ArcelorMittal

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ArcelorMittal

alt=Description de l'image ArcelorMittal logo.png.
Création 2006 - fusion entre Mittal Steel et Arcelor
Personnages clés Lakshmi Mittal (Chairman et CEO), Aditya Mittal (Directeur financier)
Forme juridique Société anonyme avec une Direction générale et un Conseil d'administration
Action Euronext : MT
NYSE : MT
LuxSE : MT
Siège social Drapeau du Luxembourg 19, Avenue de la Liberté, Luxembourg (Luxembourg)
Activité Sidérurgie
Produits Acier, or, aciers plats, aciers longs, acier inoxydable, fraté, câbles, tôle forte
Filiales ArcelorMittal Canada, ArcelorMittal Mines Canada
Effectif 239 000 employés (2013)
Site web www.arcelormittal.com
Capitalisation 20,90 milliards d'€ (2012)[1]
Chiffre d’affaires en diminution 79,44 milliards de $ (2013)
Résultat net en diminution 1,20 milliards de $ (2013)

ArcelorMittal est un groupe sidérurgique mondial. Son siège social est installé à Luxembourg. Il est le plus important producteur d'acier au monde, avec 96,1 millions de tonnes produites en 2013.

Né en 2006 de l'OPA de Mittal Steel Company sur Arcelor, financée par de grands emprunts internationaux, il est lancé depuis 2009 dans un grand programme de désinvestissement, pour tenter de diminuer le taux d'intérêt auquel il se finance, qui restait à l'automne 2012 proche de 9 %.

En 2013, le groupe employait 239 000 salariés dans plus de 60 pays, dont environ la moitié en Europe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mittal Steel Company[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mittal Steel Company.

Mittal Steel Company, propriété du milliardaire indien Lakshmi Mittal, s'est construit par une série d'acquisitions au cours des années 1990 et 2000. Le groupe prend ce nom lors de la fusion en 2004 d'Ispat International, alors 11e producteur mondial d'acier, avec LNM, société néerlandaise qu'il détient à 77 %.

En 1989, Ispat International, la société du père de Lakshmi Mittal, achète Iron & Steel Company of Trinidad & Tobago. En 1992, elle acquiert Sibalsa puis en 1994 Sidbec-Dosco. En 1995, elle reprend Hamburger Stahlwerke et Karmet Steel of Temirtaou, au Kazakhstan. En 1997, elle reprend Walzdraht Hochfeld GmbH et Stahlwerk Ruhrort, puis réalise une Introduction en Bourse aux Pays-Bas. En 1998, elle acquiert Inland Steel Company (en), puis en 1999 Unimétal, société créée en 1984 pour séparer l’activité des produits longs de Sacilor et Usinor à Rombas. En 2001, elle acquiert Alfasid et Sidex. En 2002, elle prend une participation majoritaire dans Mittal Steel South Africa (en) et en 2003, elle acquiert l'unité de production de Nowa Huta en Pologne. En 2004, elle achète Polskie Huty Stali, ainsi que BH Steel, et des petites usines de Balkan Steel en Macédoine.

En janvier 2005, Mittal Steel acquiert la société chinoise Hunan Valin, puis par une OPA l'américain, Mittal devient le premier producteur mondial d'acier (57 millions de tonnes par an), devant le franco-hispano-luxembourgeois Arcelor (42,8 Mt) et Nippon Steel (31,3 Mt). La même année Mittal Steel acquiert Kryvorizhstal (en) et monte un investissement de 9 milliards de dollars dans l'indien Jharkhand.

En 2006, deux OPA pour s'emparer d'Arcelor. En 2006, une usine de 12 millions de tonnes ouvre à Orissa, en Inde. En avril 2006, des investissements sur le site de Huta Częstochowa (en) en Pologne sont réalisés.

