Albert Sorel

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Albert Sorel

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Albert Sorel

Naissance
Honfleur
Décès (à 63 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Diplomate et Historien
Autres activités
Académicien

Albert Sorel, né à Honfleur (Calvados) le et mort à Paris le , est un historien français, l’un des principaux fondateurs de l’histoire diplomatique en France[1] . Il était le cousin du penseur Georges Sorel.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Alors que son père, riche industriel, souhaitait le voir lui succéder aux affaires, Albert Sorel étudie le droit à Paris et effectue un séjour prolongé[Quand ?] en Allemagne.

En 1866, il entre au ministère des Affaires étrangères. En 1870, après Sedan et la formation du Gouvernement de la Défense nationale, le directeur de cabinet du ministère, Chaudordy, l'envoie à Tours comme délégué responsable de l’aspect diplomatique de la défense nationale. Il s’est avéré être un collaborateur de grande valeur, plein de finesse, d’un bon tempérament et d’excellent jugement et, en même temps, assidu et discret[réf. souhaitée].

Dès la création, par Émile Boutmy en 1872, de l’École libre des sciences politiques[2], Sorel y est nommé à la chaire d’histoire diplomatique.

En 1875, il quitte les Affaires étrangères pour devenir secrétaire général au bureau nouvellement créé de la Présidence du Sénat. C'est à ce titre qu'il est le greffier de la Haute Cour de justice, lors du procès du général Boulanger, en 1889, et celui de Déroulède, en 1899[1].

Ses fonctions lui permettent de travailler pendant près de trente ans à son grand œuvre, L’Europe et la Révolution française, histoire diplomatique de la Révolution dont les huit tomes sont publiés entre 1885 à 1904. Son but est d'y renouveler le travail de Heinrich von Sybel, d’un point de vue moins restreint et avec un arrangement plus clair et plus serein de l’échiquier européen[réf. souhaitée]. Il s'attache à montrer à quel point les hommes sont les esclaves de la fatalité historique, qui a mené les plus irréfléchis des Conventionnels à renouer avec les traditions de l’Ancien Régime qui ont fait de la propagande révolutionnaire la poursuite de l’œuvre de Louis XIV au travers d’un système d’alliances et d’annexions[réf. souhaitée]. Il s'appuye en particulier sur une analyse minutieuse de documents diplomatiques, la plupart du temps inédits, datant des premières années de la Révolution ; il en publie plusieurs comptes-rendus dans la Revue historique (t. V-VII, X-XIII).

Parallèlement à ce grand travail général, Sorel entreprend diverses études détaillées sur des sujets plus ou moins connexes. Dans La Question d’Orient au XVIIIe siècle, les origines de la Triple Alliance (1878), il montre comment la partition de la Pologne a, d’une part, renversé la politique traditionnelle de la France en Europe de l'Est et, d’autre part, contribué au salut de la France républicaine en 1793.

Il rédige les articles Montesquieu (1887) et Germaine de Staël (1891) pour la série Grands écrivains[Quoi ?]. Il publie en 1896 Bonaparte et en 1897 Hoche, comparaison critique. Il a également préparé la partie traitant de l’Autriche (1884) du Recueil des instructions données aux ambassadeurs[3].

La plupart des articles qu’il a publiés dans la Revue des deux Mondes, la Revue politique, la Revue bleue et le journal le Temps ont été rassemblés dans les Essais d'histoire et de critique (1883), les Lectures historiques (1894), les Nouveaux essais d'histoire et de critique (1898) et les Études de littérature et d'histoire (1901).

Il meurt à Paris, au 47 bis rue de Vaugirard le . Une plaque à sa mémoire y est apposée dans la cour intérieure.

Plaque en mémoire à Albert Sorel

Distinctions[modifier | modifier le code]

Albert Sorel est élu le 18 décembre 1889 à l’Académie des sciences morales et politiques, au fauteuil de Fustel de Coulanges. Le 31 mai 1894, il succède à Taine au fauteuil 25 de l'Académie française[1].

Il est officier de la Légion d'Honneur[1]. Il venait d’obtenir le prix Osiris[réf. nécessaire], décerné pour la première fois par l'Institut de France, lorsque le frappa la maladie qui devait l’emporter.

Pour lui rendre hommage, son nom a été donné à une rue de Paris dans le 14e arrondissement. De plus, l'Institut d'Études Politiques de Paris lui a dédié un amphithéâtre.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 1872 : La Grande Falaise, 1785-1793, roman
  • 1872 : Le Traité de Paris du 20 novembre 1815
  • 1873 : Le Docteur Egra, roman
  • 1873 : Une soirée à Sèvres pendant la Commune
  • 1875 : Histoire diplomatique de la guerre franco-allemande. 2 volumes, tirés de son cours à l’École libre des sciences politiques.
  • 1876 : Précis du droit des gens, avec Théophile Funck-Brentano. Texte en ligne sur Gallica.
  • 1877 : La Question d'Orient au XVIIIe siècle : le partage de la Pologne, le traité de Kaïnardji
  • 1881 : Sur l'enseignement de l'histoire diplomatique
  • 1882 : De l'origine des traditions nationales dans la politique extérieure de la France
  • 1883 : Essais d'histoire et de critique : Metternich, Talleyrand, Mirabeau, Elisabeth et Catherine II, l'Angleterre et l'émigration française, la diplomatie de Louis XV, les colonies prussiennes, l'alliance russe et la restauration, la politique française en 1866 et 1867, la diplomatie et le progrès. Texte en ligne sur Gallica.
  • 1884 : Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France depuis la paix de Westphalie jusqu'à la Révolution française : Autriche. Texte en ligne sur Gallica
  • 1885-1904 : L'Europe et la Révolution française, 8 volumes
  • 1887 : Montesquieu. Texte en ligne sur Gallica.
  • 1890 : Madame de Staël
  • 1894 : Lectures historiques : mémoires de soldats, le drame de Vincennes, Talleyrand et ses mémoires. Texte en ligne sur Gallica.
  • 1896 : Bonaparte et Hoche en 1797
  • 1898 : Nouveaux Essais d'histoire et de critique
  • 1901 : Études de littérature et d'histoire
  • 1904 : Introduction au livre du centenaire du Code civil (1904)
  • 1907, posthume : Pages normandes
  • 1921, posthume : Vieux Habits, vieux galons

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]


Précédé par Albert Sorel Suivi par
Hippolyte Taine
Fauteuil 25 de l’Académie française
1894-1906
Maurice Donnay