Transgenre

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Pictogramme des transgenres.

Le terme « transgenre » décrit les personnes dont l'identité de genre (la façon dont ils s'identifient en tant que femme, homme, les deux ou aucun des deux) entre en conflit avec le sexe qu'on leur a assigné à la naissance (masculin, féminin ou intersexué)[1]. Par exemple, un homme transgenre se ressent et s'identifie à un homme bien qu'il soit né avec des organes sexuels féminins tandis qu'une femme transgenre se ressent et s'identifie à une femme bien qu'elle soit née avec des organes sexuels masculins. D'autres encore se définissent comme genderqueer, ou fluides sur l'échelle du genre, c'est-à-dire hors du schéma binaire « homme ou femme ».

Le genre est indépendant de l'orientation sexuelle ; les personnes transgenre peuvent s'identifier comme hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, asexuelles, etc.

Définition, acceptions, usage[modifier | modifier le code]

Drapeau transgenre dessiné par Monica Helms.

Ce néologisme est d'abord apparu au Québec[réf. nécessaire] où la transgenre Micheline Montreuil l'a popularisé tant devant les tribunaux que dans les médias. Il a par la suite fait son apparition en France. Il calque le mot anglais transgender. Au Québec, ce concept est pris en compte par les services sociaux travaillant avec la communauté transgenre[réf. nécessaire] et commencent à intégrer les disciplines académiques.

Dans son sens le plus large, le mot transgenre regroupe plusieurs expressions identitaires dans lesquelles la personne considère que le genre attribué à sa naissance, en fonction des organes génitaux est une description fausse ou incomplète d'elle-même. Selon cette définition, une personne transgenre est donc une personne (qu'elle souhaite être opérée ou prendre des hormones ou non) dont l’identité de genre, l’expression et/ou le comportement sont différents par rapport à ceux qui sont attendus par la société pour les gens de son sexe biologique.

Au sens plus strict, une personne transgenre est une personne qui ne se sent pas appartenir au genre assigné à la naissance mais ne se sent pas non plus appartenir à l'autre genre. Elle peut se sentir homme et femme, homme ou femme selon les moments, ni homme ni femme. Un cas typique serait celui de l'homme qui vit en femme et se considère comme une femme, mais qui ne veut pas se faire opérer pour changer de sexe. Par contre, celui qui désire l'opération mais ne la fait pas pour une raison quelconque sera vu comme femme transsexuelle non opérée.

Principe de définition[modifier | modifier le code]

Militante transgenre, Existrans, Paris, 1er octobre 2005, avec les lettres XY sur sa main.

Relevant d'expressions identitaires, la définition du terme transgenre ne peut se faire qu'en référence à ces expressions, qu'elles prennent la forme d'énoncés ou de pratiques. Celles-ci étant très variées et évolutives on ne peut prétendre les énumérer toutes ni en donner une définition figée. Les identités présentées ci-après, comme relevant des identités transgenres, sont donc nécessairement des repères schématiques.

Identités transsexuelles/transidentitaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transidentité.

Les personnes revendiquant ou affirmant une identité transsexuelle expriment le sentiment profond d'être une femme ou un homme contrairement à l'identité associée à ses organes génitaux (dysphorie de genre). La personne peut ou non avoir recours à des traitements hormonaux ou chirurgicaux visant à mettre en harmonie son corps et son identité. Elle peut avoir aussi recours à la chirurgie de réattribution sexuelle. Bien que dans de nombreux pays l'état de transidentité ne soit reconnu qu'à des personnes ayant eu recours à un traitement hormonal et chirurgical, cette conception est contestée par de nombreux individus et associations d'aide aux personnes transidentitaires. Ces dernières estiment qu'il n'appartient pas à une autorité administrative de décréter quelles interventions sur le corps d'une personne sont nécessaires à la mise en harmonie de son corps et de son identité. Elles réfutent les notions de parcours « complet » ou « partiel » parfois employé pour décrire les interventions dont une personne donnée souhaite bénéficier.

Toutes les personnes transsexuelles affirment une réelle « identité transsexuelle ». Elles considèrent que leur état de « transsexualisme » découle de l'erreur d'assignation faite à leur naissance et prend fin lorsqu'elles arrivent au terme de leur transition. Elles peuvent alors, à la suite d'une opération génitale vivre en harmonie, dans leur identité de toujours, masculine ou féminine.

Identités travesties[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Travestissement.

