Vie politique en France depuis 1958

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Politique en France
Image illustrative de l'article Vie politique en France depuis 1958
Ve République (Constitution)



La vie politique en France se déroule sous le régime de la Cinquième République depuis l'adoption de la Constitution française du 4 octobre 1958.

Depuis 1958, la France est une république constitutionnelle parlementaire à régime présidentiel. Concrètement, cela signifie que le pouvoir exécutif est détenu essentiellement par le président de la République et qu'il partage avec le Premier ministre et le gouvernement qu'il a nommé. On peut aussi parler de régime semi-présidentiel[1]. C'est un régime typiquement français car très rare dans le monde ; ce régime a la réputation d'être à la fois très stable et très souple[2].

Politique de la France sous la Cinquième République[modifier | modifier le code]

Après que Charles de Gaulle a fait adopter la Constitution de 1958, la France a été gouvernée par des gouvernements de droite successifs jusqu'en 1981. Durant les années 1960, les partis de gauche avaient des résultats plutôt médiocres aux élections nationales. Les gouvernements successifs appliquaient généralement le programme gaulliste d'indépendance nationale, et de modernisation d'une manière interventionniste. Le gouvernement gaulliste, pourtant, a été critiqué pour sa brutalité[réf. nécessaire]: tandis que les élections étaient libres, l'État avait le monopole et le contrôle des émissions de radio et des émissions de télévision et cherchait à imposer son point de vue[réf. nécessaire] sur l'actualité (cependant ce monopole n'était pas absolu, puisqu'il ne pouvait s'exercer qu'à l'intérieur du territoire français et qu'il y avait des radios qui émettaient depuis les pays voisins). La politique sociale de De Gaulle était foncièrement conservatrice.

Pendant les événements de Mai 1968, une série de grèves de travailleurs et de révoltes d'étudiants agita la France. Mais cette agitation n'eut pas pour effet un changement immédiat de gouvernement, la droite étant largement réélue à l'élection de juin 1968. L'électorat bascula en 1969 au référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation, dans un mouvement généralement considéré[réf. nécessaire] comme une lassitude des Français pour De Gaulle.

En 1981, François Mitterrand candidat du parti socialiste, fut élu président avec un programme de réformes de grande envergure, le Programme commun. Après s'être assuré une majorité au parlement à l'issue des élections législatives de la même année, son gouvernement mena un programme de réformes économiques et sociales.

En 1983, la forte inflation et la crise économique menèrent à un revirement de la politique économique, connue sous le terme de « tournant de la rigueur » – le gouvernement de gauche s'est alors engagé dans des réformes de politique fiscale et de contrôle des dépenses, et de privatisation des principales banques françaises.

Bien que la majorité des nationalisations aient été annulées dès 1984, ou par les gouvernements suivants (de gauche comme de droite), les réformes sociales entreprises ont été maintenues. Depuis lors, le gouvernement alterna entre une coalition de gauche (composée du parti socialiste et du parti communiste, et plus récemment Les Verts), et une coalition de droite (composé par l'Union pour la démocratie française et le Rassemblement pour la République de Jacques Chirac, plus tard remplacé par l'Union pour un mouvement populaire).

Les années 1980 et années 1990 ont vu aussi l'émergence du Front national de Jean-Marie Le Pen, un parti accusant l'immigration, particulièrement l'immigration provenant des pays d'Afrique du Nord tels que l'Algérie de l'augmentation du chômage et de la criminalité[3]. Depuis les années 1980, le chômage est resté élevé, à environ 10 % de la population active, quelles que soient les politiques menées pour le combattre[réf. nécessaire]. En outre, la criminalité a changé durant cette période, avec une très forte augmentation de la délinquance juvénile et des actes d'incivilité, bien que la mesure de son augmentation soit sujette à débat[réf. nécessaire]. Les problèmes dans les banlieues – un euphémisme décrivant les zones d'habitations périurbaines défavorisées, souvent à forte proportion de population issue de l'immigration – restent préoccupants. La présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002 a été attribuée, en grande partie, au sentiment d'insécurité[réf. nécessaire].

