Île de Pâques

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Île de Pâques
Isla de Pascua (es)
Rapa nui (rap)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Île de Pâques
Administration
Pays Drapeau du Chili Chili
Statut politique Territoire spécial
Capitale Hanga Roa
Gouvernement
- Chef de l'État
- Intendant régional
- Gouverneur provincial

Sebastián Piñera
Raúl Celis Montt
Carmen Cardinali Paoa
Démographie
Gentilé Pascuense, rapa nui, rapanui
Pascuan
Population 5 167 hab. (2012)
Densité 31 hab./km2
Langue(s) Espagnol, rapanui
Géographie
Coordonnées 27° 07′ 10″ S 109° 21′ 17″ O / -27.119444, -109.354722 ()27° 07′ 10″ Sud 109° 21′ 17″ Ouest / -27.119444, -109.354722 ()  
Superficie 166 km2
Divers
Monnaie Peso chilien (CLP)
Fuseau horaire UTC -6 ; heure d’été : UTC-5
Domaine internet .cl
Indicatif téléphonique +56-32
Hymne Himno de Rapa Nui
Carte de l’ile.

L'île de Pâques, en langue rapa nui Rapa Nui (« la grande Rapa »), en espagnol Isla de Pascua, est une île isolée dans le sud-est de l’océan Pacifique, particulièrement connue pour ses statues monumentales (les moaï) et son écriture océanienne unique, le Rongo-Rongo.

L’ile se trouve à 3 680 km des côtes chiliennes et à 4 050 km de Tahiti, l’ile habitée la plus proche étant l'île Pitcairn à plus de 2 000 km à l’ouest. L’ile de forme triangulaire, d'environ 23 km dans sa plus grande dimension, couvre 166 km2. La population comptait 3 304 habitants en 2002[1]. Son chef-lieu (et unique village) est Hanga Roa.

Elle fut visitée par le premier Européen, le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, le jour de Pâques, le , et comptait alors près de 4 000 habitants. Elle fut annexée par l’Espagne en 1770 sous le nom d'isla San Carlos, mais l'Espagne s'en désintéressa par la suite ; des Français s'y installèrent après 1864 et l'ile devint une possession chilienne en 1888.

Depuis 1995, le patrimoine exceptionnel de l’ile est protégé et inscrit au Patrimoine mondial par l'UNESCO. Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillés, enserrent les zones des vestiges. La communauté rapanui veille jalousement sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

Cette ile, la plus à l'est de toute l’Océanie, est célèbre pour ses vestiges mégalithiques des premières civilisations autochtones. Le patrimoine archéologique comprend environ 887 statues de basalte, les moaï, de 4 m de hauteur moyenne et près de 300 terrasses empierrées au pied de ces statues, les ahû.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom espagnol d'Isla de Pascua (Ile de Pâques) est dû au navigateur hollandais Jakob Roggeveen. Il a découvert cette terre le dimanche de Pâques 1722[2], et la baptise ainsi "Paaseiland". En revanche, les habitants de l'ile, d'origine polynésienne, ont d'autres dénominations, que les Européens ont parfois réinterprétées :

  • avant les changements de population postérieurs à 1861, la tradition orale rapporte que le nom de l'ile était Haumaka ou plus exactement Te kainga a Hau Maka (le bout de terre de Hau Maka, également connu comme Hau Mata, Hao Matuha ou Hotu Matu'a)[3] ; Alfred Métraux donne aussi Hiti-ai-Rangi, Hanga-Oaro et Hanga-Roa, nom conservé jusqu'à nos jours par le village de l'île ;
  • Rapa Nui (la grande Rapa) a été popularisé tardivement (XIXe et XXe siècles), entre autres par l'explorateur Thor Heyerdahl, après que les autochtones (venus, semble-t-il, des Marquises ou de Mangareva, et décimés en 1861) ont été rejoints par des habitants de Rapa, la petite, qui se trouve en Polynésie française[4] ; ce nom a été généralement adopté par la population actuelle ;
  • Te pito o te henua (le nombril de la terre) a été popularisé par Alphonse Pinart dans son Voyage à l'Ile de Pâques (1877), qui a interprété ce toponyme (désignant, selon la tradition orale, le centre de l'ile où se tenaient les palabres entre clans) comme étant le nom de l'ile et comme signifiant le « nombril du monde » ;
  • enfin Matakiterani ou plus précisément Mat’aki te rangi (les yeux regardant le ciel ou bien du ciel) est une expression désignant les moai, que certains auteurs européens ont employée pour désigner l'ile dans leurs ouvrages[5].

Histoire et peuplement[modifier | modifier le code]

Premiers peuplements[modifier | modifier le code]

Comme pour presque toutes les îles, l’origine des insulaires remonte à différentes vagues de peuplement : d'après les analyses génétiques, la plupart sont d'origine polynésienne) et il est acquis que la langue māori est austronésienne, avec toutefois des mots communs aux langues d'Amérique du Sud (par exemple « kumara », la patate douce). La date du début du peuplement de l’ile par des Polynésiens n'est pas déterminée avec précision. Selon l'hypothèse d'une chronologie longue, le peuplement initial daterait de 800, voire de 400 ; mais selon la thèse d'une chronologie courte, le peuplement daterait de 1200[6]. Des mesures au radiocarbone, effectuées dans les années 1950, avaient estimé la date du peuplement de l’ile[7] vers 400 (à +/- 80 ans). De nouvelles études[8] ont mis en évidence des pollutions sur les mesures effectuées, impliquant un vieillissement des résultats. Des mesures de radiocarbone publiées en 2006[9] ont mis en évidence des premières implantations beaucoup plus récentes, vers 1200.

Quoi qu'il en soit, les premiers colons polynésiens, sur de grandes pirogues à balancier ou bien sur des catamarans offrant plus de charge utile, seraient partis des iles Marquises (situées à plus de 3 200 km) ou bien des iles plus proches des Tuamotu (Mangareva, à 2 600 km) en passant par Pitcairn (située à 2 000 km). Une reconstitution, effectuée en 1999, à partir de Mangareva sur des embarcations polynésiennes a demandé 17 jours de navigation.

Les plus anciens moaïs ressemblent beaucoup aux tikis que l’on peut voir dans les iles de Polynésie (Hiva Oa des Marquises, Tahiti…), et une partie de la flore et de la faune de l'ile est très semblable à celles des autres iles polynésiennes (par exemple la fougère Microlepia strigosa, le Sophora toromiro, le Hauhau Triumfetta semitrebula, le Mahute Broussonetia papyrifera ou le Ti Cordyline terminalis, les poulets, les rats[10].)…

La théorie d'une influence sud-américaine[modifier | modifier le code]

