Pierre Loti

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Pierre Loti

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Pierre Loti le jour de sa réception à l'Académie, le 7 avril 1892.

Nom de naissance Louis Marie Julien Viaud
Activités Romancier et officier de marine
Naissance 14 janvier 1850
Rochefort
Décès 10 juin 1923 (à 73 ans)
Hendaye
Langue d'écriture Français
Distinctions Membre de l'Académie française

Signature

Signature de Pierre Loti

Pierre Loti, né Louis Marie Julien Viaud, né le 14 janvier 1850 à Rochefort et mort le 10 juin 1923 à Hendaye, est un écrivain français qui a mené parallèlement une carrière d'officier de marine. Il a été enterré sur l'île d'Oléron après des funérailles nationales. Sa maison à Rochefort est devenue un musée.

Pierre Loti, dont une grande partie de l'œuvre est autobiographique, s'est inspiré de ses voyages de marin pour écrire ses romans, par exemple à Tahiti pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882), au Sénégal pour Le Roman d'un spahi (1881) ou au Japon pour Madame Chrysanthème (1887). Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascinait la place faite à la sensualité, en particulier à la sensualité féminine : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892).

Pierre Loti a également exploité l'exotisme régional dans certaines de ses œuvres les plus connues, comme celui de la Bretagne dans Mon frère Yves (1883) ou Pêcheur d'Islande (1886), et du Pays basque dans Ramuntcho (1897).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et instruction[modifier | modifier le code]

Julien Viaud est le troisième enfant de Théodore Viaud, receveur municipal à la mairie de Rochefort, et de Nadine Texier-Viaud. Sa famille est protestante et pratiquante.

Sa sœur aînée, Marie, a dix-neuf ans de plus que lui, son frère Gustave, quatorze. Ses parents le gardent à la maison jusqu'à l'âge de douze ans et assurent son instruction. En 1862, il entre au lycée de Rochefort[1], où il fait toutes ses études secondaires.

De 1862 à 1864, il passe une partie des vacances d'été chez un cousin à Bretenoux, dans le Lot, où il découvre, dans le château féodal de Castelnau, les traces du passé. C'est de Bretenoux, pendant l'été 1863, qu'il écrit à son frère Gustave, médecin de la marine, sa détermination de devenir officier de marine[2].

Il évoque ses souvenirs dans Le Roman d'un enfant, Prime jeunesse et Journal intime.

Il part de Rochefort pour venir habiter une maison de Saint-Porchaire (Charente-Maritime) occupée par sa sœur Marie Bon, dessinatrice et peintre amateur de talent, épouse du percepteur de la commune, dont le nom lui déplaît et qu'il renomme Fontbruant dans ses ouvrages.

Tout près de là est situé le domaine de La Roche-Courbon, son « château de La Belle au Bois Dormant » — titre d'un de ses livres — alors inhabité, qu'il découvre avec émerveillement, ainsi que sa forêt et ses célèbres grottes, où il aurait découvert le plaisir charnel dans les bras d'une jeune bohémienne.

Le 10 mars 1865, son frère Gustave meurt à bord d'un bateau dans le détroit de Malacca. Son corps est ensuite immergé. En octobre 1865, il intègre la classe préparatoire au lycée Napoléon (futur lycée Henri-IV) à Paris. En septembre 1867, il figure sur la liste des candidats reçus à l'École navale, publiée par le Moniteur.

Carrière dans la Marine[modifier | modifier le code]

Portrait de Pierre Loti par Henri Rousseau (1891 Kunsthaus, Zurich).

En octobre 1867, il entre à l'École navale et passe cette première année à bord du ponton école Borda. À la fin de l'année 1869, à bord du vaisseau école à hélice Jean-Bart, il découvre Alger puis l'Amérique du Sud. En 1869, son père meurt. En 1870 il embarque comme aspirant de première classe et participe sur la corvette à hélice, Decrès, à la guerre contre l'Allemagne. Il sert également sur l'aviso à hélice Vaudreuil pour une campagne en Amérique du Sud.

À la fin de l'année 1871, il embarque à Valparaiso sur le vaisseau amiral, la frégate mixte Flore [3] qui fait route vers Tahiti. Il découvre l'île de Pâques, où la Flore fait escale, et débarque à Tahiti. La reine Pomaré lui donne le surnom de Loti, du nom d'une fleur tropicale. Tenu à une obligation de réserve du fait de sa qualité d'officier de marine, il n'en fait son nom de plume qu'à partir de 1876. Pendant son séjour, il écrit Le Mariage de Loti. Cet ouvrage constitue le livret de l'opéra de jeunesse de Reynaldo Hahn (1874/1947) sous le titre de L'Île du rêve créé en 1898 à l'Opéra-Comique à Paris[4].