Institutions politiques[modifier | modifier le code]

Schéma simplifié des pouvoirs exécutif et législatifs de la Ve République.

Partis et mouvements politiques[modifier | modifier le code]

Principaux partis politiques[modifier | modifier le code]

Extrême gauche[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Extrême gauche.
Gauche[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Gauche (politique).
  • Parti socialiste : héritier de la SFIO, ce parti en son état actuel fut rassemblé par François Mitterrand et se réclame de la voie progressiste et social-démocrate. Son premier secrétaire actuel est Jean-Christophe Cambadélis. Sa candidate à l'élection présidentielle 2007 fut Ségolène Royal. Celle-ci, lors de la présidentielle de 2007, reçoit 25,87 % des voix, arrivant 2e. Elle accède au second tour, et perd, avec 46,94 % des voix, contre le candidat UMP Nicolas Sarkozy. Lors de l'élection présidentielle 2012, François Hollande est élu président de la république française avec 51,64 % des suffrages contre le candidat UMP Nicolas Sarkozy qui rassemble 48,36 % des suffrages ; le Parti socialiste obtient la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le Parti socialiste est actuellement la première force politique du pays, détenant les groupes parlementaires les plus importants en termes d'effectifs dans les deux chambres du Parlement. Le PS est également bien implanté dans les collectivités territoriales, dirigeant actuellement 20 conseils régionaux sur 22 en France métropolitaine et une majorité de conseils généraux avec le soutien des autres partis de gauche parlementaire.
  • Parti radical de gauche : mouvement issu de la scission en 1971 du Parti radical-socialiste, parti politique dominant durant la majeure partie de la Troisième République. Très faible électoralement parlant, le PRG doit compter sur ses alliances avec le Parti socialiste pour conserver quelques sièges à l'Assemblée nationale et dans les parlements locaux des collectivités territoriales. Il demeure relativement bien implanté en Corse et surtout en Midi-Pyrénées, où il dirige respectivement les conseils généraux de la Haute-Corse et de Tarn-et-Garonne. Les sénateurs du PRG siègent aux côtés de ceux du Parti radical valoisien au sein du groupe RDSE, tandis que ses députés sont membre du groupe RRDP.
  • Europe Écologie – Les Verts : principal groupement écologiste. Sa candidate à l'élection présidentielle de 2007 fut Dominique Voynet, qui recueillit 1,57 % des voix au premier tour. Souvent alliés aux autres partis de la gauche parlementaire, ils ne peuvent compter sur aucun fief électoral régulier, leurs électeurs étant équitablement répartis sur l'ensemble du territoire. Si les verts n'ont jusqu'à présent eu qu'un succès très limité aux élections présidentielle et législatives, ils recueillent généralement de bons résultats lors des élections régionales (12,18 % en 2010) et des élections européennes (16,28 % en 2009), ainsi que dans plusieurs grandes villes lors des élections municipales. Ses députés siègent au sein du groupe écologiste tandis que ses sénateurs sont membres du groupe écologiste.
  • Mouvement républicain et citoyen : Fusion du Mouvement des citoyens, scission du Parti socialiste, et du Pôle républicain, qui a soutenu l'élection de Jean-Pierre Chevènement au cours de l'élection présidentielle de 2002, ce parti est un ensemble de tendances se revendiquant du républicanisme de gauche. Le MRC a toujours été un parti "marginal" au niveau national, et il doit compter, comme le PRG, sur ses alliances avec le Parti socialiste pour conserver quelques mandats au parlement et dans les collectivités territoriales. Ses députés sont membres du groupe RRDP à l'Assemblée nationale, tandis que son sénateur, M. Chevènement, siège au sein du groupe RDSE.
  • Parti de gauche : scission du Parti socialiste se revendiquant du républicanisme de gauche et de l'écologisme, peu à peu rallié par plusieurs personnalités et groupements politiques indépendants (notamment le MARS-Gauche républicaine) et par d'anciens membres du PS et des Verts. Mené par l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, le PG compte trois députés, membres du groupe de la Gauche démocrate et républicaine et deux sénateurs, membres du groupe communiste, républicain, citoyen et des sénateurs du Parti de gauche. C'est son coprésident, Jean-Luc Mélenchon, qui est candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012. Si ce dernier rate son objectif d'être le troisième homme de l'élection devant Marine Le Pen, il obtient le meilleur score d'un candidat soutenu par le Parti communiste depuis l'élection présidentielle de 1981, avec 11,10 %.
Centre[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Centrisme en France.
  • Mouvement démocrate (ou MoDem) : confédération de plusieurs partis centristes dont l'Union pour la démocratie française, ce mouvement indépendant se revendiquant du centrisme a été créé par François Bayrou à la suite de l'élection présidentielle de 2007. Se voulant en dehors du clivage gauche/droite, il n'émet généralement aucune préférence en termes d'alliances électorales, se tournant, si nécessaire, aussi bien vers le PS que vers l'UMP en vue des élections municipales et cantonales de 2008.
  • La Gauche moderne : créée en 2007 par Jean-Marie Bockel, ex-membre du Parti socialiste, pour soutenir l'action de Nicolas Sarkozy peu après son élection en tant que président de la République. Se revendiquant du social-libéralisme, ce parti se veut un allié loyal mais distinct de l'UMP. C'est un des partis membres fondateurs de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale en 2011.
