Aurigny

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Aurigny
Alderney (en)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Aurigny
Administration
Statut politique Dépendance du bailliage de Guernesey
Capitale Sainte Anne
Gouvernement
- Chef d'État
 · Chef du gouvernement

Élisabeth II
Stuart Trought
Démographie
Population 2 400 hab. (est. 2007)
Densité 300 hab./km2
Langue(s) Anglais
Géographie
Coordonnées 49° 42′ 52″ N 2° 12′ 19″ O / 49.714444444444, -2.2052777777778 ()49° 42′ 52″ Nord 2° 12′ 19″ Ouest / 49.714444444444, -2.2052777777778 ()  
Superficie 8 km2
Divers
Monnaie Livre sterling
Fuseau horaire UTC +0 (hiver), UTC+1 (été)
Domaine internet .gg

Aurigny (en anglais : Alderney, en auregnais : Aoeur'gny) est une des îles Anglo-Normandes. Elle fait partie du bailliage de Guernesey. Elle fait 5 km de long et 3 de large, ce qui en fait, par son étendue, la troisième île de l'archipel.

Généralités[modifier | modifier le code]

Aurigny et Burhou en haut à droite

La population de l'île s'élève à 2 401 individus (les Aurignais). La seule paroisse d'Aurigny est la paroisse de Sainte-Anne. Traditionnellement, les habitants sont surnommés « les lapins » à cause des nombreuses garennes.

Les États d'Aurigny, parlement autonome de l'île, sont composés d'un président et dix membres élus. Aurigny envoie deux délégués aux États de Guernesey lors des débats.

La langue aurignaise, langue normande, a disparu pendant le XXe siècle avec la mort des derniers locuteurs. On en retrouve des traces dans la toponymie.

En tant qu'île calme et reculée, Aurigny a attiré quelques résidents connus, parmi eux les auteurs T. H. White et Elizabeth Beresford, le commentateur de cricket John Arlott, le joueur de cricket Ian Botham et l'actrice Julie Andrews.

Depuis quelques années, Aurigny tire des profits substantiels en accueillant des sites internet de jeu en ligne (Casino virtuel, etc.), activité qui est encore rarement autorisée dans la majorité des pays.

Aurigny possède un aéroport (code AITA : ACI), qui dessert régulièrement Guernesey et Southampton.

L'île est jumelée avec la commune française de Beaumont-Hague, sur la pointe de la Hague. C'est le seul cas mondial de jumelage entre deux communes qui sont en vue directe l'une de l'autre.

Plaque du souvenir des camps de concentration, dans lesquels ont vécu les prisonniers qui ont construit les fortifications allemandes du mur de l'Atlantique à Aurigny.

Histoire[modifier | modifier le code]

Incorporation au duché de Normandie[modifier | modifier le code]

Avec les autres îles Anglo-Normandes, le Cotentin et l'Avranchin, l'île d'Aurigny rejoint les territoires conquis par Guillaume Longue-Épée en 933.

En 1042, le duc Guillaume de Normandie accorde Aurigny à l'abbaye du Mont-Saint-Michel. En 1057, l'évêque de Coutances reprend le contrôle de l'île[1] qu'il avait abandonné au moment des invasions vikings.

Après 1204, lorsque la partie continentale de la Normandie est annexée au domaine royal français, Aurigny, comme les autres îles de la Manche, reste en possession du roi d'Angleterre, dont la souveraineté sur l'île s'exerce en tant que duc de Normandie.

Le roi Henri VIII d'Angleterre entreprend des travaux de fortification, mais ceux-ci cessent en 1554. Le comte d'Essex achète le poste de gouverneur d'Aurigny en 1591, mais avant son exécution pour trahison, le comte louait l'île d'Aurigny à Guillaume Chamberlain, et Aurigny reste dans les mains de la famille Chamberlain jusqu'en 1643. Cependant, dès 1612, un juge est nommé pour aider l'administration du gouverneur d'Aurigny, aidé par des Jurés-Justiciers. La fonction du juge est alors semblable à celle des baillis de Guenesey et des baillis de Jersey, et perdure jusqu'en 1949.

La puissante Famille Carteret de Jersey obtient la charge de gouverneur d'Aurigny ; plus tard, le titre de gouverneur passe à la famille Le Mesurier qui en hérite, établissant ainsi une ligne héréditaire de gouverneurs qui dure jusqu'en 1825. Henry Le Mesurier fait aménager le port de Longis à Braye, avec l'édification d'une jetée en 1736 et la construction d'entrepôts et de logements au Braye. L'exportation de bovins génère de la richesse pour l'économie locale. Le palais de justice est construit en 1770 et la première école en 1790.