À la fin de l'année 1872, il rentre en France avec la Flore et le grade d'enseigne de vaisseau de deuxième classe[5].

En juillet 1873, il sert sur l'aviso à roues Pétrel sur les côtes de l'Afrique occidentale française. Au début de l'année 1874 il est « mis pour emploi » sur l'aviso à roue l′Espadon[6] et rentre en France à son bord en août 1874.

À sa demande, il passe six mois à l'école de gymnastique de Joinville (dernier trimestre 1874, premier trimestre 1875). Au printemps 1875, il est nommé sur la frégate cuirassée Couronne.

En 1877, lors d'un séjour en Turquie, il rencontre Hatice (lire Hatidjé)[7], belle et taciturne odalisque aux yeux verts, avec qui il vivra une très grande histoire d'amour. Hatice était une jeune Circassienne qui appartenait au harem d'un dignitaire turc. Avant le départ de Loti, Hatice confectionna une bague en utilisant ses propres bijoux et l'offrit à son amant. Sur la base de son journal, en 1879, il écrit Aziyadé, où il transforme certains détails, le livre se terminant par la mort des deux amants.

Plus tard, lorsque Pierre Loti put revenir à Constantinople, il se lança à la recherche de sa bien-aimée, mais découvrit qu'elle était morte à la suite de son chagrin et de l'ostracisme occasionné par son adultère. En 1892, il écrit Fantôme d'Orient, extrait du journal de ce retour qu'il lui dédiera.

Certains critiques (comme Roland Barthes), évoquant la possible homosexualité de Pierre Loti[réf. nécessaire], expliquent que le personnage d'Aziyadé serait en réalité un jeune homme, comme pour Marcel Proust décrivant les jeunes filles en fleurs, qui étaient en réalité de jeunes hommes cachés sous des pseudonymes féminins. En tout état de cause, Pierre Loti recherchait à travers les femmes exotiques une certaine pureté primitive capable de régénérer le monde occidental (Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892)).

En 1881, il est promu lieutenant de vaisseau et publie son premier roman signé « Pierre Loti », Le Roman d’un spahi.

En 1883 paraît Mon frère Yves. Cette même année Pierre Loti est élu à l'Académie Goncourt et 1891 verra son élection à l'Académie française.

Entre ses deux élections académiques, il participe à la Campagne du Tonkin en 1883 à bord de la corvette cuirassée[8] Atalante. Il publie le récit, heure par heure, de la prise de Hué dans Trois Journées de guerre en Annam, texte qui paraît dans les colonnes du Figaro. Loti est alors mis en disponibilité par le gouvernement de Jules Ferry qui lui reproche de dénoncer la férocité et la cruauté dont font preuve les soldats français. Le 28 avril, Julien Viaud embarque sur le transport de l'état Château-Yquem à destination des Pescadores, qu'il quittera le 5 juillet.

Il embarque en 1885 à bord de la corvette cuirassée Triomphante[9] dans l'escadre de l'amiral Courbet et assiste à la fin de la campagne de Chine puis séjourne au Japon, ce qui lui fournit la matière de Madame Chrysanthème et publie Pêcheur d'Islande en 1886.

Deux fois, entre 1892 et 1898, avec une coupure de 3 ans de service à terre à la Préfecture maritime de Rochefort, le lieutenant de vaisseau Viaud commande la canonnière Javelot, stationnaire de la Bidassoa à Hendaye, où il achète une propriété. Il s'attache profondément au Pays basque qui lui inspire son roman Ramuntcho.

En avril 1888, il fait l'objet, avec une vingtaine d'autres officiers supérieurs dont Savorgnan de Brazza, d'un « dégagement des cadres » et se trouve mis d'office à la retraite avec le grade de capitaine de frégate de réserve. Il dépose un recours au Conseil d'état qui lui donne raison et la décision ministérielle est annulée. Après une mission aux Indes et en Perse pour le compte de ministère des affaires étrangères, il embarque sur le cuirassé Redoutable à bord duquel il participe à la Campagne d'Extrême Orient, à la guerre des Boxers en Chine. Il fait un nouveau séjour au Japon puis en Indochine où il visite les ruines d'Angkor.

