Arachide

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L’arachide (Arachis hypogaea), également appelée cacahuète, cacahouète (du nahuatl tlālcacahuatl qui signifie cacao de terre), pois de terre, pistache de terre, et pinotte (de l'anglais peanut) au Québec[1] est une plante de la famille des Fabacées (ou légumineuses) originaire du Mexique et d'Afrique et cultivée dans les régions tropicales, sub-tropicales et tempérées pour ses graines oléagineuses. Elle présente la particularité d’enterrer ses fruits après la fécondation.

Description[modifier | modifier le code]

Deux ovaires d'arachide après la chute des fleurs. L'ovaire fécondé est plus épais et plus clair que la tige, et terminé par un bout pointu de couleur mauve, qui permet de creuser la terre lors de sa croissance.

L'arachide est une plante pérenne à fruits jaunes de 20 à 90 cm de hauteur.

Les feuilles sont composées à 2 ou 3 paires de folioles membraneuses, ovales. Elles sont munies à leur base de stipules engainantes.

Les fleurs sont presque sessiles et apparaissent à l’aisselle des feuilles, isolément ou en petits groupes. La corolle papilionacée est jaune orangé. Les étamines au nombre de neuf sont soudées en tube par leur filet. L’ovaire est inséré sur un support particulier, le gynophore.

Après fécondation, l’ovaire est porté en terre par le développement du gynophore qui s’allonge en se courbant vers la terre par géotropisme positif.

Le fruit mûrit à une profondeur de 3 à 5 cm. C’est une plante qui requiert pour cette raison un sol léger et bien drainé. Le fruit est une gousse de 3 à 4 cm de long, appelée coque au plan commercial, contenant le plus souvent seulement deux graines, qui est réticulée extérieurement et étranglée entre les graines mais non cloisonnée.

Les graines ovoïdes sont enveloppées dans un tégument sec rouge.

Culture[modifier | modifier le code]

Les variétés cultivées sont très nombreuses et regroupées en deux grands types :

  • Virginia, à port rampant et à cycle végétatif long (120 à 140 jours) ; les graines ne germent pas prématurément ; cette variété est plus résistante à la tavelure des feuilles ;
  • Spanish et Valencia, à port érigé et à cycle végétatif court (90 à 110 jours) ; le rendement est plus élevé, mais la germination rapide après maturité peut poser problème.

Le cycle de culture dure de 90 à 150 jours. La floraison intervient un mois après le semis.

Les cacahuètes ne poussent que dans des sols bien drainés et pas trop argileux pour éviter les pertes au moment de la récolte (arrachage). Le pH idéal est de 5,8 (en cas de sol acide, il faut donc procéder à un chaulage). Les cacahuètes sont des légumineuses et peuvent satisfaire la totalité ou presque de leurs besoins en azote grâce à une relation de symbiose qu'elles entretiennent avec un type de bactérie (Rhizobium) qu'il faut inoculer sur un sol dont elle est absente (9 kg/ha pour obtenir une bonne nodulation, l'inoculant doit être épandu directement sur la semence dans la raie de semis).

Pour protéger le sol contre l'érosion par le vent et par l'eau, on y installe normalement une culture couvre-sol d'hiver (CIPAN) qui sera ensuite enfouie vers la fin avril, afin de lui laisser le temps de bien se décomposer avant les semailles de l'arachide.

Les petits exploitants africains plantent souvent les cacahuètes avec une ou deux autres cultures, telles que le sorgho, le millet ou les pois sauvages. Les cultures se font en buttes (surélevées) séparées d'un mètre environ; ce qui permet d'améliorer le drainage et facilite l'arrachage. Dans les régions de savane au nord de l'Afrique occidentale, elles sont généralement plantées en juin et récoltées en septembre ou octobre. Dans les régions de savane du sud, où les précipitations sont plus élevées, il est souvent possible d'obtenir deux récoltes (la première se faisant d'avril ou mai jusqu'au mois d'août, et la deuxième d'août ou septembre jusqu'au mois de novembre).

La récolte doit se faire dès la maturité (lorsque la pellicule qui recouvre la graine se détache facilement). Un point important est d’éviter le développement de moisissures qui peuvent produire des aflatoxines, dangereuses pour le bétail qui consommerait les tourteaux contaminés.

À signaler, une maladie virale, la « rosette », transmise par un puceron. Cette maladie provoque le rabougrissement des pieds et fait baisser sensiblement le rendement surtout si elle apparaît tôt (moins de 40 jours après le semis).

