Libération-Sud

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Libération[1] est un mouvement de Résistance français de la période 1940-1944 créé dans la zone libre (zone sud). C'est l'un des huit mouvements de résistance qui constituent le Conseil national de la Résistance (CNR).

Historique[modifier | modifier le code]

Dans un café à Clermont-Ferrand, vers octobre-novembre 1940, Emmanuel d'Astier de La Vigerie avec un petit groupe de personnes fondera ce qui va s'appeler d'abord la Dernière Colonne, puis Libération de zone sud (ou libération-sud), un des trois mouvements de la Résistance non communiste de zone sud. Jean Cavaillès, le philosophe, Georges Zérapha, fondateur de la LICRA, qui s'était fortement engagé dans les années 1930 contre les antisémites et Lucie Samuel, qui ne s’appelle pas encore Lucie Aubrac, ces quatre personnages vont penser une action de résistance, et c'est le début de l'engagement militant.

Autour de ce noyau viendront s'agréger d'autres hommes et d'autre femmes provenant de milieux divers, marqués notamment par un engagement antérieur dans la construction du Front populaire ou dans le mouvement syndical. Un des traits particuliers de Libération est le rassemblement dans un même mouvement de résistance de militants issus de la CGT tels Maurice Kriegel-Valrimont, Alfred Malleret-Joinville, de la CFTC comme Yvon Morandat, des intellectuels, des militants de gauche sans appartenance partisane, Raymond Aubrac, Pascal Copeau ou des membres d'un des deux grands partis du Front populaire.

Le nom "Libération" aurait été tiré au sort et donné au mouvement à ses débuts par Emmanuel d'Astier et Kohan Abert.

L'activité première du mouvement Libération, est l'édition et la diffusion d'un journal, Libération, auquel le mouvement donnait son nom. En retour, le journal est la colonne vertébrale à partir de laquelle s'organise l'activité du mouvement.

L'organisation se structure en 7 régions qui couvrent l'ensemble de la zone sud. Parmi elles, deux sont particulièrement fortes : la région 3, autour de Lyon, nœud central du mouvement, et la région 6, autour de Toulouse. A la "propagande-diffusion" du journal s'agrège progressivement d'autres secteurs d'activité : le service des faux-papiers, le service social et le service de « l'action politique », dont le responsable est en fait le numéro 2 du mouvement. Ce fut d'abord Jacques Brunschwig puis Pascal Copeau.

En 1942, Raymond Aubrac demande à Maurice Kriegel-Valrimont d'organiser la branche militaire du mouvement.

Très tôt des contacts sont engagés entre le mouvement, émanation de la Résistance intérieure et Londres, où le général de Gaulle fait vivre la France libre. En mai 1942, Emmanuel d'Astier, le chef charismatique du mouvement fait le voyage de Londres et y rencontre de Gaulle. Quand celui-ci, en novembre 1943, crée le Comité français de la Libération nationale (CFLN), c'est d'Astier qu'il choisit comme commissaire à l'Intérieur. Cette nomination vaut au mouvement Libération une reconnaissance incontestable.

Le journal Libération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Libération (journal, 1941-1964).

En juillet 1941, Raymond Aubrac et Emmanuel d'Astier de la Vigerie lancent Libération, le journal clandestin du mouvement. L'aventure éditoriale commence par un tirage à 10 000 exemplaires pour le premier numéro. En atteignant des pointes de 200 000 exemplaires tirés, il va devenir le second journal clandestin le plus diffusé de zone sud après Combat. De 1942 à avril 1944, date de son arrestation le rédacteur en chef en fut le journaliste-écrivain Louis Martin-Chauffier.

A la libération de la France, en août 1944, le journal reparaît au grand jour, dirigé par d'Astier. Dès le 21 août il devenait quotidien. Il paraît jusqu'en 1964.

Son titre, sera ultérieurement repris par Jean-Paul Sartre et Serge July pour la création de leur journal.

Quelques membres du mouvement[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On appelle également le mouvement Libération-Sud pour le distinguer de Libération-Nord, un mouvement de la zone Nord qui lui est complètement indépendant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annette Kahn, Robert et Jeanne, Éditions Payot (récit documentaire qui se déroule pour une large part à Lyon sous l'Occupation)
  • Laurent Douzou, La désobéissance, histoire du Mouvement Libération-sud, Éditions Odile Jacob, Paris, 1995. (ISBN 2-73810293-X)
  • Laurent Douzou, Lucie Aubrac, Perrin éditeur, 2009. (ISBN 978-2-262-02746-9)
  • Claude Estier, La gauche hebdomadaire, 1914-1962, Collection Kiosque, Armand Colin, 1962
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Éditions Ouvrières, volumes 16-44, 1919-1939
  • Dictionnaire biographique du Mouvement Ouvrier Mouvement Social, 1940- mai 1968. Tome 1, Éditions de l'Atelier, Paris 2006, Notice Emmanuel d'Astier de la Vigerie, signée Laurent Douzou.
  • Francis Crémieux, Entretiens avec Emmanuel d'Astier, Éditions Pierre Belfond, Paris, 1966

Articles connexes[modifier | modifier le code]