Mortalité infantile

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Taux de mortalité infantile pour 1 000 naissances dans le monde en 2006[1]
  •      0 ‰ - 10 ‰
  •      10 ‰ - 30 ‰
  •      30 ‰ - 60 ‰
  •      60 ‰ - 90 ‰
  •      90 ‰ - 130 ‰
  •      +130 ‰

La mortalité infantile est une statistique calculée en faisant le rapport entre le nombre d'enfants morts avant l'âge d’un an[2] sur le nombre total d’enfants nés vivants. Cette statistique est exprimée pour 1 000 naissances (‰). Elle sert essentiellement à juger de la qualité des soins obstétriques et pédiatriques d'un pays.

La réduction du taux de mortalité infantile fait partie des Objectifs du millénaire pour le développement de l'Organisation des Nations unies[3].

Causes et moyens de luttes[modifier | modifier le code]

Causes de mortalité dans le monde sur la période de 2000 à 2003 des enfants de moins de cinq ans[4]
Cause  %
Mort à la naissance (infections, prématurité, etc...) 37 %
Infections respiratoires aiguës 20 %
Déshydratation due à la diarrhée 16 %
Autres causes 10 %
Paludisme 8 %
Rougeole 4 %
Sida 3 %
Traumatisme 3 %

À quelques exceptions près, la mortalité infantile est beaucoup plus importante dans les pays en développement que dans les pays développés. Cela s'explique par les conditions sanitaires lors de la grossesse et de l'accouchement, mais aussi par le manque de soins aux nouveau-nés. Ainsi des techniques comme la vaccination, l'administration d'antibiotiques lors d'infections et la réhydratation lors des diarrhées évitent à nombre d'enfants de décéder[5].

Outre l'amélioration des soins, il a été montré que plus le taux d'éducation des filles est élevé, plus le taux de mortalité infantile est bas[6]. Mais les données historiques et notamment l'exemple européen montre un autre aspect très important pour faire baisser le niveau de mortalité infantile : l'amélioration du niveau de vie (comme la salubrité des logements) et de la nutrition, mais également la baisse de la fécondité[7]. Ainsi, la lutte pour la baisse de la mortalité infantile ne doit pas se faire sur un plan purement médical, mais également sociétal et économique.

Périodes de vulnérabilité[modifier | modifier le code]

C'est durant sa première semaine que le nouveau-né a le plus de risque de décéder. Alors que 21 % des décès infantiles ont lieu à la naissance, 21 % également surviennent lors de leur première semaine, puis seulement 7 % la semaine suivante. Le reste des décès se répartit sur les quatre premières années[8].

En France[modifier | modifier le code]

En 2009, 3,7 nouveau-nés sur mille sont décédés avant leur premier anniversaire[9].

Évolution[modifier | modifier le code]

La Famille de Willem Van den Kerckhoven, peinture de Jan Mytens (1652) est un portrait de famille qui représente en angelots les cinq enfants du couple morts en bas âge.
Taux de mortalité infantile pour 1 000 naissances historiques (jusqu'en 2010) et prédit (2010–2050)[10]
Années Taux Années Taux
1950–1955 152 2000–2005 52
1955–1960 136 2005–2010 47
1960–1965 116 2010–2015 43
1965–1970 100 2015–2020 40
1970–1975 91 2020–2025 37
1975–1980 83 2025–2030 34
1980–1985 74 2030–2035 31
1985–1990 65 2035–2040 28
1990–1995 61 2040–2045 25
1995–2000 57 2045–2050 23

Au XVIIIe siècle en Europe, un enfant sur quatre meurt avant 1 an et un sur deux seulement arrive à l’âge adulte. Au milieu du XIXe siècle, les progrès de l'hygiène et de la médecine permettent de faire tomber cette mortalité à moins de 200 ‰ dans les pays les plus en avance (150 en Grande-Bretagne, 170 en France)[11].

D'une manière générale entre 1995 et 2000, le taux de mortalité infantile a baissé dans tous les continents sauf en Afrique (Pourtant, le taux de mortalité infantile en Afrique subsaharienne est passé de 174 pour mille en 1990 à 121 pour mille en 2010[12]). Cette augmentation est mal comprise et les raisons sont vraisemblablement multiples et complexes. Ainsi les crises économiques des pays, les guerres, mais aussi la séropositivité au VIH de la mère qui fait que les nouveau-nés ont un indice de vitalité assez mauvais concourent à augmenter le taux de mortalité[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ces données sont issues du CIA World Factbook 2006, certaines valeurs sont antérieures à 2006 de quelques années
  2. ceci est la définition exacte selon la Division statistique des Nations unies et l'Insee
  3. « Mortalité infantile » [PDF], Programme des Nations unies pour le développement,‎ données du 15 mai 2003 (consulté le 10 octobre 2007)
  4. « Repenser les soins aux enfants : l'optique de la survie, de la croissance et du développement » [PDF], Organisation mondiale de la santé,‎ 2005 (consulté le 10 octobre 2007), p. 118
  5. « La mortalité infantile dans le monde » [PDF], Institut national d'études démographiques,‎ 2005 (consulté le 8 octobre 2007)
  6. La situation des enfants dans le monde 2004 - Réduire la mortalité infantile - Unicef
  7. « Les nouveau-nés : on s'intéresse enfin à eux » [PDF], Organisation mondiale de la santé,‎ 2005 (consulté le 8 octobre 2007), p. 93
  8. « Les nouveau-nés : on s'intéresse enfin à eux » [PDF], Organisation mondiale de la santé,‎ 2005 (consulté le 8 octobre 2007), p. 90
  9. http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_pedagogiques/duree_de_vie_deces_mortalite/mortalite_infantile_france/
  10. UNdata: Infant mortality rate (per 1,000 births)
  11. (en) Rachel Ginnis Fuchs, Gender and Poverty in Nineteenth-Century Europe, Cambridge University Press,‎ 2005, p. 45
  12. GEO N°403 de septembre 2012 p.18
  13. « Les nouveau-nés : on s'intéresse enfin à eux » [PDF], Organisation mondiale de la santé,‎ 2005 (consulté le 8 octobre 2007), p. 92 et 93

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]