José-Maria de Heredia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Heredia.
Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec son cousin germain le poète cubain José María Heredia y Campuzano (1803-1839).

José-Maria de Heredia

Description de cette image, également commentée ci-après

José-Maria de Heredia. Gravure par Adolphe Lalauze

Activités Poète
Naissance 22 novembre 1842
La Fortuna, près de Santiago de Cuba (Cuba)
Décès 2 octobre 1905 (à 62 ans)
Château de Bourdonné, près de Houdan (Yvelines)
Langue d'écriture Français
Mouvement Parnasse

Œuvres principales

Les Trophées

Compléments

Académie française :

José-Maria de Heredia, né le 22 novembre 1842 et mort le 2 octobre 1905 est un homme de lettres d'origine cubaine : né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893. En tant que poète, c'est un des maîtres du mouvement parnassien, auteur d'un unique recueil, Les Trophées, publié en 1893, comprenant 118 sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme Les Conquérants, ou qui dépeignent des moments privilégiés, comme Le Récif de corail.

Sommaire

Biographie[modifier]

José María de Heredia Girard, fils de Domingo de Heredia et de sa deuxième épouse, issue d'une famille française de réfugiés de l'ancienne colonie de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), Luisa (dite Louise dans de nombreux textes) Girard, elle aussi sujet espagnol, le poète vint au monde dans la plantation de café familiale nommée La Fortuna, près de Santiago de Cuba, le 22 novembre 1842. Il vint en France à l'âge de neuf ans pour poursuivre ses études au collège Saint Vincent de Senlis, où il resta jusqu’à son baccalauréat, en 1859. Il y fut un élève brillant et très apprécié. La découverte de l’œuvre de Leconte de Lisle fit sur lui une impression profonde.

De retour à Cuba en juin 1859, il passa un an à La Havane, approfondissant sa connaissance de la langue et de la littérature espagnoles avec le projet d'y poursuivre éventuellement des études de droit. C'est à Cuba qu'il composa les premiers poèmes français qui nous sont parvenus. Mais il n'y trouva pas l'ambiance de travail qu'il avait connue en France, et l'équivalence du baccalauréat français lui fut refusée pour des raisons administratives. Il revint donc en France en 1861, accompagné de sa mère qui, étant veuve et ayant marié ses trois filles aînées, tenait à veiller elle-même sur l'éducation et la conduite de son fils. Il s'inscrivit en octobre de la même année à la faculté de droit de Paris.

De 1862 à 1865, il suivit également, au titre d'étudiant étranger, les cours de l'École des chartes, où il fut un élève brillant et sérieux. Ses ambitions et ses goûts étaient plus littéraires que juridiques, et la fortune de sa famille, gérée avec précision et rigueur par sa mère (la majorité était fixée alors en Espagne à l'âge de 25 ans), lui épargna pendant un certain temps les difficultés matérielles. Il continua donc à écrire des poèmes, en particulier des sonnets. Il fit partie d'associations littéraires telles que la conférence La Bruyère, et fut un membre influent de l'école parnassienne. En 1863, il rencontra Leconte de Lisle et collabora au Parnasse contemporain, tout en nouant des amitiés avec des auteurs tels que Sully Prudhomme, Catulle Mendès et Anatole France.

Guy de Maupassant lui dédie la nouvelle Garçon, un bock!... en 1884.

Poète parnassien, il devint célèbre dans le milieu littéraire parisien. Pourtant, il publia peu, faisant paraître ses poésies dans des revues littéraires de faible diffusion avant de les réunir fort tard, en 1893, en un volume de 118 sonnets, Les Trophées. Dans l'œuvre originale, il fit appel à son grand ami de toujours, Ernest Jean-Marie Millard de Bois Durand, peintre aquarelliste montmartrois, pour illustrer son ouvrage d'aquarelles originales, et le dédia à Leconte de Lisle[1], qui fut couronné par l'Académie française. Une édition d'art du même ouvrage fut postérieurement donnée, en 1907, par le bibliophile René Descamps-Scrive. Il avait déjà été lauréat de l'Académie pour une traduction de l'espagnol, l'Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle Espagne, par le capitaine Bernal Diaz del Castillo. Il traduisit aussi Historia de la Monja Alferez. Il publia à La Revue des Deux Mondes, au Temps et au Journal des débats.

Monument à J.M. de Heredia au Jardin du Luxembourg à Paris
Tombe de J.M. de Heredia au cimetière de Bonsecours (Seine-Maritime).

L'éditeur Alphonse Lemerre commanda au peintre Paul Chabas (1869-1937) une vaste composition peinte, Chez Alphonse Lemerre, à Ville D'Avray, représentant tous les poètes du Parnasse qu'il éditait. Autour de José-Maria de Heredia, sont portraiturés notamment Paul Bourget, Sully-Prudhomme ou Leconte de Lisle. Ce tableau a pour cadre la propriété de l'éditeur.

Élu à l'Académie française le 22 février 1894 en remplacement de Charles de Mazade, il fut reçu en séance publique le 30 mai 1895 par François Coppée. Lors du voyage des souverains russes à Paris, en 1896, José-Maria de Heredia composa le Salut à l'Empereur[2]. Il était membre de la Commission du dictionnaire. Il devint en 1901 conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal.

