Rose (couleur)

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Le tricotage de rose

Le rose est un champ chromatique regroupant des rouges lavés de blanc et des mauves vifs. Couleur ambiguë, « bâtard du rouge triomphant » selon Jean Ray[1], couleur fragile et éphémère, placée dès Homère dans la subjectivité et la poésie[2].

Le rose correspondant à un ensemble de teintes (nuances ou tons) parmi lesquelles la plus communément admise est le résultat obtenu en mélangeant du rouge avec du blanc. Selon d'anciennes terminologies artistiques, la nuance ainsi obtenue est dite lavée (au contraire de rabattue pour une couleur mélangée à du noir).

La boisson lait-fraise, constituée par une dose de sirop de fraise dans un verre de lait, correspond à cette acception populaire du rose. En réalité, la variété des tons roses est plus large. Il existe des nuances de rose très vif (au nombre desquelles on compte le magenta, l'une des trois couleurs primaires de la synthèse soustractive) qui ne sont pas reproductibles par simple mélange de rouge et de blanc.


Les usages, les valeurs et la symbolique du rose procèdent de domaines variés qui touchent à l'identité, au rapport aux autres comme à sa propre existence.

Étymologie et grammaire[modifier | modifier le code]

La couleur rose est nommée d'après la fleur.

En français, les adjectifs de couleur qui proviennent de noms d'objets sont invariables (des robes marron, et non pas *marronnes) ; "rose" est une des six exceptions à cette règle (mauve, fauve, vermeil, rose, pourpre, écarlate), et prend donc un s au pluriel : des robes roses.

Colorimétrie et perception des couleurs[modifier | modifier le code]

La variété de rose la plus intense, le magenta (appelé parfois tyrien ou même fuchsia), est une couleur secondaire de la lumière (synthèse additive), et une couleur primaire des pigments (synthèse soustractive), composée des rayonnements rouges et bleus. Le magenta ne fait pas partie d'une seule longueur d'onde spécifique du spectre optique mais est le résultat de l'interprétation par le cerveau de l'excitation des cônes de la rétine de l'œil frappés par des rayons lumineux rouges et bleus de même intensité[3].

La norme AFNOR X 08-010 Classification méthodique des couleurs définit le rose comme une couleur désaturée de clarté moyenne dont la longueur d'onde dominante se situe entre 588 nm (orangé) à -499 nm (Pourpre-rouge). Le terme rose peut être précisé par des adjectifs comme pâle ou intense, et servir pour modifier une couleur proche comme beige, selon les caractéristiques de teinte, de luminosité et de saturation, de la teinte décrite, dans des conditions définies par la méthode[4].

Couleurs du web[modifier | modifier le code]

Pink traduisant rose en anglais, Pink, DeepPink, HotPink, LightPink sont des noms de couleurs X11 qui renvoient des codes de rendus par des couleurs roses. Fuchsia et Magenta font certainement aussi partie du champ des roses.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Girodet-Trioson : Les Funérailles d'Atala (1808)
  • Signification positive : féminité, romantisme, séduction, bonheur, tendresse, jeunesse

Représentation : fleurs (roses)

  • Elle est couleur de séduction, de romantisme et de féminité. Que ce soit du rose bonbon, du rose pâle, ou du fuchsia, le rose est une couleur dynamique ponctuée d'une pointe de délicatesse on ne peut plus féminine. On l'associe également à la tendresse et au bonheur, comme d'ailleurs le rappelle si bien l'expression " voir la vie en rose ". Elle doit cependant être utilisée avec parcimonie. Réservée avant tout à un univers féminin, le rose est une couleur particulière et criarde qui peut parfois tomber dans l'excès et rendre l'effet inverse que celui souhaité si on ne l'utilise pas à bon escient.
  • Depuis les années 1940, les sociétés occidentales considèrent que le rose serait la couleur des filles, par opposition au bleu qui serait la couleur attribuée aux garçons. Couleur féminine depuis les layettes, tutu et robes des petites filles, des blouses vichy des écolières jusqu'aux deshabillés et dessous plus ou moins sages, au rose Barbie contemporain[2]. Jusqu'au XXe siècle, les garçons de moins de 6-7 ans portaient du rouge ou du rose.
  • Le rose est une couleur qui symbolise l'ingénue, la candeur, la pureté mais aussi la séduction et la fidélité. C'est un symbole de la féminité, de la douceur, du romantisme et de l'amour sans le sexe ni l’égoïsme.
  • Cette couleur a aussi un côté relaxant et peut représenter le plaisir de vivre, le bonheur et l'optimisme. Dans une période de complète réalisation on vit sur un petit nuage rose.
  • Le rose est la couleur de l'enfance et de la jeunesse : rose gourmandise avec les sucreries (dragée rose, rose guimauve, rose barbe à papa), rose buvard...
  • Pour les hommes, le rose peut être une couleur de communication mais il devient facilement couleur de l'ambivalence, de l'entre-deux, du double. Cette couleur donne lieu à des interrogations sur l'identité, les apparences, le genre.
  • Au Moyen Âge, le rose était néanmoins le symbole de la virilité chez les hommes.
  • Dans le rite de la messe catholique romaine, le prêtre utilise la chasuble rose le 3e dimanche de l'avent et le 4e dimanche du carême, car ce sont des moments de joie. Le rose marque ainsi les pauses joyeuses dans les temps de jeûne et de pénitence.