Selon une thèse récente, jadis défendue par Thor Heyerdahl, contestée dans la communauté scientifique mais plus récemment argumentée par Jean-Hervé Daude, il y aurait bien une la particularité de la culture des Pascuans vis-à-vis du reste de la Polynésie, et elle s’expliquerait par son contact avec la culture des populations sud-américaines. Les Hotu Matu’a connaissaient la kumara (patate douce) et le travail de la pierre bien avant l’Empire Inca, et la thèse de Heyerdahl aurait été rejetée à tort sur la base de préjugés concernant les capacités de navigation des sud-américains. La tradition orale mentionne la présence de deux populations distinctes sur l’ile : les « Courtes oreilles » et les « Longues oreilles ». Le premier groupe serait d’origine polynésienne et le second d’origine sud-américaine. De plus une expédition de l'Inca Tupac Yupanqui aurait encore touché l’ile vers 1465, les sud-américains connaissant les vents et les courants favorables[11]. La tradition orale mentionne la compétence des « Longues oreilles » pour le travail de la pierre, et c'est pourquoi l’ahu Vinapu correspond au mode de construction d'une Chullpas du plateau andin[12] ainsi que certains éléments de la statuaire de bois : les statuettes Moko représentant le Cuy, un animal typiquement andin[13]. Cette thèse a évidemment reçu un accueil très favorable au Chili. Mais elle reste difficile à soutenir du point de vue génétique et linguistique : selon Daude, les sud-américains se seraient intégrés au groupe polynésien, abandonnant (à peu de mots près) leur langue, et si leurs caractéristiques génétiques ont en grande partie disparu, ce serait parce que les « Longues oreilles » ont été exterminés par les « Courtes oreilles », comme le rapporte la tradition orale. Toutefois la morphologie andine à la cage thoracique très développée, se rencontre encore dans l’ile[14].

Haumaka et les premiers Pascuans[modifier | modifier le code]

Moaïs dans la carrière de Rano Raraku
Moaïs de l’Ahu d'Aka'hivi

Les premiers migrants avaient réussi à construire, à partir de ressources assez limitées, une société complexe et bien adaptée à son environnement. Toutefois, l’importance croissante du culte des ancêtres s’est traduite par l’érection de centaines de statues qui a fini par raréfier en quelques siècles les arbres de l’ile. Dans les années 1500 à 1600, l’ile connut une crise environnementale due peut-être à l’érosion des sols, peut-être à la sécheresse, mais qui en tout cas aboutit à une crise sociale, avec probablement des luttes tribales si l’on en croit les traditions orales, crise au terme de laquelle l’assise religieuse de la société pascuane changea. La construction des statues et des plateformes cérémonielles cessa, le culte de Make-make et de l’homme oiseau Tangata manu prit de l’importance. Les autochtones en étaient là lorsque les maladies apportées par des nouveaux venus (Européens) et les déportations (l’esclavage pratiqué par les Péruviens) réduisirent à cent onze personnes leur population. Avec l’arrivée des planteurs et des missionnaires européens (initialement français) et de leurs ouvriers agricoles polynésiens (en majorité originaires de Rapa, et qui, se mêlant aux autochtones, formèrent le peuple Rapa-Nui), les habitants de l’ile sont finalement devenus catholiques[15].

Société de clans[modifier | modifier le code]

À l’époque de la découverte par Jakob Roggeveen, dix iwi (clans familiaux) se partageaient l’ile : Aka’hanga, Anakena, Heiki’i, Mahetua, Taha’i, Tepe’u, Terevaka, Tongariki, Va’i Mata et Vinapu. Leurs territoires (vai’hu ) se rencontraient au centre de l’ile, en un lieu (sacré, et réservé aux palabres) appelé Te pito o te fenua (« le nombril de la terre » souvent traduit à tort comme « le nombril du monde »). Les ahu (plates-formes à moaï) étaient aussi appelés Mat’aki te rangi ou Mat’aki te u’rani (les yeux qui regardent le ciel ou du ciel, ce qui est logique pour des représentations d’ancêtres divinisés, mais a été interprété par les Européens de manière parfois très fantaisiste).

Moaïs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moaï.

Les statues proviennent d’une carrière située sur les flancs et dans le cratère du volcan nommé Rano Raraku. On peut y voir un très grand nombre de moaïs (près de 400). Certains sont terminés et dressés au pied de la pente et d’autres sont inachevés, à divers stades, de l’ébauche à la finition. Le plus grand qui ait été érigé mesure 10 m de haut et pèse 75 t. Un des derniers resté inachevé fait 21 m de hauteur pour une masse estimée à 270 t. Il est à noter que sur les 400 statues présentes sur l'ile environ le même nombre est encore inachevé dans la carrière principale. L’arrêt de leur production suscite plusieurs hypothèses, pas forcément incompatibles entre elles. L’ile de Pâques est surtout connue pour le mystère, longtemps inexpliqué, qui entourait la fabrication, mais surtout le transport[16] de blocs de basalte allant de 2,5 à 10 m de haut et l’élévation des moaïs. Ce mystère ne fut éclairci que lorsque l'on comprit que l’ile avait été boisée, et après que des reconstitutions des méthodes probablement employées eurent été faites sur place (avec des pierres ne dépassant pas les cinq tonnes, tandis que certaines atteignent les soixante-quinze tonnes). Les archéologues Terry Hunt de l'University of Hawaii et Carl Lipo de la California State University, avancent une théorie qui indiquerait que les statues auraient été déplacées debout depuis le site Rano Raraku où elles étaient taillées (en position horizontale dans la roche volcanique) jusqu'à leur destination finale, par un mouvement de balancier régulé par des tireurs de cordes.

Dessin de Pierre Loti L'Ile de Pâques, le 7 janvier 1872 vers 17 heures.
Tablette rongo rongo, illustration du Voyage de Pierre Loti à l'Ile de Pâques édité dans la Revue de Paris en 1905
Le corps des Moaï[modifier | modifier le code]

En 2010 et 2011, une expédition privée, codirigée par Jo Anne Van Tilburg et Cristián Arévalo Pakarati[17], a révélé que plus de la moitié de la hauteur des statues situées à proximité de la carrière est sous terre et dissimule un corps, des bras et des mains. Les statues se différenciant selon le sexe des individus (ou dieux) représentés. Des inscriptions (pétroglyphes) sont gravées sur le dos des Moaï (voir ce lien interne). Déjà, les recherches menées en 1916 par Katherine Routledge[18], avaient conduit à l’existence d’un corps sculpté sous la surface du sol ainsi qu’à l’existence d’inscriptions mais elles s’étaient limitées à une relativement faible profondeur. Des fouilles plus profondes avaient été réalisées par l’équipe de Thor Heyerdahl comme on le voit sur les planches 9 et 10 de Aku Aku[19].

Les tablettes rongorongo et les pétroglyphes[modifier | modifier le code]

D’autres interrogations portaient sur la découverte des plaquettes de bois couvertes de signes (les tablettes Rongo-Rongo, ainsi nommées d’après le lieu de culte Orongo) et qui restèrent totalement mystérieuses durant de nombreuses années, ajoutant au mystère de l’ile de Pâques d’autant qu’elles sont uniques dans la sphère culturelle polynésienne. Outre ces plaquettes, les premières civilisations pascuanes ont laissé des sculptures en bois et des pétroglyphes dont la signification précise est perdue, mais dont les répétitions de symboles (par exemple : oiseau-pénis-poisson-vulve-humain) ont été rapprochées[20] des refrains traditionnels dans les hymnes généalogiques polynésiens (« les oiseaux ont copulé avec les poissons et ainsi ont été engendrés les premiers hommes »). Elles ont fait l'objet d'un décodage par l'ethnographe russe Irina Fedorova.

