Mouvements unis de la Résistance

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Les Mouvements Unis de Résistance sont un réseau de résistance pendant la seconde guerre mondiale. Il naît le 27 janvier 1943, par la fusion entre trois mouvements de Résistance de zone Sud (zone libre de la France pendant l’occupation allemande), « Combat » « Franc-Tireur » et « Libération ». « Combat » est mené par Henri Frenay, « Franc-Tireur » par Jean-Pierre Lévy et enfin Emmanuel d'Astier dirige « Libération ». La fusion des mouvements est annoncée le 26 janvier même, par une note du Comité de coordination zone Sud, qui permettaient à « Combat », « Libération » et « Franc-Tireur » de pouvoir mener des actions coordonnées. Ce comité est présidé par Jean Moulin qui devient par la suite le président des MUR. Ces trois mouvements fusionnent pour accroître leur efficacité dans les actions menées pour la Résistance française. En effet, les MUR veulent améliorer leur action sur les plans d’actions politiques insurrectionnelles, de la prise de pouvoir et des actions de masse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Mouvements unis de la Résistance sont créés suite à des réunions entre Jean Moulin, Henri Frenay, chef du mouvement Combat, d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie, chef de Libération-Sud, Jean-Pierre Lévy, chef de Franc-Tireur, au domicile d'Henri Deschamps à Miribel[1] (en banlieue lyonnaise). Les trois mouvements fusionnent au sein des MUR tout en conservant une certaine autonomie (notamment en termes de publications de journaux). Tous leurs services, excepté la presse clandestine, doivent donc se fondre dans cette organisation unique. Dirigé par Jean Moulin, le comité directeur des MUR est mis en place. En décembre 1943, les MUR se transforment en Mouvement de libération nationale (MLN) en fusionnant avec trois mouvements de zone Nord : Défense de la France, Résistance, et Lorraine.

Naissance[modifier | modifier le code]

Née de la dynamique d’union impulsée par Jean Moulin, les MUR résultent de la fusion, le 26 janvier 1943 des trois grands mouvements de résistance non communistes de zone Sud : "Combat", "Libération" et "Franc-Tireur". Tous les services, excepté la presse clandestine doivent se fondre dans une organisation unique. Un comité directeur des MUR est mis en place et dirigée par Jean Moulin. Ayant leur siège à Lyon et dirigés par Henri Frenay, Emmanuel d’Astier de La Vigerie et Jean-Pierre Lévy, les MUR implantent dans toute la zone sud une solide organisation clandestine inspirée de celle de Combat : armée secrète, action immédiate (par des « groupes francs »), noyautage des administrations publiques (NAP), faux papiers et logements, maquis, atterrissages et parachutes, propagande, œuvres de solidarité, action ouvrière, renseignements (réseau « Gallia »). En décembre 1943, les MUR fusionnent avec les mouvements de la zone nord « Défense de la France », « Lorraine », « Voix du Nord », pour constituer le Mouvement de la Libération Nationale (MNL).

Organisation[modifier | modifier le code]

Une nouvelle organisation est mise en place pour les MUR. Un commandement unique est exercé par le Comité directeur (le Directoire), qui remplace le Comité de coordination. Il est composé de la même façon que le Comité de coordination : Jean Moulin reste président ; et Henri Frenay, Emmanuel d’Astier et Jean-Pierre Lévy représentent toujours leurs mouvements respectifs. Le siège des MUR est situé à Lyon.

La répartition des responsabilités se fait de telle manière que dans chaque région, un comité directeur se créé avec les chefs régionaux à leur tête. Ce chef est élu d’un commun accord par le Comité directeur avec l’accord des deux adjoints, et ces adjoints sont les anciens chefs des deux autres mouvements prêts à la remplacer si cela est nécessaire.

Cette nouvelle organisation repose sur des désignations provisoires. Cependant la note du Comité de coordination de zone Sud spécifie que les chefs sont élus non selon « un souci de dosage entre les trois mouvements mais à la « recherche du meilleur homme ». On assiste donc à une volonté de partage entre les trois mouvements mais seulement si cela profite aux MUR, pour que les actions puissent être menées le plus efficacement possible.

Frenay devient commissaire aux affaires militaires, d’Astier commissaire aux affaires politique et Lévy est quant à lui commissaire aux renseignements, à la sécurité et aux moyens matériels. Chacun des représentants possède toujours l’état-major de son mouvement qui devient un « centre » assurant l’élaboration et la transmission des ordres donnés. Les « centres » sont regroupés par spécialisation : comme Frenay est le nouveau commissaire aux affaires militaires, les responsables militaires des deux autres mouvements rejoignent ceux de « Combat », et il en est de même pour les responsables d’action politique et pour les responsables des renseignements, de la sécurité et des moyens matériels.

