René Bérenger

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René Bérenger
René Bérenger en 1910
René Bérenger en 1910
Fonctions
Sénateur inamovible
Biographie
Date de naissance
Date de décès

René Bérenger, né à Bourg-lès-Valence (Drôme) le et mort à Alincourt (Ardennes) le , est un avocat, magistrat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avocat général à Lyon en 1870, il démissionne pour s'engager comme volontaire lorsque la guerre éclate. Il est décoré de la Légion d'honneur pour fait de guerre[1]. Il est ministre des Travaux publics du au dans le gouvernement Jules Dufaure, puis sénateur inamovible.

Bérenger succède à l'Académie des sciences morales et politiques au juriste Charles Lucas en 1890. Il œuvre à la modernisation de la politique pénale : les lois de 1885 et 1891 qui portent son nom introduisent, respectivement, la libération conditionnelle et le sursis[2]. Elles aggravent aussi les peines pour les récidivistes.

Il dirige également une campagne sévère pour le respect des bonnes mœurs, qui lui vaut le sobriquet de « Père la Pudeur ». Il rédige, en 1907 et 1908, plusieurs projets de loi portant sur la réglementation de la prostitution, notamment celle des mineures, et se prononce pour l'abolition de la réglementation de la prostitution, considérée comme un facteur d'acceptation d'une pratique qu'il décrit comme "le fléau des foyers".

« Monsieur Bérenger » dans la mémoire populaire[modifier | modifier le code]

La pruderie de René Bérenger a laissé en français l'expression « Père la Pudeur », synonyme de personne excessivement prude.

On doit aux chansonniers de son temps la chanson « Monsieur Bérenger » qui décrit les effets de la pruderie du personnage dans la[3] colonie de la Martinique. Voici les paroles de cette fameuse chanson encore fredonnée de nos jours[4] :

Défense est venue
Par dernier bateau
À tout petit nègre
De montrer sa peau.

Refrain
Monsieur Béranger,
Tu nous emm…,
Monsieur Béranger,
Tu nous fais ch… !

Aut'fois petit nègre,
Pour cacher nudité,
Portait feuille coco,
Et feuille de palmier.

Falloir faire venir
De Paris et London,
Des petites jaquettes
Et des chapeaux ronds.

Refrain

Quand li petit nègre
Avait bu un coup
Faisait son pipi
Un tit peu partout.

Maint'nant faut qu'y donne
Deux sous pour pisser
Dans un p'tit chalet
En bambous tressés.

Refrain

Quand li petit nègre
Vouloir embrasser
Mignonne négresse
Faut fermer volet.

Pauv' petite négresse
Pour cacher nénés
Faut mettre chemisette
Pantalon fermé.

Refrain

À Martinique,
Si vient Béranger
Li bons petits nègres
Y vont li manger.

Refrain

Ci-dessous le refrain (édulcoré), extrait de l'interprétation de la chanson par Les quatre barbus[5],[6].

Refrain de la chanson "Monsieur Bérenger" dit "Le Père la Pudeur".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émile de Marcère, L'Assemblée nationale de 1871. Gouvernement de M. Thiers, Plon, 1904, p. 305
  2. Jean-Lucien Sanchez, Les lois Bérenger (lois du 14 août 1885 et du 26 mars 1891), Criminocorpus, 2005.
  3. Tout ce qui suit reproduit le langage de l'époque à titre documentaire.
  4. Domaine public.
  5. Les Quatre Barbus, « La Pince à linge » ; album double CD ; Rym Musique, 1997 ; distribution PolyGram ; EAN13 3259119178521.
  6. Court extrait présenté au titre du droit de citation (France : Article L122-5 du Code de la Propriété Intellectuelle).