Madeleine Rebérioux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Madeleine Rebérioux

texte=Importez l'image de cette personne

Biographie
Naissance 8 septembre 1920
Chambéry, Savoie
Décès 7 février 2005 (à 84 ans)
Paris
Nationalité Drapeau : France Français
Thématique
Formation École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres
Titres Professeur des universités École des hautes études en sciences sociales
Approche histoire du socialisme français de la fin du XIXe siècle
Travaux * Thèse de doctorat, Jaurès, la SFIO et la société française au tournant du siècle
  • Jaurès : contre la guerre et la politique coloniale (1959)
  • La Deuxième Internationale et l'Orient, en collaboration avec Georges Haupt (1967)
  • La République radicale ? 1898-1914 (1975)

Madeleine Rebérioux, née le 8 septembre 1920 à Chambéry (Savoie), morte à Paris le 7 février 2005, est une historienne française spécialiste de la IIIe République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Née Madeleine Amoudruz, elle poursuivit une brillante scolarité et obtint en 1937 le premier prix d'histoire au concours général.

En 1943, son frère, François Amoudruz, et son beau-frère, Serge Fischer, furent déportés pour actes de Résistance.

Le 10 août 1946, elle épousa Jean Rebérioux avec lequel elle eut quatre enfants, dont Vincent Rebérioux, né le 1er juillet 1954, vice-président de la Ligue des droits de l'homme.

Elle fut premier prix d'histoire au concours général (et première femme à obtenir ce premier prix), élève de l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres (quatrième admise), agrégée (première admise) d'histoire et docteur ès-lettres et sciences humaines avec une thèse (sur travaux) concernant Jaurès, la SFIO et la société française au tournant du siècle[1].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Peu après la Libération, en 1946, elle devint membre du Parti communiste, pour lequel elle fut conseillère municipale de Mulhouse de 1948 à 1950.

En 1957, elle anima le Comité de défense des libertés contre la guerre d'Algérie. En 1958, elle rejoignit le comité Maurice Audin, créé l'année précédente. En mai 1960, elle devint membre du comité de rédaction de Vérité-Liberté, créé pour contourner la censure d’État sur la guerre d'Algérie. Son engagement anticolonialiste se poursuivit en tant que membre active du comité pour la défense des libertés en Algérie. Elle signa en 1960 le Manifeste des 121, pétition signée par nombres d'intellectuels de l'époque, et protesta contre les ratonnades du 17 octobre 1961.

De 1965 à 1969, elle fut responsable du collectif universitaire intersyndical contre la guerre du Viêt Nam ; de 1971 à 1975, elle devint responsable du Front Solidarité Indochine. En 1969, elle fut exclue du PCF pour avoir participé à la revue d'extrême-gauche Politique aujourd'hui.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

De 1945 à 1961, elle fut enseignante dans le secondaire à Mulhouse, puis Montgeron et Saint-Maur-des-Fossés, au lycée Marcelin-Berthelot.

De 1962 à 1969, elle fut assistante, puis maître-assistante à la Sorbonne, ensuite elle devint professeur à l'université de Vincennes, qu'elle avait contribué à créer. C'est à Vincennes qu'elle créa avec Madame de Gaudemar la première formation des documentalistes pour les centres de documentation et d’information des établissements secondaires (CDI).

À partir de 1978, elle enseigna à l'École des hautes études en sciences sociales.

Elle fut vice-présidente de l'établissement public en vue de la création du musée d'Orsay de 1981 à 1988.

Au service des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Présidente de La Ligue des Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Entrée à son comité central en 1964, elle fut la première femme à présider la Ligue des Droits de l'Homme de 1991 à 1995. Lors du congrès d'Aubervilliers en 1993, elle mit la « citoyenneté sociale » au cœur des débats. Cette année-là, elle présida la conférence de presse du lancement d'Agir ensemble contre le chômage (AC!). Bien après son mandat de présidente, elle resta une très active militante de la Ligue et sa présidente d'honneur.