Les Européens et l'ile de Pâques[modifier | modifier le code]

Voyages de découverte (XVIIe ‑ XVIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Plan de l’ile levé par l'expédition de La Pérouse en 1797

Le premier Européen qui ait aperçu l'ile fut en 1687 le « pirate » Edward Davis sur le Bachelor’s Delight, alors qu’il contournait les iles Galápagos en direction du cap Horn. Il aperçut l’ile par hasard et crut avoir trouvé le légendaire « continent du Sud » mais il n'effectua pas de débarquement.

Le nom de l'ile est dû au Hollandais Jakob Roggeveen qui y accosta avec trois navires au cours d'une expédition pour le compte de la Société commerciale des Indes occidentales. Il la découvrit en effet le dimanche de Pâques 1722 et l’appela Paasch-Eyland (ile de Pâques). Un des participants à l'expédition était le Mecklembourgeois Carl Friedrich Behrens dont le rapport publié à Leipzig orienta l’attention de l’Europe vers cette région à peine connue du Pacifique.

L’explorateur suivant fut l’Espagnol Felipe González de Haedo qui avait reçu du vice-roi du Pérou l’ordre d’annexer l’ile Roggeveens pour le compte de la Couronne espagnole. L'expédition de González de Haedo débarqua le . Après une visite rapide et très partielle de l'ile, exploration d'une demi-journée dans un seul secteur, et après un contact amical avec une population à structure sociale hiérarchisée, Felipe González de Haedo qui ne pensait pas qu'il s'agisse de l'Ile de Roggeveen décida d'annexer cette terre à la Couronne d'Espagne et la nomma Ile de San Carlos. Il fit planter plusieurs croix sur la pointe du volcan Poike. Durant les années qui suivirent, l’Espagne ne se soucia que très peu de sa nouvelle possession. Preuve fut faite en cartographie qu'il s'agissait bien de la découverte du Hollandais Roggeveen, donc cette terre lointaine ne pouvait appartenir à l'Espagne.

Au cours de sa deuxième expédition du Pacifique Sud, James Cook visita l'ile de Pâques du au 17 mars 1774. Il ne fut pas enthousiasmé par l’ile et écrivit dans son livre de bord : « Aucune nation ne combattra jamais pour l’honneur d’avoir exploré l’Ile de Pâques, […] il n'y a pas d'autre ile dans la mer qui offre moins de rafraîchissements et de commodités pour la navigation que celle-ci[21]. » Cependant, son séjour fournit des informations essentielles sur la constitution géologique, la végétation, la population et les statues — qui dans leur majorité avaient déjà été renversées. Nous avons des images témoins de cette époque grâce au naturaliste allemand Reinhold Forster et à son fils Georg Adam Forster, qui participaient à l’expédition Cook. Reinhold Forster a dessiné les premiers croquis des statues (moaïs) qui, gravés et publiés dans un style alors typiquement romantique, firent sensation dans les salons.

En 1786, le navigateur français La Pérouse débarqua sur l’ile de Pâques au cours de sa circumnavigation terrestre, effectuée sur l’ordre du roi Louis XVI. La Pérouse avait l’ordre de dessiner des cartes précises afin de contribuer, avec l’étude des peuples du Pacifique, à la formation du dauphin.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La catastrophe démographique

Selon Alfred Métraux, dans son Introduction à la connaissance de l'Ile de Pâques relatant les résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934 (éditions du MNHN, 1935), la population d'origine serait passée de 2500 personnes à seulement 111 en 1877. Les maladies introduites par les explorateurs européens, comme la tuberculose et la syphilis, ont eu pour conséquence une diminution régulière de la population. À quoi s'ajoute le rôle particulièrement sinistre des marchands d'esclaves opérant à partir de Callao au Pérou, qui, de 1859 à 1863, organisent plusieurs raids et déportent environ 1500 insulaires pour les envoyer travailler aux iles Chincha, les principales iles à guano. Toujours selon Métraux, la société pascuane est totalement déstructurée par la capture et le massacre en 1861 des ariki (guerriers), des prêtres et du clan Miru (revendiquant descendre de Hotu Matu'a) dont faisaient partie l’ariki-nui (roi) Kaimakoi et son "prince héritier" Maurata, de sorte que la mémoire identitaire des autochtones est en grande partie perdue. Frappée par des épidémies, la population diminue encore fortement durant les années 1860 et 1870, avec pour résultat qu'après les immigrations ultérieures, en provenance essentiellement des Gambier (Rapa), de Tahiti et des Tuamotu, les Pascuans d'origine ne représentaient plus que 3 % environ de la population, les autres Polynésiens étant la moitié, les Européens d'origine 45 %, et les Chinois 1 %. Les Polynésiens venus dans l'ile après 1861, déjà pourvus d'anticorps contre les maladies des Européens et déjà christianisés, ont été amenés par les planteurs Dutrou-Bornier, Mau et Brander comme ouvriers agricoles, entre 1864 et 1888[10].

La Mission catholique (1864)

C'est en 1864 qu'a lieu l'installation sur l'île du premier Européen sédentaire[22]: Eugène Eyraud, un Français ouvrier mécanicien à Copiapó (Chili), qui a décidé de se consacrer à l'évangélisation. Après un séjour d'observation (dont il a laissé un compte-rendu), Eyraud retourne au Chili se faire soigner et revient en mars 1866 avec un prêtre, Hyppolite Roussel, qui se trouvait auparavant en fonction aux iles Marquises. Tous deux créent la Mission catholique. Deux autres missionnaires arrivent en novembre 1866 avec des animaux et du matériel. Cependant, Eugène Eyraud meurt en août 1868 de maladie.

Les planteurs-éleveurs : Dutrou-Bornier et Mau (1866)

Les nouveaux missionnaires ont été convoyés par le capitaine français Jean-Baptiste Dutrou-Bornier à qui l'ile de Pâques parait très intéressante. Il revient quelques mois plus tard avec son propre matériel et sa famille afin de créer une exploitation agricole. Un autre colon s'installe en même temps, le charpentier de marine Pierre Mau[réf. souhaitée]. En septembre 1868 est établi un "Conseil de gouvernement", présidé par Dutrou-Bornier avec le missionnaire (Gaspar Zumbohm) pour secrétaire, et quatre membres indigènes. Une police (formée d'indigènes, les mutoi) est mise en place ainsi qu'un tribunal présidé par Hyppolite Roussel. D'autre part, la mission et les colons européens procèdent à d'importants achats de terre à bas prix.

L'association Dutrou-Bornier/Brander (1871-1876)

En 1869, Pierre Mau quitte l'ile, revendant ses propriétés à la Mission catholique. Des dissensions liées aux mœurs de Dutrou-Bornier entraînent le départ des missionnaires en 1871 ; l'ancien capitaine devenu planteur reste le seul Européen. Le 30 octobre 1871, il conclut un contrat d'association avec l'entrepreneur écossais installé à Tahiti (où il a épousé Titaua Salmon en 1856), John Brander "pour l'exploitation de l'ile de Pâques". De fait, il s'agira essentiellement d'un élevage de moutons de plusieurs milliers de têtes. La mort de Dutrou-Bornier en 1876, suivie de celle de John Brander en 1877 crée des problèmes juridiques, les héritiers respectifs s'engageant dans une procédure qui ne prendra fin qu'en 1893. Entre temps, la responsabilité de l'exploitation agricole de l'ile de Pâques revient au beau-frère de John Brander, Alexandre Salmon[23], le véritable responsable sur l'ile jusqu'à l'annexion par le Chili en 1888.