  • Le Nouveau Centre : créé par des parlementaires, ex-membres de l'UDF, qui ont appelés à voter Nicolas Sarkozy lors de l'entre deux tours des élections présidentielles de 2007. Contrairement au Mouvement démocrate, le Nouveau centre se revendique comme une composante à part entière de la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy, rejetant toute idée d'alliance avec la gauche pour demeurer un allié et un soutien loyal de l'UMP. Marginal électoralement parlant (2 % des voix lors des élections législatives de 2007), il ne doit la formation de son groupe parlementaire à l'Assemblée nationale qu'à ses alliances avec l'UMP. Il se renforce en accueillant des déçus du Modem, comme Jean-Marie Cavada, ou de l'UMP, comme Hervé de Charette. C'est un des partis membres fondateurs de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale en 2011.
Droite[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Droite (politique).
  • Union pour un mouvement populaire : Fusion du parti gaulliste du Rassemblement pour la République et de Démocratie libérale, ainsi que de plusieurs ex-membres de l'UDF ayant soutenu Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 2002, l'UMP est le premier grand parti fédérant l'essentiel des forces des droites françaises. D'inspiration gaulliste, son secrétaire général est actuellement Jean-François Copé. Son ancien président, Nicolas Sarkozy, était président de la République, après avoir remporté le second tour (53,06 % des voix) de l'élection présidentielle de 2007.En 2012 il perd l'élection présidentielle face à François Hollande et l'UMP perd aussi les législatives et donc devient la première force d'opposition du pays.
  • Mouvement pour la France : parti souverainiste et conservateur présidé par Philippe de Villiers, candidat aux élections présidentielle de 1995 (4,7 %) et de 2007 (2,2 %). Il bénéficie d'une importante réserve de voix en Vendée, fief électoral de Philippe de Villiers. Au niveau national, le MPF milite pour le respect de la souveraineté de la France face à l'Union Européenne (opposition au Traité de Lisbonne...), l'identité nationale (fierté d'être français...) mais défend également la famille (opposition au mariage homosexuel...) et la liberté d'entreprendre (baisse des cotisations sociales...). Au niveau local, le MPF s'associe à d'autres partis de droite, notamment l'UMP et le Nouveau Centre.
  • Chasse, pêche, nature et traditions : Formation indépendante se revendiquant de la défense de la ruralité. Créée en 1989, elle est dirigée par Frédéric Nihous. Plutôt faible électoralement parlant, CPNT a connu quelques succès à la fin des années 1990 et au début des années 2000, faisant son entrée dans plusieurs conseils régionaux à l'occasion des élections régionales de 1998 et obtenant 6 sièges au Parlement européen lors des élections européennes de 1999 avec 6,8 % des suffrages exprimés. Jean Saint-Josse rassemblera sur son nom 4,2 % des suffrages exprimés lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Il connait depuis des résultats plutôt médiocres, son candidat à la présidentielle de 2007, Frédéric Nihous, n'obtenant que 1,15 % des suffrages exprimés lors du premier tour. Longtemps à l'écart de la droite traditionnel, CPNT a rejoint dans le courant de l'été 2009 le comité de liaison de la majorité présidentielle.
  • Centre national des indépendants et paysans : le plus ancien parti politique français de droite, fondé en 1949, présidé actuellement par Gilles Bourdouleix. Libéral sur les questions économiques (suppression des 35 heures, baisse des charges) et conservateurs sur les questions sociales (défense de la famille). Très fort sous la IVe République et dans les débuts de la Ve (120 députés, 2 présidents de la République), le CNI s'inscrit dans la tradition politique des Indépendants mais aucun parlementaire ne lui est actuellement affilié.
Divers droite[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Divers droite.
Extrême droite[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Extrême droite en France.
  • Front national : Parti nationaliste et populiste, classé à l'extrême droite de l'échiquier politique, fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen qui l'a dirigé jusqu'en 2011. Marginal avant le milieu des années 1980, le FN deviendra un acteur incoutournable de la vie politique française dès 1984, année au cours de laquelle il réalise sa première grosse percée électorale lors des élections européennes, rassemblant près de 11 % des suffrages exprimés et plus de 2 millions d'électeurs. Toutes les consultations nationales donneront par la suite au FN des résultats allant de 9 à environ 15 % des suffrages exprimés. Lors des élections législatives de 1986, le FN gagne 35 sièges à l'Assemblée nationale, profitant de l'instauration de la représentation proportionnelle. Le retour au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour les élections législatives et son isolement politique le laisseront ensuite continuellement aux portes du Parlement malgré des résultats en forte et constante progression en termes de voix. Lors de l'élection présidentielle française de 2002, Jean-Marie Le Pen a créé la surprise en se qualifiant pour le second tour, où il sera battu par Jacques Chirac, réélu avec plus de 82 % des suffrages exprimés. Les scores du FN resteront cependant assez élevés par la suite (notamment lors des élections régionales de 2004) jusqu'en 2007, année au cours de laquelle Le Pen subit un recul important lors du premier tour de l'élection présidentielle (10,4 % des suffrages exprimés), tandis que le FN fera ensuite face à une véritable déroute électorale lors des élections législatives, rassemblant à peine plus de 4 % des suffrages exprimés au niveau national. Il pèse depuis un peu plus de 14 % des voix au niveau national et 17,9 % des voix aux élections présidentielles de 2012.
  • MNR : Scission du Front national, fondée par et dirigée depuis lors par Bruno Mégret. Le MNR fera efficacement concurrence au FN lors de ses premières années (3,4 % aux élections européennes de 1999, contre 5,7 % pour le FN), mais sera très vite marginalisé, Mégret n'obtenant notamment que 2,3 % des suffrages exprimés au premier tour de l'élection présidentielle de 2002.

