Inceste

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L’inceste (du latin incestum : « souillure, inceste ») désigne une relation sexuelle entre membres de la même famille et soumise à un interdit. Ce tabou, considéré par l'ethnologue Claude Lévi-Strauss comme un universel présent dans toute société[1], prend cependant différentes formes selon les formations sociales. Il règlemente non seulement la sexualité mais également les mécanismes de filiation et de mariage.

Toute la difficulté réside dans la définition de ce que sont des parents trop proches, c'est-à-dire de la parenté, et il y a de grandes variations selon les sociétés et les époques, et selon les circonstances[Note 1]. Il y a une typologie de l'inceste fondée sur le discours social à propos du degré de proximité et le genre de parenté biologique, imaginaire et symbolique, discours social d'où découle le sentiment incestueux. Il est important de noter à ce propos la distance entre culture et nature puisque des études récentes[2] en Islande, ont montré que les mariages entre cousins du troisième et quatrième degré seraient plus féconds que des mariages entre personnes non apparentées.

Remarque : Le terme peut être employé de manière métaphorique en dehors du champ de la sexualité pour décrire une relation mal venue entre deux personnes ou entités très proches (par exemple deux entreprises).

Typologie de l'inceste[modifier | modifier le code]

La notion d’inceste est variable d’une époque à l’autre et d’un groupe social à un autre. La différence des législations sur l'inceste témoigne de la variation de cette notion, là où elle existe.

L'inceste en droit[modifier | modifier le code]

De façon générale, le droit tend à distinguer l'inceste commis sur un mineur (la majorité légale, et non simplement sexuelle, est retenue en France) et l'inceste commis entre personnes majeures et consentantes.

Par ailleurs, il faut distinguer la criminalisation de l'inceste, c'est-à-dire son appréhension par le droit pénal, et les règles de droit civil régissant le mariage. Nombre de pays s'abstiennent ainsi de criminaliser l'inceste entre personnes majeures et consentantes tout en interdisant le mariage entre proches, par parenté ou filiation. En revanche, l'inceste sur mineur est le plus souvent considéré comme une forme d'agression sexuelle ou, plus spécifiquement, d'abus sexuel sur mineur.

La loi autrichienne[modifier | modifier le code]

§ 211 du code pénal autrichien Blutschande (traduction littérale : déshonneur du sang)
  1. Celui qui accomplit l'acte sexuel avec un parent de ligne droite est à punir d'emprisonnement qui ne dépassera pas un an ferme.
  2. Celui qui séduit une personne, qui est un parent de ligne ascendante ou descendante, à accomplir l'acte sexuel est à punir d'emprisonnement de pas plus de trois ans.
  3. Celui qui accomplit l'acte sexuel avec son frère ou sa sœur est à punir d'emprisonnement de pas plus de six mois.
  4. Celui qui n'a pas atteint l'âge de 19 ans lors du crime n'est pas à punir s'il a été séduit.

[réf. nécessaire]

La loi canadienne[modifier | modifier le code]

L'article 155 du code criminel définit l’inceste comme suit : « Commet un inceste quiconque, sachant qu’une autre personne est, par les liens du sang, son père ou sa mère, son enfant, son frère, sa sœur, son grand-père, sa grand-mère, son petit-fils, sa petite-fille, selon le cas, a des rapports sexuels avec cette personne ».

[réf. nécessaire]

La loi française[modifier | modifier le code]

Le terme d'« inceste » n'était explicitement mentionné, jusqu'en 2010, dans aucun des deux principaux codes (pénal et civil) du droit français, ayant disparu du code pénal après la révolution de 1789. La loi lui a substitué la reconnaissance, comme circonstance aggravante, du fait qu'une agression sexuelle, une atteinte sexuelle ou un viol sur un mineur soit commis par un parent ou tuteur (« ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime »), l'inceste étant ainsi pris en compte de façon spécifique, au-delà du seul cas de la contrainte qui servait auparavant à punir celui-ci.

Par ailleurs, le Code civil interdit, depuis 1804, le mariage entre personnes dont les liens de parenté vont jusqu'au troisième degré. Ceci inclut plusieurs cas de figure [3]:

  • en ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants, et les alliés de la même ligne (article 161 du code civil);
  • en ligne collatérale, le mariage est prohibé entre le frère et la sœur, qu’ils aient deux parents communs ou un seul (article 162 du code civil);
  • le mariage entre l'oncle et la nièce ou le neveu, la tante et le neveu ou la nièce, grand-oncle et petite-nièce, n’est possible qu’avec une dispense du président de la République (article 163 du code civil);
  • le mariage entre beau-père et bru, belle-mère et gendre est prohibé depuis le Code Napoléon. Cependant :
    • si le mariage initial a été dissous par divorce, le remariage avec le beau-père ou la belle-mère est rigoureusement interdit ; au Royaume-Uni, un acte de dispense du Parlement peut lever cet interdit. La Cour européenne des droits de l'homme a eu à connaître d'une telle affaire en 2005, et a condamné le Royaume-Uni pour violation de l'art. 12 de la Convention (droit au mariage) alors même que la procédure de dispense n'avait pas été engagée[4].
    • en France, un tiers ne peut annuler un tel remariage qu'après le décès de l'un des époux (article 187 du code civil) mais avant un délai de prescription de 30 ans (article 184 du code civil). Cependant la cour de cassation a considéré le 4 décembre 2013, qu'un tel délai de 30 ans était incompatible avec l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et lui a préféré le délai de 20 ans [5]
    • si ce mariage a été dissous par le décès d’un des conjoints, ce remariage est soumis à une dispense du président de la République (art. 164-1, qui existe depuis 1938) ;
  • le mariage entre beaux-frères et belles-sœurs, dont l'interdiction était prévue dans le Code Napoléon, est autorisé depuis la loi n° 75-617 du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce.

Néanmoins, le mariage entre cousins germains est parfaitement légal.