Arcelor, leader mondial[modifier | modifier le code]

1971-2001: La restructuration permanente 

Voir aussi : Crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain

En 1971, c'est le « Plan DHERSE », du nom du président de la Sollac, pour restructurer la sidérurgie lorraine avec l'annonce de 16 000 suppressions d'emplois. La nouvelle usine de Fos-sur-Mer, Solmer, sera, d'après la direction de De Wendel, le « deuxième souffle » de la Lorraine.

En 1973, le PDG de Sacilor Jean Gandois succède à Henri de Wendel.

En 1974[2], l'usine ultramoderne Solmer de Fos-sur-Mer, bâtie en application du Plan, partagée avec Usinor et financée à crédit[3], est achevée.

Le secteur de la sidérurgie française n'a plus que 25 % de capitaux propres en 1975, contre 40 % en 1960, le reste étant fourni par les dettes financières et commerciales[4]. Les Wendel n'effectuent pas les augmentations de capital nécessaires. Les actionnaires d'Usinor non plus.

Les banques acceptent ce déséquilibre financier à condition que les dettes soient à court terme, ce qui devient problématique après le choc pétrolier de 1974. L'endettement du secteur augmente encore de 70 % entre 1974 et 1977 : il passe de 23 à à 38 milliards de francs[5] et les charges financières de 6,9 % à 11,7 % du chiffre d'affaires.

Années 1975 1976 1977 1978
Pertes Usinor (mds de fr) 1,22 1,24 2,05 2,5

La sidérurgie française se retrouve alors cinq fois plus endettée que l'américaine et six fois plus que l'allemande[6]. En 1978, ses pertes totales atteignent 5 milliards de francs.

Pour éviter la faillite aux de Wendel, le directeur du Trésor, Jean-Yves Haberer crée une société écran, la Capa. Pour éviter la plus grosse vague de licenciements de l'histoire, l'État apporte 80 milliards de francs[7] en dispositifs de traitement social du chômage. En contrepartie, Raymond Barre fait voter par le parlement la conversion en actions des créances des banques publiques, qui se retrouvent en septembre 1978 actionnaires à 64 % d’Usinor et à 77 % de Sacilor[8], le contribuable supportant le quasi-effacement de 25 milliards de francs de créances douteuses[2]. La société écran reçoit des prêts bonifiés et les De Wendel sont autorisés à conserver une holding familiale, la CGIP[2]. Un peu plus de la moitié seulement des créances ayant été converties en actions, l'endettement reste deux fois plus élevé que chez les concurrents.

La sidérurgie française perd ainsi 62 000 emplois dans la deuxième partie des années 1970, puis 39 000 dans les années 1980 et 8 000 dans la première partie des années 1990.

Années 1976 1982 Baisse en 6 ans (76-82) 1990 Baisse en 8 ans(82-90) 1995 Baisse en 5 ans(90-95)
Effectifs en Lorraine 90 000[9] 53 072 -47 000 20 800 -26 200 NC NC
Effectifs en France 157 000 95 000 -67 000 46 381[10] -38 619 38 500 -7 800

Une convention signée avec Force ouvrière[11] pour la période d'avril 1977 à avril 1979, précède et accompagne les conversions de créances en actions. Les dispositifs utilisés, préretraites à 55 ou 50 ans selon les cas, indemnités de départ, congés formation de deux ans, ont coûté 80 milliards de francs[7] au contribuable français.

Ce effort intense commence à bénéficier à l'acier français dans les années 1980. Il est recentré sur les aciers haut de gamme et les sites les plus compétitifs, la productivité a triplé, et il bénéfice d'une stabilisation puis d'une réduction de l'endettement : 103 % du chiffre d'affaires en 1977, 52 % en 1987, 32 % en 1988, 23 % en 1989[12].

Années 1970 1971 1972 1973 1975 1977 1987 1989 1988 2007 2011
Dette/Ventes 54 % 64 % 84 % 84 % 99 % 103 % 52 %[12] 32 %[12] 22 %[12] 69 %[13] 66 %[13]
La fusion européenne de 2001 
Organigramme des fusions ayant aboutie à Arcelor.
Article détaillé : Arcelor.