Chronique de la vie politique[modifier | modifier le code]

Années 1950 et 1960, l'État-UDR[modifier | modifier le code]

Le système politique français est marqué par la bipolarisation de ses forces politiques sur la base du clivage gauche/droite. Aux débuts de la Cinquième République, la vie politique s'organisait à gauche autour du Parti communiste français (PCF) et de la gauche réformiste de gouvernement, au sein de laquelle le Parti socialiste (PS) deviendra hégémonique dès sa fondation en 1969. À droite, les partis de la mouvance gaulliste, unifiés en 1967 au sein de l'Union démocratique pour la Ve République (UDR) occupèrent longtemps une position largement dominante, mais régulièrement contrebalancée par la droite libérale principalement incarnée par les Républicains indépendants et de petits mouvements du centre-droit, héritiers du Mouvement républicain populaire (MRP), comme le Centre démocrate ou Progrès et démocratie moderne. Les rapports entre ces formations au sein même des deux blocs sont souvent conflictuels, mais le recours au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour l'élection des députés et la présidentialisation du régime avec, dès 1962, l'élection du Président de la République au suffrage universel direct contribue au maintien de la bipolarisation. La droite menée par la sensibilité gaulliste dominera assez largement la vie politique jusqu'au début des années 1970, Charles de Gaulle et Georges Pompidou étant successivement largement élus à la présidence de la République, avec le soutien constant de l'Assemblée Nationale, où le parti gaulliste reste la première force jusqu'en 1981.