« S'il existe entre les père et mère de l'enfant un des empêchements à mariage prévus par les articles 161 et 162 pour cause de parenté, la filiation étant déjà établie à l'égard de l'un, il est interdit d'établir la filiation à l'égard de l'autre par quelque moyen que ce soit. »

— Article 310-2 du Code civil français sur Légifrance

Le Code civil interdit ainsi l’adoption d’un enfant né d’un inceste par son père biologique, si ce père est le frère ou le parent en ligne directe de la mère. Cette disposition permet de ne pas reconnaître la parenté conjointe des incestueux. La Cour de cassation l'a confirmé dans sa jurisprudence (arrêt du 6 janvier 2004).

Le 26 janvier 2010, l'Assemblée nationale a adopté définitivement une proposition de loi mentionnant spécifiquement l'inceste commis sur les mineurs, qui était jusqu'ici considéré comme une circonstance aggravante des crimes et délits sexuels. Les groupes UMP et du Nouveau Centre (NC) ont voté pour cette proposition de loi, tandis que le groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) et celui de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) se sont abstenus, estimant la proposition de loi « insuffisante ». Ce texte, présenté par la députée Marie-Louise Fort (UMP), prévoit l'inscription de la notion d'inceste dans le code pénal et dispose que les viols et agressions sont qualifiés d'incestueux lorsqu'ils sont commis « au sein de la famille sur la personne d'un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s'il s'agit d'un concubin d'un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ».

La loi no 2010-121 du 8 février 2010 « tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux » [6] a cependant été critiquée par certains juristes, dont Emmanuelle Alain, qui s'interrogeait sur la pertinence d'ajouter au Code des dispositions spécifiques à l'inceste qui pourtant ne créent aucune nouvelle infraction ni de nouvelles circonstances aggravantes par rapport au droit antérieur, s'apparentant à un simple changement sémantique sans modification sur le fond [7].

Par une décision du 16 septembre 2011, le Conseil Constitutionnel déclare l'article 222-31-1 du Code Pénal relatif à l'inceste contraire à la constitution (au regard du principe de légalité des délits et des peines bafoué par la définition trop générale de la disposition « membres de la famille ») et abroge cet article à la suite d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC)[8].

Repérage et signalement[modifier | modifier le code]

Les maltraitances sexuelles intrafamiliales sur le mineur ont des répercussions à court et long terme sur sa santé (psychologique, physique, bien être psycho-social). Il y a donc un enjeu autour du repérage précoce des cas. Les professionnels de santé en tant qu'acteurs de proximité peuvent permettre de reconnaître les signes d’une maltraitance sexuelle ainsi que les situations à risque pour un enfant. À la demande de la Direction générale de la santé, la Haute Autorité de santé a donc publié en mai 2011 une recommandation de bonne pratique sur le Repérage et signalement de l'inceste par les médecins : reconnaître les maltraitances sexuelles intrafamiliales chez le mineur qui vise notamment à faire mieux connaitre la réglementation sur l'inceste par les professionnels de santé et à rendre le signalement plus rapide pour une prise en charge efficace des cas d'inceste.

La loi italienne[modifier | modifier le code]

Le code pénal italien établit (art. 564) la réclusion de un à cinq ans pour ceux qui commettent l'inceste avec un descendant, un ascendant, ou un parent affilié en ligne directe (i.e. un frère ou une sœur). Si l'inceste est commis par une personne majeure envers un mineur, la peine est augmentée pour la personne majeure. Le parent (père ou mère) condamné pour inceste perd la tutelle légale du mineur et peut subir un divorce non consensuel. La relation incestueuse (rapport continuatif) est une circonstance aggravante. Le code civil italien interdit le mariage entre consanguins.

[réf. nécessaire]

La loi suisse[modifier | modifier le code]

L'article 213 du code pénal Suisse (livre deuxième, titre sixième) condamne clairement l'inceste en ces termes :

  1. L’acte sexuel entre ascendants et descendants, ou entre frères et sœurs germains, consanguins ou utérins, sera puni de l’emprisonnement.
  2. Les mineurs n’encourront aucune peine s’ils ont été séduits.

En 2011, le gouvernement suisse souhaite lever l’interdiction de l’inceste dans le cadre de la révision du droit pénal et de la procédure d’harmonisation des peines[9],[10]

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis l’Égypte pharaonique et encore récemment dans certains pays comme le Pérou pour la famille des Incas, il était fréquent, dans la noblesse, de se marier et d’avoir des enfants avec un membre plus ou moins éloigné de sa famille. Ces mariages consanguins avaient, au moins, différents sens plus ou moins liés :

  • une imitation de caractéristiques divines (Osiris, époux de sa sœur Isis) ;
  • une manifestation de puissance (non asservissement aux règles ordinaires) ;
  • une concentration de légitimité, assurant aux descendants un maximum d’ancêtres royaux, tout en excluant les autres familles de ces caractéristiques du lignage et, par là, une limitation des risques politiques.

Cette tradition disparaît peu à peu : l’empereur actuel du Japon est le premier de sa dynastie à être marié à une femme ne faisant pas partie de sa famille.

Dans la Rome antique, la violation du serment de chasteté par les vestales était taxée d'incestus et, considérée comme un crime inexpiable, généralement puni par la mort de la coupable, condamnée à être enterrée vivante. Quant à son séducteur, il était fouetté jusqu'à ce que mort s'ensuive… Mais tous les incestes ne méritaient pas le même sort. Ainsi, l'empereur Caligula avait une probable relation incestueuse avec sa sœur Julia Drusilla. Même si les contemporains pensaient que le frère et la sœur étaient des amants, rien ne confirme qu’ils aient eu vraiment des relations sexuelles. Drusilla n’avait pas une très bonne réputation compte tenu des liens étroits qui l’unissaient à Caligula. Certains érudits, dans leur tentative pour jeter le discrédit sur la vie privée de Caligula, ont utilisé le terme de prostituée à son égard[11]. Bien que présenté comme une exigence du peuple de Rome, le remariage de son oncle, l'empereur romain Claude avec sa nièce Agrippine la Jeune était clairement considéré comme incestueux. Pour apaiser les dieux, on s'adonna à quelques rites purificatoires, et le mariage finit par être accepté.

