Parti socialiste démocratique (France)

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La création du Parti socialiste démocratique fait suite à l'exclusion de Paul Faure et de plusieurs de ses compagnons de route pacifistes hors du Parti socialiste SFIO à la Libération, pour faits de collaboration, à l'instar de Louis Sellier, l'ancien secrétaire général du PUP.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondé le 24 août 1945 par Paul Faure (1878-1960), qui fut secrétaire général du Parti socialiste SFIO de 1920 à 1940, le Parti socialiste démocratique (PSD) réunissait d’anciens militants socialistes et syndicalistes marginalisés à la Libération du fait de leur attitude sous l’Occupation comme Albert Bedouce, Émile Berlia ou encore Antoine Ellen-Prévot. Le PSD ressuscitait en grande partie la tendance pacifiste et anticommuniste de la SFIO, née en juillet 1937 pour s’opposer aux partisans de l’intervention en Espagne.

En novembre 1944, lors de son congrès extraordinaire, le parti socialiste issu de la clandestinité, (secrétaire général : Daniel Mayer), expulsa ou suspendit 95 de ses parlementaires qui avaient voté « oui » à la demande de pleins pouvoirs du maréchal Philippe Pétain le 10 juillet 1940. Les deux tiers des parlementaires exclus se regroupèrent autour de Paul Faure.

Le PSD adhéra, le 16 octobre 1946, au Rassemblement des gauches républicaines (RGR). Louis-François Dubosc, secrétaire fédéral de la Seine du PSD, fut élu vice-président du RGR en janvier 1949.

À la fin de 1950, le Parti socialiste démocratique aurait compté 6 700 adhérents et serait resté stable jusqu’en 1952. Après 1954, en revanche, des fédérations entières disparurent à cause de la réintégration à la SFIO de leurs dirigeants, ou de leur décès.

L’influence du PSD était non négligeable dans le mouvement syndical. Certains militants du PSD participèrent à la création de Force ouvrière (FO). Des paul-fauristes jouèrent également un rôle dans le syndicalisme indépendant, au sein du Comité général des syndicats indépendants puis de la Confédération du travail indépendante.

Sur le plan électoral, le PSD était très handicapé par l’inéligibilité de ses anciens parlementaires qui ne furent amnistiés qu’avec la loi du 6 août 1953. Cependant, Julien Satonnet (Saône-et-Loire) fut élu au Conseil de la République (Sénat) en novembre 1946 sous l’étiquette RGR. En mai 1945, Julien Satonnet avait remporté la mairie de Chalon-sur-Saône, en succédant à un autre membre du PSD, Georges Nouelle, en place depuis 1926. Il avait aussi été élu conseiller général en octobre 1946.

Aux municipales de 1953 dans la Seine, le PSD emporta les mairies du Pré-Saint-Gervais, de Pavillons-sous-Bois et de Bois-Colombes dans l’arrondissement de Saint-Denis. Dans l’arrondissement de Sceaux, il gagna Joinville-le-Pont. Ses listes avaient l’étiquette RGR et faisaient parfois alliance avec le RPF (Rassemblement du peuple français, gaulliste).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Noëlline Castagnez-Ruggiu, « Les Paul-Fauristes : itinéraires militants », in Michel Dreyfus, Claude Pennetier et Nathalie Viet-Depaule (dir.), La Part des militants, Paris, Éditions de l'Atelier, 1996 (Actes du colloque international Jean Maitron de Paris I), pp. 229-241.
  • Noëlline Castagnez-Ruggiu, Histoire des idées socialistes en France, La Découverte, Repères, 1997, 128 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Claude Jamet