Années 1970 : le quadrille bipolaire[modifier | modifier le code]

Les années 1970 marqueront le premier grand bouleversement du paysage politique français. Les élections législatives de 1973 marquent un net reflux du gaullisme au profit du centre-droit, largement concrétisé lorsque Valéry Giscard d'Estaing, chef des Républicains indépendants, accède à la présidence de la République aux dépens du gaulliste Jacques Chaban-Delmas. C'est la fin de "l'État-UDR". À gauche, le PS s'allie au PCF et au petit Mouvement des radicaux de gauche (MRG) dans le cadre de l'Union de la gauche en 1972. Cette alliance permettra à la gauche de se renforcer, son candidat unique à l'élection présidentielle de 1974, le Premier secrétaire du PS François Mitterrand, manquant de peu la victoire au second tour (49,2 % des voix). À droite, les rapports de force se rééquilibrent avec la fondation par M. Giscard d'Estaing en 1978 de l'Union pour la démocratie française (UDF), parti fédérant les forces de la droite non-gaulliste et du centre-droit. Ce nouveau parti met fin à l'hégémonie gaulliste à droite, l'UDR, transformée en Rassemblement pour la République (RPR) en décembre 1976 sous l'impulsion de Jacques Chirac, restant toutefois légèrement plus forte électoralement parlant. Le système partisan s'organise dès lors sur la base d'une "quadrille bipolaire", avec quatre partis d'importance équivalente : à gauche, le PCF et le PS, à droite, le RPR et l'UDF. Cette nouvelle situation est particulièrement bien illustrée par les résultats des élections législatives de 1978, à l'occasion desquelles la droite conserve de justesse sa majorité à l'Assemblée nationale malgré d'éclatantes victoires de la gauche lors d'élections locales.

Années 1980, lourd déclin du communisme et apparition de l'extrême-droite[modifier | modifier le code]

En 1981, l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République bouleverse à nouveau les rapports de forces au sein du système partisan français. Au cours de cette élection et des législatives qui suivront, le Parti communiste perd une grande partie de son audience à gauche au bénéfice du Parti socialiste, qui devient très largement majoritaire de seul à l'Assemblée nationale. Les années 1980 marqueront l'avènement d'une nouvelle ère dans la vie politique française. Si à droite les rapports de forces restent inchangés, le PCF amorce de manière brutale un inexorable déclin, le PS devenant progressivement hégémonique dans le camp de la gauche de gouvernement. Les déceptions vis-à-vis des politiques menées par les premiers gouvernements socialistes, qui abandonnent dès 1982 leur plan de relance keynésien au profit d'un plan de rigueur économique nettement moins ambitieux, mécontente une bonne partie de l'électorat qui se réfugie dans le vote protestataire. À l'occasion des Élections européennes de 1984, le Front national (FN), formation populiste classée à l'extrême droite de l'échiquier politique, effectue une percée phénoménale, passant d'un niveau proche de zéro à plus de 10 % des suffrages exprimés. Ce succès est concrétisé en 1986 lorsque le FN envoi 32 députés siéger à l'Assemblée nationale, alors élue à la représentation proportionnelle. Rejeté par la droite traditionnelle, le FN est exclu du jeu des alliances et ne sera jamais en mesure d'obtenir plus d'un siège à l'Assemblée après le rétablissement du scrutin majoritaire dès les législatives de 1988. Cela n'empêchera pas son audience électorale et médiatique de croitre, Jean-Marie Le Pen obtenant plus de 14 % des suffrages exprimés au premier tour de l'élection présidentielle de 1988. Le FN s'impose peu à peu comme une troisième force politique alternative, en dehors de la bipolarisation traditionnelle entre droite et gauche.