Au Moyen Âge, la parenté spirituelle comptait aussi pour définir l’inceste : toute union parrain-filleule ou marraine-filleul était ainsi prohibée, mais aussi toute union entre un parent (père ou mère) et le parrain ou la marraine de l’un de ses enfants. Dans l'église de Byzance les prêtres pouvaient se marier, mais ne pouvaient pas épouser quelqu'un qu'ils avaient baptisé; pour la même raison on abandonna l'habitude pour les parents de parrainer leur enfant au baptême et on commença à chercher une personne extérieure à la famille. L'empereur Justinien fut le premier à donner une vision chrétienne dans la législation sur l'inceste dans son Code (529 après J-C). À partir de Byzance, cette vision chrétienne, dans la législation sur l'inceste; arrivèrent dans l'Europe occidentale. La législation la plus sévère fut probablement celle des rois Wisigoths, qui prévoyait la séparation immédiate du couple et l'entrée dans une congrégation religieuse. Le Penitential of Cummean, document ecclésiastique irlandais du VIIe s., ordonne trois ans de pénitence pour ceux qui commettent inceste avec leur mère, tandis que le Penitential of Theodore, document anglo-saxon de la même époque, ordonne quinze ans[12]. Chez les Francs, les Capitulaires de Charlemagne prévoient la peine capitale pour ceux qui commettent le péché de bestialité, d'inceste ou de sodomie [13].

L'interdit fut enlevé par les révolutionnaires de 1789, qui considéraient que la sexualité est une affaire intime et que l’État n’a rien à faire dans les orientations sexuelles.

La prohibition de l'inceste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prohibition de l'inceste.

L’inceste est souvent considéré comme criminel, tombant sous un interdit social et pénal et puni par la loi, surtout lorsqu'il est commis sur un mineur sexuel. Dans ce dernier cas, l’inceste a souvent de lourdes conséquences pour la victime — certains parlent de meurtre psychique — dans son développement psychologique, psychoaffectif et psycho-sexuel. Le caractère de cet interdit a considérablement varié selon les sociétés et les époques mais toujours a existé une loi structurante qui réglemente les unions entre les êtres.

Dans la Torah[modifier | modifier le code]

Dans la Torah, la prohibition de l'inceste est longuement détaillée au chapitre 18 du Lévitique (parasha A'harei).

  • « Nul de vous ne s’approchera de sa parente, pour découvrir sa nudité »
  • « Nul ne prendra femme, la femme de son père et ne soulèvera la couverture du lit du père »

Mais dans la Genèse, avant la promulgation de la Loi, plusieurs épisodes traitent de cas d'inceste (voir la section "L'inceste dans les mythes"):

L’inceste est traité dans le Talmud avec les deux autres interdits : l’idolâtrie et le meurtre.

Dans le droit canon[modifier | modifier le code]

Dans le droit canon, la prohibition de l’inceste s’étend à des degrés qu’il faut respecter : troisième degré inclus en ligne directe, jusqu’au deuxième en ligne collatérale. Les peines se diversifiaient allant en cas d’inceste père et fille, mère et fils jusqu’à celle du feu. Pour le moins, le coupable était excommunié et dans l’incapacité de se marier. La peine capitale était aussi acquise en cas d’inceste spirituel (entre un confesseur et sa pénitente) regardé comme un sacrilège.

Dans le Coran[modifier | modifier le code]

L'islam interdit en ligne directe le mariage entre ascendants et descendants indéfiniment. En ligne collatérale, l'interdiction touche les frères et sœurs, nièces et oncles, neveux et tantes. Néanmoins, le mariage est permis entre cousins. Les prohibitions résultant de la parenté du lait sont les mêmes que celles de la parenté ou de l'alliance mais seul l'enfant allaité[14] est considéré comme enfant de la nourrice et de son époux, à l'exclusion de ses frères et sœurs.

Le coran a bien décrit les femmes avec lesquelles le mariage est prohibé pour les musulmans, à la sourate Annissaa (IV) verset 22-23 :

« Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage ; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part ; les femmes de vos fils nés de vos utérus ; de même que deux sœurs réunies — exception faite pour le passé[15]. Car vraiment Dieu est pardonneur et Miséricordieux. »

Il autorise Mahomet à épouser les filles de ses oncles et tantes, soit ses cousines, car celles si ne sont pas mentionnées dans le verset 22-23 de la sourate Annissaa (IV), toutes les femmes captives ou esclaves, ainsi que les femmes qui s'offrent à lui pour le mariage :

« Ô Prophète ! Nous t'avons rendu licites tes épouses à qui tu as donné leur mahr (dot), ce que tu as possédé légalement parmi les captives [ou esclaves] qu'Allah t'a destinées, les filles de ton oncle paternel, les filles de tes tantes paternelles, les filles de ton oncle maternel, et les filles de tes tantes maternelles, - celles qui avaient émigré en ta compagnie, - ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, pourvu que le Prophète consente à se marier avec elle : c'est là un privilège pour toi, à l'exclusion des autres croyants. Nous savons certes, ce que nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et des esclaves qu'ils possèdent, afin qu'il n'eût donc point de blâme contre toi. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (Sourate 33 Al-Ahzab (Les coalisés), 50) »

La parenté adoptive ne compte pas en islam, Mahomet a épousé Zyneb :

« Quand tu disais à celui qu'Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l'avais comblé : « Garde pour toi ton épouse et crains Allah », et tu cachais en ton âme ce qu'Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c'est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eut cessé toute relation avec elle, nous te la fîmes épouser, afin qu'il n'y ait aucun empêchement pour les croyants d'épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d'Allah doit être exécuté. (Sourate 33 Al-Ahzab (Les coalisés), 37) »

L'interdit universel de l'inceste[modifier | modifier le code]

En général, on rencontre durant toute l’histoire de l’humanité, et cela dans des communautés culturelles très diverses, des interdits très sévères concernant l’inceste. Ce tabou est, à peu de choses près, universel. Des anthropologues réfutent cette prétention à l'universalité de ce tabou majeur et Bronisław Malinowski, avec ses Argonautes du Pacifique, s'est rendu célèbre en soutenant qu'il n'y a pas de « complexe d'Œdipe » pour la population des îles Trobriand et en conséquence pas d'idée d'inceste générée par le discours social.