Arcelor est né de la fusion d'Aceralia (Espagne), Arbed (Belgique-Luxembourg) et Usinor (France), annoncée le 19 février 2001, auquel la Commission européenne donne son accord le 12 décembre 2001 à condition que soient vendues des usines pour le maintien de la concurrence. Le groupe compte alors un effectif de 104 000 salariés et renouvelle l'alliance stratégique Usinor-Nippon Steel. Usinor, principale composante de la fusion, avait lui-même fusionné avec Sacilor en 1986, un ensemble privatisé en 1995 plusieurs décennies de restructurations.

- Usines cédées :

  • en France : usines de Beautor, de Sollac Lorraine à Strasbourg et Cofrafer ;
  • en Europe : LDD (Luxembourg), Galmed (Espagne), Lusosider (Portugal) et ISP Arvedi (Italie)[14].
La crise du début 2003 et le fort rebond de 2004-2006 

Début 2003, le marché subit une profonde dépression. Premier producteur mondial d'acier avec 42,8 millions de tonnes (4,5 % du marché mondial[15], Arcelor reste rentable (1,9 milliard d'euros de résultat d'exploitation en 2002) mais son action, jugée ultra-cyclique, s'effondre, avec le CAC 40, qui touche un plus bas depuis dix ans. Le 24 janvier 2003, en pleine crise économique causant la chute du cours de l'acier, le plan de restructuration Apollo Chaud décide la fermeture d'un petit haut fourneau à Eisenhüttenstadt et envisage celle des hauts-fourneaux de Liège et Florange, à un horizon de sept à huit ans. Il s'agit alors de faire miroiter aux actionnaires des perspectives de très fort rebond des bénéfices. Pour faire passer la pilule côté industriel, le volet Apollo Froid prévoit en échange de centraliser les aciers pour emballage à Florange et la modernisation d'autres sites.

Alors qu'il craignait des pertes en 2003, le groupe réalise 14,5 milliards d'euros de bénéfice d'exploitation au cours des trois années suivantes, son chiffre d'affaires ayant progressé de 60 %, en partie grâce à forte la reprise des prix de l'acier. En 2006, il dépasse les 40 milliards de chiffre d'affaires et 15 milliards d'excédent brut d'exploitation[16].

Données financières en millions d'euros[17]
Années 2002 2003 2004 2005 2006
Chiffre d'affaires 27 512 25 923 30 180 32 611 40 611
Résultat d'exploitation 1 978 2 228 4 341 5 641 4 454
Résultat net – part du groupe -121 257 2 314 3 846 3 007
Fonds propres _ 8 140 12 320 17 633 22 086
Dettes financières 5 993 4 400 2 520 1 257 ND

Le 23 novembre 2005, Arcelor lance une offre d'achat sur la société canadienne Dofasco pour 4,3 milliards de dollars CA[18], puis relève son offre le 24 décembre 2005, suite à une offre rivale de ThyssenKrupp AG[19].

Après négociations et approbation des actionnaires et des instances gouvernementales, Dofasco passe aux mains de la géante de l'acier Arcelor Mittal en 2007. Dès lors, Dofasco prendra le nom de ArcelorMittal Canada.

L'OPA de 2006[modifier | modifier le code]

Siège social d'ArcelorMittal à Luxembourg

Le 28 janvier 2006, Mittal lance sur Arcelor la première offre publique d'achat hostile d'un groupe émergent sur une grande société européenne de l'histoire boursière[20]. Arcelor y fait d'abord échec : le groupe fait valoir qu'il n'a pratiquement plus de dettes, qu'il a accumulé 17,6 milliards d'euros de capitaux propres en quelques années et qu'il a déjà restructuré Usinor, Cockerill, Arbed et Aceralia, repositionnés sur des aciers hauts de gamme[21]. De plus, Arcelor trouve un chevalier blanc le 26 mai : le russe Severstal accepte d'investir 12 milliards d'euros contre 30 % du capital[22].

Mais Mittal relève son offre de 44 %, cinq mois après la première mouture[23]. Le 25 juin 2006, la direction d'Arcelor change d'avis. Elle accepte cette OPA hostile, qui représente alors 26,9 milliards d'euros (40,37 euros par action Arcelor)[24].

Post-fusion[modifier | modifier le code]

En novembre 2013, ArcelorMittal acquiert avec Nippon Steel pour 1,5 milliard de dollars l'activité américaine de ThyssenKrupp, basée dans l'Alabama[25].

En septembre 2014, ArcelorMittal et Gerdau vend à Nucor, l'usine sidérurgique Gallatin, située au Kentucky pour 770 millions de dollars[26].

L'économie de la sidérurgie française des années 2010[modifier | modifier le code]

La croissance de la production chinoise d'acier, multipliée par 9 entre 1989 et 2009, a fait monter les prix des matières premières, qui représentent aujourd'hui 69 %[27] des coûts de production de l'acier, contre seulement 10 % pour la main-d'œuvre. Le prix du minerai de fer a sextuplé en dix ans et celui du charbon à coke a triplé[28], ce qui a mécaniquement gonflé la valeur des stocks que les aciéristes doivent porter dans leurs usines et financer dans leurs bilans comptables.

Coût de l'acier Minerai de fer Ferrailles Charbon à coke Énergie Main d'œuvre
Pourcentage 41 % 15 % 14 % 12 % 10 %

Chez Arcelor, ces stocks de matière première représentent près de quatre mois de chiffre d'affaires. L'immobilisation d'argent dans ce besoin en fonds de roulement (stocks de minerai, de coke, et d'acier) n'est justifiée que si sa rentabilité dépasse le taux d'intérêt payé sur la dette, très élevé chez Mittal[29]. Le groupe a ainsi emprunté, à l'automne 2012, via une obligation « perpétuelle » au taux d'intérêt de 8,75 %[30], les créancier jugeant sa dette[31] très élevée pour une société exposée aux variations du cycle économique : dans la sidérurgie, la construction et les constructions métalliques représentent 38 % des ventes et l'automobile 16 %[32].

Débouchés de la sidérurgie Construction Automobile Mécanique Tubes Constructions métalliques
Pourcentage 27 % 16 % 14 % 12 % 11 %

La société ayant besoin de se désendetter, la Bourse de Paris a anticipé une augmentation de capital, qui se traduirait par une augmentation du nombre d'actions et donc une réduction du bénéfice par action. Ce scénario a contribué à la baisse de l'action ArcelorMittal à 12 euros en 2012 contre 65 euros en 2008. En octobre 2012, les analystes de Merrill Lynch regrettent alors l'absence de cessions d'actifs au troisième trimestre, et redoutent qu'ArcelorMittal «prenne de nouvelles initiatives contraires aux intérêts des actionnaires dans les prochaines semaines pour réduire sa dette».

La société n'ayant pas effectué d'augmentation de capital[33], les agences spécialisées Standard and Poor's et Moody's ont dégradé la note de sa dette dans la catégorie junk bonds.

Pour se désendetter, ArcelorMittal a préféré vendre des participations, comme celle de 30 % dans le groupe minier sud-africain Kalagadi Manganese, pour 343 millions d'euros[34], et surtout écouler une partie de ses stocks, en arrêtant progressivement la production de plusieurs sites: le haut-fourneau de Gandrange en 2009[35],[36] et en 2011[37] ceux de Liège puis Florange. À Liège, le premier ministre socialiste belge Elio Di Rupo a délégué la décision[38] à la Région wallonne, qui étudie le rachat pour 300 millions d'euros, mais sans « arrêter aucune décision dans ce sens »[39].