Deux autres maladies fongiques, la cercosporiose (tavelure des feuilles) et la rouille (spores sur la face inférieure des feuilles), sont présentes sur l'arachide surtout en climat humide, où elles provoquent une chute des feuilles entraînant une baisse des rendements en gousses.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les graines ovoïdes sont enveloppées dans un tégument sec rose à rouge
  • Alimentation humaine
    • L'huile d'arachide, utilisée comme huile de table ou comme matière première pour la fabrication de margarine, résiste bien aux hautes températures (friture).
    • beurre d'arachide (très populaire en Amérique du Nord)
    • farine d’arachide, aliment de complément employé en biscuiterie (déshuilé, riche en acides aminés essentiels)
    • arachides en coque (aliment de base dans certains pays d’Afrique)
    • arachides décortiquées, arachides grillées pour apéritif, arachides pour confiserie
    • sauce Satay, condiment en Asie du Sud-Est et aux Pays-Bas
    • Purée d'arachide, pimentée ou non (Dakatine)
  • Alimentation animale
  • Industrie
  • Agriculture
    • La culture de l’arachide, comme celle des autres légumineuses, enrichit le sol en azote. L’arachide peut être utilisée comme engrais vert.
  • Plante médicinale : l’huile d'arachide est inscrite à la pharmacopée française comme solvant médicamenteux.
  • Composition des graines (sans peau) :
Pourcentage
Eau 5,4
Protéines 26,3
Graisses 48,4
Glucides 17,6
Fibres 1,9
Cendres 2,3
Minéraux 1,15
Autres 0,5
  • La molécule de pyridine est responsable de l’odeur des cacahuètes.

L'arachide, par sa consommation sous forme de cacahuète, est une des plantes qui présentent le plus grand risque de contamination alimentaire, aigüe, ou plus souvent latente, par une mycotoxine, l'aflatoxine, synthétisée par le champignon microscopique Aspergillus flavus, et extrêmement cancérogène.

Allergie[modifier | modifier le code]

Certaines personnes souffrent d'allergie, parfois très aiguë, à certaines protéines de l'arachide. La prévalence est de l'ordre de 1 %[2]. Ce chiffre tend à augmenter[3].

Production[modifier | modifier le code]

La production mondiale d’arachides non décortiquées s’est élevée à 36 millions de tonnes en 2003[4]. Celle des deux plus grands producteurs, la Chine et l’Inde, en représentent 59 %.

Une petite production commerciale en est même faite dans le sud du Canada, en Ontario et aussi en France à Soustons dans les Landes ( 32 hectares d'une variété pure qui se rapproche de la Valencia des États Unis, et qui a plus de 300 ans, mais qui ne se cultivait plus)[5].

Principaux pays producteurs
2003 Superficie cultivée Rendement Production
millions d’hectares quintaux/hectare millions de tonnes
Monde 26,46 13,48 35,66
Chine 5,13 26,24 13,45
Inde 8,00 9,38 7,50
Nigeria 2,80 9,64 2,70
États-Unis 0,53 35,40 1,88
Indonésie 0,68 20,16 1,38
Soudan 1,90 6,32 1,20
Sénégal 0,90 10,00 0,90
Birmanie 0,58 12,70 0,73
Ghana 0,35 12,857 0,45
Tchad 0,48 9,375 0,45
Viêt Nam 0,24 16,65 0,40

Production en tonnes. Chiffres 2003-2004
Données de FAOSTAT (FAO)

Chine 13 493 462 38 % 14 075 000 39 %
Inde 7 700 000 22 % 7 500 000 21 %
Nigeria 2 700 000 8 % 2 700 000 7 %
États-Unis 1 879 750 5 % 1 905 700 5 %
Indonésie 1 377 000 4 % 1 450 000 4 %
Soudan 1 200 000 3 % 1 200 000 3 %
Birmanie 710 000 2 % 715 000 2 %
Sénégal 375 000 1 % 465 000 1 %
Tchad 450 000 1 % 450 000 1 %
Ghana 439 000 1 % 439 200 1 %
Viêt Nam 404 300 1 % 421 000 1 %
Argentine 314 285 1 % 414 285 1 %
République démocratique du Congo 359 640 1 % 363 850 1 %
Autres pays 3 918 325 12 % 3951064 12 %
Total 35 320 762 100 % 36 050 099 100 %

Commerce[modifier | modifier le code]

Vendeuse d'arachides à Ouagadougou

Les échanges d’arachide portent sur une faible part de la récolte, 4 millions de tonnes (année 2001), environ 11 % de la production, essentiellement sous forme d’arachides en coques (2,4 millions de tonnes). Les échanges de produits dérivés sont assez limités : beurre d’arachide : 49 000 t, huile d’arachide : 270 000 t.

Les principaux exportateurs sont la Chine (1,6 Mt), l’Argentine (0,5 Mt) et les États-Unis (0,4 Mt), les principaux importateurs les Pays-Bas (0,6 Mt), l’Indonésie (0,3 Mt), le Royaume-Uni et le Japon.

La consommation d’huile d’arachide en France et dans l’Union européenne a régressé devant la forte croissance de la production locale d’huile de tournesol et de colza.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Fernand Batude, L’arachide au Sénégal, Paris, Librairie du Recueil Sirey, 1941, 184 p. (Thèse de Droit)


Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :