Parti socialiste français (1902)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parti socialiste français.

Le Parti socialiste français (PSF) (premier du nom) est un ancien parti politique français (1902-1905).

Le Parti socialiste français est fondé en 1902 à Tours par fusion des socialistes indépendants dont fait partie Jean Jaurès, de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) de Paul Brousse et du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) de Jean Allemane.

Mené par Jean Jaurès, le parti défend un socialisme plutôt réformiste[réf. nécessaire]. Il constitue une étape dans la réunification des socialistes français, qui mène en 1905 à la constitution de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) par fusion du Parti socialiste de France (nettement révolutionnaire) et du Parti socialiste français.

Les origines du socialisme en France vers le Parti socialiste français[modifier | modifier le code]

Le socialisme prend un sens différent selon les pays, cependant il correspond au siècle de lutte pour le progrès. Le mot socialisme prend un sens plus moderne avec Pierre Leroux qui l’emploie en 1831. Il insiste sur le fait que le socialisme ne sacrifie aucun des termes de la formule « Liberté, Égalité, Fraternité ». Il lutte pour la suppression de la relation dominé-exploiteur car il répond aux aspirations fondamentales de l'Homme. Ainsi le monde ouvrier est celui qui fera évoluer ce socialisme en France. Il nait avec l'industrialisation au XIXe siècle. Ce monde ouvrier est réprimé à trois reprises :

Les classes dirigeantes assimilaient cette classe ouvrière à des « classes dangereuses ».

À la fin du XIXe siècle, le monde ouvrier en France change et commence à s'organiser et à obtenir certains droits. La naissance du mouvement ouvrier arrive avec l'industrialisation. La croissance de la population provoque une surpopulation des campagnes, très sensible lors de la grande dépression (1873-1896). Le revenu des paysans baisse énormément, alors ils sont sensibles à l'appel de la main d'œuvre dans l'industrie. Ils profitent de l'essor des transports pour quitter les campagnes. L'exode rural est général et l'effectif du monde ouvrier augmente, devient une masse ouvrière. Cependant cette classe ouvrière n'a pas su s'organiser aussi vite que la classe dirigeante. Les mouvements ouvriers, dans un contexte conservateur et animés par la démocratie agit par des sectes révolutionnaires luttant entre elles et se limitant a leur sphère d'influence.

Ce sont les droits obtenus qui donne une possibilité d'action légale aux mouvements ouvriers. Le 25 mai 1864, c'est l'abrogation de la loi Le Chapelier interdisant auparavant la coalition, et le droit de grève est obtenu par la loi Ollivier la même année. Alors il est créé des mutuelles qui sont caisses d'entraides et des bourses ouvrières. D'ailleurs le 7 novembre 1885 est créé la Société d'économie sociale. En 1884, la loi Waldeck-Rousseau autorise les syndicats.

Cependant les préoccupations sociales touchent déjà les républicains de la Monarchie de juillet (1830-1848). En effet la décennie 1835-1846 est plus propice au développement d'intrigues de révolutionnaires socialistes d'où la Société des saisons de Blanqui en 1839. On retrouve ces républicains socialiste sous la seconde république cependant le reste de la France demeure modéré. Le Second Empire (1852-1870) lui combat ces socialistes. En 1882 le socialisme compte plusieurs partis le représentant sous quatre tendances :

Cependant dès 1889 les différents socialistes cherchent à s'unifier mais les socialistes « réformistes » et les socialistes révolutionnaires s'opposent. On crée donc deux partis :

Composition du Parti socialiste français[modifier | modifier le code]

Les différents partis qui se regroupent[modifier | modifier le code]

Le parti socialiste français est composé de différents partis :

  • les socialistes indépendants qui sont au départ des socialistes qui ne veulent pas adhérer à un parti politique déjà existant. Il s'agit de certaines fédérations locales ou départementales ainsi que des élus (notamment des députés). Ces parlementaires refusent de rendre des comptes à des dirigeants de partis. Ils ont une position réformiste et non révolutionnaire car ils ont confiance en l'action parlementaire. On compte parmi les socialistes indépendants les plus connus Jean Jaurès, Alexandre Millerand, René Viviani et Aristide Briand. Le socialisme indépendant sert de lien entre le socialisme et le radical-socialisme. On trouve une grande diversité de socialistes indépendants dans leur type d'actions, les personnalités qui les représentent ou dans leur motivation à être indépendant. Ainsi il y a certaine tensions et certaine scissions. En 1889 ils créent la Fédération des groupes socialistes révolutionnaires indépendants qui deviennent en 1899 la Confédération des socialistes indépendants. En mars 1902 ils rejoignent le Parti socialiste français ;
  • la Fédération des travailleurs socialistes de France qui est tout d'abord dirigé par Jules Guesde, se base donc sur le marxisme. Cependant dut à l'échec électoral de 1881, la majorité des militants opte pour le réformisme social avec Paul Brousse. En 1882 les marxistes guidés par Jules Guesde quittent la FTSF pour fonder le Parti ouvrier français ;
  • le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire se crée lors de la scission en 1890 de la Fédération socialiste de France et est mené par Jean Allemane. Il se distingue des autres partis socialistes par l'intérêt qu'il porte à l'action syndicale mené par la grève générale et l'antimilitarisme. Il se développe au sein de ce parti un socialisme intellectuel avec Lucien Herr qui travaillera à l'unité socialiste.

Ainsi les socialistes du Parti socialiste français défendent les réformes sociales, et s'organisent hors du Parti socialiste de France qui sont des révolutionnaires mené par Jules Guesde et Édouard Vaillant.

L'union des socialistes[modifier | modifier le code]

Les socialiste qui adhèrent au Parti socialiste français renoncent au socialisme révolutionnaire[réf. nécessaire] qui prône une prise du pouvoir par le prolétariat organisé. Les réformistes eux défendaient l'appui sur les groupes parlementaires et sur la démocratie représentative. L'existence progressive d'institutions libérales et démocratiques voulues par les forces de gauche a largement influencé ces orientations. La gauche montre une volonté de s'unir, cependant l'union totale reste difficile à cause de la tension entre les réformistes et les révolutionnaires.

Cependant en 1905, l'unification s'opère au Congrès du Globe à Paris, suite à l'injonction du Congrès socialiste international d'Amsterdam en 1904. La SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) est créée, unissant ainsi tous les socialistes. Elle est dirigée par Jules Guesde, Jean Jaurès, Édouard Vaillant et Paul Lafargue. Cependant il reste encore des divergences, réveillées par la Première Guerre mondiale et par la question de l'Union Sacrée (voir : L'Union sacrée et les socialistes).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Harvey Goldberg, Jean Jaurès, la biographie du fondateur du parti socialiste français, Paris, Fayard, 1970
  • Hugues Partelli, Le Parti socialiste, France Montchrestien, octobre 1998
  • Éric Anceau, Introduction au XIXe siècle, tome 2 : 1870 à 1914, France, Belin, juillet 2005
  • Stéphane Courtois et Marc Lazar, Histoire du parti communiste français, France, deuxième édition par Thémis Histoire, octobre 2000