Guam
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| Administration | |||||
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| Statut politique | Territoire non-incorporé et organisé des États-Unis | ||||
| Capitale | Hagåtña () |
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| Gouvernement - Chef d'État - Gouverneur |
Barack Obama Eddie Calvo |
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| Géographie | |||||
| Superficie | 549 km2 | ||||
| Démographie | |||||
| Population (2010[1]) | 159 358 hab. | ||||
| Densité | 290.3 hab./km2 | ||||
| Langue(s) | Anglais, chamorro | ||||
| Économie | |||||
| Monnaie | Dollar US | ||||
| Autres | |||||
| Fuseau horaire | UTC +10 | ||||
| Domaine internet | .gu | ||||
| Indicatif téléphonique | 1-671 | ||||
Guam est une île située dans l'océan Pacifique. Elle est rattachée aux États-Unis bien qu'elle fasse partie de l'archipel des îles Mariannes. C'est officiellement un territoire non-incorporé organisé des États-Unis avec à sa tête un gouverneur élu. Son nom en chamorro est Guåhan (également écrit Guahan). L'île fut colonisée par l'Espagne du XVIIe siècle jusqu'à sa cession aux États-Unis en 1898 après la guerre hispano-américaine.
Sommaire |
[modifier] Histoire
Il y a 5 000 ans (3000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2000 avant J.-C., des migrations ont lieu de Taiwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et, au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.
Guam, découverte en mars 1521, appartient à la couronne espagnole jusqu'en 1898, année à laquelle elle fut cédée aux États-Unis après la guerre hispano-américaine.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Guam est attaquée par le Japon trois jours après l'attaque sur Pearl Harbor. Ne possédant aucune arme lourde pour arrêter les Japonais, les marines défendant Guam se rendent. Dans le cadre de la conquête des îles Mariannes et juste après l'invasion de Tinian par les États-Unis dans le cadre de la guerre du Pacifique, Guam fut reconquise par les États-Unis lors de la bataille de Guam.
Elle demeure une importante base pour les forces armées des États-Unis dans le Pacifique. Andersen Air Force Base a été utilisé entre autres pour les raids de bombardement stratégique depuis cette période et sa rade est l'une des trois pouvant accueillir des porte-avions de l'US Navy dans la région.
[modifier] Écologie
L'île est infestée de serpents de l'espèce Boiga irregularis qui font disparaître plusieurs espèces d'oiseaux endémiques à Guam[2]. Outre le fait d'avoir causé l'extinction de 12 espèces d'oiseaux endémiques de l'île sur 14, il est aussi responsable de la disparition de 2 espèces de chauve-souris endémiques sur 3 et de 6 espèces de lézards. Ce serpent aurait été introduit quelques années après la Seconde Guerre mondiale, probablement par un cargo militaire ou commercial en provenance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée[3].
[modifier] Géographie
Hagåtña en est la capitale (ancien nom Agaña). Selon le recensement de 2010, la capitale comptait 1 051 habitants.
Guam couvre une superficie de 541,3 km2.
L'île compte 159 358 habitants en 2010. On y parle l'anglais, le chamorro et le japonais.
[modifier] Politique
Le gouverneur de Guam est élu pour un mandat de 4 ans. Le gouverneur actuel est Eddie Calvo (républicain), qui a été élu en 2010.
Le pouvoir législatif est détenu par l'I Liheslaturan Guåhan, nom chamorro du Parlement.
En 2002, Madeleine Z. Bordallo (démocrate) a été élue comme déléguée de Guam à la Chambre des représentants des États-Unis. Elle a été ré-élue en 2004, 2006 et 2010.
La présence française est assurée par une annexe consulaire permanente du Consulat Général de France à San Francisco dans la ville de Sinajana.
[modifier] Économie
Guam a, notamment grâce au tourisme, une économie florissante. Le pays a un PIB de 3,2 milliards de dollars. Le revenu annuel par habitants est de 22 000 dollars par habitant en 2005, soit 26 fois plus élevé qu'en Indonésie et légèrement plus élevé qu'en Corée du Sud.
Guam possède d'importants gisements de bauxite.
[modifier] Le syndrome de Guam
Au milieu du XXème siècle, une incidence anormalement élevée (50 à 100 fois plus que la normale) d'un syndrome évoquant des maladies neurodégénératives connues, avec des cas sporadiques parmi les jeunes (comme pour les maladies à prion), a été constatée au sein de la population autochtone Chamorro[4], très intriguant et préoccupant pour les épidémiologistes. Ce syndrome est parfois nommé syndrome de Guam[5]. Il associe les symptômes d'une sclérose latérale amyotrophique et ceux d'une démence parkinsonnienne, constituant une maladie neurodégénérative, qui apparait une trentaine d'année environ après le début de l'intoxication[6].
Deux hypothèses explicatives, éventuellement complémentaire ont été proposées, dont la première, un abandonnée durant une trentaine d'année, a été rétablie dans les années 2000 sur la base de nouvelles preuves et surtout d'explications plausibles et claires :
[modifier] Hypothèse d'une intoxication par une neurotoxine bactérienne
On a découvert dans le monde un grand nombre de toxines bactériennes, dont certaines neurotoxiques et relativement stables. Les recherches faites sur l'île ont montré que le syndrome de Guam était causé par une molécule neurotoxique : un acide aminé non-protéique dit bêta-méthylamino-L-alanine (ou BMAA).
Des chercheurs ont ensuite découvert que de grandes quantité de BMAA étaient présentes dans les graines et fruits de Cycas (Cycas micronesica)[4], une sorte de grand palmier très présent sur l'île.
Il a ensuite été démontré que ce BMAA était en réalité produit par des milliers de petites colonies de cyanobactéries symbiotiques abritées sous la terre, à l'intérieur de nodules formés par les Cycas dans des racines spécialisées (dites « racines coralloïdes »[4],[7]. Sous forme libre dans la nature, la bactérie ne contient que 0,3 microg/g de BMAA, mais quand elle vit en symbiose avec son arbre (Cicas), elle en produit jusqu'à 120 fois plus (2 à 37 microg/g)[8]. Ce BMAA est transporté par la sève vers les branches, puis retrouvé particulièrement concentré dans les tissus reproducteurs de l'arbre (9 microg/g en moyenne dans la partie charnue du sarcotest et plus de 100 fois plus ; 1 161 microg/g en moy.) dans l'enveloppe périphérique de la graine) [8]. Ce BMAA est aussi trouvé sous forme bioassimilable dans le fruit et la graine[4], mais en petite quantité sous forme libre ; c'est sous forme liée à des protéines qu'il est surtout présent, jusqu'à une centaine de fois plus concentré, alors bioassimilable[8]. Des chercheurs avaient suggéré un lien entre ce BMAA et l'étrange syndrome de Guam, mais on leur a répondu qu'il faudrait manger des tonnes de farines ou de fruits de cet arbre pour accumuler la quantité de BMAA trouvée dans le cerveau des malades. Les recherches ont été interrompues durant une trentaine d'année et orientées vers d'autres explications dont aucune n'était convaincante.
Plusieurs décennies après, on a remarqué que plusieurs espèces d'animaux mangés par l'Homme se nourrissaient du fruit et de la graine de cet arbre : C'est le cas des roussettes (Pteropus mariannus), des cochons et des cervidés. Par des mesures de leur teneur en BMAA, on a alors rapidement constaté que ces animaux pouvaient participer à une rapide bioamplification de la neurotoxine dans le réseau trophiques local ; jusqu'à l'Homme, qui est dans l'île situé au sommet de la pyramide alimentaire[8]). Ainsi les roussettes consommant graines et fruits du Cyca bioaccumulent à leur tour le BMAA (3 556 microg/g en moyenne). Et elles sont très prisé du peuple autochtone Chamorro qui les chassent et les mangent bouillie dans une crème de coco.
On a ensuite constaté que le BMAA est une toxine très stable, assez pour qu'on la retrouve en quantité élevée dans les roussettes de Guam conservées dans les musées[9]. La consommation d'une seule roussette apporte une dose de BMAA équivalente à 174 kg à 1,014 tonnes de farine de cycas[9]. A cause des festins traditionnels de renards volants (autre nom de cette roussette), les Chamorros meurent bien plus nombreux que la moyenne des humains du syndrome de Guam ; Ce BMAA (lié à des protéines) a en effet aussi été retrouvé dans le cerveau des morts de ces maladies dégénératives sur l'île (à des concentration moyenne de 627 microg/g, 5 mM) alors qu'on ne l'a pas trouvé dans les cerveaux ce cas-témoins, ni dans le cerveau de patients morts de maladie de Huntington[4].
Ces découvertes ont ravivé l'intérêt pour l'hypothèse que le BMAA pourrait être déclencheur possible d'autres maladies neurodégénérative, d'autant qu'il a aussi été trouvé (à des taux moyens de 95 microg/g, 0.8mM) dans le cerveau d'individus nord-américains morts de maladie d'Alzheimer, ce qui renforce l'hypothèse d'un rôle étiologique possible du BMAA dans le cas de maladies neurodégénératives ailleurs que dans l'Île[4],[8] (et une étude encore contestée laisse penser que d'autres plantes ou animaux pourraient concentrer le BMAA[6].
Les cyanobactéries sont abondantes dans le monde entier. De plus, les pullulations de cyanophycées dans des réservoirs superficiels d'eau potable sont de plus fréquents (en raison de déséquilibres écologiques encore mal compris, mais semblant impliquer l'eutrophisation des eaux de surface)[4].
Dans les années 2000, l'hypothèse de facteurs environnementaux jouent un rôle majeur dans le développement de maladies neurodégénératives gagne du terrain. En particulier, certaines souches de cyanobactéries sont potentiellement (et de manière avérée à Guam) source de BMAA environnemental susceptible d'être transportées dans les eaux potables, ou bioconcentré, puis impliqué dans la maladie d'Alzheimer, la SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique)[10] ou la maladie de Parkinson[11] chez des patients pouvant avoir une prédisposition génétique liée à une incapacité à prévenir l'accumulation de protéines liées au BMAA dans le cerveau est avancée par certains auteurs[4],[12], mais encore à confirmer (par exemple par tracage isotopique et/ou par des études épidémiologiques et écoépidémiologiques) solides. Le BMAA, en tant qu'acide aminé non protéique, outre des effets toxiques sur les neurones moteurs, une action agoniste sur les récepteurs NMDA et AMPA et l'induction d'un stress oxydatif associé à un épuisement du glutathion, pourrait, causer mauvais repliement des protéines intraneuronale, ce qui est l'une des sources de la neurodégénérescence. S'il n'y a pas de modèle animal pour étudier une SLA induite par le BMAA, il existe maintenant des preuves substantielles pour soutenir un lien de causalité entre cette toxine bactérienne et la SLA[10]. Comme les pullulations de cyanophycées sont de plus en plus fréquentes en eau douce de surface, la confirmation d'un déclencheur environnemental bactérien pour la SLA ou d'autres maladies neurodégénératives pourrait avoir d'énormes conséquences en terme de sécurité sanitaire[10].
[modifier] Hypothèse d'une neuro-intoxication par l'aluminium
L'autre explication possible, non exclusive de la première, serait celle d'une intoxication par l'aluminium, aggravée par une carence chronique en calcium, mais elle n'a pas été entièrement convaincante, notamment parce que d'autres endroits dans le monde ont des sols comparables, sans syndromes comparables à celui de Guam (une étude comparative publié en 1989 entre Guam et Palua et la Jamaïque a conclu les mécanismes de contamination restaient à élucider[13]. Un modèle de l'accumulation de métaux toxiques dans le cas d'une carence chronique en calcium a été développé en 1990[14] ; l'accumulation d'aluminium dans les cellules nerveuses reste mal comprise, et ne permet pas d'établir un lien causal avec l'incidence anormalement élevée des maladies neurodégénératives sur l'Île de Guam[15].
A la page 18 du livre Votre corps réclame de l'eau[16], le docteur iranien Fereydoon Batmanghelidj[17] (1931-2004) précise ceci : « L'île de Guam possède un sol riche en minerai d'aluminium [...]. Ce minerai contaminait sérieusement l'eau potable de l'île. Avant que cette pollution soit reconnue, il y régnait une maladie analogue à celle d'Alzheimer. Même les jeunes gens semblaient souffrir de ce mal. Il y a un certain nombre d'années, on admit ce problème et on purifia l'eau. Aujourd'hui, les jeunes ne sont plus affligés par ce mal. La toxicité de l'aluminium dans l'eau potable est maintenant reconnue comme responsable de cette maladie de type Alzheimer. »
[modifier] Démographie
[modifier] Sport
L'équipe de football de Guam a subi une cuisante défaite contre la Corée du nord le 11 mars 2005. Score Corée du Nord - Guam : 21-0. La Fédération d'Escrime de Guam est affiliée à la Fédération Internationale d'Escrime de façon provisoire depuis le 5 avril.
[modifier] Codes
Guam a pour codes :
- GU selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2
- .gu, selon la liste des Internet TLD (Top level domain),
- GUM selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-3,
- GUM selon la liste des codes pays du CIO,
- N selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs,
- PG, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports,
[modifier] Galerie
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- (en) Site du Congrès
- (en) Site de l'université de Guam
- (en) [1] Islanders unite to protect Pagat par Lannie Walker
- (en) [2] US Military Bases on Guam in Global Perspective par Catherine Lutz
- (en) Site officiel touristique de Guam
- (en) Parlement de Guam, 28e législature
[modifier] Notes et références
- U.S. Census Bureau Releases 2010 Census Population Counts for Guam, United States Census Bureau, 24 août 2011. Consulté le 8 septembre 2010
- acces.inrp.fr au niveau du petit b) tiré du livre « Invasive species preventions for oceanic islands »
- History of The Brown Tree Snake Invasion on Guam
- Bradley WG, Mash DC., Beyond Guam: the cyanobacteria/BMAA hypothesis of the cause of ALS and other neurodegenerative diseases. ; Amyotroph Lateral Scler. 2009; 10 Suppl 2:7-20. (résumé)
- Syndrome dit « Syndrome de Guam » ou AL-SPDC pour Amyotrophic lateral sclerosis/parkinsonism-dementia complex
- Karamyan VT, Speth RC., Animal models of BMAA neurotoxicity: a critical review ; Life Sci. 2008 Jan 30;82(5-6):233-46. Epub 2007 Dec 7. (résumé)
- Photos de l'arbre, des nodules, des fruits mangés par une roussette
- Cox PA, Banack SA, Murch SJ., Biomagnification of cyanobacterial neurotoxins and neurodegenerative disease among the Chamorro people of Guam. Proc Natl Acad Sci U S A. 2003 Nov 11; 100(23):13380-3. (Résumé)
- Banack SA, Cox PA., Biomagnification of cycad neurotoxins in flying foxes: implications for ALS-PDC in Guam, Neurology. 2003 Aug 12;61(3):387-9 (résumé)
- Banack SA, Caller TA, Stommel EW., The cyanobacteria derived toxin Beta-N-methylamino-L-alanine and amyotrophic lateral sclerosis ; Toxins (Basel). 2010 Dec;2(12):2837-50. Epub 2010 Dec 20 (Résumé)
- Salama M, Arias-Carrión O., Natural toxins implicated in the development of Parkinson's disease; Ther Adv Neurol Disord. 2011 Nov; 4(6):361-73.
- Ince PG, Codd GA., Return of the cycad hypothesis - does the amyotrophic lateral sclerosis/parkinsonism dementia complex (ALS/PDC) of Guam have new implications for global health ? Neuropathol Appl Neurobiol. 2005 Aug; 31(4):345-53 ([Résumé])
- (en) D. R. Crapper McLachlarf, C. D. McLachlan, B. Krishnan, S. S. Krishnan, A. J. Dalton et J. C. Steele, « Aluminium and calcium in soil and food from Guam, Palau and Jamaica: Implications for amyotrophic lateral sclerosis and parkinsonism-dementia syndromes of Guam », dans Environmental Geochemistry and Health, vol. 11, no 2, juin 1989, p. 45-53 (ISSN 0269-4042) [lien DOI]
- (en) Ralph M. Garruto, Richard Yanagihara1 et D. Carleton Gajdusek, « Models of environmentally induced neurological disease: epidemiology and etiology of amyotrophic lateral sclerosis and parkinsonism-dementia in the Western Pacific », dans Environmental Geochemistry and Health, vol. 12, no 1-2, mars 1990, p. 137-151 (ISSN 0269-4042 (Print) 1573-2983 (Online)) [lien DOI]
- (en) Ralph M. Yanagihara, « Contributions of isolated Pacific populations to understanding neurodegenerative diseases », dans Folia Neuropathol, vol. 47, no 2, 2009, p. 149-170 [texte intégral (page consultée le 13 novembre 2009)]
- Votre corps réclame de l'eau, Fereydoon Batmanghelidj, ISBN 978-2-88353-571-8
- Fereydoon Batmanghelidj