Différentes théories ont tenté d’expliquer la quasi-universalité de l’interdit de l’inceste :

Théories biologiques finalistes[modifier | modifier le code]

On invoque souvent les risques biologiques liés à la consanguinité pour justifier le tabou de l'inceste. Or les civilisations dites primitives, sans connaître les théories modernes de la génétique, pratiquaient déjà de façon empirique la reproduction consanguine d'espèces animales et végétales pour renforcer certains caractères souhaitables: qualité de la viande des animaux consommés, robustesse ou rapidité des chevaux, qualités nutritives des céréales, etc. De ce point de vue, la consanguinité était plutôt perçue comme un avantage. Actuellement, on sait que les unions consanguines augmentent le risque d'expression des gènes récessifs éventuellement présents dans le génotype. Pour prendre l'exemple d'une fille qui aurait pu hériter d'un gène récessif et non exprimé de sa grand-mère maternelle, il existe effectivement un léger risque d'expression de ce gène en cas d'union avec un frère, et un risque absolument nul en cas d'union avec le père biologique. Enfin, les traditions totémiques n'interdisaient pas spécifiquement les unions consanguines mais les unions à l'intérieur de la tribu totémique qui comporte des individus sans lien de parenté biologique, tout en autorisant des unions dans la tribu voisine qui peut comporter, surtout dans des ethnies vivant sur des aires géographiques limitées, des risques non négligeables de consanguinité. Plus proche de nous, l'interdiction de s'unir à un beau-frère, belle-mère etc. c'est-à-dire une personne dont la parenté est établie non pas biologiquement mais par alliance, n'a aucun fondement génétique. C'est donc bien à tort que l'on invoque la génétique pour fonder le tabou de l'inceste, quel que soit l'état des connaissances anciennes ou actuelles.

L’inceste entraînerait un danger biologique pour des individus de l'espèce appartenant à des familles présentant un risque d'expression de maladies génétiques. Ces théories mettaient l’accent sur les dangers des mariages consanguins, dangers signalés effectivement par les généticiens modernes (risque d’extériorisation des maladies génétiques récessives sur les premières générations). Néanmoins, après plusieurs générations, l'inceste aurait pour effet de réduire considérablement les risques d'expression de maladies génétiques rares dans le cas où ces maladies diminuent le taux de reproduction. Il est donc faux, contrairement aux idées reçues, de dire que l'inceste est dangereux pour l'espèce sur un long terme. Cependant, sur les premières générations, l'inceste garde un effet néfaste, raison pour laquelle il reste, médicalement parlant, un danger.

[réf. nécessaire]

Théories biologiques efficientes[modifier | modifier le code]

Dans ce type d’explication, l’interdit naîtrait de l’horreur instinctive, naturelle de l’inceste fondée sur la « voix du sang » (voir Effet Westermarck).

Théories psychanalytiques finalistes[modifier | modifier le code]

Avec Freud, on inscrit l'interdiction de l'inceste directement dans l’ordre du désir et de la loi. Dans la dynamique familiale, en effet, c'est « le père qui dresse son opposition face au désir incestueux des fils pour la mère »[réf. nécessaire]. Mais « le complexe d'Œdipe n'est pas réductible à une situation réelle, à l'influence effectivement exercée sur l'enfant par le couple parental »[réf. nécessaire]. Il tire son efficacité de ce qu'il travaille aussi au niveau symbolique en faisant intervenir « une instance interdictrice qui barre l'accès à la satisfaction naturellement cherchée »[réf. nécessaire]. Alors sur le plan psychanalytique freudien, le tabou de l'inceste représente la résultante de pressions sociales intériorisées aboutissant au refoulement de l'ambivalence sexuelle envers la parenté proche. La prohibition est donc jugée comme nécessaire au maintien de la hiérarchie entre générations, de la discipline et de la cohésion familiale ainsi que pour éliminer tensions, jalousies et compétitions, toujours au sein de la famille.

[réf. nécessaire]

Anthropologie[modifier | modifier le code]

Les ethnologues considèrent souvent que la prohibition de l’inceste est commune à tout ce qui n’est pas aristocratie dans les sociétés humaines (d’où l’exception des pharaons, l’endogamie des souverains d’Europe, etc.).

Selon Claude Lévi-Strauss, l'interdit de l'inceste fonde la société humaine car il oblige les hommes à nouer des relations avec des étrangers. Du fait de cet interdit, les hommes ne peuvent en effet fonder de famille avec leurs sœurs et doivent donc trouver des femmes hors de leur communauté. Claude Lévi-Strauss voit dans l'inceste l’articulation entre nature et culture, le fondement social. Le message n’est pas selon lui « N’épouse pas ta sœur », mais bien plutôt : « Donne ta sœur en mariage à ton voisin ».

L’exogamie serait selon lui à la base des échanges et des alliances entre groupes sociaux, leur permettant de s’affirmer en tant que tels. La prohibition de l’inceste serait alors le fondement de l’exogamie en interdisant l’endogamie (dont les limites varient fortement d’une société à l’autre) et le tabou de l’inceste serait alors une construction sociale destinée à défendre l’exogamie en tant que fondement de la société.