Ces décisions et le recul de l'activité ont permis à Arcelor de diminuer ses stocks de 12 % en trois ans, à 21,7 milliards de dollars en 2011 contre 24,7 milliards à fin 2008[40], soit 3 milliards de dollars de moins à financer.

Ventes, bénéfices et capitalisation[modifier | modifier le code]

Coté à New York, Amsterdam, Bruxelles, Luxembourg, en Espagne, et à Paris[41], l'action monte à 65 euros en 2008, soit une capitalisation boursière d'environ cent milliards d'euros, l'une des premières du CAC 40, dopée par 2,6 milliards d'euros de rachats d'actions pour 2007 et 1,08 milliard pour 2008[42]. Revers de la médaille, le coût de l'endettement est multiplié par six dans les trois années qui suivent l'OPA de 2006[43] .

Leader sur ces quatre marchés : automobile, construction, électroménager, emballage[44], ArcelorMittal livrait encore 116 millions de tonnes d'acier brut en 2007, c'est-à-dire 10 % de la production mondiale. Mais sa dette est jugée excessive par les agences spécialisées, puis notée en catégorie spéculative par Standard & Poor's[45] en août et Moody's en novembre. Pour la réduire, il se désinvestit depuis 2009[46]. Les règles financières veulent en effet que les industries très cycliques[47] comme l'acier se contentent d'un endettement « faible, voire négatif »[47], pour limiter l'effet de levier qui créent un risque purement financier.

Année 2007 2008 2009 2010 2011
Bénéfice net (mds euros) 9,2 8,3 0,050 2,3 1,75

ArcelorMittal a dégagé en 2011 un excédent brut d'exploitation de 10,1 milliards de dollars[48]. Une fois déduit les charges d'intérêt, les impôts, amortissements et provisions, son bénéfice net 2011 part du groupe est de 1,75 milliards.

Le désinvestissement s'accélère en 2012 : au troisième trimestre, le chiffre d'affaires baisse de 12,3 % sur un an, ce qui génère une perte nette de 700 millions de dollars. Sur neuf mois, le bénéfice net fond à 0,3 milliard de dollars[49]. Le dividende, qui dépassait encore le milliard de dollars en 2012, sera divisé par quatre en 2013. Le groupe maintient sa prévision d'un excédent brut d'exploitation de 7 milliards de dollars pour 2012, légèrement au-dessus du plafond fixé par ses contrats de crédit[50].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Arcelor Mittal, fusion inversée de Mittal Steel Company dans Arcelor, est dirigée depuis Rotterdam sur le plan opérationnel en dépit d'une incorporation au Luxembourg et de la résidence effective londonienne de Lakshmi Mittal, premier actionnaire.

Direction Générale 
elle est composée de huit personnes : Lakshmi Mittal (PDG), Aditya Mittal (Directeur financier et Aciers plats Europe), Michel Wurth (Aciers longs), Gonzalo Urquijo (Asie, Afrique, Distribution), Sudhir Maheshwari, Lou Schorsch (Aciers plats Amériques), Peter Kukielski (Mines), Davinder Chugh (Services partagés).
Conseil d'administration 
la composition reflète les principes établis dans le Memorandum of Understanding signé le 25 juin 2006 : il est composé de onze directeurs.

Entente sur les prix[modifier | modifier le code]

Le 16 décembre 2008 : « Le Conseil français de la concurrence a infligé une amende totale de 575,4 millions d'euros – un montant record – à onze entreprises de la sidérurgie, dont 301,7 millions à trois filiales d'ArcelorMittal, pour entente sur les prix », « Plusieurs filiales de négoce de produits sidérurgiques du groupe Arcelor, devenu depuis ArcelorMittal, ont été sanctionnées : PUM Service Acier à hauteur de 288 millions d'euros, ArcelorProfil (12,95 millions) et AMD Sud Ouest (830 000 euros). »[51],[52],[53],[54],[55].

