Aire protégée

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On appelle aire protégée (AP) (de l'anglais protected area, PA) une zone où des mesures particulières de protection, surveillance et/ou gestion sont mises en œuvre, dans un objectif de protection, restauration et gestion du milieu, des habitats naturels et des espèces. Certaines activités peuvent y être interdites. L'ONU recommande que ces zones fassent l'objet d'une approche écosystémique. On parle d'aire marine protégée (AMP) quand il s'agit d'une zone marine.

Histoire et vue globale[modifier | modifier le code]

La toute première réserve naturelle du monde daterait de l'an 200, au Sri Lanka, le roi Devanampiya Tissa ayant établi un sanctuaire de la vie sauvage[1]. À l'ère moderne, l'un des premiers parcs nationaux est celui du Yellowstone créé en 1872 aux États-Unis, bien qu'un décret de 1864 conférait aussi une protection au parc de Yosemite (premier parc régional). Aujourd'hui, « un peu plus de 100 000 sites terrestres et marins sont concernés couvrant à peu près 19 millions de km², soit l’équivalent de la surface combinée des États-Unis continentaux et du Canada[2]. ». Depuis 1973, leur superficie a été multipliée par quatre[2].

Classification des aires protégées[modifier | modifier le code]

Degrés de protection[modifier | modifier le code]

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a défini des catégories numérotées de 1 à 6, qui peuvent caractériser chaque aire protégée suivant l'intensité de la protection (de 1 : protection totale à 6 : gestion des activités humaines dans un objectif de gestion, restauration et protection). Une zone périphérique dite « zone tampon » peut exister.

Le concept a été généralisé par la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui recommande de protéger par des mesures spécifiques les zones marines et côtières particulièrement menacées, mais la plupart des conventions régionales pour la protection de l'environnement marin (OSPAR, Convention de Barcelone, etc.) préconisent la création de telles zones de protection.

Le cas des aires marines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire marine protégée.

En 2000, 4 600 aires marines protégées dans le monde couvraient 0,6 % de la surface des océans, contre 9 % des surfaces terrestres[3]. Selon Daniel Pauly, en 2009, cette surface a augmenté, mais ne couvrirait qu'environ 0,8 % de l'océan. Et seul 1/10e environ de ces 0,8 % environ est réellement et efficacement protégé. La croissance de la superficie classée en AMP n'est que de 5 % par an, il faudra donc attendre à ce rythme 15 ans pour espérer un doublement de la surface théoriquement protégée.

Aire protégée dans le monde[modifier | modifier le code]

Selon le territoire, la dénomination que peut prendre une aire protégée est très variable, selon des critères très variables (réglementation, degré de protection, objectif, surface, gestionnaire,...).

En Europe[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Allemagne[modifier | modifier le code]

Parc Naturel (Naturpark), Parc national (Nationalpark), Monument naturel, Réserve naturelle

Drapeau de la Belgique Belgique[modifier | modifier le code]

Site de grand intérêt biologique, Site natura 2000, Parc National, Réserve naturelle domaniale, Réserve naturelle agréée, Réserve forestière, Zone humide d'intérêt biologique, Cavité souterraine d'intérêt scientifique

Drapeau de l'Espagne Espagne[modifier | modifier le code]

Aire naturelle d'intérêt spécial (Área Natural de Especial Interés (es)), Parc naturel (Parque natural), Monument naturel, Réserve Naturelle, Site natura 2000

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Aire protégée de France, Arrêté préfectoral de protection de biotope, Parc naturel régional, Parc National, Réserve biologique domaniale et réserve biologique forestière, Réserve naturelle, Forêt de protection, Site natura 2000, sites du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, sites des Conservatoire d'espaces naturels.

Drapeau de la Suisse Suisse[modifier | modifier le code]

Parc d'importance nationale (Parc national et Parc naturel régional), Réserve Naturelle

En Amérique[modifier | modifier le code]

Drapeau du Brésil Brésil[modifier | modifier le code]

Selon la définition utilisée, il peut s'agir de : "Unidades de conservação da natueza" (loi 9985/2000, qui régit l'art. 9, VI de la loi 6938/81), "sítios de remanescentes de quilombos" et "territórios indigenas", "áreas de preservação permanentes" (loi 4771/65, Code Forestier brésilien) et "áreas tombadas" pour sa valeur écologique.

Drapeau du Canada Canada[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis[modifier | modifier le code]

En Asie[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Indonésie Indonésie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc national d'Indonésie.

