Félix Dupanloup

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Félix Dupanloup
Image illustrative de l'article Félix Dupanloup
Mgr Félix Dupanloup
Biographie
Naissance 3 janvier 1802
Saint-Félix
Ordination sacerdotale 18 décembre 1825
Décès 11 octobre 1878 (à 76 ans)
La Combe-de-Lancey
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 9 décembre 1849 par l'Archevêque Marie-Dominique-Auguste Sibour
Dernier titre ou fonction Évêque d'Orléans
Évêque d'Orléans
19 avril 184911 octobre 1878
Précédent Jean-Jacques Fayet Pierre-Hector Coullié Suivant
Autres fonctions
Fonction laïque
Sénateur inamovible de 1875 à 1878

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Félix Antoine Philibert Dupanloup, né le 3 janvier 1802 à Saint-Félix (Haute-Savoie, France) et mort le 11 octobre 1878 au château de La Combe-de-Lancey (Isère, France), est un prêtre catholique français, théologien enseignant, journaliste, prélat et homme politique. Il est évêque d'Orléans en 1849 et membre de l'Académie française à partir de 1854. Il est enterré dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Félix Antoine Philibert Dupanloup est un enfant naturel. On le déclara comme l'enfant d'Anne Dechosal, une paysanne, et de Jean-François Dupanloup, un ouvrier tailleur. Mais par la suite ce dernier écrivit en marge de l'acte de baptême ne pas reconnaître cette paternité[2]. Il est possible que son véritable père appartenait à un milieu élevé. En tous cas Renan parle du « secret de sa naissance » que connaissait sans doute Mgr de Quélen, ainsi que des familles de la bourgeoisie annécienne « qui avaient veillé paternellement sur le jeune ecclésiastique, qui en avaient fait un homme bien élevé et qui l’avaient introduit dans leur monde fermé ». Bref, il semble avoir bénéficié très tôt de certaines protections. Il est élevé à Paris par sa mère qui, à force de privations, parvient à l’envoyer au collège Sainte-Barbe. Choisissant la carrière ecclésiastique, il étudie la grammaire à la Petite Communauté, les humanités au séminaire préparatoire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la philosophie au petit séminaire d’Issy et la théologie au grand séminaire de Saint-Sulpice avant d’être ordonné prêtre le 18 décembre 1825.

En 1826, il est nommé vicaire de la Madeleine et s'établit une réputation de pédagogue. Il est chargé de l’éducation religieuse du duc de Bordeaux, puis des princes d’Orléans. En 1834, il est nommé curé de Saint-Roch et s’y fait une réputation d’orateur. C’est lui que choisit Mgr de Quélen pour obtenir sur son lit de mort la rétractation de Talleyrand. Renan décrit ainsi sa mission :

« Vers le mois d'avril 1838, M. de Talleyrand, en son hôtel de la rue Saint-Florentin, sentant sa fin approcher, crut devoir aux conventions humaines un dernier mensonge et résolut de se réconcilier, pour les apparences, avec une Église dont la vérité, une fois reconnue par lui, le convainquait de sacrilège et d'opprobre. Il fallait, pour cette délicate opération, non un prêtre sérieux de la vieille école gallicane, qui aurait pu avoir l'idée de rétractations motivées, de réparations, de pénitence, non un jeune ultramontain de la nouvelle école, qui eût tout d'abord inspiré au vieillard une complète antipathie ; il fallait un prêtre mondain, lettré, aussi peu philosophe que possible, nullement théologien, ayant avec les anciennes classes ces relations d'origine et de société sans lesquelles l'évangile a peu d'accès en des cercles pour lesquels il n'a pas été fait. M. L'abbé Dupanloup, déjà connu par ses succès au catéchisme de l'Assomption, auprès d'un public plus exigeant en fait de jolies phrases qu'en fait de doctrine, était juste l'homme qu'il fallait pour participer innocemment à une collusion que les âmes faciles à se laisser toucher devaient pouvoir envisager comme un édifiant coup de la grâce. Ses relations avec madame la duchesse De Dino, et surtout avec sa fille, dont il avait fait l'éducation religieuse, sa parfaite entente avec M. De Quélen, les protections aristocratiques qui, dès le début de sa carrière, l'avaient entouré et l'avaient fait accepter dans tout le faubourg saint-Germain comme quelqu'un qui en est, le désignaient pour une œuvre de tact mondain plutôt que de théologie, où il fallait savoir duper à la fois le monde et le ciel. »

Il est ensuite chargé du séminaire préparatoire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, qui compte deux cents élèves. Il le réforme complètement ne laissant debout que les murs. Son intention était d’en faire un creuset où se mêleraient les jeunes garçons de familles riches et l’élite des élèves pauvres, signalés par des succès constants[3]. Renan qui y fut élève écrit :

« La vieille maison de la rue Saint-Victor fut ainsi, pendant quelques années, la maison de France où il y eut le plus de noms historiques ou connus ; y obtenir une place pour un jeune homme était une grâce chèrement marchandée […] Pour une élite de la jeunesse cléricale, il espérait qu'il sortirait de ce mélange avec des jeunes gens du monde, soumis aux mêmes disciplines, une teinture et des habitudes plus distinguées que celles qui résultent de séminaires peuplés uniquement d'enfants pauvres et de fils de paysans. Le fait est qu'il réalisa sous ce rapport des prodiges. Composée de deux éléments en apparence inconciliables, la maison avait une parfaite unité. L'idée que le talent primait tout le reste étouffait les divisions, et, au bout de huit jours, le plus pauvre garçon débarqué de province, gauche, embarrassé, s'il faisait un bon thème ou quelques vers latins bien tournés, était l'objet de l'envie du petit millionnaire qui payait sa pension sans s'en douter. »

Mausolée de Mgr Dupanloup dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans

À partir de 1844, il est l'un des plus actifs défenseurs de l'enseignement catholique aux côtés de Charles de Montalembert. Pour mener ce combat, il quitte ses fonctions au séminaire en 1845 et l'archevêque de Paris, Mgr Affre, le nomme chanoine de Notre-Dame. En 1848, il fait partie de la commission extra-parlementaire présidée par Adolphe Thiers qui élabore le texte qui deviendra la loi Falloux du 15 mars 1850.