De 1903 à 1905, il commande l'aviso torpilleur Vautour, avec sous ses ordres l'enseigne de vaisseau Claude Farrère, stationnaire à l'ambassade de France à Constantinople, et il écrit en 1906 le roman sur les harems turcs, Les Désenchantées. Le 26 août 1906, il est promu capitaine de vaisseau et effectue encore une mission en Égypte.

Le 2 août 1910, il termine sa carrière maritime qui comptait 42 années de service actif à bord de 29 bâtiments.[réf. souhaitée]

Il a 64 ans en 1914 quand commence le premier conflit mondial avec l'Allemagne. Il veut reprendre bénévolement du service, mais la marine nationale refuse de le réintégrer. Il s'engagera dans l'armée de terre avec le grade de colonel. Il est successivement affecté à l'état major du gouverneur général de Paris, le général Gallieni, puis aux états majors du groupe des armées du centre et du groupe des armées de l'Est. Ses connaissance du monde arabe et de l'Islam font qu'il est envoyé en mission de conseiller auprès du quartier général de l'armée italienne, en lutte contre l'empire ottoman allié des Allemands. Le 31 mai 1918, il est démobilisé pour raison de santé.

Pierre Loti

Mariages et vie amoureuse[modifier | modifier le code]

Le 9 juillet 1885, dès son arrivée à Nagasaki, Loti épouse par contrat d'un mois renouvelable une jeune Japonaise de 18 ans, Okané-San[10] baptisée Kikou-San (Madame Chrysanthème). Le 12 août, âgé de 35 ans, il quitte Nagasaki. Ce mariage auquel les parents ont donné leur consentement a été arrangé par un agent et enregistré par la police locale. Il ne dure que le temps du séjour et la jeune fille pourra par la suite se marier avec un Japonais. Cette pratique peut paraître curieuse mais elle est alors courante au Japon, même si elle s’avère coûteuse pour l'étranger.

Le 7 décembre 1885, la Triomphante regagne la France pour y être désarmée dans le port de Toulon.

En 1886, Loti publie son deuxième grand succès Pêcheur d'Islande.

Le 21 octobre, il épouse Jeanne Amélie Blanche Franc de Ferrière (1859-1940), d'une famille notable bordelaise : « Elle se tenait dans un clair salon Louis XVI, charmante en ses robes harmonieuses, sa douce dignité » (Jacques Chardonne).

En 1887 elle met au monde un enfant mort-né, fait une forte poussée de fièvre qui la laisse à moitié sourde, puis, le 17 mars 1889, elle donne à Loti son seul fils légitime, Samuel Loti-Viaud, ou « Sam Viaud », qui, se promenant à cinq ans avec sa bonne au jardin public de Rochefort, répondit à une dame : « Je m'appelle Samuel Viaud et un peu Loti… » [11].

« Au retour de ses voyages, Pierre Loti rentrait dans la maison de Rochefort où l'attendaient des êtres ardents et silencieux, des femmes actives qui s'obstinaient à retenir le passé » (Chardonne).

La gloire[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 1891, à 42 ans, il est élu à l'Académie française au fauteuil 13, au sixième tour de scrutin par 18 voix sur 35 votants contre Émile Zola en remplacement d'Octave Feuillet.

Candidat retenu par son service, il fut dispensé des traditionnelles visites à ses futurs pairs et fut reçu le 7 avril 1892 par Alfred Mézières.

« La société de Rochefort était extrêmement fière de posséder en ses murs Pierre Loti. Il était, depuis peu, de l'Académie Française, malgré certaines réticences de la docte assemblée. Les jeunes filles étaient folles de ses romans et portaient, à leur cou, dans un médaillon en forme de cœur (son) nom gravé (...). Les dames qui fréquentaient Mme Viaud faisaient fi des rumeurs malveillantes. Elles avaient permis à leurs filles de lire Pêcheur d'Islande qui les avaient mises en larmes, mais faisaient des réserves pour certains romans tels Mon Frère Yves et Matelot qui, disaient-elles, n'étaient pas pour les jeunes filles. Celles-ci le lisaient en cachette et cherchait en vain ce qui leur valait un tel ostracisme. Elles ne voyaient là que l'amour du prochain aux personnes d'un niveau social inférieur (...). C'est d'ailleurs pour cette raison hypocrite que Loti fut admis par les académiciens (Journal de l'abbé Mugnier)[12]. »

Une « seconde famille » au Pays basque[modifier | modifier le code]

En 1894 il rencontre Juana Josepha Cruz Gainza (1867-1949) dite « Crucita » à Hendaye, jeune femme d'origine basque qui devient sa maîtresse (décrit par Roger Tessier dans un article « La famille basque de Pierre Loti à Rochefort de 1894 à 1926 »[13]).