Les personnes exprimant une identité travestie, ne vivent pas de manière conflictuelle le genre qui leur a été attribué à leur naissance. Elles éprouvent cependant le besoin (souvent irrépressible[réf. nécessaire]) de porter des vêtements et autres signes distinctifs considérés socialement comme étant inappropriés pour leur sexe. Elles considèrent que la part d'elles-mêmes qu'elles expriment à travers cette pratique est constitutive de leur personnalité profonde.

Toutes les personnes pratiquant le travestissement ne revendiquent pas une identité travestie.

Identités transgenres[modifier | modifier le code]

Les termes anglais, marquant l'avancée des Gender Studies de quelques pays anglophones sur leurs homologues francophones, sont souvent utilisés pour définir cette situation particulière refusant le caractère arbitraire de l'assignation binaire. Parmi les désignations les plus fréquentes, on retrouve les termes Gender Fluid, Gender Fucker, GenderQueer, Trigender, Pangender, Androgyne et Intergender[réf. nécessaire].

Au sens large, ces personnes militent pour l’abolition des critères discriminatoires basés sur une conception binaire du genre, et contre l’obligation de stérilisation demandées par les tribunaux pour pouvoir avoir accès à un changement d’état civil. De fait, les discriminations liées aux refus de changement des documents administratifs d’une personne, parce que celle-ci n'entre pas dans une case préétablie, peuvent entraîner les mêmes dérapages que les mentions portant sur l'origine ethnique, la religion, la sensibilité politique ou la caste.

Pourtant, en 2006, les Principes de Jogjakarta sont établis pour la protection des droits humains des transgenres.

Limites et discussions[modifier | modifier le code]

Ces sous-groupes ne sont que des approximations impropres à rendre compte de l'extrême diversité des identités en conflit avec les normes sociales dominantes d'assignation des genres. De plus, ils mélangent les identités des personnes, les parcours et les pratiques qu'elles empruntent pour vivre harmonieusement leurs identités.

Malgré ces limites, une approche par les identités offre l'avantage d'énoncer clairement ce dont elle entend rendre compte. Elle se distingue en cela d'approches prétendument scientifiques qui dissimulent leurs a priori normatifs derrière de fausses catégories objectives (stigmatisantes et/ou pathologisantes) : transsexualisme. En effet, catégoriser les personnes suivant des registres de pratiques ou d'actions ne renvoie que les a priori avec lesquels sont constituées ces catégories, dès lors que ce classement fait l'impasse sur les raisons qui motivent ces pratiques et la signification que les sujets leur attachent.

Usage[modifier | modifier le code]

Le sens le plus répandu du mot transgenre est très large, regroupant des personnes telles que des travestis, des transsexuels, des personnes psychologiquement androgynes, etc. Cependant, certaines personnes transsexuelles récusent le terme transgenre, arguant du fait qu'elles ne changent pas de genre mais changent de sexe.

Presque sans exception, les personnes transgenres préfèrent être nommées selon le genre avec lequel elles s'identifient ou sous lequel elles se présentent plutôt que selon leur sexe biologique - ou le cas échéant celui qui leur a été attribué à la naissance, par exemple dans des cas d'intersexuation. Ainsi, une personne née de sexe masculin, mais qui s'identifie comme étant une femme, préférera l'usage des pronoms et des adjectifs féminins ; pour décrire son orientation sexuelle, elle emploiera le vocabulaire de son genre : hétérosexuelle si elle n'est attirée que par les hommes, lesbienne si elle n'est attirée que par les femmes et bisexuelle si elle attirée par les deux. Il en va de même pour une personne née de sexe féminin, qui se définira hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel. Pour une personne transexuelle, l'usage des pronoms dépend sans exception au genre sexuel d'arrivée.

Rappelons que la transidentité n’est pas reliée à l'orientation sexuelle ; des personnes de diverses orientations sexuelles s'identifient comme étant transgenres[2].

Dans la loi[modifier | modifier le code]

La loi française exige que les personnes transsexuelles soient opérées et rendues stériles afin d'avoir le droit de changer leur état civil[réf. nécessaire].

Évènements[modifier | modifier le code]

  • Marche annuelle Existrans : depuis 1997, début octobre à Paris
  • Festival du film IdentiT, 1re édition en janvier 2008 à Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « GLAAD Media Reference Guide - Transgender glossary of terms », Gay and Lesbian Alliance Against Defamation,‎ mai 2010 (consulté le 24 février 2011)
  2. (fr) « Transgenre : les garçons aussi ont droit aux toilettes des filles – sous condition », Clotilde Lerévérend, Le Journal International, 16 juillet 2013

Essais, études[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]