Cette approche a toutefois été vivement contestée par certains ethnologues (voir prohibition de l'inceste). Ainsi, pour Edward Westermarck, on ne peut réduire l'évitement de l'inceste à un tabou non plus qu'à une construction sociale : il s'agit d'une véritable option biologique, inscrite dans notre patrimoine génétique, comme l'explique l'effet Westermarck.

Les couples incestueux unis dans le consentement mutuel entre adultes et non-mariés ne sont pas toujours prohibés par la loi (en France, le mariage avec un degré de parenté inférieur à celui de cousins germains demande une dispense), mais le sont généralement par les mœurs.

Malgré l’interdit qui l’accompagne et que Freud croyait universel, l’inceste reste un phénomène non marginal. Lorsqu’il concerne un enfant (mineur sexuel) et un adulte de la même famille, il peut s’effectuer - mais pas nécessairement - dans un contexte d’abus sexuel, accompagné de secret et de culpabilité qui pèsent lourdement sur les victimes du tabou - ou de violence effectuée sous forme de pression.

L’inceste dans les mythes[modifier | modifier le code]

  • Dans la Bible
    • les Filles de Loth (Genèse 19, 30-38), après la mort de leur mère, enivrent leur père pour perpétuer sa lignée ;
    • Abraham épousa sa demi-sœur Saraï (Genèse 12 et 20);
    • fils-concubine du père : Ruben et Bilha (Genèse 35, 22)
    • Amnon se lie à sa demi-sœur Tamar.
  • Dans la mythologie de l’Égypte antique, une grande partie des unions divines était incestueuse. Par exemple, dans la grande Ennéade d’Héliopolis, les couples Chou-Tefnout, Geb-Nout, Osiris-Isis et Seth-Nephtys sont tous des couples frère-sœur. Le mythe du frère-époux était très tenace.
  • Dans la mythologie gréco-romaine, Zeus/Jupiter est marié avec sa sœur Héra/Junon.
    • Parmi les mythes grecs celui d’Œdipe qui sans le savoir tue son père Laïos et épouse sa mère Jocaste.
    • Théias roi d'Assyrie est objet de passion de sa fille qui réussit à coucher avec son père qui ignore avec qui il couche, pendant douze nuits. De cette union naît Adonis. (rapporté par Pseudo-Apollodore 3.14.4) Adonis est aussi considéré fils de Cyniras et de sa fille Myrrha, le fondateur de la ville de Paphos à Chypre, et Ovide raconte le récit avec lui à la place de Théias. (Les Métamorphoses 10.297)
  • Dans nombre versions de la légende Arthurienne, Mordred est né de l'inceste entre Arthur Pendragon et sa demi-sœur Morgane (ou sœur selon les versions).

Cas d’incestes historiques[modifier | modifier le code]

Œuvres de fiction traitant de l’inceste[modifier | modifier le code]