Le 7 janvier 1700, le météore Ignès tombe, 1 heure après le levé du jour, faisant un grand bruit, faisant trembler les maisons de Saint-Germain-des-Vaux, d'Auderville et de la Hague. Le météore serait tombé dans la mer près de l'île d'Aurigny. Le phénomène est aperçu à Cherbourg et Valognes[2].

Jean Le Mesurier (1781–1843) est le dernier gouverneur héréditaire de l'île d'Aurigny et cousin de Thomas Le Mesurier (1756 – 14 juillet 1822) avocat et prêtre de l'église anglicane et fils d'un autre Jean Le Mesurier.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À partir de juin 1940, toute la population d'Aurigny (environ 1 500 habitants) est évacuée de l'île. Des bateaux d'évacuation officiels sont envoyés par le gouvernement de Grande-Bretagne, même si certains habitants décident cependant de s'échapper par leurs propres moyens, par exemple via Guernesey. Mais les Allemands arrivent rapidement dans le secteur et occupent les îles ; beaucoup d'Aurigniais sont alors incapables de partir et doivent rester sur Guernesey jusqu'à la Libération. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les îles anglo-normandes sont la seule partie du Commonwealth occupée par le troisième Reich.

Lorsque les Allemands arrivent sur l'île, celle-ci est déserte. Dès les premiers jours, ils commencent à fortifier le littoral comme sur le Mur de l'Atlantique. Les Allemands construisent aussi quatre camps de concentration nazis dépendant du camp de concentration de Neuengamme et placés sous le contrôle du SS-hauptsturmführer Maximilian List (Camps de Sylt, Norderney, Helgoland et Borkum). Ce dernier arrive sur l'île le 23 février 1943 pour diriger le premier camp surnommé le Lager Sylt, situé au sud de l'île, surplombant la baie des télégraphes. Ce camp interne des travailleurs étrangers de l'Organisation Todt qui œuvrent sur les fortifications des îles. Juste en face, List fait construire son chalet personnel dans le goût du Nid d'Aigle d'Adolf Hitler.

Plus tard, List dirigera aussi un autre des 4 camps de concentration sur Aurigny, le Lager Norderney situé au nord de l'île. List quitte Aurigny en mars 1944, remplacé par l'Obersturmführer Georg Braun.

Plus de 700 des 6 000 prisonniers perdent la vie avant que les camps ne soient fermés et les résidents restant transférés en Allemagne en 1944. De retour sur leur île, les Aurigniais n'ont aucune connaissance réelle des camps. Ils n'apprendront leur existence qu'en décembre 1945.

Les Allemands d'Aurigny se rendent le 16 mai 1945, huit jours après la capitulation de l'Allemagne nazie et le suicide d'Adolf Hitler. Soit sept jours après la libération de Guernesey et de Jersey. 2 332 prisonniers de guerre allemands sont capturés à Aurigny le 20 mai 1945, les autres, au nombre de 500, serviront les Américains pour les seconder dans les opérations militaires[3].

Procès des crimes de guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, une enquête est menée contre List, citant les atrocités commises lors de son passage sur Aurigny, avec un jugement en tribunal. Toutefois, List ne se rend pas à ce procès et ne sera jamais officiellement retrouvé. Des renseignements indiquent qu'il aurait vécu près de Hambourg où il serait mort dans les années 1980.

Autre problème du passé[modifier | modifier le code]

28 500 fûts de matières radioactives ont été immergées dans les années 1950/60 au large de des côtes anglo-normandes. De nombreux indices semblent démontrer que la radioactivité immergée alors, réapparaît[4].

La côte et les plages[modifier | modifier le code]

  • Clonque (fortification/baie)
  • Les Étacs
  • le port
  • La Foulère (Telegraph Bay)
  • Le Braye
  • Burhou
  • Le Longis et la baie du Câtel
  • Les Corblets
  • Havre des Corblets (Arch Bay)
  • Baie de Saye
  • Platte Saline
Le Port du Braye avec le brise-lames James Walker

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Auguste F. Lecanu, Histoire des évêques de Coutances: depuis la fondation de l'évêché jusqu'à nos jours. (lire en ligne) [1]
  2. Annuaire du Département de la Manche, Volume 11 page 384 et 385
  3. Charles G. Cruickshank, L'Occupation allemande des îles anglo-normandes, The Guernesey press, 1975 ISBN 0-902550-02-0
  4. héritage un vieille menace nucléaire se dégrade au fond de la Manche

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Luc (préf. Jean Quellien), Les Déportés de France vers Aurigny (1942-1944), Marigny, Eurocibles, coll. « Inédits & introuvables »,‎ 2010, 288 p. (ISBN 9782354580018, OCLC 668180139)

à lire le roman de Nicolas d'Estienne d'Orves "les fidélités successives".

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]