Jules Sandeau

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Jules Sandeau
(Portrait d'après Henri Lehmann
paru dans L'Artiste en 1858)

Jules Sandeau est un romancier et auteur dramatique français, né à Aubusson (Creuse) le 19 février 1811 et mort à Paris le 24 avril 1883.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un receveur des impôts, il fait ses études à Bourges, puis se lance à Paris sans grande conviction dans des études de droit. Il rencontre Aurore Dudevant, la future George Sand, avec laquelle il engage une liaison et écrit un roman, Rose et Blanche, ou la Comédienne et la religieuse, qui paraît en 1831 sous le nom de Jules Sand. Ce nom, George Sand le gardera en partie pour elle. C'est aussi par lui qu'elle fait la connaissance d'Honoré de Balzac, à qui Jules Sandeau sert pendant un certain temps de secrétaire. Mademoiselle de la Seiglière, son œuvre la plus populaire, est en partie une exploration de la relation qu'il entretient avec Balzac.

Il est conservateur à la bibliothèque Mazarine en 1854 et il est élu membre de l'Académie française en 1858. Jules Sandeau est l'auteur d'une cinquantaine de romans et de pièces de théâtre, ces dernières ayant connu de son vivant un plus grand succès que les premiers.

Jules Sandeau et Honoré de Balzac[modifier | modifier le code]

En 1834, le « petit Jules » rencontra Balzac à qui il confia son désespoir après sa rupture avec George Sand, avouant qu'il envisageait de se suicider, qu'il était sans ressources et sans but. Balzac lui proposa de s'installer rue Cassini et de l'aider à rédiger un drame dont le scénario était déjà prêt : La Grande Mademoiselle[1]. Mais la puissance de travail de Balzac effraya rapidement le jeune Sandeau qui se plaignait de ce « qu'il était réveillé en sursaut par le Titan désireux de me lire des pages fraîches du roman nouveau ou de m'atteler à la correction de ses innombrables épreuves. »[2] Finalement, l'opinion de Balzac sur Jules Sandeau rejoignit assez vite celle de George Sand, qui avait jugé le petit Jules paresseux, nonchalant, sans volonté. Il put le vérifier en 1836, lorsque Jules Sandeau s'enfuit de la rue Cassini, laissant à son protecteur toutes ses dettes et un loyer impayé[3]. Le « petit Jules » finit par être admis à l'Académie française alors que le « titan Honoré » ne le fut jamais.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans
Jules Sandeau
Portrait paru dans Harper's Magazine en 1893
  • Rose et Blanche, avec George Sand (1831)
  • Vie et malheurs de Horace de Saint-Aubin (1836)[4]
  • Les Revenants, avec Arsène Houssaye (1836)
  • Marianna, portrait de George Sand (1839)
  • Le Docteur Herbeau (1841)
  • Madame de Vandeuil, avec Arsène Houssaye (1843)
  • Mademoiselle de Kérouare (1843)
  • La Dernière fée (1844)
  • Catherine (1845)
  • Le Docteur Herbeau (1846)
  • Mademoiselle de la Seiglière (1848)
  • Madeleine (1848)
  • La Chasse au roman (1849)
  • Sacs et parchemins (1851)
  • Un Héritage (1852)
  • Le jour sans lendemain (1853)
  • La Maison de Penarvan (1858)
  • La Roche aux mouettes (1871)
Théâtre
  • La Chasse au roman, comédie-vaudeville en 3 actes, avec Émile Augier, Paris, Théâtre des Variétés, 20 février 1851
  • Mademoiselle de La Seiglière, comédie en 4 actes et en prose, Paris, Comédie-Française, 4 novembre 1851 ; Bruxelles, Théâtre royal de la Monnaie, décembre 1851
  • La Maison de Penarvan, comédie en 4 actes, en prose, Paris, Théâtre français, 15 décembre 1863
  • Le Gendre de M. Poirier, comédie en 4 actes, en prose, avec Émile Augier, Paris, Théâtre du Gymnase, 8 avril 1854
  • Marcel, drame en 1 acte, en prose, avec Adrien Decourcelle, Paris, Comédie-Française, 18 mai 1872
  • Jean de Thommeray, comédie en 5 actes, avec Émile Augier, Paris, Comédie-Française, 29 décembre 1873
Varia
  • Un début dans la magistrature (1863)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Je prends Jules Sandeau avec moi : il faut le meubler, puis le piloter dans l'océan littéraire, ce pauvre naufragé plein de cœur [...]. » Lettres à l'Étrangère, tome 1
  2. Mabel Silver, Jules Sandeau, l'homme et sa vie, 1936, éd. Boivin, p. 84
  3. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac
  4. Voir Roland Chollet, Préface de L'Excommunié, Genève, Cercle du bibliophile, Romans de jeunesse de Balzac, tome XXXVII, 1968, p. 9

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florica Dulmet, Un Romantique converti: Jules Sandeau (1811-1883). Écrits de Paris, Paris 1983.
  • Brigitte Rastoueix-Guinot, Jules Sandeau, le premier romancier académicien, Pulim, 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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