  • Ada ou l'ardeur de Nabokov (1969), où les officiellement cousins Van Veen et Ada Veen vont découvrir, après de nombreuses relations incestueuses, qu'ils sont en fait frère et sœur.
  • Angel Sanctuary, de Kaori Yuki, manga publié au Japon de 1994 à 2000 en 20 volumes, racontant l'histoire de Setsuna Mudô, seize ans, qui est follement amoureux de sa sœur Sara. À cause des règles sociales, il vit très mal cet amour interdit. Sa situation se complique quand interviennent deux démons, Kouraï et Arachnée, qui lui apprennent qu'il est la réincarnation de l'ange organique Alexiel, qui autrefois se dressa contre Dieu.
  • Angels & Insects, film de Philip Haas, sorti en 1995, tiré d'un roman d'Antonia Susan Byatt.
  • Anna, soror de Marguerite Yourcenar en 1981
  • Blesse, ronce noire de Claude Louis-Combet, publié en 1995 : Récit d'une relation incestueuse entre un frère et une sœur.
  • Boku wa imōto ni koi wo suru, de Aoki Kotomi, manga publié au Japon de 2003 à 2005 en 10 volumes, narre l'histoire de deux jumeaux : une fille et un garçon qui tombent amoureux l'un de l'autre. Les jumeaux par principe se ressemblent beaucoup, toujours collés ensemble on ne peut imaginer l'un sans l'autre, pourtant, dans la famille de Iku, son frère est son total opposé, plus précisément ils se complètent l'un à l'autre. L'attitude de Yori n'a pourtant plus rien à voir avec le temps de l'enfance, il est froid, distant et ne cesse de traiter sa sœur de stupide, Iku ne se doute pas que tout ceci est une façade pour couvrir la réalité de ses sentiments envers sa propre sœur. Au départ désemparée, Iku va accepter les sentiments de son frère, ne voulant en aucun cas le perdre. Cependant celui-ci veut qu'elle l'aime non pas comme son frère, mais comme un homme. Très vite, elle va aussi faire face à ses sentiments et avouer l'inavouable, quitte à ce que cette relation les déchire et les sépare…
  • Bruits d'amour de Jacques Otmezguine
  • Cement garden d'Andrew Birkin film produit en 1992 : relation incestueuse entre un frère et une sœur, survenue à la suite de la mort de leurs parents
  • Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, retrace l'histoire la famille Buendia sur plusieurs générations, commençant par le couple José Arcadio Buendia et Úrsula Iguarán, deux cousins éloignés. Ceux-ci, sous l'influence des légendes locales, ont peur d'engendrer de par leur union des enfants à queue de cochon.
  • Cette sale terre de Andrew Kotting sorti en 2004
  • Comte Cain/GodChild, de Kaori Yuki, manga, racontant l'histoire du Comte Caïn Hargreaves, né de l'inceste de son père Alexis sur sa sœur Augusta. Elle finira par en devenir folle, ce qui la poussera au suicide provoquant une haine et un mépris profond de Alexis envers Caïn. Celui-ci craint de devenir comme son père car il tombe amoureux de sa cousine Suzette. Il est dit plusieurs fois qu'il est facile de voir qu'il est né d'un inceste à cause de la couleur verte mordorée de ses yeux.
  • Dommage qu'elle soit une putain, pièce de théâtre de John Ford
  • Fatale de Louis Malle, sorti en 1992 : le frère se suicide par amour pour sa sœur.
  • Festen sorti en 1998, réalisé par Thomas Vinterberg, un proche du réalisateur Lars von Trier, montre comment l'inceste émerge dans une famille très convenable où le père de famille a largement abusé de sa fille et de son fils pendant de longues années
  • Flower of Evil de Lee Hyeon-Sook, narre l'obsession amoureuse d'une jeune fille pour son frère jumeau. Le manhwa maintient un certain temps l'ambigüité sur le fait que son frère soit ou non amoureux de sa sœur bien qu'il soit évident que leur attachement l'un pour l'autre est profond.
  • Flowers in the Attic adapté par Jeffrey Bloom d'un livre de 1979 de Virginia C. Andrews sorti en 1987
  • Le Trône de fer Série TV depuis 2011, adaptation de la série de romans Le Trône de fer / La grande polémique sur les origines de la lignée de la reine Cersei Lannister, en relation incestueuse avec son frère jumeau, Jaime Lannister. Les Targaryen qui ont régné sur le continent de Westeros durant près de 300 ans, descendant de Valyria ont pour tradition de se marier entre frères et sœurs afin de préserver la pureté de leur sang.
  • Geminis de l'argentine Albertina Carri.
  • Gladiator de Ridley Scott sorti en 2000, où le fils de Marc-Aurèle, Commode, entretient une relation à forte connotation incestueuse avec sa sœur Lucilla, et désire l'épouser afin d'avoir une descendance de "sang pur"
  • Harry+Max film racontant l'histoire de Harry et Max, deux frères "Teen Idol" qui vivront une relation incestueuse.
  • Incendies, de Wajdi Mouawad, raconte l'histoire d'un fils enlevé à sa mère, qui devient tortionnaire dans la prison où sa mère est incarcérée, la torture et la viole sans savoir qui elle est. Leurs deux jumeaux partent à la recherche de leur passé et découvrent la vérité.
  • Innocents - The Dreamers de Bernardo Bertolucci sorti en 2003
  • Ken Park de Larry Clark sorti en 2003 avec un mariage père-fille et un inceste mère-fille par procuration (la mère couchant avec le copain de sa fille)
  • Koi Kaze, de Motoi Yoshida, manga publié au Japon de 2002 à 2004 en 5 volumes, narre la rencontre de Nanoka, une lycéenne de 15 ans, et Kōshirō, son frère âgé de 27 ans, se retrouvant après une dizaine d'années de séparation. L'une ne connaît son frère que par des récits et n'a fait qu'embellir son image attendant avec impatience de pouvoir le rencontrer, l'autre vient juste de perdre sa copine et il n'a de souvenir de sa sœur que lorsqu'elle était toute petite.
  • La fleur du mal de Claude Chabrol
  • La Luna de Bernardo Bertolucci sorti en 1979
  • La Machine infernale de Jean Cocteau
  • La série de films Massacre à la tronçonneuse♙met en scène la famille Sawyer, dont certains membres sont issus de relations consanguines.
  • La Mort arc-en-ciel de Caroline Girard, roman contant les relations incestueuses entre une sœur et ses deux frères.
  • La Mort de Blanche-Neige de Jeanne Cordelier, Stock 1993
  • La Passion Béatrice de Bertrand Tavernier sorti en 1987
  • La Princesse et le Pauvre de Lamberto Bava, téléfilm merveilleux. Dans ce conte, le Prince Migal, frère du Roi Hamil, veut épouser sa nièce la Princesse Mirabella, héritière légitime du trône, afin de devenir roi à la place de son frère aîné. Plus tard, un mage maléfique désire épouser sa fille pour avoir une puissante descendance de sorciers. Par ailleurs, au fil des révélations, on peut considérer qu'un frère et une sœur (nés de la même magie) ont vécu une histoire d'amour ensemble.
  • La Reine Margot de Patrice Chéreau (1994). Le film évoque nettement les relations incestueuses entre Marguerite de Valois et ses frères.