Il loue alors à Hendaye la maison Bachar-Etchea, dite « la maison solitaire », que Crucita n'habitera jamais car dès la conclusion de son « contrat » avec Loti, il l'emmène à Rochefort et l'installe dans une maison des faubourgs de la ville.

Elle lui donnera quatre fils :

En 1896, sa mère, Nadine Texier-Viaud, meurt.

En avril 1899 il rachète « autant pour les souvenirs d'enfance que pour toute la symbolique qui s'attache au passé protestant de la famille et aux persécutions religieuses vécues par certains membres de celle-ci au XVIIe siècle »[14] la vieille maison familiale qu'il baptisa « la maison des Aïeules » – ses tantes – dans l'île d'Oléron, et dans le jardin de laquelle il se fera inhumer 25 ans plus tard, dans la simplicité traditionnelle des obsèques protestantes.

Ce logis bourgeois de 1739 devient alors un lieu littéraire puisque ce fut le décor peint de sa pièce Judith Renaudin, jouée en 1899 au théâtre Antoine à Paris, et il le cite souvent dans ses ouvrages.

« En ce temps-là dans la paix bourgeoise du vieux logis (…), j'avais par avance l'indestructible intuition de ce que me réservait la vie : héros de roman dont le nom ferait rêver les femmes de tous les pays » (journal).

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Maison de Pierre Loti à Hendaye, (rue des Pêcheurs).

Entre 1900 et 1902, il est mis en retraite puis réintégré dans la Marine (après s'être pourvu en Conseil d'État) pour laquelle il séjourne en Asie, ce qui va lui permettre d'écrire Les Derniers Jours de Pékin (1902) et L’Inde sans les Anglais (1903). À partir de cette même année, il séjourne vingt mois à nouveau à Constantinople chargée d'Orient, « la ville unique au monde »[15], pour préparer Vers Ispahan (1904).

En 1910, il séjourne à Constantinople et appuie la candidature de l'historien moderniste Louis Duchesne élu au fauteuil 36. En 1913, de retour à Constantinople, il lutte contre le démantèlement de l’Empire ottoman voulu par les puissances occidentales et publie La Turquie agonisante.

Il collabore à La Bonne Chanson, Revue du foyer, littéraire et musicale, dirigée par Théodore Botrel.

On cite cette anecdote : ayant écrit un jour à quelqu'un en faisant suivre sa signature de la mention de son grade de capitaine de vaisseau, il reçut en réponse une carte libellée de ces mots : « à Monsieur Pierre Loto, capitaine de vessie ».

« Ami du Patrimoine »[modifier | modifier le code]

Vers 1905 il alerte le secrétaire d'État aux Beaux-Arts et l'opinion publique, par un célèbre article du Figaro du 21 octobre 1908, sur la vente prochaine pour indivision du domaine de La Roche-Courbon, auquel le lient des souvenirs de jeunesse, et sur la probable disparition de la très ancienne forêt qui l'entoure, dont on veut tirer du charbon de bois…

Il est entendu seulement en 1920, trois ans avant sa mort, par l'industriel rochefortais Paul Chènereau (1869-1967), qui acquiert ce domaine en société avec l'aide financière de son père et son frère, en entreprend la restauration, le remeuble de pièces anciennes, et confie au paysagiste Paul Duprat, disciple du célèbre Henri Duchêne, la création de nouveaux jardins « à la Française » inspirés d'un tableau de Jan Hackaert (1628 - après 1685) retrouvé dans le grenier d'un logis des environs ; le domaine, resté aux mains de ses descendants, est devenu un des principaux sites touristiques de la région.

Atteint d'hémiplégie en 1921, à 71 ans, il meurt le 10 juin 1923 à Hendaye, et, après des funérailles nationales, est enterré dans le jardin de la « maison des Aïeules » à Saint-Pierre-d'Oléron. Cette vieille maison insulaire, à la demande de ses descendants qui y conservent une partie des collections familiales, peintures et objets, a fait l'objet d'une mesure de protection au titre des Monuments Historiques sur avis favorable de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites du 3 octobre 2006.

