette dans la mer Caspienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Coumans dans la Chronique de Radzivill

Certaines tribus de Coumans seraient originaires des confins de la Sibérie orientale près de la frontière chinoise, puis ils auraient migré dans l'ouest de la Sibérie au IXe siècle, pour migrer ensuite encore plus à l'ouest dans la région de la Volga. Les Coumans habiteraient ainsi à l'origine, les steppes du sud de la Sibérie et du nord du Kazakhstan, avant d'entrer dans les steppes de l'Europe de l'Est au XIe siècle.

À la fin du XIe et du début du XIIe siècle, ils furent impliqués dans divers conflits avec l'Empire byzantin, la Rus' de Kiev, les Hongrois et les Petchenègues, en s'alliant avec l'un ou l'autre. Ils interfèrent dans les guerres féodales russes et ils affrontèrent Igor, le prince de Novgorod-Severski en 1185.

En 1089, ils furent vaincus par Ladislas Ier de Hongrie, de nouveau par Vladimir II Monomaque qui réussit à repousser les Coumans au-delà du fleuve Don. Ils saccagèrent Kiev en 1203. Les Coumans et les Russes s'allièrent cependant, pour faire face à la menace de l'invasion mongole, en 1223 mais ils furent finalement écrasées par les Mongols en 1241. Les Coumans se dispersèrent après la conquête de leur territoire par les Mongols de Batu, en se mêlant à de nombreux autres peuples, donnant naissance aux ethnies des Tatars de Crimée, des Nogaïs, des Bachkirs, des Kazakhs, des Gagaouzes, etc.

Ils donnèrent leur nom au khanat mongol de la Horde d'or, aussi appelé khanat de Kiptchak, sur lequel régnèrent aux XIIIe et XIVe siècles les descendants de Djötchi, fils aîné de Gengis Khan et qui, outre leur domaine d'origine, englobait une bonne partie du Kazakhstan et du sud-ouest de la Sibérie. C'est le résidu de ce même khanat qui est devenu le Kazakhstan, créé par l'Union soviétique dans la plaine colonisée précédemment par l'empire russe et appelée jusqu'en 1920 « steppe des Kiptchaks ».

Les Coumans qui restaient à l'est et au sud des Carpates s'établirent dans un pays nommé Coumanie, dans une zone comprenant la Moldavie et la Valachie. Ils s'établirent aussi dans le comté transylvain de Bârsa où ils furent combattus par les chevaliers Teutoniques envoyé par le roi André II de Hongrie.

L'influence des Coumans en Moldavie et Valachie était assez forte pour que les premiers dirigeants valaques (les Basarab) portent des noms coumans (Basarab vient de Basar-Ata : « puissant père »). En l'absence de preuves archéologiques convaincantes d'une civilisation coumane, cependant, il semble que les Coumans ne constituaient pas la majorité de la population locale, mais formaient une aristocratie en Valachie. Comme dans le cas de la Bulgarie, cette élite dirigeante fut progressivement assimilée par la population majoritaire, valaque au nord du Danube, slave au sud.

Influences socio-culturelles[modifier | modifier le code]

Les Coumans furent décrits comme des guerriers nomades, vivant dans des tentes, et qui se nourrissaient surtout du lait, du fromage et de la viande. Ils étaient vêtus de peaux de mouton et étaient armés avec des arcs composites.

En musique, ils sont associés aux célèbres Danses polovtsiennes de l'opéra Le Prince Igor d'Alexandre Borodine. L'œuvre a été inspirée sans nul doute par Le dit de la campagne d'Igor.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue kiptchak fut une lingua franca, une sorte de turc « moyen », dans les relations avec les marchands génois et vénitiens installés dans les comptoirs de Crimée. Un document d'un intérêt tout particulier, le Codex cumanicus écrit au XIIIe siècle, qui se trouve à la Biblioteca Marciana de Venise, donne des lexiques dans cette langue.

Leur influence laissa un certain nombre de toponymes ou de noms de famille dans les pays de l'Est. Par exemple, en hongrois Kun signifie Couman et en roumain, il existe des noms de famille assez répandus, Coman, Comaniciu, Comăneci[1], ainsi que des noms de localités : Comana, Comăna de Jos, Comăna de Sus, Comăneşti, ainsi de suite.

Les derniers locuteurs du kiptchak disparurent au tournant du XXe siècle : fait intéressant, il ne s'agissait pas de populations turques mais d'Arméniens de Pologne qui avaient fui l'Arménie durant les invasions touraniennes du XIe siècle et étaient arrivés en Pologne au XIVe siècle. Durant leur périple, ils avaient emprunté la langue vernaculaire des Coumans. En 1930, à Cracovie, on trouvait encore de vieux Arméniens polonisés qui savaient chanter de vieilles comptines kiptchaques.

Religion[modifier | modifier le code]

Les Coumans se convertirent au christianisme vers le XIe siècle à la suggestion des Géorgiens, lorsqu'ils furent leurs alliés dans leurs luttes contre les musulmans. Un grand nombre furent baptisés du temps du roi David IV. À partir de 1120, il y eut même une église chrétienne kipchaque et un clergé important. Cependant, aux XIIe et XIIIe siècles, l'islam se propagea parmi les Coumans.

Cependant toujours au XIIIe siècle, les Coumans occidentaux adoptèrent le catholicisme (même si, en Hongrie, ils devinrent plus tard calvinistes). Cependant, le diocèse catholique de Coumanie fut fondée à Milcov en 1227 et comprenait ainsi la Roumanie et la Moldavie actuelles jusqu'en 1523. Les Coumans composaient aussi une partie de l'archidiocèse d'Esztergom en Hongrie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia. Les informations données sont peut-être désormais erronées ou incorrectes : vous pouvez partager vos connaissances en améliorant ou en modifiant cet article.