Drapeau du Japon Japon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parcs nationaux du Japon.

Mongolie Mongolie[modifier | modifier le code]

Intérêts[modifier | modifier le code]

À condition qu'elles soient suffisamment grandes et judicieusement placées[4], et qu'on lutte aussi contre la dégradation générale de l'océan, les réserves sous marines et aires marines protégées présentent plusieurs intérêts :

  • intérêt écologique (protection et restauration du patrimoine naturel), et gestion restauratoire le cas échéant
  • intérêt touristique,
  • intérêt culturel et pédagogique (via la plongée sous-marine, les études, films et images diffusés par les médias, les bateaux avec chambre de vision sous-marine...).
  • intérêt culturel.
  • intérêt agricole et industriel (réserve de gènes potentiellement utiles)
  • intérêt économique des aménités et services écosystèmiques rendus par les zones protégés ; en 2008, le CREDOC a fait en France, sur demande de l’établissement public Parcs nationaux de France (PNF), une revue documentaire de 100 travaux scientifiques avec mise en perspective critique des différentes méthodologies existantes pour appréhender la valeur économique et sociale des espaces naturels protégés[5].

Réglementations[modifier | modifier le code]

Elles varient selon les zones concernées et les États, de même que les moyens et autorités de surveillance. Elles sont établies par les autorités compétentes, nationales, régionales ou locales selon les cas. Elles peuvent évoluer pour s'adapter à de nouveaux problèmes (dont les quads et engins nautiques). Par exemple les scooters des mers ont récemment été interdits par décret[6].

Surveillance[modifier | modifier le code]

Les aires protégées nécessitent des dispositifs de surveillance du respect des lois et règlements, et de monitoring de l'environnement. Ils s'appuient de plus en plus sur l'imagerie satellitale et aérienne, associée à l'utilisation de SIGet d'analyse de la structure écopaysagère, notamment dans les zones difficilement accessibles, notamment pour l'étude et le suivi de la fragmentation, des incendies, de l'orpaillage, etc. [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) site de la Sri Lanka Wildlife Conservation Society
  2. a et b Philippe Descola, A qui appartient la nature ?, La Vie des idées, 21 janvier 2008
  3. Jean-Michel Cousteau et Philippe Vallette, Atlas de l'océan mondial, éd. Autrement,‎ 2007, p. 50
  4. Stephen R. Palumbi ; Marine reserves and ocean neighborhoods: The Spatial Scale of Marine Populations and Their Management; Annu. Rev. Environ. Resour. 2004. 29:31–68 ; doi: 10.1146/annurev.energy.29.062403.102254
  5. Maresca B., Poquet G., Picard R., Dujin A., Fournier E., Mordret X., 2008, Les retombées économiques et les aménités des espaces naturels protégés, étude conduite par le CREDOC à la demande de Parcs nationaux de France.
  6. Le Journal de la Réserve naturelle nationale de Saint-Martin, avril 08
  7. Darla K. Munroe, Harini Nagendra, Jane Southworth, Monitoring landscape fragmentation in an inaccessible mountain area: Celaque National Park, Western Honduras ; Landscape and Urban Planning, Volume 83, Issues 2–3, 19 November 2007, Pages 154-167 (Résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Sébastien Mabile(2004) « Les aires marines protégées en Méditerranée ; Outils d’un développement durable » ; Thèse de doctorat en droit Soutenue le 22 juin 2004 (Université Aix Marseille III – Paul Cézanne ; Faculté de droit et de science politique)
  • (en) Robert I. McDonald, Timothy M. Boucher, Global development and the future of the protected area strategy ; Biological Conservation, Volume 144, Issue 1, January 2011, Pages 383-392
  • (en) Clinton N. Jenkins, Lucas Joppa, Expansion of the global terrestrial protected area system , Biological Conservation, Volume 142, Issue 10, October 2009, Pages 2166-2174
  • (en) Ruth DeFries, Krithi K. Karanth, Sajid Pareeth, Interactions between protected areas and their surroundings in human-dominated tropical landscapes ; Biological Conservation, Volume 143, Issue 12, December 2010, Pages 2870-2880
  • (en) O'Riordan, Tim (2008) Learning from Success and Failure in the Management of Protected Areas ; GAIA - Ecological Perspectives for Science and Society, Volume 17, Supplement 1, March 2008 , pp.; Ed : oekom verlag, pp. 81-81(1)
  • (en) Gabriel, Sigmar, Protected Areas, Biodiversity, and Sustainable Development p. 84-85(2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]