Expressions[modifier | modifier le code]

  • « Voir la vie en rose » : être joyeux, optimiste face à l'avenir.
  • Roman, film, histoire « à l'eau de rose » : mièvre, bon enfant, sentimental.
  • « Tout n'est pas rose » : tout n'est pas gai
  • Ballets-roses : Réunions clandestines de filles mineures pour satisfaire la perversion de personnes d'un certain âge.

D'autres expressions se rapporte plutôt à la fleur (la rose du rosier)[2].

Nuances de rose[modifier | modifier le code]

Êtres, objets, symboles[modifier | modifier le code]

  • La plupart des bébés de petits mammifères et d'oiseaux naissent dépourvus de poils ou de plumes, de sorte qu'ils sont de couleur rose, par exemple les souriceaux, les bébés écureuils. Cette couleur rosée qui caractérise aussi la peau de certains êtres humains, est due à la circulation capillaire du sang atténuée par la peau qui est plus ou moins translucide.
  • C'est la couleur de la viande du cochon (même si le cochon est noir) et de plusieurs produits de charcuterie : mortadelle, jambon cuit, saucisse
  • C'est également la couleur de la viande de veau (qui devient blanche ou gris pâle à la cuisson).
  • C'est la couleur d'un fruit tropical, le pitaya (rose vif).
  • Chanson : La vie en rose (Édith Piaf)
  • Bibliothèque rose : collection de livres pour jeunes enfants, éditée par Hachette.
  • Mais ne pas confondre cette dernière avec la « littérature rose » à orientation nettement érotique.
  • Sur le modèle de la vie en rose, modifié en rose c'est la vie, Marcel Duchamp invente, vers 1920, le personnage de Rrose Sélavy, son alter-ego féminin. Ce personnage sera plus tard mis en scène par Robert Desnos dans de courts poèmes : « Rrose c'est la vie, Eros c'est la vie », puis par Gertrude Stein, « Rrose is a Rrose is a Rrose... »
  • La Panthère rose, personnage de dessin animé.
  • La Panthère rose : film.
  • Le rose était la couleur fétiche de l'écrivain Barbara Cartland (spécialisée dans le roman à l'eau de rose) : vêtements rose, maquillage rose, tissus d'ameublement et décoration de sa maison en rose, etc.
  • Le Soldat rose : conte musical composé par Louis Chedid créé en 2006.
  • Le triangle rose était le symbole utilisé pour marquer les homosexuels dans l'univers concentrationnaire nazi. Ce symbole de persécution a été repris par la communauté homosexuelle comme symbole identitaire de la « Fierté homosexuelle »

Galerie[modifier | modifier le code]

Dans la nature[modifier | modifier le code]

Galerie de fleurs roses

Objets fabriqués[modifier | modifier le code]

Drapeaux et pavillons[modifier | modifier le code]

Hormis sur les drapeaux publicitaires, la couleur rose n'est pas utilisée sur les drapeaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Derniers Contes de Canterbury, 1963
  2. a, b, c et d A. Mollard-Desfour, Dictionnaire des mots et expressions de couleur. Le Rose
  3. Le magenta n’est pas une couleur
  4. Robert Sève, Sience de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ 2009, p. 248-250.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autre liens[modifier | modifier le code]