Nommé évêque d'Orléans en 1849, il milite notamment pour la reconnaissance des mérites religieux de Jeanne d'Arc, qui sera canonisée en 1920, quarante-deux ans après la disparition de cet initiateur de ses procès en béatification puis en canonisation. Il lui consacra deux panégyriques, l'un en 1855 puis un second en 1869, au cours duquel il appela solennellement à sa canonisation.

Il est élu à l'Académie française le 18 mai 1854 au 16e fauteuil, où il succède à Pierre-François Tissot. Il y devient le chef du parti religieux, s'opposant violemment en 1863 à la candidature d'Émile Littré, à qui il reproche son agnosticisme, et empêchant son élection. Il s'oppose de même aux candidatures de Taine et de Renan. En 1871, Littré est à nouveau candidat, et cette fois est élu, à la grande colère de Dupanloup, qui dans un premier temps annonce sa démission de l'Académie.

Il a d'autres occasions de s'opposer à Littré, puisque tous deux viennent, la même année, d'être élus députés. Mgr Dupanloup est en effet élu député du Loiret le 8 février 1871 avant d'être l'un des 75 sénateurs inamovibles élus par l'Assemblée nationale le 18 décembre 1875.

Les anticléricaux s'inspirèrent de ce personnage pour créer la chanson Le Père Dupanloup[4]. À la fin de sa vie, l'évêque d'Orléans fit de longs séjours à Hyères dans la propriété de ses amis, le baron et la baronne de Prailly, au Plantier de Costebelle[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De la pacification religieuse: quelle est l'origine des querelles actuelles? quelle en peut être l'issue?, ed.chez J. Lecoffre et Cie., 1845
  • De l'éducation, ed: Douniol, 1861.
  • De l'éducation, 9e éd.Charles Douniol et cie. Libraires éditeurs 29 rue de Tournon Paris, 1872, 3 tomes, imp. Victor goupy 5 rue Garancière Paris.
  • De l'éducation en général, tome premier 405 p.
  • De l'autorité et du respect dans l'éducation, tome deuxième 607 p.
  • Les hommes d'éducation, tome troisième 639 p.
  • La Convention du 8 décembre. Suivie d'une lettre au Journal des débats, 28e éd., Paris, Charles Douniol, 1865, 160 p.
  • Entretiens sur la prédication populaire, ed.Charles Douniol, 1866
  • De la haute éducation intellectuelle, ed. Douniol, 1866
  • Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort: captivité de la famille royale au Temple, Alcide Beauchesne, Félix Dupanloup, ed. H. Plon, 1867
  • La femme studieuse, ed. C. Douniol, 1869
  • Étude sur la franc-maçonnerie, 3e éd., Paris, Charles Douniol, 1875, 92 p.
  • Premières lettres a Messieurs les membres du Conseil municipal de Paris sur le centenaire de Voltaire, ed.Société Bibliographique, 1878.
  • Lettres sur l'éducation des filles et sur les études qui convienment aux femmes dans le monde, ed.C. Douniol, 1879
  • La souveraineté pontificale selon le droit catholique et le droit européen, ed.J. Lecoffre et cie, 1860.
  • Le mariage chrétien, 19e éd.P.Téqui. Libraire éditeur 82 rue Bonaparte Paris, 1920, 438 p.
  • Réponse de Mgr l'évêque d'Orléans à M. le baron Molroguier, Ch. Douniol,‎ 1860, 16 p. (lire en ligne) ;
  • Défense de la liberté de l'Église, R. Ruffet,‎ 1861, 448 p. (lire en ligne) ;

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 99.
  2. voir La Savoie de Christian Sorrel, p. 177 (Beauchesne, 2003) et Les Immortels du Sénat 1875-1918 : les cent seize inamovibles de la Troisième, p. 329 (Beauchesne, 2003)
  3. Histoire du séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet 1612-1908, par P. Schoenher, 1909-1911 disponible sur Gallica
  4. Les paroles de la chanson paillarde "Le Père DUPANLOUP"
  5. Jubilé de Paul Bourget, publié dans la Revue hebdomadaire du 15 décembre 1923, page 280. Voir aussi Vie de Mgr Dupanloup, Abbé Lagrange, T. III, Poussielgue Frères, 1884, p. 442 et s. Après la mort de l'évêque d'Orléans, la propriété du Plantier fut vendue, en 1896, par la famille Prailly, à l'écrivain et académicien français Paul Bourget.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

voir l’article Mythes de Jeanne d'Arc.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Ernest Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse
  • Vie de Mgr Dupanloup, Abbé Lagrange, Poussielgue Frères, 1884. Ouvrage de référence sur ce prélat de l'église romaine.
  • Emile Faguet, Monseigneur Dupanloup un grand évêque, Hachette, 1914
  • Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 176-178, fiche biographique (+ autres citations dans l'ouvrage).