Bilan social[modifier | modifier le code]

Manifestation des sidérurgistes ArcelorMittal à Strasbourg le 6 février 2013.
Avec les représentants syndicaux français 
depuis début 2008, l'entreprise a été condamnée à dix reprises pour discrimination envers des représentants du personnel ou des membres de son personnel du fait de leur activité syndicale[56].
Fermeture des sites, droits de polluer et subventions 
ArcelorMittal aurait « transformé le système des droits d'émission en une technique pour obtenir des subventions gratuites », bénéficiant d'une « montagne de quotas » de CO2 de 202 millions d'euros[57], revendus au fur et à mesure de la mise à l’arrêt temporaire des hauts fourneaux les moins rentables, à Gandrange, Liège, Charleroi, et Florange, selon un rapport d'Anna Pearson, commandé en 2009 par le Système européen d’échange des droits d'émissions de CO2.

ArcelorMittal étant concentré surtout en Europe, ces reventes ont contribué à la division par cinq depuis 2008 du prix des quotas de CO2. Cette chute a bénéficié aux centrales électriques au charbon, grosses consommatrices de quotas de CO2 car très polluantes. Elles en ont profité pour acheter du charbon américain, déclassé par le boom du gaz de schiste, accroissant leurs importations de charbon américain de 85 % au premier semestre 2012[58]. Si le prix du charbon baisse aux États-Unis et en Asie, il remonte en Europe, où le gaz de schiste n'est pas utilisé[59]. Pour que le recours au gaz dans les centrales électriques « redevienne compétitif », il faudrait qu'il « monte de 50 %, que celui du gaz baisse de 30 %, ou que le CO2 vaille quatre fois plus cher », a calculé Thierry Bros, de la Société générale[58]. Une remontée des cours du CO2 au-dessus de 15 euros la tonne, contre 7,2 euros fin 2012, rendrait rentable le projet de stockage de CO2 dans les sous-sols de la Lorraine, dit « Ulcos », pour lequel ArcelorMittal n'a cependant pas d'offre aboutie[60].

Le 24 janvier 2013, ArcelorMittal annonce la suppression de 1 300 emplois dans la région de Liège[61].

Le 15 octobre 2013, on apprend le suicide de Monsieur Alain Vigneron, travailleur d'ArcelorMittal à Liège. Dans une lettre, il y explique son geste : «  Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais Monsieur Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille. »[62]

Les usines en France[modifier | modifier le code]

Les trois plus importantes usines de production sont :

Diversification[modifier | modifier le code]