Autres voyages de découverte
Photographie de la canonnière SMS Hyäne

En 1882, la canonnière allemande SMS Hyäne (« La Hyène ») visita durant cinq jours l’ile de Pâques au cours d’une expédition dans le Pacifique. Le capitaine-lieutenant Geiseler avait l’ordre de l’amirauté impériale d’entreprendre des études scientifiques pour le département ethnologique des musées royaux prussiens à Berlin. L’expédition a fourni entre autres les descriptions très détaillées des us et coutumes, de la langue et de l’écriture de l’ile de Pâques ainsi que des dessins exacts de différents objets culturels, des statues (moaïs), des croquis de maisons et un plan détaillé du lieu de culte Orongo.

Le médecin de marine William Thomson a pris les premières photos de statues (moaïs) en 1886 alors qu’il visitait l’ile à bord du navire américain « Mohi ».

L'ile de Pâques sous la domination chilienne[modifier | modifier le code]

Le 9 septembre 1888[24], l’ile est annexée au nom du Chili par le capitaine de corvette Policarpo Toro (1856-1921), qui y séjournait depuis 1886 et menait les négociations avec les habitants, malgré quelques tentatives de la France pour les contrecarrer. La lignée royale, descendant de Hotu Matu'a (le clan Miru) étant éteinte depuis 1861, un « traité d’annexion de l’ile » est signé avec un certain Atamu Tekena, reconnu comme « roi » par le gouvernement chilien.

L’ile est divisée entre la « réserve » de Hanga Roa, 6 % de la surface de l'ile, où sont parqués les Rapa-Nui, et la Compagnie Williamson-Balfour, qui possède le reste et y élève des moutons jusqu’en 1953.

De 1953 à 1966, l’ile est sous le contrôle de la Marine chilienne.

En 1966, les Pascuans reçoivent la nationalité chilienne, sont autorisés à quitter la réserve, et l’ile devient un territoire de droit commun.

Enfin, le 30 juillet 2007, une réforme constitutionnelle dote l’ile d’un statut de « territoire spécial », mais elle continue pour le moment d’être administrée comme une province de la Région V (Valparaíso).

Géographie et climat[modifier | modifier le code]

Géographie et géologie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de l’ile.
Iles de Pâques et Sala y Gómez et la côte de l'Amérique du Sud.

L’ile de Pâques est l'une des terres les plus isolées au monde. Elle se trouve à 3 700 kilomètres des côtes chiliennes et à 4 000 km de Tahiti, l’ile habitée la plus proche est Pitcairn à plus de 2 000 km à l’ouest. L'ile de Sala y Gómez à 391 km à l'est est inhabitée. Elle est de forme triangulaire, environ 23 km dans sa plus grande dimension, et couvre 162 km². Le plus haut point de l'ile à 507 mètres d'altitude est le Maunga Terevaka. Il y a trois lacs d'eau douce dans des cratères volcaniques (Rano) : Rano Kau, Rano Raraku et Rano Aroi mais aucun cours d'eau permanent. La population comptait 3 304 habitants en 2002[1]. Son chef-lieu est Hanga Roa.

L'ile est d'origine volcanique avec trois cônes principaux éteints. Le Maunga Terevaka forme la plus grande superficie de l'ile. Les monts Poike à l'est et Rano Kau au sud lui sont reliés par des ponts de débris d'éruption et donnent la forme triangulaire de l'ile. Il existe de nombreux autres petits cratères et reliefs volcaniques dont le Rano Raraku, le Puna Pau et des tunnels de lave. Les pierres principales sont le basalte et l'hawaiite, tous deux riches en fer et apparentées aux roches ignées des iles Galápagos[25].

L'ile de Pâques est entourée d'îlots comme Motu Nui, une montagne volcanique de plus de 2 000 mètres de dénivelé entre le fond de la mer et son sommet. L'ile de Pâques et ces îlots font partie de la chaîne de Sala y Gómez, surtout sous-marine, qui débute à Pukao et s'étend 2 700 km à l'est jusqu'à Nazca[26].

Les iles de Pukao, Moai et de Pâques ont été formées au cours des 750 000 dernières années, l'éruption la plus récente date d'un peu plus de 100 000 ans. Ce sont les plus jeunes montagnes des Sala y Gómez qui repose sur la plaque de Nazca au-dessus du point de passage d'un point chaud dans le sud-est du Pacifique et près d'une zone de fracture[26]. De la fumée a été photographiée sortant du mur du cratère Rano Kau — pourtant éteint — par l'administrateur de l'ile, M. Edmunds[27].

Notes

Le point antipodal de l’ile se trouve dans le district de Jaisalmer, dans le Rajasthan en Inde. C’est un lieu inhabité entre les villages de Kuchchri, Häbur et Mokal.

L'éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010 est passée par l'ile de Pâques, 10 ans et 11 mois (calendaires), soit 1 tritos, après celle du 11 août 1999[28]. À cette occasion, l'astronome français Jean-Claude Merlin a annoncé officiellement le baptême de la petite planète 221465 du nom de Rapa Nui[29].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de l'ile est de type subtropical maritime. La température minimale est de 18 °C en juillet et août (hiver austral) et le maximum est de 28 °C en février[30]. Il tombe 1 138 mm de pluie annuellement et avril est le mois le plus pluvieux mais la pluie est assez bien répartie tout au long de l'année[31].

Biodiversité et évolution environnementale de l’ile[modifier | modifier le code]

Avifaune[modifier | modifier le code]

Les îlots rocheux qui se trouvent au sud-ouest de l'ile de Pâques abritent une importante population d'oiseaux de mer : mouettes, goélands, frégates et le mythique sterne noir, devenu très rare aujourd'hui. Dans le culte de Make-make, le sterne noir a joué autrefois un rôle essentiel : chaque année, à l'arrivée de cet oiseau migrateur connu sous le nom indigène de manutara ou mahoké, des hommes gagnaient au large l'ile Motu Nui dans le but de rapporter l'un de ses œufs, symbole de la création du genre humain. Toutefois, la catastrophe démographique et culturelle de 1861 a eu pour effet la perte de la plus grande partie de la tradition orale, de sorte que les détails de ce culte ne nous sont connus que partiellement, par les récits des premiers explorateurs et par les ré-interprétations récentes des pétroglyphes et des légendes pascuanes.

Flore[modifier | modifier le code]

L'aspect de l'ile frappe actuellement par l'absence de forêt, à l'exception des plantations récentes de toromiro, un sophora endémique de l'ile. Cela n'a pas toujours été le cas : les premiers explorateurs européens décrivent la présence de bois de toromiro et de sous-bois de fougères. Il existe de nombreuses traces de racines et de noix d'un palmier, le Paschallococos disperta. Les dernières recherches archéologiques, notamment l’analyse des pollens contenus dans les sédiments ou des restes de repas, prouvent que plusieurs espèces d’arbres ont totalement disparu ou du moins que leur nombre aurait considérablement chuté à partir des années 1500-1600.

Un pied de toromiro.
Le cratère du Rano Raraku.

Thèses de l'effondrement écologique et culturel[modifier | modifier le code]

  • Une dégradation environnementale liée aux conséquences de la déforestation (érosion des sols, sous-alimentation, famine, pénurie de bois et de cordes, guerres civiles) : elle aurait mis fin aux us et coutumes de l’ile, et notamment au taillage, au transport et à l'érection des statues ;
  • Une longue période de sécheresse poussant les habitants de l’ile à faire appel aux dieux pour que la pluie revienne, ce qui pourrait expliquer la frénésie de construction des moaïs à cette période, de plus en plus nombreux et de plus en plus colossaux. Réalisant que les érections de moais sur les ahus étaient vaines, les habitants se seraient révoltés contre les prêtres et auraient abattu eux-mêmes les idoles (dans le reste de la Polynésie, les ahus servent à vénérer les ancêtres et les dieux, tandis que les unus et les tikis -car les moais sont fondamentalement des tikis de grande taille- ne font que les représenter);
  • Une prolifération des rats introduits par les Polynésiens, rats qui auraient mangé les noix de coco avant qu'elles ne puissent germer, contribuant ainsi à la disparition des palmiers. Les rats, en s'attaquant aux nids pour manger les œufs et les oisillons, auraient également contribué à l'extinction de la ressource en oiseaux[32].

Ces thèses, développées entre autres par Jared Diamond, dans son livre intitulé « Effondrement », montrent que l’expansion polynésienne a pu entraîner une dégradation importante de l’écosystème, et s’appuie sur des fouilles (palynologie et sur l’archéologie), comme à Henderson Island et ailleurs en Océanie. Par ailleurs Cornelis Bouman, le capitaine de Jakob Roggeveen, écrit dans son livre de bord, « …d’ignames, de bananiers et de cocotiers nous n’avons rien vu, ainsi qu’aucun autre arbre ou culture ».

Un modèle mathématique[33] a établi que la population n’aurait pas dû dépasser 2 000 habitants pour qu’ils puissent durablement survivre sur l’ile sans épuiser la ressource qui leur était indispensable : le palmier.

La population survivante a développé de nouvelles traditions pour préserver les ressources restantes. Dans le culte de Make-make, un « l’homme oiseau », en rapanui actuel : Tangata manu (du XIVe ‑ XVe siècle au XVIIIe siècle), était désigné chaque année lors d’une cérémonie religieuse où un représentant de chaque clan, choisi par ses chefs, devait plonger dans la mer et nager jusqu’à Motu Nui, un îlot inhabité au sud-ouest de l’ile, afin d’en ramener le premier œuf de la saison des sternes noirs manutara ou mahoké. Le premier nageur de retour avec un œuf intronisait le Tangata manu qui veillait à la distribution des ressources de l’ile entre les clans pour une année. Si la cérémonie du Tangata manu n’est plus pratiquée au XIXe siècle, en revanche la tradition d’une présidence tournante pour le rôle d’arbitre des ressources perdura jusqu'à la catastrophe démographique et culturelle de 1861.

Quoi qu’il se soit passé auparavant, l’ile de Pâques a souffert d’une forte érosion du sol durant les derniers siècles, résultant de la déforestation, et aussi du piétinement par les ovins à partir du XIXe siècle.

Thèses réfutant la théorie de l’effondrement[modifier | modifier le code]

Dès la sortie de l’ouvrage de Jared Diamond, de nombreux scientifiques réagissent et remettent en cause ses hypothèses très largement diffusées, à cause de son interprétation des résultats des fouilles archéologiques, et des fondements moraux et politiques qui sous-tendent ses hypothèses, relevant, selon ses détracteurs, du « néocatastrophisme », voire du « déterminisme social ».

Déjà en 2005, l’anthropologue anglais Benny Peiser, dans son article intitulé « From Ecocide to Genocide : the Rape of Rapa Nui » (De l’écocide au génocide : le viol des Rapa Nui)[34], démontrait l’autosuffisance des autochtones de l’ile de Pâques lors de l’arrivée des Européens. Selon Benny Peiser, certains petits arbres, tel le Sophora toromiro, abondaient alors[35]. À l'encontre des affirmations de Cornelis Bouman, Carl Friedrich Behrens, autre officier de Roggeveen, écrit que « Les indigènes présentaient des branches de palmiers comme offrandes de paix. Leurs maisons bâties sur pilotis étaient barbouillées de luting et recouvertes de feuilles de palmier ». On peut en déduire qu’à cette époque, soit la disparition des palmiers était très récente, soit il restait des bosquets cachés dans les vallons au centre de l’ile. De plus, Jakob Roggeveen lui-même rapporte que l’ile de Pâques était exceptionnellement fertile, produisant de grandes quantités de bananes, de patates douces et de cannes à sucre. De même, lors du passage de l’expédition française de La Pérouse qui visita l’ile en 1786, son jardinier déclara que « trois jours de travail par an » pourraient subvenir au besoin de la population. D’autre part, l’officier Rollin écrivit : « Au lieu de rencontrer des hommes détruits par la famine… je trouvai, au contraire, une population considérable, avec plus de beauté et de grâce que je n’en avais rencontrée sur d’autres iles ; et une terre, qui, avec un labeur infime, fournissait d’excellentes provisions, et une abondance assez suffisante pour la consommation des habitants[36] ».

En 2006[37], puis à nouveau en 2011[38], l’anthropologue Terry Hunt et l’archéologue Carl Lipo, se basant sur des nouvelles datations estimant l’arrivée des Polynésiens vers 1200, étudièrent les possibles causes multifactorielles du déboisement (rat polynésien, El Niño, brûlis…), réfutant une déforestation complète de l’ile en seulement 500 ans. Pour les moais, ils défendent la théorie d’un déplacement des statues par rotation, soit horizontalement (roulés comme des rondins), soit, en terrain plat et pour les moins grands, en position verticale (par rotation sur la base) ne nécessitant pas l’utilisation de bois.

En 2008, l’archéologue Nicolas Cauwe propose une théorie unifiée, basée sur des données de terrain issues de dix années de fouilles sur place[39], qu'il détaille davantage en 2011[40]. Selon ses recherches, les Pascuans, confrontés à une période difficile, ont réorganisé leur structure religieuse et politique afin d’assurer une cohésion plus forte et centralisée de leur société, sans qu’il y ait effondrement brutal. Le culte des ancêtres (destiné à des entités familiales ou claniques) a été progressivement supplanté par le culte du dieu Makemake et de l’homme-oiseau qui étend désormais son autorité sur l’ensemble de la population. Pour renforcer ce changement et empêcher un retour en arrière, un tabou (Tapu) fut jeté sur tout ce qui touchait au culte des ancêtres. Sculptures, plates-formes, carrières furent rendus inaccessibles ou inopérants. Les moaï furent enfouis sous des terrasses, les carrières comme celle du Rano Raraku furent encombrées d’ébauches pour empêcher une exploitation ultérieure. Le tabou jeté sur le volcan Rano Raraku réfute la thèse d’une chaine opératoire qui serait reflétée par le site (allant de l’ébauche aux statues en ronde bosse) au profit d’un long et minutieux travail de fermeture rituelle de l’exploitation de la carrière de tuf par les Pascuans.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population avant les contacts européens[modifier | modifier le code]

Jared Diamond estime qu’à son apogée, c’est-à-dire entre le XVIe et le XVIIe siècle, l’ile de Pâques aurait pu abriter jusqu'à 10 000 ou 15 000 habitants. Cependant, selon Daniel Taruno, ingénieur agronome, « il semble impossible qu’une société néolithique qui ne connaissait pas la roue et n’élevait pas de bêtes de trait ait pu développer la productivité agricole au point de nourrir 15 000 êtres humains sur 165 km2, soit 90 habitants/km2. Selon la monumentale Histoire des agricultures du monde de Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, une telle densité représenterait trois fois celles de la Grèce et de l’Italie antiques. L'agriculture pascuane se situerait ainsi presque au niveau de productivité du système agraire ultra-performant de l’Égypte pharaonique. Il semble exclu que de tels résultats aient été atteints dans les conditions de l’ile de Pâques, que Jared Diamond décrit comme non-optimales ».

La déforestation, la sécheresse et les pénuries alimentaires semblent avoir limité le nombre d’habitants à 2 000 ou 3 000 habitants avant l’arrivée des Européens. Si excédent de population il y a eu, il a probablement migré par mer vers d'autres terres, selon la tradition polynésienne : des traces d’habitations ont, entre autres, été découvertes sur Henderson et sur Pitcairn.

Les effets de la colonisation européenne[modifier | modifier le code]

La déportation vers le Pérou d’habitants destinés aux travaux forcés fit chuter le nombre d’habitants à 900 en 1868. Quant à ceux (peu nombreux) qui purent revenir, les maladies qu’ils avaient contractées provoquèrent un nouveau recul démographique.

Un autre phénomène aux conséquences démographiques est à noter : l’élevage intensif de moutons mis en place par les colons français (Jean-Baptiste Dutrou-Bornier et Pierre Mau : voir section Histoire supra ) sur une partie de l’ile, eut pour conséquence des migrations d’une grande partie de la population. D’une part, des ouvriers agricoles furent amenés depuis la Polynésie française, mais d’autre part, à la suite de conflits d’intérêts entre les colons et les missionnaires (également français) installés peu avant, 168 habitants émigrèrent en 1871 vers la Polynésie française, accompagnant les missionnaires qui quittaient l’ile de Pâques. En outre, en raison de la surface de terre exploitée par ces élevages, l’expansion démographique des Rapa-Nui se trouva fortement affaiblie, et même empêchée dans tout le Nord-Est de l’ile. En 1877, le nombre d’habitants était tombé à 111. Après cette date, la population se mit à augmenter progressivement ; en 1888, année de l’annexion de l’ile par le Chili, 178 habitants furent recensés.

La population pascuane au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle les Rapa-Nui ont été obligés de vivre dans une petite zone délimitée au sud-est de l’ile par les autorités chiliennes, tout le reste de l’ile (94 % de la surface) étant réservé à l’élevage du mouton par les compagnies fermières. L’exode des polynésiens augmentant, le gouvernement chilien a dû prendre des mesures pour enrayer un potentiel exil total de la population (Voir le livre de Marie-Françoise Peteuil, Les Evadés de l'Ile de Pâques). Ce n’est que dans les années 1960 que les habitants furent à nouveau autorisés à circuler dans leur ile et que les conditions de vie ont commencé à s’améliorer, ce qui a permis une augmentation de la population. En 1960 on recensait plus de 1 000 habitants, dont la moitié d'origine Rapa-Nui.

D’après le recensement de 2002, l’ile compte 3 791 habitants. Cette augmentation repose aussi sur l’immigration chilienne. La conséquence de cette vague d’immigration est la modification de la composition ethnique de la population. En 1982 les polynésiens (pour la plupart descendants d'ouvriers agricoles venus de Polynésie française à la fin du XIXe siècle) représentaient 70 % de la population. En 2002 ils n’étaient plus que 60 %. Parmi les 40 % restants, 39 % étaient d’origine européenne (il s’agissait en général de résidents temporaires, comme les employés d’administration, le personnel militaire, les scientifiques et leurs assistants) et 1 % d’autre provenance (surtout chinoise).

Ces dernières décennies ne connurent cependant pas que des vagues d’immigration. Bon nombre d’habitants de l’ile de Pâques ont émigré sur le continent, à la recherche de travail mais aussi pour faire des études. Lors du recensement de 2002 on constata que 2 269 Rapanui chiliens vivaient en dehors de l’ile. La densité de population de l’ile de Pâques n’est que de 23 hab./km2 (pour comparaison : France, 113 hab./km2 ; Belgique, 342 hab./km2 ). Au milieu du XIXe siècle, avant la catastrophe démographique de 1861, la plupart des pascuans d'origine vivaient au sein de six agglomérations : Anakena, Tongariki, Vaihu, Vinapu, Matavei et Hanga Roa ; il y avait aussi des habitats dispersés. Aujourd’hui, les habitants sont concentrés dans les villages de Hanga Roa, Mataveri et Moeroa au Sud-Ouest. Ces villages se sont développés les uns à côtés des autres, si bien qu’ils sont aujourd’hui considérés comme une seule et unique agglomération. C'est là aussi que se trouve l'aéroport international.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue officielle est l’espagnol. On ne sait que peu de choses de la variété pascuane du maori parlé avant la catastrophe démographique de 1861 ; le rapanui actuel, originaire de Polynésie française, est un dialecte de Polynésie orientale, couramment utilisé dans les échanges quotidiens entre habitants polynésiens.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Lorsque les Européens sont arrivés dans l'ile, ils ont décrit des rituels liées au culte de Make-make, dieu qui ressemble à un homme, avec une tête de sterne noir de l'ile de Pâques nommé Manutara ou Mahoké. Une cérémonie annuelle avait lieu dans le sanctuaire d'Orongo à l'extrémité sud-ouest de l'ile : les représentants des clans devaient sauter depuis une falaise en surplomb d'une dizaine de mètres et nager sur une sorte de planche composée de roseaux totora jusqu'à l'îlot Motu Nui, pour y arriver en même temps que les sternes venus nidifier. Là ils prenaient leurs quartiers dans différents secteurs de l'îlot et attendaient la ponte du premier œuf de Mahoké. Celui qui le trouvait et le rapportait intact à Orongo intronisait pour l'année le Tangata manu, « l'homme-oiseau » qui arbitrait la répartition des ressources entre les clans. Ce n'était pas une compétition mais un rituel religieux : c'est Make-make qui désignait lui-même le Tangata manu par le biais de la femelle sterne pondant la première, dans le secteur de tel ou tel clan, et c'est seulement si le nageur de ce clan ne parvenait pas à ramener intact l'œuf de Mahoké que le second, ou le troisième et ainsi de suite, ramenaient leurs œufs vers Orongo, mais la légitimité du Tangata manu était alors moindre, et ses décisions plus discutables. Leur mythologie est décrite par Irina Fedorova, première à avoir consacré une monographie à ce sujet.

Ce culte n'avait rien à voir avec celui des ancêtres, représentés par les Moai, qui avait déjà cessé à l'époque depuis assez longtemps pour que carrières, statues, maraes et ahus soient enfouis dans la terre et dans la végétation.