  • La Rhétorique des culs de Pierre Guéry (2011), roman qui narre l'initiation sexuelle, dans une famille nombreuse, du plus jeune des garçons par l'ensemble de ses frères, puis le viol régulier de celui-ci par l'aîné. Outre le caractère homosexuel de l'inceste dans la fratrie, le livre pose à rebours la délicate question du consentement.
  • L'agneau carnivore de Agustín Gómez-Arcos, narrant la passion amoureuse entre deux frères dans une famille bourgeoise espagnole sous la dictature de Franco, de leur petite enfance jusqu'à l'âge adulte. Le roman relate aussi les relations familiales atypiques et surtout le désamour entre le narrateur et sa mère, relation qui est d'ailleurs le pilier de l'histoire. Y est aussi relaté le poids de l'Église dans l'Espagne de cette époque.
  • Le Crayon de papa de Ian Soliane publié en 2004
  • Le Dieu des Petits Riens d'Arundhati Roy, où un couple de jumeaux bisexués accomplissent la promesse faite à leur mère de s'aimer toujours.
  • Le Pacte des loups de Christophe Gans sorti en 2001 viol d'une sœur (Marianne de Morangias) par son frère (Jean-François de Morangias).
  • Le Parrain III (Il Padrino), sorti en 1990 réalisé par Francis Ford Coppola, inceste entre Mary Corleone (Sofia Coppola) et Vincenzo Mancini (Andy Garcia) : relation entre cousins
  • Le Souffle au cœur film de Louis Malle sorti en 1971
  • L'Épi monstre de Nicolas Genka (inceste père-fille).
  • Les Bienveillantes, de Jonathan Littell, publié en 2007 et prix Goncourt grand prix du Roman de l'Académie française de cette même année, avec un inceste frère-sœur (Max et Uma). Ceux-ci ont même des enfants (Tristan et Orlando) bien que le narrateur (le frère, Max, un nazi SS homosexuel et sadique qui, lorsqu'il se fait posséder, « devient » en quelque sorte sa sœur) ne semble pas s'en douter. Dans le livre, Uma, la sœur, est mariée avec un aristocrate prussien invalide de guerre et dont on comprend assez vite qu'il est impuissant. Le livre est en fait une métaphore du mythe d'Oreste, probablement amoureux de sa sœur, elle-même mariée à un paysan à qui elle demande de pouvoir conserver sa virginité après le mariage. Le titre fait également probablement écho aux érinyes, divinités grecques surnommées « les bienveillantes » avec une certaine ironie, puisqu'elles poursuivaient jusqu'à la mort les coupables de crimes familiaux (dont Œdipe ou Oreste).
  • Les Blessures assassines, sorti en 2000 réalisé par Jean-Pierre Denis, relatant un fait divers impliquant deux sœurs ayant une relation incestueuse
  • Les Chambres de bois, Anne Hébert. Il s'agit d'un inceste frère/sœur. Le frère tente de se marier, tandis que sa sœur collectionne les hommes. La jeune épouse du frère comprend bientôt le lien indéchirable entre son mari et sa sœur. C'est pour elle la chute, avant la renaissance.
  • Les Enfants terribles de Jean Cocteau
  • Les Exploits d'un jeune Don Juan, Guillaume Apollinaire narre les conquêtes d'un jeune don Juan qui séduit de nombreuses femmes dont certaines de sa famille. Le roman a été adapté au cinéma en 1987 par Gianfranco Mingozzi sous le même titre.
  • Les jeunes mariées arrivent de Emir Kusturica sorti en 1979
  • Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre
  • L'Hôtel New Hampshire de John Irving sorti en 1981
  • L'Inceste de Christine Angot (1999)
  • L'Inceste (My lover, my son), film de John Newland sorti en 1970 avec Romy Schneider
  • Niaye court-métrage du Sénégalais Ousmane Sembène sorti en 1964
  • Old Boy de Park Chan-wook
  • On ne meurt que deux fois de Jacques Deray
  • Peau d'Âne de Charles Perrault
  • Phèdre de Jean Racine (1677)
  • René de Chateaubriand en 1802 (extrait du génie du Génie du Christianisme) : pour échapper à sa passion pour René, sa soeur s'éloigne de lui
  • Scarface de Brian De Palma (1983). Tony Montana, personnage principal du film, incarné par Al Pacino, éprouve des sentiments ambigus pour sa sœur Gina (Mary Elizabeth Mastrantonio).
  • Sinners, un film précurseur de The Magdalene Sisters et qui traite surtout de la question des pénitentes, ces filles-mères envoyées dans des couvents en Irlande, et qui y subissaient les mauvais traitements des sœurs. Le film montre le parcours d'une jeune fille orpheline qui tombe enceinte de son frère et qui est envoyée pour cela dans un couvent par sa famille (sa tante) pour éviter le scandale tandis qu'on s'arrange pour marier le frère avec une autre femme, choisie par la famille. Il n'est jamais dit explicitement que le père du bébé est le frère de l'héroïne mais le spectateur le comprend assez vite car c'est habilement suggéré.
  • Sitcom de François Ozon sorti en 1998
  • Six Feet Under
  • Star Wars de George Lucas (baiser incestueux involontaire entre Luke et Leïa, les deux personnages ignorant leur lien de parenté au moment de l'action)
  • The Quiet de Jamie Babbit (2005)
  • The War Zone premier long-métrage de l'acteur Tim Roth sorti en 1999
  • Time Enough for Love de Robert A. Heinlein (1973)
  • Tonton t'a-t-il ôté ta toux, 2002, de Loïc Silliau et Julien Benazerah.
  • Twin Peaks: Fire Walk with Me de David Lynch, 1992. Père incestueux qui viole sa fille.
  • Viridiana de Luis Buñuel Palme d'Or du Festival de Cannes 1961 avec un viol oncle-nièce
  • Visitor Q film japonais de Takashi Miike sorti en 2001
  • Volver de Pedro Almodóvar sorti en 2006
  • Women in film de Bruce Wagner
  • Confidence africaine de Roger Martin du Gard
  • Deux livres adaptés au cinéma avec Isabelle Huppert dans le rôle principal : La Pianiste (1983) de Elfriede Jelinek, prix Nobel, réalisé au cinéma par Michael Haneke en 2001 (inceste fille-mère) et Ma mère tiré du roman de Georges Bataille (1966, posthume) mis à l'écran par Christophe Honoré en 2004 (inceste mère-fils).
  • La petite fille qui cachait les tours roman de Dominique Agostini (2008)
  • Le jeu vidéo Drakengard (Drag-on dragoon en version originale) met en scène une jeune femme Furiae, censée être la réincarnation d'une déesse et donc être d'une pureté absolue mais entretenant en secret un amour incestueux vis-à-vis de son frère et héros du jeu, Caim. La prêtresse d'un culte sombre prendra un malin plaisir à l'accabler devant Caim. Elle l'accusera d'avoir échoué dans son rôle de déesse tant elle est pervertie et salie par cet amour interdit. Regardant son frère qui détourne son regard, horrifié par le désir répugnant qu'elle éprouve à son égard, Furiae, blessée par cette réaction et face à ces propres désirs, se suicidera.
  • Le téléfilm Byron (2003), de Julian Farino (en), relate les aventures incestueuses de Lord Byron avec sa sœur Augusta[16].
  • Os Maias de Eça de Queiroz publié en 1888.
  • Pleine lune de Igor Minaiev
  • Secret de Yojiro Takita sorti en 1999.