Années 1990, l'émiettement partisan[modifier | modifier le code]

Les années 1990 débutent sous le signe de l'alternance. Alors que le second mandat du président Mitterrand touche à sa fin, la gauche est laminée par l'alliance RPR-UDF lors des élections législatives de 1993. Cette période est marquée par une consolidation du FN et par la percée significative des mouvements écologistes, en particulier Les Verts et Génération écologie, qui font leur entrée dans plusieurs conseils régionaux à l'issue des élections régionales de 1992 et obtiennent d'excellents scores aux législatives de 1993. Ce succès sera de courte durée, et seuls Les verts parviendront à s'imposer durablement dans le paysage politique avec des scores tournant autour des 4 %. La classe politique traditionnelle perd encore du terrain lors de l'élection présidentielle de 1995, au cours de laquelle Jean-Marie Le Pen atteint les 15 %, tandis que l'extrême gauche, représentée par la candidate de Lutte ouvrière Arlette Laguiller, effectue une percée avec plus de 5 % des voix. Cette nouvelle recomposition des forces politiques oblige le Parti socialiste à composer avec des formations concurrentes à gauche, notamment sa petite scission du Mouvement des citoyens (MDC) mené par Jean-Pierre Chevènement. Lors des élections législatives de 1997, la Gauche plurielle menée par le socialiste Lionel Jospin, rassemblant PS, PCF, verts, MDC et radicaux-socialistes, investit une étroite majorité de 55 % des sièges. Le PS, doté d'une majorité relative, doit composer avec les autres forces de la majorité plurielle et Jospin forme dans cet esprit un gouvernement de coalition intégrant toutes ses composantes. Malgré des résultats plutôt satisfaisants, l'alliance volera en éclats, en 2002, à la fin de la législature.

À droite, l'UDF doit faire face dès 1998 à une scission orchestrée par une quarantaine de députés de sa tendance libérale, qui partent fonder Démocratie libérale (DL). Malgré son groupe parlementaire conséquent, ce parti restera marginal, dépendant de ses alliances avec le RPR et une UDF recentrée. Le Mouvement pour la France (MPF), autre scission de l'UDF intervenue en 1994 à l'initiative du député Philippe de Villiers, restera dans l'ombre jusqu'à sa fusion, en 1999, avec le Rassemblement pour la France (RPF) de l'ex RPR Charles Pasqua, à l'occasion des élections européennes, au cours desquelles leur liste obtient 13 % des voix, devant la liste RPR-DL de Nicolas Sarkozy. Ce sera un succès sans lendemain, le mouvement éclatant dès 2000 lorsque M. de Villiers décide de faire scission pour refonder le MPF, qui retrouve son audience antérieure, tandis que ce qui reste du RPF sombre dans la marginalisation. Un autre petit parti fondé par d'anciens membres des partis de droite traditionnels, Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT), connaîtra à la fin des années 1990 un succès éphémère, en obtenant 6 élus lors des européennes de 1999 avec près de 7 % des voix et faisant son entrée dans plusieurs conseils régionaux lors des régionales de 1992 et de 1998. Malgré le score honorable de son chef Jean Saint-Josse à l'élection présidentielle de 2002 (4,2 %), CPNT connaîtra un brutal reflux lors des scrutins qui suivront, au cours desquels le parti perdra tous ses élus régionaux et européens.

Années 2000, les évolutions incertaines[modifier | modifier le code]
Schéma des pouvoirs exécutif et législatifs Français depuis le traité de Lisbonne
Les pouvoirs exécutif et législatifs de la Ve République depuis la réforme constitutionnelle de 2008.