Pour la paix et la non-violence[modifier | modifier le code]

En décembre 2001, elle fut à l'initiative du collectif « Trop, c'est trop ! » pour intervenir sur le conflit israélo-palestinien. Elle fut membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Contre les lois mémorielles[modifier | modifier le code]

En 1990, Madeleine Rebérioux écrivit une tribune dénonçant l'inutilité, selon elle, de la loi Gayssot. Elle s'appuyait sur le fait qu'avant la loi Gayssot, le négationniste Robert Faurisson avait déjà été condamné par la justice française. Pour elle, le parlement ne doit pas officialiser l'histoire pour permettre aux juges de faire la part de la vérité et du mensonge et de dire le droit[2].

Apport à l'histoire de la France contemporaine[modifier | modifier le code]

La spécialiste de Jaurès[modifier | modifier le code]

Madeleine Rebérioux est spécialiste du socialisme français de la fin du XIXe siècle et notamment de l'œuvre de Jean Jaurès. Elle préside la Société d'études jaurésienne de 1982 à sa mort et dirige de très nombreuses publications concernant Jaurès et la période 1870-1914.

Carrière éditoriale[modifier | modifier le code]

De 1971 à 1982, elle est directrice de la revue Le Mouvement Social. Elle préside longuement l'Association des amis du Maitron et siégea longtemps au jury du prix Jean-Maitron.

De 1996 à 2005, elle copréside le conseil scientifique de l'Institut de recherche de la FSU.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Jaurès : contre la guerre et la politique coloniale, Éditions Sociales, collection Les classiques du peuple, 1959.
  • La Deuxième Internationale et l'Orient, (en collaboration avec Georges Haupt), Éditions Cujas, 1967 (ISBN 2-254-67715-2).
  • Jaurès et la Classe ouvrière, Maspero, 1975.
  • La République radicale ? 1898-1914, Nouvelle histoire de la France contemporaine, tome 11, Éditions du Seuil, coll. Points, 1975 (ISBN 2-02-000671-5).
  • Les Ouvriers du livre et leur Fédération, Temps Actuel, 1981.
  • Ils ont pensé les droits de l'homme, EDI-Ligue des droits de l'homme, 1989.
  • Jaurès : la parole et l'acte, Gallimard, coll. Découverte, 1994 (ISBN 2-07-053291-7).
  • Parcours engagés dans la France contemporaine, Belin, 1999 (recueil de ses articles d'histoire).
  • Vive la République ! Histoire, droits et combats de 1789 à la guerre d'Algérie, Démopolis, 2009 (recueil d'articles).

Sous la direction de Madeleine Rebérioux :

  • Les Femmes en France dans une société d'inégalité, La Documentation française, (direction partagée avec Andrée Michel), 1982.
  • L'Expression plastique au XIXe siècle, Le Mouvement Social, 1985.
  • L'Exposition internationale de 1989 et la vulgarisation, Le Mouvement social, 1989.
  • Jaurès, historien de la Révolution française, Musée Jean Jaurès, Castres, 1989.
  • La Construction des branches professionnelles XIXe - XXe siècles, 1990.
  • L'Extrême droite en questions, EDI, 1991.
  • Paris-Province 1900, Le Mouvement social, 1992.
  • Fourmies et 1er mai, Éditions de l'Atelier, 1994.
  • Jaurès et les intellectuels, Éditions de l'Atelier, (direction partagée avec Gilles Candar), 1994.
  • Edition des Œuvres de Jean Jaurès, 17 tomes prévus, Fayard, 2000-20.., coordination et codirection des tomes 1 et 2.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels de Madeleine Rebérioux sont conservés aux Archives nationales sous la cote 647AP[3].

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. « Madeleine Rebérioux l'autre tête du musée d'Orsay », Jean-Pierre Thiollet, Le Quotidien de Paris, 10 août 1981.
  2. Madeleine Rebérioux, "Le Génocide, le juge et l'historien" in L'Histoire n° 138, novembre 1990
  3. Archives nationales