Chansons portant sur l'inceste[modifier | modifier le code]

  • La chanson « L'Aigle noir » de l'artiste Barbara évoque l'inceste qu'elle a subi enfant par son père[17]
  • La chanson « Lettre pour sauver une enfant anonyme » de l'artiste québécoise, Joe Bocan
  • La chanson « Mon frère » de l'artiste québécoise France d'Amour porte sur la question de l'inceste.
  • La chanson « Lemon incest » de Serge et Charlotte Gainsbourg évoque l'amour d'un père pour sa fille en utilisant le mot "inceste" plutôt par provocation que dans le sens plein du terme.
  • La chanson « La blessure » de Chicane. L'histoire d'une fille violée par son père quand elle est jeune et qui a peur pour sa propre fille.
  • La chanson «Spiel mit mir » de Rammstein évoque les relations sexuelles entre frères.
  • La chanson « Daddy » de Korn évoque le viol d'un père sur son enfant[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. la Bible, par exemple prohibe l'inceste non pas de manière générale mais en énonçant une suite de relations interdites (voir : Lv 20:14 et suivants).
Références
  1. Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté, 1948.
  2. Citées dans le no 366 d'avril 2008 de Pour La Science, p. 14 : Selon une étude menée en Islande, les mariages entre cousins du troisième et du quatrième degrés donnent plus d’enfants que les mariages entre personnes non apparentées. Ainsi, l’avantage de conserver un certain degré de compatibilité génétique l’emporterait sur les inconvénients connus des unions consanguines : fausses couches fréquentes, une mortalité et une morbidité infantiles élevées. voir : « Mariages féconds », sur Pour la Science.
  3. Dispositions particulières relatives au mariage, Aide juridique
  4. CEDH, 13 septembre 2005, B. et L. c/Royaume-Uni
  5. Arrêt première chambre civile Cour de cassation du 4 décembre 2013 cassant l'annulation d'un mariage entre beau père et bru après 22 ans de vie commune
  6. loi no 2010-121 du 8 février 2010 tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux
  7. Emmanuelle Alain, Fallait-il faire entrer l’inceste dans le code pénal ?, Blog Dalloz, 5 février 2010
  8. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2011/2011-163-qpc/communique-de-presse.99682.html
  9. http://www.swissinfo.ch/fre/societe/L_inceste_repose_souvent_sur_une_prise_de_pouvoir.html?cid=29228306
  10. http://www.courrierinternational.com/article/2011/01/06/l-inceste-sans-peine
  11. Susan Wood, Diva Drusilla Panthea and the Sisters of Caligula, American Journal of Archaeology, Vol. 99, No. 3 (Jul., 1995), p. 457-482
  12. Elizabeth Archibald, Incest and the Medieval Imagination, p. 30-33
  13. (Capitular. car. M. & Lud. L. VII. c. 356.— Baluz. Tom. I. col. 1101.), cf. Rictor Norton (Ed.), "Of Sodomy and Bestiality" Homosexuality in Eighteenth-Century England: A Sourcebook. 30 January 2011 <http://www.rictornorton.co.uk/eighteen/1729disn.htm>.
  14. L'allaitement ne sera considéré que si l'âge de l'enfant ne dépasse pas les vingt-quatre mois (حولين كاملين) « coran »
  15. Les infractions antérieures à la révélation de ces versets et contraires à ces lois ne seront pas punies.
  16. Byron, sur l'IMDB.
  17. Michel Cazenave, « L’aigle noir – dire avec les mots ce que les mots ne peuvent pas dire ».
  18. « Page Wikipedia anglais ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sites Internet[modifier | modifier le code]

  • AIVI, « Association Internationale des Victimes de l'Inceste », premier site francophone créé en 2000 par des victimes françaises, canadiennes, belges et suisses. Site militant pour défendre les droits des victimes, il offre aussi un forum d'entraide et plus de deux milles témoignages de victimes classés par thèmes. Il permet aux victimes de s'inscrire à des groupes de parole en France (Lille, Lyon, Paris, Rennes) et de participer à des recherches sur l'inceste. De nombreuses ressources y sont recensées ainsi que des publications sur l'inceste.
  • SIA.org, « Survivants de l'Inceste Anonymes », site des groupes de parole français anonymes destinés aux survivants de l'inceste et à leurs proches dans le but de se rétablir des conséquences de l'inceste.
  • sos-inceste-pour-revivre.org/, « SOS Inceste pour Revivre à Nantes », site de l'association de victimes venant en aide aux victimes par sa ligne d'écoute, ses groupes de parole et ses ateliers.
  • http://www.antipedophil.fr Le portail francophone de lutte contre l'inceste et la pédophilie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Psychologie[modifier | modifier le code]

  • Sigmund Freud, « Le Tabou de l'inceste » in Totem et Tabou (1913), Payot, 2004 (ISBN 2228894079)
  • Paul-Claude Racamier, L'Inceste et l'Incestuel, Collège de Psychanalyse, 1995 (ISBN 2911474007)
  • Frédérique Gruyer, Martine Nisse, Pierre Sabourin, La Violence impensable : inceste et maltraitance, Nathan, 2004
  • Catherine Bonnet, L'Enfant cassé : l'inceste et la pédophilie, Albin Michel, 1999
  • Liliane Daligand, Caroline Eliacheff, L'Enfant et le Diable : accueillir et soigner les victimes de violences, L'Archipel, 2004
  • Vincent Laupiez, Les Quatre Dimensions de l'inceste : compréhension factuelle, psychique, systémique et éthique, L'Harmattan, 2000
  • Yves-Hiram Haesevoets, "L'enfant victime d'inceste, de la séduction traumatique à la violence sexuelle". De Boeck Université, 2000

Anthropologie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Georges Vigarello, Histoire du viol : 16e-20e siècle, Éd. du Seuil, 1998
  • Houria Bouchenafa, Mon amour, ma sœur, L'Harmattan, 2004, (ISBN 2747576302)

Ouvrages de professionnels[modifier | modifier le code]

  • Anne Poiret, Patrick Robin, L'Ultime Tabou : femmes pédophiles, femmes incestueuses, P. Robin, 2006
  • Marie-Pierre Porchy, Les Silences de la loi : un juge face à l'inceste, Hachette, 2003