Gilles Martinet

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Gilles Martinet (né le à Paris et mort le ), est un journaliste, un homme politique et un intellectuel de gauche français. Il a cofondé le PSU avant de rejoindre le Parti socialiste.

Communiste, résistant puis journaliste[modifier | modifier le code]

Licencié ès lettres et diplômé d'études supérieures d'histoire, Gilles Martinet est d'abord séduit par le communisme au début des années 1930, et devient secrétaire des Étudiants communistes de Paris. Il quitte le parti communiste en 1938, après les procès de Moscou. Il s’engage dans la Résistance en 1941 et forge sa vocation de journaliste en participant à la publication de journaux clandestins comme l’Insurgé.

En 1944, il prend la direction de l’agence Havas avec l’aide d’une section de FFI. Il devient le rédacteur en chef de l’Office français d'information, la future AFP, entre 1944 et 1948. En 1950, avec Claude Bourdet et Roger Stéphane, il crée L’Observateur. Le journal prend le nom de L’Observateur d'Aujourd’hui en 1953 puis de France Observateur en 1954. Gilles Martinet en est le directeur jusqu’en 1964, date à laquelle Claude Perdriel rachète le journal, qui devient Le Nouvel Observateur. Gilles Martinet gardera le poste d’administrateur jusqu’en 1985.

Du PSU au PS[modifier | modifier le code]

Parallèlement à sa carrière journalistique, Gilles Martinet poursuit son parcours politique. Tout d'abord membre du Parti socialiste unitaire (le « premier PSU »), il est ensuite membre de l'Union progressiste puis secrétaire général de l’Union de la gauche socialiste (1957-1960), siégeant également au bureau national du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pieds pour les législatives de novembre 1958. Il est un des fondateurs du Parti socialiste unifié (PSU), dont il est secrétaire national adjoint de 1960 à 1967.

Il rejoint le Parti socialiste en 1972, et en devient membre du bureau exécutif entre 1973 et 1979, membre du comité directeur de 1973 à 1981.
En 1979, il est élu député européen sur la liste du Parti socialiste. En 1981, il devient ambassadeur de France en Italie, poste qu’il occupe jusqu’en 1984. En 1984, il est élevé à la dignité d'ambassadeur de France[1].

En 1988, il est membre du cabinet de Michel Rocard, alors Premier ministre.

Points divers[modifier | modifier le code]

Marié avec la fille du socialiste et syndicaliste italien Bruno Buozzi, résistant assassiné en 1944 par les nazis, il a eu deux filles, dont l'une a épousé Alain Krivine, dirigeant de la LCR.

En 1998, il est nommé Commandeur de la Légion d'honneur.

Président, puis président d'honneur du Comité de Paris de la Società Dante Alighieri, première association culturelle italienne à vocation internationale, avec plus de 500 comités dans environ 80 pays.

Des obsèques qui rassemblent de nombreuses personnalités de gauche[modifier | modifier le code]

À l'exception du Parti communiste qui n'a délégué aucun représentant, nombreuses sont les personnalités (syndicalistes, hommes politiques de gauche et journalistes) présentes à ses obsèques au crématorium du Père-Lachaise, le lundi 3 avril 2006. Le Parisien a relevé la présence des socialistes Lionel Jospin, Michel Rocard, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, et Henri Weber ; d'Alain Krivine (LCR et gendre de Gilles Martinet), d'Edmond Maire et François Chérèque (l'ancien et l'actuel dirigeant de la CFDT) ; Jean Daniel (directeur du Nouvel Observateur), l'historienne Mona Ozouf, le trotskiste Daniel Bensaïd, et Henri Hermand, ami de Martinet et millionnaire, qui avait investi dans Le Matin de Paris[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'observateur engage, Paris, JC Lattès,‎ 22 septembre 2004, 269 p. (ISBN 9782709625333 et 2709625334)
  • Les clés de la Ve république : de Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac : essai suivi de Mendès France, le contre-exemple, Paris, Seuil, coll. « Histoire »,‎ 10 février 2002, 155 p. (ISBN 9782020517584 et 2020517582)
  • Une certaine idée de la gauche, 1936-1997, Paris, O. Jacob,‎ 1997 (ISBN 9782738105295)
  • Gilles Martinet, Le réveil des nationalismes français, Paris, Editions du Seuil, coll. « Essai politique »,‎ avril 1994 (ISBN 9782020215527 et 2020215527)
  • Prague - avenir d'une ville historique capitale - L'aube Eds De - 01/1992
  • Les Italiens, Paris, B. Grasset,‎ 7 mars 1990, 323 p. (ISBN 9782246397410)
  • Cassandre et les tueurs : cinquante ans d'une histoire française, Paris, B. Grasset,‎ 3 avril 1986, 269 p. (ISBN 9782246357513 et 2246357519)
  • Le Système Pompidou - coll : "Hist.Immed", Seuil 1973 (ISBN 978-2020023160)
  • Revue Faire Le Reflux américain - décadence ou renouveau des États-Unis ? – Seuil
  • Sept Syndicalismes - Grande-Bretagne, RFA, Suède, Italie, France, États-Unis, Japon. – Seuil
  • Les cinq communismes : russe, yougoslave, chinois, tchèque, cubain – Seuil - 1971
  • La Conquête des pouvoirs - Seuil - 1968
  • Le Marxisme de notre temps - Seuil - 1962
  • Un'amicizia difficile. Conversazioni su due secoli di relazioni italo-francesi - con Sergio Romano e Michele Canonica - Ponte alle Grazie - Milano - 2001

Il a également préfacé, en 2005, «Génération Battisti : ils ne voulaient pas savoir», écrit par le journaliste politique Guillaume Perrault.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un "ambassadeur de France" garde ce titre toute sa vie
  2. L’adieu à Gilles Martinet, Nathalie Segaunes, Le Parisien, 4 avril 2006