Après la catastrophe démographique et culturelle de 1861 qui a fait disparaître le culte de Make-make, l'Église catholique envoie sur l'ile Eugène Eyraud, un mécanicien français qui a décidé de se consacrer à l'évangélisation rejoint en 1866 par un prêtre également français : Hyppolite Roussel, qui se trouvait auparavant en fonction aux iles Marquises. Tous deux créent la Mission catholique. Deux autres missionnaires arrivent en novembre 1866 avec des animaux et du matériel. La Mission catholique dépend du vicariat apostolique des iles de Tahiti jusqu'à ce que l'église pascuane soit rattachée à celle du Chili en 1911[41]. Ainsi, c'est la France qui a christianisé l'ile de Pâques, sans difficultés étant donné que la population d'origine, adepte de Make-make, avait presque disparu, et que les Polynésiens de Rapa, venus la remplacer, étaient déjà en grande partie chrétiens.

Administration[modifier | modifier le code]

Civile[modifier | modifier le code]

Tampon de passeport de l'île de Pâques
Pour les élus voir : Politique de l'Île de Pâques.

L'ile de Pâques dépend du Chili depuis 1888. Elle a le statut d'une province de la région de Valparaíso. Un des gouverneurs accrédités par le gouvernement chilien administre l'ile. Depuis 1984, il s'agit toujours d'un insulaire. Depuis 1966, un conseil municipal de 6 personnes est élu tous les 4 ans dans la commune de Hanga Roa. Un de ces 6 élus est nommé maire de l'ile.

Une douzaine de policiers stationnent sur l'ile et assurent, entre autres, la sécurité de l'aéroport. Les forces armées et la marine sont très présentes. La marine dispose d'un bateau de patrouille qui sert également en cas de sauvetage en mer. La monnaie est le peso chilien, mais le dollar américain s'est peu à peu imposé, si bien qu'il est en 2008 une monnaie secondaire mais acceptée partout.

L'ile de Pâques est un territoire exempt de droits de douanes, si bien que les recettes issues des impôts et autres taxes sont relativement minces. Le budget public est dans une très grande mesure subventionné par le Chili. Le courrier n'est pas distribué aux habitants, mais gardé durant un certain délai au bureau de la poste[42]. Le lieu est très fréquenté par les touristes qui viennent y faire apposer le tampon de l'île sur leur passeport.

Religieuse[modifier | modifier le code]

La paroisse catholique de l'ile de Pâques appartient aujourd'hui au diocèse chilien de Valparaíso. Elle a appartenu au vicariat apostolique des iles de Tahiti jusqu'en 1911, avant d'être transférée au Chili. Il semble que le diocèse aux armées du Chili était alors responsable de la charge pastorale de l'ile. Puis, le , la paroisse a été assignée au vicariat apostolique de l'Araucanie (situé dans le Chili central-méridional, à 4 500 km au sud-est de l'ile), à la charge des pères capucins. Le , la paroisse a été transférée une dernière fois à Valparaíso[43].

Économie[modifier | modifier le code]

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Depuis que, dans les années 1970, la NASA a procédé à l'agrandissement de l'aérodrome de Mataveri, créant ainsi un terrain d'atterrissage d'urgence pour les navettes spatiales, les gros porteurs peuvent désormais atterrir sur cet aéroport, le plus isolé du monde. Cet agrandissement a eu pour effet d’augmenter la fréquentation touristique de l’ile, ce qui représente aujourd’hui la première source de revenus. Le nombre de touristes reste cependant très limité en comparaison des autres iles touristiques. Depuis peu, un service des eaux centralisé est disponible. Auparavant, l’eau courante était limitée aux réserves des lacs formés dans les cratères des volcans et aux nappes phréatiques. Le réseau de distribution électrique fonctionne grâce à des générateurs diesel, il se limite au village de Hanga Roa (soit la quasi-totalité de la population). Les routes situées à proximité de Hanga Roa et de Mataveri sont goudronnées ; il en est de même pour la route allant de Hanga Roa à la plage d’Anakena et tout le long de la côte sud jusqu’à la presqu'ile de Poike.

À l’école de Hanga Roa, l’enseignement est assuré jusqu’à l’obtention du Prueba de Aptitud, équivalant au baccalauréat français. Les enseignements professionnels et supérieurs ne sont cependant disponibles que sur le continent. En outre, l’UNESCO soutient un programme d’enseignement bilingue rapanui-espagnol. Les services de santé sont bien meilleurs que dans d’autres régions isolées du Chili. Le petit hôpital dispose d’un médecin, d’un dentiste ainsi que d’une sage-femme. Une ambulance est également mise à disposition de l’hôpital. Les pompiers sont équipés d'un matériel de qualité, en grande partie de fabrication française (RVI, Camiva...).

D’autres infrastructures comme l’église, la poste, les services bancaires, la pharmacie, de petits commerces, un supermarché, des snack-bars et autres restaurants se sont considérablement améliorés depuis les années 1970 et ce notamment pour satisfaire les demandes des touristes. D’autres services comme la téléphonie par satellite ou Internet sont bien entendu également disponibles. Une discothèque a même été construite pour les plus jeunes.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Depuis le premier vol commercial depuis Santiago en 1967, le tourisme s'est rapidement développé. Avec 70 000 visiteurs par an en 2010 (50 000 en 2006, 65 000 en 2009), le tourisme est devenu la ressource principale de l’ile.

Une seule compagnie aérienne dessert l’ile en 2008 : LAN Chile. Un vol quotidien relie directement Santiago à l'Ile de Pâques, tandis qu'un vol par semaine — le mercredi — fait également escale par l'aéroport international de Tahiti Fa'a'ā.

La piste de l’aéroport international Mataveri coupe le reste de l’ile du secteur d'Orongo, le village des hommes oiseaux.

Littérature[modifier | modifier le code]

L'ile de Pâques, par son isolement, par les mystères paraissant insolubles de son passé (avant que la science ne s'en mêle), par la taille et le nombre des moais abandonnés, et par l'abondance de ses pétroglyphes, a fortement inspiré les auteurs. Certains comme Pierre Carnac[44], ou encore Francis Mazière[45], n'ont pas hésité à broder une histoire-fiction de l'ile, faisant intervenir tantôt des navigateurs venus d'Europe, experts intercontinentaux en mégalithes de Stonehenge au Yucatan en passant par l'Égypte et Nan Madol, tantôt des extraterrestres. D'autres romans, comme Aku-Aku de Thor Heyerdahl, sont à la fois des récits de voyage et de découverte, et des spéculations sur l'histoire possible de l'ile. L'ile de Pâques a également été reliée à différents mythes comme celui du continent Mu, où le postulat (malgré l'absence de toute trace archéologique ou autre) est que l'ile aurait pu être peuplée dès la fin de la dernière glaciation, il y a 12 000 ans environ, lorsque les mers remontaient et que les terres émergentes rétrécissaient dans le Pacifique (l'étude de coraux montre que les mers sont alors montées de 14 m en 350 ans, soit de 40 cm par an, mais toutes les preuves paléogéographiques, paléobiologiques et archéologiques indiquent que les premiers humains à aborder l'Océanie lointaine, où l'on ne peut plus naviguer en vue d'une côte, furent les Lapita, il y a 5 200 ans, et seulement dans la partie la plus occidentale).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Reportages et documentaires télévisuels[modifier | modifier le code]

