Élection primaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Une élection primaire permet à un parti de désigner son candidat à une élection.

Type de primaires[modifier | modifier le code]

Les élections peuvent être de différents types:

  • primaire fermée : seuls les adhérents du parti politique sont autorisés à désigner le candidat.
  • primaire ouverte : l'ensemble des citoyens peut participer au scrutin. Dans ce cas, la primaire peut être organisée par le parti politique lui-même ou faire l'objet d'une législation. Il est parfois exigé du votant qu'il signe une déclaration morale d'adhésion au projet porté par le parti.

Élections primaires aux Amériques[modifier | modifier le code]

Argentine[modifier | modifier le code]

L'Argentine a organisé des premières primaires le 14 août 2011 dans la perspective des élections générales de l'automne. Ces primaires étaient obligatoire pour l'ensemble des partis s'ils voulaient présenter des candidats lors des scrutins présidentiel, législatif et locaux et le vote était obligatoire. Cependant, le système a été contourné par de nombreux partis politiques qui ont décidé de ne présenter qu'un seul candidat pour les primaires, afin d'être sûrs qu'il soit le candidat lors de l'élection générale[1].

Canada[modifier | modifier le code]

En avril 2013, le Parti libéral du Canada a organisé la première primaire ouverte au Canada pour l'élection de son chef. Avec plus de 80% des voix, Justin Trudeau s'est imposé largement dans les 308 circonscriptions.

Chili[modifier | modifier le code]

En décembre 2011, le Chili a adopté une loi prévoyant l'organisation d'élections primaires pour les prochaines élections et mettant fin au vote obligatoire[2].

Colombie[modifier | modifier le code]

En 2006, le Parti libéral et le Pôle démocratique alternatif ont organisé des primaires pour la désignation de leurs candidats à l'élection présidentielle. En 2010, les primaires ont été adoptées par le Parti vert et le Parti conservateur.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Les élections primaires sont la règle pour la désignation des candidats aux deux principaux partis à l'élection présidentielle mais aussi souvent pour les élections sénatoriales ou celle des représentants ainsi qu'au niveau local. Ces élections sont généralement régies par les lois des différents États : la plupart sont fermées, c'est-à-dire réservés aux électeurs qui ont indiqué une préférence partisane lors de leur inscription sur les listes électorales. D'autres sont ouvertes (les électeurs peuvent voter dans la primaire de l'autre parti) ou semi-ouverte (les électeurs qui n'ont pas indiqué de préférence partisane peuvent voter dans la primaire du parti de leur choix le jour de l'élection).

Certains États organisent à la place des primaires des caucus (réunions de désignation des candidats) et, parfois, des primaires dite blanket primaries, non-partisan primary ou Louisiana primary (l'État qui les utilise le plus), qui s'apparentent en fait à un premier tour puisque seuls les deux candidats arrivés en tête, indépendamment de leur parti politique, peuvent se présenter lors de l'élection générale.

Historiquement, au XIXe siècle, les chefs de partis désignaient les candidats officiels lors de caucus. En 1902, l'homme politique républicain Robert M. La Follette remet en cause ces pratiques afin que ce soient les sympathisants du parti qui choisissent à voix égale leur candidat. Il faut cependant attendre l'après Seconde Guerre mondiale pour que cela devienne la norme pour les deux grands partis. Si les caucus sont encore utilisés dans certains États mais le système des primaires prédomine[3].

Uruguay[modifier | modifier le code]

Des « élections internes » sont organisées depuis 1999 pour désigner les candidats des partis.

Élections primaires en Asie[modifier | modifier le code]

République de Chine (Taïwan)[modifier | modifier le code]

Le Parti démocrate progressiste désigne l'ensemble de ses candidats par des sondages d'opinion. Le Kuomintang utilise un système mixte de sondages (70 %) et d'élections primaires (30 %).

Élections primaires en Europe[modifier | modifier le code]

Arménie[modifier | modifier le code]

En 2007, la Fédération révolutionnaire arménienne a organisé une primaire ouverte consultative pour désigner son candidat pour la prochaine élection présidentielle.

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Élection primaire en France.

