Vardar

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le Vardar
(Axios)
Le Vardar près d'Axioupoli, en Grèce.
Le Vardar près d'Axioupoli, en Grèce.
Cours du Vardar.
Cours du Vardar.
Caractéristiques
Longueur 388 km
Bassin 25 000 km2
Bassin collecteur Bassin du Vardar
Débit moyen 175 m3/s (Guevgueliya)
Régime Pluvio-nival
Cours
Source Vroutok
· Localisation Municipalité de Gostivar
· Altitude 683 m
· Coordonnées 41° 46′ 16″ N 20° 50′ 49″ E / 41.771, 20.847 (Source - le Vardar)  
Embouchure Mer Égée
· Localisation Municipalité de Delta, Grèce
· Altitude 0 m
· Coordonnées 40° 30′ 27″ N 22° 43′ 03″ E / 40.5075, 22.7175 (Embouchure - le Vardar)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Lepenac, Serava, Pčinja, Bregalnitsa, Anska.
· Rive droite Treska, Markova Reka, Kadina, Babouna, Tsrna, Bochava.
Pays traversés Drapeau de la Macédoine Macédoine
Drapeau de la Grèce Grèce
Principales villes Gostivar, Skopje, Vélès, Demir Kapiya, Guevgueliya

Le Vardar (en macédonien : Вардар) ou Axios (en grec moderne : Αξιός) est un fleuve de la République de Macédoine et de la Grèce. Avec ses 388 km de long, c'est à la fois le plus grand cours d'eau de la République de Macédoine et de la Macédoine géographique.

La Vardar prend sa source à Vroutok, à quelques kilomètres au sud de Gostivar, en République de Macédoine. Il traverse notamment les villes de Skopje et Vélès puis traverse la frontière grecque après Guevgueliya. Il se jette ensuite dans le golfe Thermaïque de la mer Égée, à l'ouest de Thessalonique, en Macédoine grecque. La partie grecque du fleuve est longue de 87 km.

Le Vardar sépare en deux la République de Macédoine et sa vallée est le principal axe de communication du pays, puisqu'elle permet de rejoindre la Serbie au nord et la Grèce au sud.

Le fleuve a donné son nom au vardháris ou vardarec, qui est un vent soufflant le long de la vallée du Vardar et qui apporte un air froid à la région de Thessalonique. Le Vardar a également donné son nom au club de football FK Vardar Skopje. Son nom grec, Axios, est à l'origine de celui de la ville d'Axioupolis, en Grèce. Par ailleurs, lors du partage de la Macédoine en 1912 entre la Serbie, la Grèce et la Bulgarie, le territoire de l'actuelle République de Macédoine, qui est alors annexé par la Serbie, était appelé Macédoine du Vardar, par opposition à la Macédoine de l'Égée (Grèce) et à la Macédoine du Pirin (Bulgarie).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom grec du fleuve, Axios, est probablement une adaptation thrace de la racine iranienne *a-xšei, qui veut dire « noir » ou « sombre ». Le nom slave, Vardar, est quant à lui attesté depuis le Xe siècle et viendrait d'un mot illyrien signifiant « eau noire »[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Bassin du Vardar[modifier | modifier le code]

Le bassin du Vardar couvre plus de 27 000 km2, dont 3 212 km2 en Grèce et 23 747 km2 en République de Macédoine, soit 86,9 % du territoire national. Ce bassin s'étend aussi sur de petites zones en Serbie et au Kosovo, où certains de ses affluents ont leur source[2].

Le climat du bassin est typiquement méditerranéen en zone de basse altitude, avec entre 400 et 450 millimètres de précipitations par an. Celles-ci sont plus communes en hiver que lors des autres saisons, et l'importance de l'évaporation fait qu'une petite partie seulement de l'eau de pluie rejoint le fleuve. Les massifs montagneux dans lesquels naissent les affluents du Vardar connaissent quant à eux un climat montagnard, avec parfois plus de 1 500 millimètres d'eau par an et d'importantes fontes de neige au printemps[3].

Parcours macédonien[modifier | modifier le code]

Le Vardar à Skopje

Le Vardar naît à Vroutok, au pied des monts Šar qui matérialisent la frontière entre la République de Macédoine et le Kosovo et atteignent plus de 2 500 mètres d'altitude. Sa source n'est toutefois située qu'à 683 mètres d'altitude, tandis que son bassin macédonien s'élève en moyenne à 793 mètres[2].

Vroutok se situe sur la limite méridionale du Polog, vaste plaine du Nord-Ouest de la Macédoine. Le fleuve se dirige donc d'abord à travers cette plaine qui s'étend vers le nord. Il retrouve ensuite les monts Šar et se tourne vers l'est et la vallée de Skopje, ancien lac Tertiaire soulevé par l'activité tectonique de la fin du Pliocène au début du Pléistocène. Le cours du fleuve a grandement varié au cours des millénaires, apportant de grandes quantités d'alluvions dans cette vallée. À l'est de Skopje, le Vardar change encore de direction et prend définitivement son axe vers la mer Égée. Cet axe est composé de vallées entrecoupées de gorges, comme celles de Taor, Vélès puis Demir Kapiya, et de paysages de collines[2].