En 2013, via le programme LIFE-PHOSTER, Arcelor Mittal Maizières Research S.A. va étudier pour « soutenir l’expansion actuelle du secteur de l’énergie solaire » et pour « réduire les émissions de gaz à effet de serre associées à la fabrication de panneaux solaires »[63], en améliorant le recyclage, le groupe testera un prototype de « nouvelle enveloppe universelle, conçue dans le respect de l’environnement, qui contient une couche mince et flexible de modules photovoltaïques, recourt à l'acier comme substrat et à des procédés de fabrication innovants et optimisés (p. ex. roll-to-roll). Pertinent en matière de lutte contre le changement climatique »[63].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ArcelorMittal sur le site de Google Finance, consulté le 27 juillet 2012.
  2. a, b et c « Comment l'État a sauvé la Maison Wendel de la ruine », par Henri Gibier, dans L'Expansion du 20/11/1997 [1]
  3. Où va la sidérurgie? Paris, Syros, 1977, p. 118-121.
  4. Les centres sidérurgiques des rivages de la mer du Nord et leur influence sur l'organisation de l'espace par Jacques Malézieux, 1981, page 415 [2]
  5. « Le dysfonctionnement du système acier », par Christian Stoffaes, dans la Revue d'économie industrielle (1979) [3]
  6. « La Lorraine face à la crise sidérurgique » par Bernard Sinou dans Économie et statistique (1977) [4]
  7. a et b INTERVIEW au Figaro de Françoise Berger, maître de conférence en Histoire économique à l'Institut d'études politiques de Grenoble, le 28 novembre 2012 [5]
  8. En septembre 1978, Raymond Barre fait voter par le parlement la conversion de créances (Caisse des Dépôts, Crédit Lyonnais, Crédit National) détiennent 63,8 % d’USINOR et 76,9 % de SACILOR [6]
  9. "Le secteur de la sidérurgie en Lorraine"
  10. L'acier en France en 1990, FFM rapport annuel
  11. « Crise et restructuration de la sidérurgie française », par Jacques Malézieux Espace géographique (1980) [7]
  12. a, b, c et d « La sidérurgie française de 1973 à nos jours. Dégénérescence et transformation », par Philippe Mioche dans Vingtième Siècle, revue d'histoire (1994)[8]
  13. a et b http://www.boursorama.com/bourse/profil/profil_finance.phtml?symbole=1rAMT
  14. Énergie et Climat – Ministère du Développement durable
  15. http://www.societechimiquedefrance.fr/extras/Donnees/metaux/fe/texfe.htm
  16. « Arcelor Mittal : l'EBITDA pro forma 2006 atteint 15,272 mds$ » dans l'Express [9]
  17. OpesC
  18. Arcelor offre 4,3 milliards pour Dofasco | Le Devoir
  19. usinenouvelle.com: Arcelor s'accroche à Dofasco
  20. lexpress.fr : Arcelor-Mittal Le mondial de l'acier
  21. « Mittal, un colosse aux pieds d'argile en train de flancher ? », RTBF d'après Médiapart, 4 décembre 2012
  22. usinenouvelle.com : Arcelor veut s'emparer du russe Severstal pour échapper à Mittal
  23. L'offre bonifiée de Mittal fait grimper le titre d'Arcelor | Le Devoir
  24. rian.ru : Fusion Arcelor-Mittal Steel : une alliance politique
  25. ThyssenKrupp to sell U.S. plant for $1.97 billion: report, Reuters, 26 novembre 2013
  26. ArcelorMittal, Gerdau to sell U.S. joint venture to Nucor, Robert-Jan Bartunek in Brussels and James B. Kelleher, Reuters, 15 septembre 2014
  27. "LA FILIÈRE ACIER EN FRANCE ET L’AVENIR DU SITE DE FLORANGE", rapport au Ministre du Redressement productif, par Pascal Faure, vice-président du CGIET, page 13 [10]
  28. « La filière acier en France et l'avenir du site de Florange », rapport au Ministre du Redressement productif, par Pascal Faure, vice-président du CGIET, page 22 [11]
  29. Avec un écart de taux d'intérêt de 583,4 points de base (un point de base = 0,01 %) « ArcelorMittal’s Debt Cut to Junk by S&P on Steel Weakness », par Thomas Biesheuvel et Brooke Sutherland, Bloomberg LP, le 2 août 2012 [12]
  30. « ArcelorMittal devra sacrifier plus que son seul dividende pour sauver sa notation », par Olivier Pinaud dans L'AGEFI du 2/11/2012 [13]