Des fragments (1867-1878) de son Journal, préparés de son vivant, furent publiés après sa mort en collaboration avec son fils Samuel sous le titre Un jeune officier pauvre par Calmann-Lévy en 1923, qui édita en 1925 et en 1929, deux autres tomes (1878-1881 et 1882-1885) du Journal intime également élaborés par son fils.

Loti prit ses dispositions pour que cette partie essentielle de lui-même soit préservée des mauvaises curiosités : « (…) Léo te fera voir où se tient le journal de ma vie. En cas d'aventure, je te le confie, mais emporte-le au plus vite de la maison. » (Lettre à sa nièce Ninette, mars 1889)

« (…) j'ai écrit dans mon testament que je désirais qu'il ne fût ouvert qu'une trentaine d'années après ma mort, c'est-à-dire que tu devras le toucher sans y jeter les yeux. (…) Tout le journal intime de ma vie pour lequel j'ai donné des instructions spéciales à Samuel et à mes amis M. et Mme Louis Barthou. » (Lettre à son épouse, vers 1906 ?)

Des éléments en furent perdus, prêtés sans retour, ou donnés ; Loti revoit son Journal en 1919, supprimant ou rendant illisibles certains passages, comme après lui son fils ou sa belle-fille[16].

Il était Grand-Croix de la Légion d'honneur, et fut un temps vice-roi de l'Île des Faisans. Un monument à sa mémoire, réalisé par le statuaire Philippe Besnard, a été érigé à Papeete.

Descendance[modifier | modifier le code]

Samuel Loti-Viaud épouse Elsie Charlier († 1980), dont il a deux enfants :

  • Pierre Pierre-Loti Viaud, né le 30/06/1921, mort en novembre 1993 ; il épouse le 14/08/1947 Christiane Petitat, d'où trois enfants :
    • Clarisse Pierre-Loti Viaud, née le 31/07/1948, médecin ;
    • Philippe Pierre-Loti Viaud, né le 11/11/1954 et mort ?/05/2013[17];
    • Jean-Charles Pierre-Loti Viaud, né le 3/04/1958 (décédé).
  • Jacques Pierre-Loti Viaud, né le 21/07/1926, peintre sous le pseudonyme de «Jacques-Loti». En 1952, il épouse Monique Thomas, d'où cinq enfants :
    • Pierre-Yves Pierre-Loti Viaud, né en 1954, épouse le 11/07/1981 Anne-Marie Tillies ;
    • Blanche Pierre-Loti Viaud, née en 1956, épouse le 28/02/1981 Serge Dumas ;
    • Daniel Pierre-Loti Viaud, né le 03/03/1957 ;
    • Alain Pierre-Loti Viaud, né le 30/07/1958 ;
    • Muriel Pierre-Loti Viaud, née en 1961 ;
  • Jacques se remarie ensuite avec Jocelyne, d'où une fille, Amandine Pierre-Loti Viaud, née le 27/11/1978.

Témoignages de contemporains[modifier | modifier le code]

Vers 1890, à une réception des Boutelleau à Barbezieux (Charente):

« Un jour il m'a amené à la gare chercher Pierre Loti qui venait pour un bal ; nous l'avons aperçu dans son compartiment de troisième classe, causant avec ses voisins, car il aimait le peuple. Le soir, il ne parla à personne, et se tint debout sous un palmier du salon, gonflant sa poitrine couverte de médailles. Le lendemain matin, il disparut à l'aube, et on trouva son lit parsemé de violettes. »

— Jacques Chardonne, L'Amour du prochain[18]

Vu en janvier 1894 par une admiratrice charentaise de 22 ans :

« vendredi dernier, j'eus l'heur de voir Pierre Loti pour la première fois ! La rencontre s'est opérée chez lui-même et je connais enfin ce maigre grand homme qui, à son grand désespoir, est toujours un homme fort petit malgré ses hauts talons (…). Ce qui m'a paru le plus curieux toutefois ce n'est pas l'académicien en habit noir (hélas il est tout simplement comme un autre !) mais sa maison est réellement originale (…). Les jeunes filles, pendant la soirée, se tiennent sur une galerie qui donne dans la pièce (la salle Moyen Âge) et d'où l'on voit et entend la voix de Pierre Loti qui n'est ni très forte ni très jolie mais qui n'est pas désagréable (…). Il a acheté la maison de la rue Thiers qui communique avec la sienne et y a installé tout un appartement saintongeais. Il a inauguré cet appartement par une fête très jolie, saintongeaise bien entendu (…). Ce soir ce sera la dernière (réunion) car l'académicien part dans quelques jours pour l'Orient : Égypte, Palestine, Turquie. Espérons qu'il rapportera encore un joli ouvrage. »