Parcours grec[modifier | modifier le code]

Le fleuve entre en Grèce après la ville macédonienne de Guevgueliya. Le paysage reste d'abord similaire à celui de la République de Macédoine, avec une vallée environnée de grands massifs, puis il devient très plat. À l'approche de la mer, le fleuve se divise en bras, formant des îles et un petit delta[2].

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Les principaux affluents du Vardar sont, à partir de sa source (note : D = affluent en rive droite, G = affluent en rive gauche), avec leurs longueurs respectives :

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le débit moyen du Vardar est très irrégulier et soumis au régime de ses grands affluents comme la Treska. Le fleuve, à Skopje, soit à une soixantaine de kilomètres de sa source, a un débit moyen de 51 mètres cubes par seconde, mais ce chiffre varie grandement selon les saisons, entre 99,6 m3/s en mai et 18,7 m3/s en juillet. La partie grecque du fleuve a quant à elle un débit oscillant entre 10 m³/s et 1 425 m³/s. À Skopje, le fleuve a une vitesse moyenne de 1,43 m/s et sa température oscille entre 4,6 °C en janvier et 18,1 °C en juillet[4].

Le débit du fleuve a largement diminué après la construction de plusieurs barrages sur ses affluents situés en République de Macédoine. Dix-neuf de ces barrages sont de grande taille, comme celui du lac Kozyak, sur la Treska, et une centaine sont de petite taille, servant surtout à l'irrigation[2]. Ces barrages permettent la réduction du risque de crues, autrefois très important, et désormais quasiment nul à Skopje. La dernière grande inondation du Vardar en République de Macédoine a eu lieu en 1979 ; le fleuve avait atteint un débit de 980 mètres cubes par seconde et les dégâts matériels occasionnés à travers la vallée avaient été estimés à 7,4 % du revenu national[5].

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Skopje
(1991 – 1999)

Source : [4]

Navigation[modifier | modifier le code]

Le Vardar est difficilement navigable à cause de sa faible profondeur et de son caractère sauvage, avec des bancs de sable et des lits remplis de vase. Toutefois, l'aménagement du fleuve a été envisagé au XIXe siècle puis à plusieurs reprises au cours du XXe siècle. Les différents projets proposaient la construction de barrages et d'écluses le long du fleuve et son raccordement par canal à la Morava, une rivière qui traverse la Serbie du sud au nord et se jette dans le Danube. Ce dernier aurait donc été relié à la mer Égée, permettant un trafic fluvial potentiellement important. Le chantier serait toutefois colossal est n'est plus envisagé par les autorités depuis les années 1970[6].

Néanmoins, la vallée du Vardar reste un axe de communication très important pour les Balkans, puisqu'il permet de relier Belgrade à Thessalonique en passant par Skopje. Elle est ainsi empruntée par une voie ferrée et par la Route européenne 75.

Protection du fleuve[modifier | modifier le code]

La protection du Vardar est complexe car elle dépend de deux États, la République de Macédoine et la Grèce, qui n'ont pas encore signé d'accord bilatéral sur le sujet et sont soumis à des situations économiques sensibles, qui font reléguer les questions environnementales au second plan. La propreté du fleuve est toutefois cruciale pour l'agriculture qui utilise ses eaux pour l'irrigation ainsi que pour la santé de la mer Égée. Les eaux usées sont encore souvent rejetées sans traitement, et le Vardar n'est vraiment propre que dans son cours supérieur. Le fleuve est aussi pollué par les pesticides et les rejets industriels. Son delta, une zone naturelle importante, est menacé[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. (en) Jan G. P. Best et Nanny M. W. De Vries, Thracians and Mycenaeans: Proceedings of the Fourth International Congress of Thracology, Rotterdam, 24-26 September 1984, vol. 11, Brill Archive,‎ 1989 (ISBN 9789004088641)
  2. a, b, c, d, e et f (en) « Vardar/Axios River Sub-basin », Transboundary Waters Information Exchange Network for the Eastern Europe,‎ 2012
  3. (en) Jacques Ganoulis, Lucien Duckstein, Peter Literathy et Istvan Bogardi, Transboundary Water Resources Management:: Institutional and Engineering Approaches, vol. 7, Springer,‎ 1996 (ISBN 9783540607144), p. 383
  4. a et b « Combined Cycle Co-Generation Power Plant Project, Skopje, Environmental Assessment Report », TE-TO AD SKOPJE,‎ 2006
  5. (mk) « Les inondations ont passé, et après? », Dnevnik,‎ 2001 (consulté le 24 mars 2011)
  6. (en) Dobrivoje Jovanovski, « Morava – Vardar (Axios) Navigation Route », Danubius,‎ 1993