  31. « La note d'ArcelorMittal dégradée en catégorie spéculative » par Ingrid François-Feuerstein, dans Les Échos du 4 décembre 2012
  32. « La filière acier en France et l'avenir du site de Florange », rapport au Ministre du Redressement productif, par Pascal Faure, vice-président du CGIET, page 15 [14]
  33. « ArcelorMittal’s Debt Cut to Junk by S&P on Steel Weakness », par Thomas Biesheuvel et Brooke Sutherland, Bloomberg LP, le 2 août 2012 [15]
  34. « ArcelorMittal ébranlé par le poids de sa dette » par Sharon Wajsbrot, dans Les Échos du 26/11/2012 [16]
  35. « Florange arrête ses hauts fourneaux : une nouvelle affaire Gandrange » par Mathieu Magnaudeix dans Médiapart du 8 septembre 2011 [17]
  36. En septembre 2011, 600 salariés de la division emballages de Florange sont par ailleurs priés de prendre leurs vacances et RTT
  37. « Florange : Nicolas Sarkozy promet un redémarrage », par Marie Bartnik, dans Le Figaro du 02/03/2012 [18]
  38. « ArcelorMittal, c'est régional : Elio Di Rupo veut éviter une cacophonie », RTBF, 28 septembre 2012 [19]
  39. « ArcelorMittal : accord sur la conciliation, la Région n'est pas repreneuse », par la RBF, 20 septembre 2012 [20]
  40. ArcelorMittal, Consolidated Statement of Financial Position
  41. Le groupe a 1,56 milliard d'actions, essentiellement détenues via la Bourse de Paris
  42. Communiqué du groupe
  43. http://www.daily-bourse.fr/resultats-ARCELORMITTAL-chiffre-affaire-LU0323134006.php
  44. (en) [PDF] Rapport annuel 2007.
  45. « La note d'ArcelorMittal dégradée en catégorie spéculative » par Ingrid François-Feuerstein dans Les Échos du 4 décembre 2012 [21]
  46. ce qui amène une baisse de 12 % de son chiffre d’affaires 2011 par rapport à 2008, à 72 milliards d'euros.
  47. a et b Les Echos formation finance
  48. « ArcelorMittal : résultat net de 2 262 Mds $ sur l'année 2011 » dans Le Figaro du 7 février 2012 [22]
  49. « ArcelorMittal abaisse son dividende après une perte trimestrielle », dans Capital du 31/10/2012 [23]
  50. « ArcelorMittal devra sacrifier plus que son seul dividende pour sauver sa notation » dans l'AGEFI du 2 novembre 2012 [24]
  51. (fr) « Concurrence : amende record contre onze sociétés, dont ArcelorMittal », L'Humanité,‎ 16 Décembre 2008 (consulté le 3 novembre 2012)
  52. « Décision no 08-D-32 du 16 décembre 2008 relative à des pratiques mises en œuvre dans le secteur du négoce des produits sidérurgiques », Conseil de la concurrence, 16 décembre 2008.
  53. « Amendes record dans la sidérurgie, ArcelorMittal devra régler 300 millions d'euros », 16 décembre 2008, Les Échos (d'après AFP).
  54. « Concurrence: amende record contre onze sociétés, dont ArcelorMittal », 16 décembre 2008, Le Point (d'après AFP).
  55. La France inflige une amende record à un cartel de l'acier », 16 décembre 2008, L'Expansion (d'après AFP).
  56. Arrêt no 265 du 23 mars 2009 RG no 06/13122, Cour d'Appel d'Orléans & Cour de Cassation le 24 février 2009 no 08-41456, RG n°F10/00153, RG n°F10/00150 et F10/00149, RG n°F10/00158 et F10/00159, RG F10/00177, jugement de la la cour d'appel d'Aix en Provence (no 2011/939), RGn°F10/00160/00161/00162/00178
  57. « Quotas CO2 : ArcelorMittal fait-il sauter la banque ? », sur RTBF.be du 6 mars 2010 [25]
  58. a et b « Électricité : l'Europe retourne au charbon » par Denis Cosnard, dans Le Monde du 28/11/2012 [26]
  59. « Les exportations de charbon américain font augmenter les émissions de l’Europe », 26/09/2012 [27]
  60. La filière acier en France et l’avenir du site de Florange, rapport au Ministre du Redressement productif, par Pascal Faure, vice-président du CGIET, page 84 [28]
  61. [29]
  62. [30]
  63. a et b projets soutenus par Life + élus en 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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