Les années 2000 seront le théâtre de profonds bouleversements. L'élection présidentielle de 2002 sera marquée par une fragmentation du paysage politique tenant du jamais vu. Au premier tour, Jean-Marie Le Pen, bénéficiant d'un nouvel apport de voix (près de 17 % des voix) devance ainsi Lionel Jospin, victime de l'éparpillement des voix de gauche. L'extrême-gauche, dont les candidats Arlette Laguiller et Olivier Besancenot capitalisent 10 % des voix, monte en puissance. Le PCF, qui s'était jusqu'ici maintenu aux alentours de 9 %, s'effondre à 3,3 % avec la candidature de Robert Hue. Avec les candidatures de Jean-Pierre Chevènement pour le MDC et de Christiane Taubira pour le Parti radical de gauche, l'électorat socialiste s'éparpille aux dépens du candidat Jospin. Au second tour, Jacques Chirac, bénéficiant du rejet de l'extrême-droite, écrase Jean-Marie Le Pen avec 82 % des voix. Forte de ce nouveau souffle inattendu, la droite se réorganise, avec le lancement entre les deux tours de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP) à l'initiative de Jacques Chirac. L'UMP, fusion du RPR et de Démocratie libérale (scission de l'UDF intervenue en 1998 à l'initiative d'une quarantaine de députés) et ayant reçu le renfort d'une majorité de cadres et d'élus de l'UDF devient le premier grand parti de la droite gouvernementale française. Lors des élections législatives de 2002, l'UMP, largement victorieuse, prend l'hégémonie à droite, la "Nouvelle UDF" de François Bayrou se sauvant qu'une vingtaine de sièges. Les scrutins locaux qui suivront verront le retour de la domination du Parti socialiste sur l'ensemble de la gauche, contribuant à faire converger peu à peu le système partisan vers une situation de bipartisme, bien que l'audience conservée par les petits partis (le PCF, les verts et le PRG à gauche, l'UDF à droite), oblige les deux grandes formations à continuer d'évoluer dans le cadre de la bipolarisation.

Lors de l'élection présidentielle de 2007, l'UMP et le PS se renforcent et leurs candidats s'affrontent au second tour dans un schéma plus traditionnel qu'en 2002. Les petits candidats à la gauche du PS sont laminés, obtenant des scores très inférieurs à ceux qu'ils avaient obtenu en 2002. Jean-Marie Le Pen, concurrencé par la campagne très marquée à droite du candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, s'effondre à 10,4 %, tandis que François Bayrou, en axant son discours sur une volonté de former une formation centriste indépendante de la droite, atteint plus de 18 % des voix. La transformation de l'UDF en Mouvement démocrate (MoDem) ne permettra toutefois pas de concrétiser ce succès, le nouveau parti obtenant un score nettement plus faible lors des législatives qui suivront (7,6 %). En revanche le FN s'effondre à nouveau et, avec 4,3 %, n'est définitivement plus en mesure de peser sur le débat politique. Les scrutins locaux qui suivront confirmeront cette tendance. Le paysage politique français s'organise actuellement sur la base d'une opposition gauche/droite très marquée, avec deux grands partis forts, l'UMP et le PS, qui composent avec plusieurs petits partis proches de leur sensibilité. Les dernières élections municipales ont été le théâtre d'une marginalisation du FN, de l'obtention de bons scores pour des listes menées par des partis de gauche autre que le PS (PCF, verts et surtout Ligue communiste révolutionnaire (LCR) dans plusieurs grandes villes) ainsi que de l'échec de la stratégie d'autonomie du MoDem, contraint de composer avec le PS ou l'UMP lorsque c'est possible, battu lorsqu'il présente des listes autonomes.