  • Le testament de l’ile de paques, documentaire de la Fondation Cousteau - réalisation Philippe et Jacques-Yves Cousteau, France, 1978, 55 min.
  • L’homme de Pâques, documentaire de Thomas Lavachery, Belgique, 2002, 52 min. Images : Louis-Philippe Capelle et Eric Blavier. Son : Paul Heymans et Cosmas Antoniadis. Musique : Thierry Delvigne. Montage : Denis Roussel. Prod. : Y.C. Aligator Film. Coprod. : Triangle 7, RTBF, WIP.
  • Les Rapa Nui ont fait un rêve, documentaire de Gérard Bonnet et Philippe Ray, France, 2003, 54 min[46].
  • La mémoire perdue de l’ile de Pâques, documentaire de Thierry Ragobert, France, 2001, 52 min. Diffusé le sur ARTE.
  • Une saison dans les iles : l’ile de Pâques, reportage de Véronique Nizon et Guy Nevers pour Thalassa, France, 2006, 52 min. Diffusé le sur France 3.
  • La Boudeuse autour du monde (épisode 2/5) : « A l'ombre des géants : chronique de Pâques », Réalisé par : Patrice Franceschi, France, 2004, 55 min. Diffusé le sur France 5.
  • Les écritures de l'Océan, d'Olivier Jonneman et Pierre Vachet, France-Télévisions, RFO Nouvelle Calédonie, 2006. diffusé sur Arte.
  • L' énigme de l'ile de Pâques, produit par Maria et Andy Awes, en français sur France-Télévisions, le vendredi 29 juin 2012 à 20h35 diffusé sur France 5.

Œuvres cinématographiques de fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) Recensement 2002, Institut national de la statistique du Chili (INE)
  2. Andrew Sharp (ed.): The Journal of Jacob Roggeveen (Oxford, 1970).
  3. Thomas S. Barthel: The Eighth Land: The Polynesian Settlement of Easter Island, Honolulu University of Hawaii 1978
  4. Pour le nom Rapa Nui : « Invention of the name “Rapa Nui” »
  5. Par exemple Thor Heyerdahl.
  6. Fouilles à Anakena et datations de Lipo, C. et Hunt, T. 2006[réf. souhaitée]
  7. (en) C. Smith dans The Archaeology of Easter Island, vol. 1. Thor Heyerdahl, Edwin Ferdon eds. Allen & Unwin, 1961, Londres, p. 393-396.
  8. Helene Martinsson-Wallin et Susan Crockford (2002), « Early settlement on Rapa-Nui (Easter Island) », Asian Perspective, 40, p. 244-278.
  9. (en) Terry L. Hunt et Carl P. Lipo, « Late Colonization of Easter Island », Science, no 311, 2006, p. 1603—1606.
  10. a et b Alfred Métraux: Introduction à la connaissance de l'Ile de Pâques, éditions du Muséum national d'histoire naturelle, Paris 1935, relatant les résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934.
  11. Denise Wenger et Charles-Edouard Duflon, L'ile de Pâques est ailleurs, Ed. Frédéric Dawance, 2011, p. 24.
  12. Jean Hervé Daude, Ile de Pâques : L'empreinte des Incas, Canada, 2010, p. 47
  13. Jean Hervé Daude (2011) : Ile de Pâques : Mystérieux Moko, Canada, et Denise Wenger, Charles-Edouard Duflon, L'ile de Pâques est ailleurs, Ed. Frédéric Dawance, 2011, p. 80.
  14. Jean Hervé Daude, Ile de Pâques : L'empreinte des Incas, Canada, 2010, p. 81.
  15. Alfred Métraux : Introduction à la connaissance de l'Ile de Pâques : résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934, Éd. du MNHN, Paris 1935
  16. Transport qui avait parfois lieu sur près de 15 km
  17. http://www.eisp.org/
  18. (en) Jo Anne Van Tilburg, Among Stone Giants: The Life of Katherine Routledge and Her Remarkable Expedition to Easter Island, (ISBN 0-7432-4480-X)
  19. Thor Heyerdahl, Aku-Aku : le secret de l'ile de Pâques, Éd. Phébus, (ISBN 2-7529-0088-0). planches 9 et 10 entre pages 80 et 81.
  20. Voir travaux du Dr Pierre Otino
  21. Citation de James Cook, livre de bord des voyages 1768-1779, édition Erdmann, Tübingen
  22. Référence : article de Corinne Raybaud dans la Revue juridique polynésienne [1] pour ce paragraphes et les suivants
  23. Voir aussi la page anglaise : Alexander Salmon Jr
  24. Pages anglaise et espagnole sur l'ile de Pâques pour cette rubrique.
  25. (en) P. E. Baker, F. Buckley et J. G. Holland, « Petrology and Geochemistry of Easter Island », Contr. Mineral, and Petrol, Springer-Verlag, no 44,‎ 1974, p. 85-100 (lire en ligne)[PDF]
  26. a et b (en) Karsten M. Haase, Peter Stoffers et C. Dieter Garbe-Schoneberg, « The Petrogenetic Evolution of Lavas from Easter Island and Neighbouring Seamounts, Near-ridge Hotspot Volcanoes in theSE Pacific », Journal of Petrology, Oxford University Press, vol. 38,‎ 1997, p. 785-813 (lire en ligne)
  27. (en) « Steam crack in wall of Rano Kao », Photograhs of scenery : lakes and landscapes, Université d'Hawaï (consulté le 10 août 2009)
  28. Les prochaines éclipses.
  29. Petite planète 221465 Rapa Nui.
  30. (en) « Easter Island Climate and Weather », Enjoy Chile (consulté en 2009-08-10)
  31. (en) « Easter Island », Letsgo (consulté en 2009-08-10)
  32. T. Hunt, « L'ile de Pâques détruite par les rats ? », Pour la Science, janvier 2007, p. 28-35
  33. Mauro Bologna, Université de Tarapacà, Brésil, cité par Science et Vie, avril 2008, p 36
  34. Voir l'article complet : http://www.uri.edu/artsci/ecn/starkey/ECN398%20-Ecology,%20Economy,%20Society/RAPANUI.pdf
  35. http://orta.dynalias.org/critiqueco/pdfs/185-idees-catastrophes-paques.pdf orta.dynalias.org
  36. Cité dans Heyerdahl & Ferdon, 1961:57
  37. (en) « Rethinking the Fall of Easter Island : New evidence points to an alternative explanation for a civilization's collapse. », in American Scientist no 94, 2006, p. 412-419
  38. (en) Terry Hunt, « The Statues that Walked : Unraveling the mystery of Easter Island », in Free Press, New York, 2011
  39. Nicolas Cauwe (dir.), Ile de Pâques, faux mystères et vraies énigmes, Les éditions du CEDARC, 2008.
  40. Nicolas Cauwe, Ile de Pâques, le grand tabou. Dix années de fouilles reconstruisent son histoire, Louvain-la-Neuve, Éditions Versant Sud, 2011.
  41. Article de Corinne Raybaud dans la Revue juridique polynésienne
  42. Timbres magazine no 100 avril 2009
  43. (en) Notes on Easter Island sur le site de l'Église catholique norvégienne.
  44. Pierre Carnac : Les conquérants du Pacifique, six mille ans de navigation vers le Nouveau Monde, Robert Laffont, coll. Les énigmes de l’Univers, 1975
  45. Francis Mazière : Fantastique ile de Pâques, Robert Laffont, coll. Les énigmes de l’Univers
  46. « Reseau France Outre-mer » (consulté le 14 janvier 2007)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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