— Suzanne Gorron, lettre du 19/01/1894[19]

En juillet 1913, déjeunant chez la princesse Alice de Monaco dans son château de Haut-Buisson (Sarthe) :

« Loti avait la figure fardée de rose et portait pour se grandir des talons échasses. Dans son étrange visage luisaient des yeux admirables couleur d'aigue-marine, d'une profondeur mystérieuse voilée d'inquiétude. Ce regard lointain, comme perdu dans un rêve, était troublant. Il parlait peu, mais quand il narrait, il le faisait avec la poésie colorée, inimitable qui rappelait ses livres prestigieux dont le charme appartient à l'éternité. »

— Gabriel-Louis Pringué, 30 ans de dîners en ville[20]

Vers 1920, Il se rend en audience chez Georges Clemenceau, qui avait refusé de le revoir alors que l'écrivain était au zénith de sa gloire ; mais pendant la guerre de 1914-1918, Loti « avait empoigné le tambour et l'olifant, sonné la charge, magnifié les poilus, et encensé Clemenceau auquel il écrivait des lettres-fleuve ». Le « Père-La-Victoire » voulut bien le recevoir dans sa villégiature estivale de Saint-Vincent-sur-Jard (Vendée). Loti était venu demander la Légion d'honneur pour un grand-oncle de 94 ans, ancien cavalier blessé à Reischoffen. « Le Tigre » qui, selon son expression, n'aimait pas les tatas, le traita avec son ironie mordante coutumière… Son valet de chambre, Albert Boulin, a décrit ainsi l'illustre visiteur :

« Un petit homme noir et blanc en pelisse et casquette d'automobiliste (…) ôta son dolman et découvrit une vareuse très collante constellée de décorations (…) J'imaginais un marin de haut bord et non ce petit homme fardé, poudré, frisé, les lèvres peintes et les oreilles trouées d'anneaux d'or, au parfum violent de Patchouli, benjoin et poudre de riz. Les paupières étaient passées au khôl (…) ce vieux monsieur déguisé en cocotte (…) au sourire ambigu. En dépit de son déguisement, il émanait de lui, à part le vétiver, un charme indéfinissable. »

— Gilbert Prouteau, Le Dernier Défi de Georges Clemenceau[21]

Chardonne, autre écrivain charentais qui participa le 3 mai 1966 à une émission sur Loti, eut sur lui ce mot qui peut résumer son existence : « Il n'était à l'aise ni dans la vie, ni dans la gloire. »

Analyse[modifier | modifier le code]

Chacun de ses romans correspond à un pays différent. C'est une étude sur chaque pays. Il s'immerge dans la culture où il voyage. Il a une vision de l'altérité qui n'est pas intellectuelle mais sensible (sensations éprouvées). Selon lui, il n'y a plus rien à faire chez nous ; c'est ainsi qu'il part à l'étranger pour trouver de quoi s'exalter (vision nihiliste du monde).

Sa plus grande fascination allait à l'Empire ottoman, où la tolérance se confond avec la sensualité. Les femmes sont le passage obligé pour connaître l'autre civilisation. Pierre Loti recherche l'exotisme à travers les femmes. Il est en quête d'une certaine pureté dans le contact avec les femmes étrangères (mythe d'une pureté primitive qui doit régénérer le monde occidental). L'exotisme de Loti n'est pas un dialogue avec l'autre : il se fond plutôt avec l'autre, il ne s'agit donc pas de tolérance.

Loti et l'homosexualité[modifier | modifier le code]

L'homosexualité était une des préoccupations de Pierre Loti – qui a conçu son cinquième enfant à près de 70 ans – qui aurait éprouvé une « vive affection » pour un de ses camarades de l'École Navale, ce qui aurait provoqué une grande irritation de son père.

Les frères Goncourt évoquent Loti en disant de lui : « Cet auteur, dont l'amante, dans son premier roman, (Aziyadé), est un monsieur…[22] » (voir plus haut). Louis Godbout, dans Ébauches et débauches (Montréal 2002) fournit d'autres exemples.