Les élections européennes de 2009, marquées par un taux de participation historiquement faible de 40,6 %, ont été l'occasion de plusieurs reclassements sur l'échiquier politique français. L'UMP s'est imposée avec près de 28 % des voix, loin devant le PS qui, à 16,5 %, subit la concurrence d'Europe écologie, rassemblement écologiste initié par les verts (16,3 %). Ce scrutin fut également l'occasion d'une nouvelle déconvenue pour le MoDem qui n'obtient qu'un piètre score de 8,5 %, très en dessous de la performance réalisée par l'UDF en 2004. À gauche, le Front de gauche initié par le Parti communiste et le nouveau Parti de gauche fondé par d'anciens membres de la minorité du PS obtient 6,5 % des voix, tandis que l'extrême-gauche se renforce considérablement, avec la percée du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), successeur de la LCR, qui obtient 5 % des voix (Lutte ouvrière est à 1,2 %). Le FN, à qui profite normalement ce type d'élection, demeure faible à seulement 6,3 % des voix, devant les listes Libertas alliant le Mouvement pour la France et CPNT, à 4,8 %, là aussi en net reflux par rapport aux scores obtenus par le seul MPF lors des scrutins précédents. Des courants minoritaires, en particulier l'Alliance écologiste indépendante et la formation gaulliste « Debout la République », obtiennent en outre des scores significatifs (respectivement 3,6 et 1,8 %).

Les élections régionales de 2010 sont remportées par la gauche qui gagne 21 des 22 régions métropolitaines. Cela est principalement dû à un retour du Front national qui réalise 11,4 % des suffrages et s'est maintenu dans douze régions. Les élections cantonales de 2011 sont aussi gagnées par la gauche qui totalise 49 % des voix. L'UMP est la grande perdante de cette élection, puisqu'elle ne représente que 17 % des voix. Le Front national, quant à lui poursuit son ascension et réalise 15 % des voix. Désormais, tous les regards sont portés vers l'élection présidentielle de 2012.

On observe une participation de plus en plus faible des électeurs aux différents scrutins, particulièrement depuis les dernières législatives de 2007, municipales de 2008, européennes de 2009, régionales de 2010 ou cantonales de 2011 où l'abstention a connu des chiffres jamais atteints sous la Ve République. Seule l'élection présidentielle semble résister à ce phénomène récurrent.

Aux élections sénatoriales de 2011, alors que le Sénat est désormais renouvelé de moitié, la gauche progresse de vingt-cinq sièges, et détient désormais la majorité absolue à la haute assemblée, avec 177 sénateurs contre 171 à la droite.

Le premier tour de l'élection présidentielle de 2012 voit le candidat PS François Hollande arriver en tête devant le président sortant Nicolas Sarkozy ; les observateurs notent également les 18 % de la candidate FN Marine Le Pen, qui maintient son parti comme troisième force politique nationale. Au second tour, François Hollande l'emporte sur Nicolas Sarkozy, par 51,6 %. Le 17 juin suivant, à la suite des élections législatives, le Parti socialiste devient majoritaire à l'Assemblée nationale. Ainsi, pour la première fois sous la Ve République la gauche est majoritaire dans toutes les institutions (Présidence, Parlement, Conseils régionaux, Conseil généraux, Conseils municipaux).

Chefs d'État et hommes politiques[modifier | modifier le code]

Événements politiques[modifier | modifier le code]

  • 1958 Charles de Gaulle remporte les élections (au scrutin universel indirect)
  • 1965 Charles de Gaulle remporte les élections
  • 1969 Georges Pompidou remporte les élections (à la suite de la démission de Charles de Gaulle)
  • 1974 Valéry Giscard d'Estaing remporte les élections (à la suite du décès de Georges Pompidou)
  • 1981 François Mitterrand remporte les élections
  • 1988 François Mitterrand remporte les élections
  • 1995 Jacques Chirac remporte les élections
  • 2002 Jacques Chirac remporte les élections
  • 2007 Nicolas Sarkozy remporte les élections
  • 2012 François Hollande remporte les élections

Histoire politique[modifier | modifier le code]

Régimes politiques[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, c'est-à-dire avant la Révolution française, la France était une monarchie.

Dynasties royales :

Régimes post-révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Régimes politiques en France depuis la chute de la monarchie absolue :

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. RÉGIME SEMI-PRÉSIDENTIEL Sur le site perspective.usherbrooke.ca
  2. La Constitution de la Ve République : un régime stable et souple Sur le site clio.navyc.fr
  3. « Marine Le Pen reprend son bréviaire anti-immigrés », sur www.lemonde.fr (consulté le 11 décembre 2011)
  4. Léo Figuères, Le trotskisme, cet antiléninisme, 1969, p.201

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]