Il créa en 1902 la Société des Poètes français avec Sully Prudhomme et Léon Dierx.

Il mourut le 2 octobre 1905 au château de Bourdonné, près de Houdan, et fut inhumé le 7 octobre au cimetière de Bonsecours (Seine-Maritime).

Généalogie[modifier]

Signature

José-Maria de Heredia est le dernier fils de Domingo de Heredia (1783-1849), issu d'une vieille famille espagnole et de sa deuxième épouse, Louise Françoise Girard (1806-1877)[3],[4], d'une famille française émigrée de Saint-Domingue.

En 1867, il épouse Louise Despaigne dont il aura trois filles :

Œuvres[modifier]

  • Véridique histoire de la conquête de la Nouvelle-Espagne, traduction de Díaz del Castillo, 4 volumes, P., Lemerre, 1877-1887
  • Les Trophées, P., Lemerre, 1893 ; nouvelle édition présentée par Pierre Feuga, éd. bilingue, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1990.
  • La Nonne Alferez, P., Lemerre, 1894
  • Discours de réception à l'Académie française, P., Lemerre, 1895
  • Salut à l'Empereur, P., Lemerre, 1896
  • Inauguration du monument élevé à la mémoire de Leconte de Lisle à Paris le 10 juillet 1898, 1898
  • "José-Maria de Heredia. Les Trophées", Paris, 1907 Edition de luxe posthume dont les épreuves avaient été corrigées par le poète, lequel a aussi écrit la préface.
  • Poésies complètes, avec notes et variantes, P., Lemerre, 1924
  • Oeuvres poétiques complètes, édition critique par Simone Delaty, en 2 tomes, Paris, Société d'édition Les Belles Lettres, 1984, Tome I: les Trophées (ISBN 2-251-36103-0), Tome II: Autres Sonnets et Poésies diverses (ISBN 2-251-36104-9).

Bibliographie[modifier]

  • Leconte de Lisle, Lettres à José-Maria de Heredia, édition établie et annotée par Charles Desprats, Honoré Champion éditeur, 2004. Les 119 lettres s'échelonnent du 21 septembre 1863 au 22 février 1894.
  • Christophe Carrère, Leconte de Lisle ou la passion du beau, Fayard, 2009.
  • Miodrag Ibrovac, Les sources des Trophées, Les Presses Françaises, Paris, 1923.
  • Miodrag Ibrovac, José Maria de Heredia. Sa vie, son œuvre, Les Presses Françaises, Paris, 1923.
  • Claude Barjac, José Maria de Heredia, Larousse mensuel illustré no 202, Paris, décembre 1923.
  • Jean Lemartinel, Lettres inédites de José Maria de Heredia à Alfred Morel-Fatio, Lettres et Civilisations des pays Hispanophones, Lille 1975.
  • André Fontaine, Heredia et ses amis, La Muse Française, p. 168-182, 15 avril 1932.
  • Simone Szertics, L'héritage espagnol de José-Maria de Heredia, Klincksieck, Collection "Témoins de l'Espagne Série historique 5", 1975 (ISBN 2-252-01757-0).
  • Simone Delaty, L'œuvre fragmentaire de José-Maria de Heredia, Bulletin des études parnassiennes VIII, (p. 71-86), juin 1986.
  • Simone Delaty, Gustave Moreau et José-Maria de Heredia : Affinités esthétiques, Patterns of Evolution in Nineteenth-century French Poetry, The Tallents Press Ltd, England, 1990
  • Yann Mortelette, José-Maria de Heredia, Memini, collection "Bibliographie des écrivains français", 1999
  • Yann Mortelette, José-Maria de Heredia, poète du Parnasse, Presses De L'Université De Paris-Sorbonne, 2006
  • José Maria De Heredia, Correspondance, édition établie, présentée et annotée par Yann Mortelette, 5 volumes [le 2e volume est sous presse], H. Champion, 2011...

Notes et références[modifier]

  1. Sur les relations entre les deux poètes, voir Charles-Marie Leconte de Lisle, Lettres à José-Maria de Heredia, édition établie et annotée par Charles Desprats, préface de Jean-Marc Hovasse, Honoré Champion éditeur, 2004, et Christophe Carrère, Leconte de Lisle ou la passion du beau, Fayard, 2009.
  2. Ces stances ont été lues par Paul Mounet, de la Comédie-Française, le mercredi 7 octobre 1896, à la cérémonie de la pose de la première pierre du Pont Alexandre III, en présence de l'Empereur et de l'Impératrice de Russie.
  3. Louise Gérard était supposée, d'après une vieille légende familiale, être la petite fille de Gérard d'Houville, Président à mortier au parlement de Normandie sous Louis XV.
  4. voir l'article de François Vaux de Foletier intitulé : Les ancêtres normands de Heredia" dans la Revue des Deux Mondes 1964, toujours d'actualité

Annexes[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]


Précédé par José-Maria de Heredia Suivi par
Charles de Mazade
Fauteuil 4 de l’Académie française
1894-1905
Maurice Barrès