François Albert-Buisson

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François Albert-Buisson, né le 3 mai 1881 à Issoire, mort le 21 mai 1961 à Aix-en-Provence, fut tour à tour ou simultanément entrepreneur, industriel, magistrat consulaire, économiste, homme politique, historien français et membre de l'Académie française.

Parcours[modifier | modifier le code]

Fils d'artisans et petit-fils de paysans originaires d'Issoire, il part pour Paris après ses études secondaires et s'inscrit successivement à la faculté de pharmacie puis à celle de droit. Docteur en pharmacie, il obtient le prix Jules-Lefort de l'Académie française. Combattant de la Première Guerre mondiale de 1914 à 1916, il soutient ensuite une thèse de droit sur Le chèque et sa fonction économique qui remporte le prix des thèses.

Nommé juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine en 1913, il en devient président (1930-1934).

Créateur du laboratoire pharmaceutique Théraplix (via l'entreprise Chimie et Atomistique), il est administrateur dans plusieurs entreprises industrielles et bancaires, devenant notamment président de la Banque nationale française pour le Commerce extérieur (BNFCE) et président fondateur de la BNCI, mais surtout président du conseil d'administration de Rhône-Poulenc de 1935[1] à 1959, après avoir été administrateur de Poulenc frères (1923) puis de Rhône-Poulenc (1928).

Directeur de cabinet d'Étienne Clémentel au ministère des Finances pendant le Cartel des Gauches en 1924-1925, il participe à plusieurs conférences économiques internationales, à Londres en août 1924 comme chef de la délégation financière, à Paris en janvier 1925, en 1926 comme délégué à la conférence économique franco-allemande.

Élu dans la foulée de la victoire du Cartel, en 1925, maire d'Issoire, il occupe cette fonction jusqu'en 1941. Élu conseiller général du canton d'Issoire le 3 mai 1928, il devient vice-président du Conseil général du Puy-de-Dôme.

Entré en janvier 1926 dans le conseil directeur du journal Le Moniteur du Puy-de-Dôme avant son rachat en 1927 par Pierre Laval, il se rapproche de ce dernier, l'accompagnant quand, Président du Conseil, il fait un voyage aux États-Unis en 1931. Candidat de la Fédération républicaine, radicale et radicale-socialiste du département lors des sénatorielles partielles du 8 août 1937, il est élu au premier tour de scrutin, avec le soutien de Laval, par 603 voix contre 394 à son principal adversaire, Georges Moreau, sur 1105 suffrages exprimés, en remplacement de Malsang, sénateur radical du Puy-de-Dôme décédé le 29 mai. Il occupe ces fonctions officiellement jusqu'en 1944. Lors de l'assemblée générale du 11 juin 1939, il est élu président d'honneur de la Fédération républicaine, radicale et radicale-socialiste du Puy-de-Dôme.

Siégeant au groupe de la Gauche démocratique, il appartient à la commission de la législation civile et criminelle et à celle des affaires étrangères, où il apporte ses compétences en matière de droit et d'économie politique. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs à Pétain.

Sous le régime de Vichy, il se démet de sa fonction de maire (1941), mais préside de 1941 à 1942 la Commission administrative du Puy-de-Dôme. Puis il est nommé, avec Jacques Bardoux, vice-président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, présidé par le Dr Raymond Grasset, lui aussi radical et ancien fidèle de Clémentel à Riom lié à Laval.

Abandonnant ensuite toute vie politique, il se consacre désormais aux affaires privées et poursuit une carrière d'économiste et d'historien. Élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1936, il y occupe pendant cinq ans, à partir de 1951, les fonctions de secrétaire perpétuel. De même, il représente à partir de 1948 l'Institut de France à la délégation française de l'UNESCO. En 1953, les cinq académies de l'Institut créent en son honneur le poste de Chancelier, dont il est le premier dignitaire. Enfin, le 3 mars 1955, il est élu à l'Académie française, le même jour que Jean Cocteau et Daniel-Rops.

Il meurt subitement à Aix-en-Provence, où il se trouvait depuis une semaine, le 21 mai 1961, à l'âge de 80 ans. Il est enterré au cimetière de Passy. Son épouse est décédée en 1942.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Droit commercial et économie politique
  • Le Problème des poudres, au point de vue technique, économique et national (1913)
  • Le Chèque et sa fonction économique (1923)
  • Les Crises économiques (1926)
  • De la validité des clauses tendant à parer, dans les contrats, aux inconvénients de l'instabilité monétaire (1926)
  • Le Nouveau Régime de l'administration municipale (1926)
  • De la nature juridique des groupements d’obligataires et de la validité de leurs actes (1927)
  • La transmission des « billets » de fonds et le privilège du vendeur (1928)
  • Les Groupements d'obligataires. Étude juridique, économique et législative (1930)
  • La Morale et les Affaires (1931)
  • Le Statut de la faillite (1932)
  • La Déviation du droit en période de crise économique (1932)
  • Dynamisme économique et stabilité des lois (1933)
  • La Sécurité juridique, condition de la prospérité économique (1934)
  • Le Statut légal des fonds de commerce (1934)
Histoire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Désigné par le conseil d'administration lors de la séance du 21 décembre 1934.

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Jean Jolly (dir.), Dictionnaire des parlementaires français, notices biographiques sur les ministres, sénateurs et députés de 1889 à 1940, Paris, PUF,‎ 1960 (de Bret à Buyat lire en ligne), p. 804-805.
  • Guy Rousseau, Étienne Clémentel (1864-1936) : entre idéalisme et réalisme, une vie politique : essai biographique, Clermont-Ferrand, Archives départementales du Puy-de-Dôme,‎ 1998, 184 p..

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]