Berge

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Une rivière et ses 2 berges

Naturelle ou artificielle, la berge est :

La berge est généralement la rive du lit mineur ; Mais lors d'inondation ou d'étiage, les limites du cours d'eau peuvent fortement varier.
La berge est un écotone dont les limites sont parfois imprécises
Berge artificielle à Albertville en Savoie.

Le Dictionnaire de l'Académie Française indique :

  • en 1762 que c'est aussi le nom qui était autrefois donné à une espèce de « chaloupe étroite », dont on se servait sur quelques rivières,
  • en 1798 qu'il peut aussi s'agir du bord relevé ou escarpé d'un chemin ou d'un fossé.

La rive est l'interface eau-terre d'un cours d'eau ou d'une pièce d'eau.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du Latin populaire Barica.

Typologie[modifier | modifier le code]

Les berges ont dans la nature un tracé qui évolue dans le temps, que l'Homme cherche à stabiliser. Les berges sont naturellement sensibles à l'érosion hydrique qui peut être très exacerbée par le batillage des bateaux, par l'usage de désherbants sur les berges[2], par l'action d'espèces (introduites telles que l'écrevisse américaine, le rat musqué ou le Ragondin introduits en Europe). Le bétail qui descend à l'eau pour boire ou traverser peut aussi endommager les berges fragiles, de même que les pêcheurs ou les promeneurs, en situation de surfréquentation.
Pour ces raisons, elles sont souvent stabilisées et/ou artificialisées.

Les berges fluviales et de canaux sont parfois longées d'un chemin de halage autrefois utilisé pour tirer les bateaux ou péniches.

Les berges couvertes de forêts ou densément boisées sur une longueur significative sont dites ripisylves. Elles constituent des écosystèmes particuliers devenus rares, où le niveau d'eau peut fortement fluctuer (forêts alluviales inondables). Si les berges d'un cours d'eau sont entièrement boisées et que la canopée est jointive, on parle alors de « Forêt-galerie ».

Écologie[modifier | modifier le code]

Les berges naturelles sont des écotones et en tant que telles sont des milieux (habitats) vitaux pour les poissons[3], mais aussi pour de nombreuses autres espèces aquatiques ou semi-aquatiques ou espèces vivant aussi dans les milieux adjacents et naturellement pour les espèces rivulaires (dont par exemple de nombreux arthropodes[4], l'écrevisse, la musaraigne aquatique, la bergeronnette ou le martin pêcheur qui y creuse son nid). C'est le long des berges d'étang ou de mares que viennent pondre les grenouilles, crapauds et salamandres.

Les échanges sols-eau y sont importants, notamment pour l'eau, les nutriments [5], le cycle du carbone[6].

Les berges ont dans la nature une fonction importante de « corridor biologique » et souvent de « zone tampon », elles sont aussi source d'une « pluie » de nourriture vers l'eau[7]. Inversement, les invertébrés aquatiques et les poissons sont une source de nourritures (et de nutriments pour ce qui concernent leurs excréments et autres déchets métaboliques) pour de nombreux animaux vivant sur les berges[8].

La gestion de la berge influence fortement le paysage et les services écosystémiques qu'il peut fournir. Une gestion écologique et donc différenciée permet de restaurer une fonction de corridor écologique et d'abri-écotonial pour de nombreuses espèces. L'artificialisation des berges et notamment les berges de béton ou palplanches posent de graves problèmes d'écologie du paysage, car outre qu'elles perdent leur fonction de corridor biologique, elles ne permettent plus les échanges normaux terre-cours d'eau ou lac (perte de connectivité écologique). De plus, il est fréquent que les animaux qui tombent ou descendent dans l'eau ne puissent ensuite plus remonter et se noient.

Les berges peuvent être protégées de certaines pollutions (pesticides, engrais), notamment par des bandes enherbées conservées le long du cours d'eau ou d'une pièce d'eau. De même des bandes ou talus enherbées et/ou boisées disposés dans le bassin versant, perpendiculairement à la pente peuvent fortement limiter les apports par le ruissellement de pesticides et eutrophisants dans l'eau

On appelle ripisylve l'écosystème forestier ou naturellement boisé d'une berge.

L'artificialisation des berges est un puissant facteur de fragmentation écopaysagère et de régression ou disparition d'espèces sur des linéaires plus ou moins important de cours d'eau. Des routes sont parfois construites le long d'une berge : voie sur berge (ex : à Paris, à Grenoble, à Avignon).

Conserver une zone d'expansion de crue enherbée et/ou boisée sur les berges des cours d'eau torrentueux limiterait beaucoup les dégâts, sans éliminer l'érosion des berges qui est un phénomène normal (divagation du cours d'eau et écologiquement nécessaire à la biodiversité).

Remarque : Dans la nature (dans l'hémisphère nord), le castor, là où il a survécu, joue un rôle particulier et important en conservant localement des berges éclairées et en augmentant le stockage de l'eau par ses barrages. Les mots bief, Beuvry, la Beuvrière font par exemple allusion à l'ancien nom français du castor : « Bièvre ».
Quand les saumons remontaient (ou là où ils remontent encore), la plupart meurent après la ponte. Leurs cadavres sont ou étaient une source importante de nutriments pour les racines et la faune des berges (phosphore, magnésium, iode bioaccumulés par les poissons leurs de leur séjour en mer notamment)[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Galerie d'illustrations[modifier | modifier le code]

Quelques types de berges..

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site internet spécialisé de présentation et de vulgarisation du génie végétal, des techniques végétales et de la bio-ingénierie [1]
  • Guide AquaTerra des solutions douces pour l'aménagement des lacs et cours d'eau [2] 404 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cnrtl
  2. Soumis à des réglementations particulières. Pour la France, contacter la DDT ou DDTM de votre département.
  3. Pusey BJ, Arthington AH (2003) Importance of the riparian zone to the conservation and management of freshwater fishes: a review with special emphasis on tropical Australia. Mar Freshwater Res 54: 1–16.
  4. Nakano S, Miyasaka H, Kuhara N (1999) Terrestrail-aqautic linkages: riparian arthropods alter trophic cascades in a stream food web. Ecology 80: 2435–2441. doi: 10.1890/0012-9658(1999)080[2435:talrai]2.0.co;2
  5. Ballinger A, Lake PS (2006) Energy and nutrient fluxes from rivers and streams to terrestrial food webs. Mar Freshwater Res 57: 15–28. doi: 10.1071/mf05154
  6. Zeug SC, Winemiller KO (2008) Evidence supporting the importance of terrestrial carbon in a large river food web. Ecology 89: 1733–1743. doi: 10.1890/07-1064.1
  7. Chan EKW, Zhang Y, Dudgeon D (2008) Arthropod ‘rain’ into tropical streams: the importance of riparian forest and influence on fish diets. Mar Freshwater Res 59: 653–660. doi: 10.1071/mf07191
  8. Lynch RJ, Bunn SE, Catterall CP (2002) Adult aquatic insects: potential contribution to riparian foodwebs in australia's wet-dry tropics. Austral Ecol 27: 515–526. doi: 10.1046/j.1442-9993.2002.01208.x
  9. Naiman RJ, Bilby RE, Schindler DE, Heyfield JM (2002) Pacific salmon, nutrients, and the dynamics of freshwater and riparian ecosystems. Ecosystems 5: 399–417. doi: 10.1007/s10021-001-0083-3