En France, la plupart des partis qui organisent des primaires les réservent aux seuls adhérents :

Malgré quelques propositions qui n'ont jamais abouti, aucune loi en France ne réglemente l'organisation de primaires ouvertes à l'ensemble des électeurs. Celles-ci sont donc à la charge des partis. Le seul parti à avoir organisé une primaire ouverte est le Parti socialiste, en partenariat avec le Parti radical de gauche, afin de désigner un candidat pour la présidentielle de 2012. Cette première primaire ouverte en France a eu lieu les 9 et 16 octobre 2011. Près de 3 millions de personnes ont participé au second tour, qui a désigné François Hollande comme candidat.

D'autres primaires ouvertes ont eu lieu en prévision des élections municipales de 2014, organisées par l'UMP (Paris, Lyon) et le Parti socialiste (Aix-en-Provence, Béziers, Boulogne-Billancourt, Le Havre, Marseille, La Rochelle).

Grèce[modifier | modifier le code]

En 2007, le PASOK a organisé une primaire ouverte afin de désigner son leader. George Papandréou a été réélu à la tête du parti.

Italie[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, les partis de gauche organisent des primaires ouvertes pour désigner leur candidat au poste de Premier ministre[4],[5] Ce processus a été inscrit dans les statuts du Parti démocrate (PD) lors de sa création. Il a été étendu à la désignation des candidats de la coalition de centre-gauche dont est membre le PD lors des élections locales à l'occasion des élections régionales de 2010.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

En 2009, le Parti conservateur, alors dans l'opposition, a organisé une primaire ouverte par correspondance pour désigner son candidat pour l'élection législative dans la circonscription de Totnes.

Union européenne[modifier | modifier le code]

Ainsi, suite à la défaite des socialistes, sociaux-démocrates, et travaillistes aux européennes de juin 2009, le Parti socialiste européen a décidé, lors du Congrès de Prague de décembre 2009, qu'il désignera un candidat à la présidence de la Commission avant les européennes de 2014. Une Campagne pour une primaire du PSE[6] a ensuite été lancée par des militants du PSE fin juin 2010. Début décembre 2010, les partisans de cette campagne sont parvenus à convaincre le Conseil du PSE, réuni à Varsovie, de mettre en place un groupe de travail "Candidat 2014", chargé d'élaborer une procédure et un calendrier de désignation du futur candidat, afin de garantir un processus de désignation "démocratique, "transparent", et "associant tous les partis membres et tous les niveaux au sein des partis" [7]. Un système de primaire à l'américaine, voyant chaque parti membre désigner ses délégués selon ses propres règles (primaire ouverte, fermée, vote en Congrès du parti) avant une convention européenne, serait envisagé.

Le think-tank européen Notre Europe évoque par ailleurs l'idée de "tickets présidentiels", sur le modèle américain, avec en première place le candidat à la présidence de la Commission, en seconde place le candidat au poste de Vice-président / Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères[8]. Enfin, le Parlement européen envisage d'introduire, dans le règlement fixant le statut des partis politiques au niveau européen, une exigence de démocratie interne, qui obligerait les partis à impliquer les militants individuels dans leurs décisions importantes telles que la désignation du candidat présidentiel[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Primary elections: What are we voting?, consulté le 21 décembre 2011
  2. [1], consulté le 21 décembre 2011
  3. Pascal Perrineau, « La culture des primaires s'impose à gauche comme à droite », Le Figaro, mercredi 9 octobre 2013, page 15.
  4. (fr) Romano Prodi sacré candidat de la gauche
  5. (fr) Barbara Revelli, Les élections primaires : illusion démocratique ou “révolution” politique ? Quelques réflexions à partir du cas italien du Partito Democratico, EuroCité, 23.09.2010.
  6. (en) Page internet de la Campagne pour une primaire du PSE
  7. (en) Résolution adoptée par le Conseil PSE de Varsovie, A democratic and transparent process for designating the PES candidate for the European Commission Presidency, 2 décembre 2010
  8. (fr) Les Brefs de Notre Europe, Des réformes institutionnelles à la politisation - Ou comment l’Union européenne du Traité de Lisbonne peut intéresser ses citoyens, octobre 2010
  9. (fr) Communiqué du Parlement européen, Politique européenne : il est temps de prendre parti !, 31 janvier 2011