Henri de Bornier

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Henri de Bornier

Étienne Charles Henri, vicomte de Bornier, né à Lunel le et mort à Paris le , est un auteur dramatique, poète, romancier et critique théâtral français.

Il est inhumé au cimetière Saint-Gérard de Lunel.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Il est d'une famille originaire d'Aimargues. Après des études classiques aux séminaires de Saint-Pons, de Montpellier et de Versailles, il vient à Paris pour étudier le droit, mais ne passe aucun examen. À l'âge de 20 ans, il publie un volume de poésies, Premières feuilles, et entre deux ans plus tard comme surnuméraire à la Bibliothèque de l'Arsenal, dont il est successivement sous-bibliothécaire, bibliothécaire, conservateur, puis administrateur en 1889. Il est critique dramatique de la Nouvelle Revue entre 1879 et 1887. Il est élu membre de l'Académie française, contre Zola, en 1893[1].

Une seule de ses œuvres eut un véritable succès et lui apporta du jour au lendemain la célébrité. Il s'agit de La Fille de Roland, qui resta pendant trois mois à l'affiche de la Comédie-Française avec Sarah Bernhardt dans le rôle principal. Ce drame, qualifié à l'époque de « cornélien », raconte les amours de Berthe, la fille du chevalier Roland, avec Gérald, le fils du traitre Ganelon. L'un des spectateurs fut Maupassant, qui écrivit à son propos : « C'est une pièce de sentiments nobles, écrite en style de M. Casimir Delavigne - même moins bon[2]. » Un seul vers en est resté, prononcé dans la pièce par Charlemagne : « Tout homme a deux pays, le sien et puis la France[3]. »

Dans son étincelant Discours de réception à l'Académie, Edmond Rostand, qui succéda au fauteuil de Henri de Bornier, le décrivit comme un « vieux petit gentilhomme de roman, original, vif et bon avec une figure rose toute mangée de barbe d'argent, des yeux d'eau claire, de minuscules mains toujours agitées et fréquemment escamotées par des manchettes vastes, et je ne sais quelle grâce de gaucherie un peu fantastique qui me le faisait encore apparaître comme le kobold de la Tragédie[4]. »

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

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Théâtre
  • Dante et Béatrix, drame en 5 actes et en vers (1853)
  • La Fille de Roland, drame en 4 actes, en vers, Paris, Théâtre-Français, 15 février 1875. Texte en ligne
  • Dimitri, opéra en 5 actes et 7 tableaux, paroles de MM. Henri de Bornier et Armand Silvestre, musique de M. Victorin de Joncières, Paris, théâtre National-Lyrique,
  • Les Noces d'Attila, drame en 4 actes en vers, Paris, théâtre de l'Odéon, 23 mars 1880
  • L'Apôtre, drame en 3 actes en vers (1881)
    Signature de l'écrivain
  • Agamemnon, 1 acte en vers d'après la tragédie d'Eschyle, Paris, théâtre de l'Opéra, 26 janvier 1886
  • Mahomet, drame en 5 actes, en vers, dont un prologue (1890)
  • Le Fils de l'Arétin, drame en 4 actes, en vers, dont un prologue, Paris, Théâtre-Français, 27 novembre 1895
  • France… d'abord, drame en 4 actes, en vers, Paris, théâtre de l'Odéon, 2 décembre 1899
  • Œuvres choisies (1913). Contient : La Fille de Roland. L'Apôtre. Les Noces d'Attila. Le Fils de l'Arétin. Mahomet. France d'abord.
Romans
  • Comment on devient beau (1861)
  • Comment on devient belle (1862)
  • Le Fils de la terre (1864)
  • La Lizardière, roman contemporain (3 volumes, 1883-1925)
  • Le Jeu des vertus, roman d'un auteur dramatique (1886)
  • Louise de Vauvert, le roman du phylloxera (1890)
Poésie
  • Poésies complètes (1850-1881) (1881)
  • Poésies complètes (1850-1893) (1893)

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Éléments biographiques d'après C.-E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains, vol. II, 1899-1919, p. 324.
  2. Guy de Maupassant, Lettre à sa mère, 8 mars 1875. Zola fera la même comparaison : « Les auteurs de juste milieu, ceux qui ont eu, comme Casimir Delavigne, l’ambition de concilier les extrêmes, ne sont jamais parvenus qu’à un talent bâtard et neutre n’ayant plus de sexe. C’est un peu le cas de M. de Bornier. » Le Naturalisme au théâtre (1881). Texte sur Wikisource.
  3. Henri de Bornier, La Fille de Roland, Acte II, scène 3. (1875)
  4. Edmond Rostand, Discours de réception à l'Académie française (4 juin 1903). Texte en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]


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Edmond Rostand