L’Armée Secrète, elle, est subordonnée directement au Directoire. Des commissaires politiques aux armées sont nommés par les chefs de région et maintiennent la liaison permanente entre l’Armée Secrète et les chefs de régions. Les opérations aériennes ou maritimes sont gérées par le un service lui-même sous le contrôle du directoire.

Objectifs des MUR[modifier | modifier le code]

Cette fédération du mouvement marque une étape importante car les services sont fusionnés même si chaque mouvement conserve son journal clandestin. Cette unification vise à faciliter la coordination et la rationalisation de la résistance intérieure, soutenue par le Général de Gaulle et Jean Moulin.

Cette coordination est d’autant plus nécessaire que des tâches nouvelles s’offrent aux mouvements et qu’aucun d’entre eux, isolé, ne peut y faire face.

A partir de 1943, la réquisition pour le Service de Travail Obligatoire provoque la fuite de milliers de jeunes gens vers les lieux d’asile, montagnes ou campagnes. C’est la naissance des maquis. Désormais, il n’est pas de famille française qui ne se sente menacée ou déjà touchée ; de minorité active, la Résistance passe à une action de masse. « Planquer » les réfractaires pour qu’ils échappent aux recherches, et les grouper pour qu’ils se défendent, ces deux tâches immenses exigent l’union de tous.

Cette unification est faite par Jean Moulin qui,  persuadé de l’utilité de l’unification complète de la Résistance, a fait de grands efforts pour rapprocher les points de vues, accorder les personnes, dégager les lignes générales.

Au comité directeur des M.U.R, qui se réunit à peu près chaque semaine, il s’agit de mettre en œuvre dans les faits la décision de fusionner les trois mouvements. Le problème est infiniment complexe et ne sera vraiment résolu qu’à la fin mai, au prix de discussions souvent véhémentes.

Désigner d’un commun accord le chef des services nationaux et de chaque région n’est pas simple. La supériorité de Combat en effectif et en organisation est évidente, mais par réellement reconnue par les interlocuteurs.

Jean Moulin, peu avant son départ pour Londres, réunit le comité directeur, chez Louis Martin-Chauffier, le 21 février 1943. Une fois encore, comme à chaque séance, entre Jean Moulin et les chefs de mouvements, apparaissent des divergences profondes. D’abord sur l’organisation de l’Armée Secrète et ses rapports avec les M.U.R plus encore dans les régions et les départements qu’au niveau national. Les discussions prennent souvent un ton âpre et parfois violent. Au cours de cette réunion, chacun fait état des informations reçues des régions sur les maquis. Le mouvement prend spontanément de l’ampleur avec une rapidité qui dépasse les prévisions des chefs ; les M.U.R ayant le strict devoir d’aider les maquisards.

Réactions[modifier | modifier le code]

La fusion n’est facile ni à imaginer, ni à réaliser. « La cohésion interne de chaque groupe repose sur des affinités personnelles, une communauté de sentiments, de pensées et de périls, qui entraînent des différences de tendances » a écrit un chef du Mouvement à de Gaulle au printemps 1943. En réalité, cette cohésion est plus artificielle que le croient les chefs de mouvement et de recrutement. Les chefs répugnent à perdre leur autonomie ; des raisons de sécurité jouent aussi pour rendre plus difficiles les révélations sur les effectifs, les pseudonymes, le cachettes d’armes. Cependant vers le milieu de septembre 1942, tout le monde s’est rendu compte de l’absolue nécessité d’une étroite coordination.

Cette unification a été très complexe en raison des personnalités des trois chefs des mouvements : Jean-Pierre Lévy pour les Franc-Tireur, Emmanuel d’Astier pour Libération Sud et Henri Frenay pour Combat. Ils avaient des fortes personnalités mais aussi il y avait des querelles idéologiques : par exemple Frenay craignait d’Astier et d’Astier de la Vigerie, qui était plutôt de gauche, reprochait à Henri Frenay d’être plutôt à droite, voire proche de Vichy. Entente difficile entre les chefs de chaque mouvement. Cette unification répondait au vœu de Londres, dans le même temps, elle pouvait aussi lui compliquer la tâche, car Londres avant l’unification avait affaire à des partenaires qu’on pouvait diviser. En revanche, avec l’unification, elle se trouvait confronter à un partenaire unique et donc puissant.

Quelques figures des Mouvements unis de la Résistance[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, tome 3 (novembre 1942 à septembre 1943).
  1. Henri Frenay, La nuit finira, mémoires de la résistance 1940-1945, .
  • Henri Michel, Combat : Histoire d’un Mouvement de Résistance de juillet 1940 à juillet 1943.

Articles connexes[modifier | modifier le code]