Dans Mon frère Yves Pierre Loti décrit l'amitié pure entre Yves Kermadec et l'officier, mais évoque les pratiques homosexuelles de personnages secondaires. La presse de l'époque ne s'y trompait pas : le journal satirique, Le Rire, publia un dessin montrant une dame du monde disant à un ami : « Vous venez dîner, n'est-ce pas ? Nous avons Loti et son nouveau frère Yves ».

Analysant le Journal intime[23], Nicolas Bauche souligne « un désir de cacher ses amitiés masculines avec Joseph Bernard et Pierre Le Cor, au profit de pages versant dans une hétérosexualité franche »[24].

Quand Dumas fils faisait valoir à l'Académie les titres littéraires de Loti, le vieux Legouvé fit observer que celui-ci n'avait pas bonne réputation, et après avoir hésité, il précisa, en disant qu'il aimait les hommes. « Nommons-le d'abord, répondit Dumas, ensuite nous verrons bien ». Bourget ne croit pas la mauvaise réputation de Loti justifiée. Certains esprits raffinés fréquentent des esprits les plus simples. D'où le penchant de Loti pour des matelots. Il nous assurait que Loti était très ennuyé de vieillir et comme quelqu'un le félicitait d'être jeune (…), Loti lui dit : « Vous verrez que, le matin, je suis bien mieux[25]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1879 : Aziyadé, témoignage de sa passion et d'une belle histoire d'amour. Avec ce livre Pierre Loti avait aussi retourné l’opinion occidentale en faveur des Turcs.
  • 1880 : Rarahu
  • 1881 : Le Roman d'un spahi, premier roman signé Pierre Loti se situant au Sénégal.
  • 1882 : Le Mariage de Loti (Rarahu). Fleurs d'ennui. Pasquala Ivanovitch, écrit en 1872, ce roman a rencontré un vif succès.
  • 1883 : Trois journées de guerre en Annam
  • 1883 : Mon frère Yves[26]
  • 1884 : Les Trois Dames de la Kasbah
  • 1886 : Pêcheur d'Islande, où il décrit la vie des pêcheurs bretons, un grand succès pour lequel il obtient le prix Vitet. (lire)
  • 1887 : Madame Chrysanthème, un immense succès et Propos d'exil
  • 1889 : Japoneries d'automne
  • 1890 : Au Maroc et Le Roman d'un enfant, texte autobiographique où l'auteur raconte son enfance. (lire)
  • 1891 : Le Livre de la pitié et de la mort. L'étude d'Anatole France sur Le Livre de la Pitié et de la Mort, inédite en librairie, avait été publiée dans le numéro du 8 août 1891 du journal L'Univers illustré, lors de la première publication de cet ouvrage.
    • Le livre de la pitié et de la mort (inclus Vie de deux de chattes) , Paris, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot" no 915, 2013 (ISBN 978-2-228-90886-3)
  • 1892 : Fantôme d’Orient, suite d'Aziyadé et ultime hommage au fantôme qui n'a jamais cessé de hanter son cœur.
  • 1893 : L'Exilée et Le Matelot
  • 1894 : Le Désert. Jérusalem et La Galilée
  • 1897 : Ramuntcho, se situant au Pays basque et Figures et choses qui passaient
  • 1898 : Judith Renaudin
  • 1899 : Reflets sur la sombre route
  • 1902 : Les Derniers Jours de Pékin
  • 1903 : L'Inde sans les Anglais
  • 1904 : Vers Ispahan
  • 1904 : Traduction, avec Emile Vedel, du Roi Lear de William Shakespeare
  • 1905 : La Troisième Jeunesse de Madame Prune
  • 1906 : Les Désenchantées, un grand succès.
  • 1907 : Vies de deux chattes
  • 1909 : La Mort de Philæ [27].
  • 1910 : Le Château de la Belle au Bois dormant
  • 1912 : Un Pèlerin d'Angkor
  • 1913 : La Turquie agonisante
  • 1916 : La Hyène enragée
  • 1917 : Quelques aspects du vertige mondial
  • 1918 : L'Horreur allemande et Les Massacres d'Arménie
  • 1920 : La Mort de notre chère France en Orient exprime son incompréhension et sa réprobation face au démantèlement de l'Empire ottoman.
  • 1921 : Suprêmes visions d'Orient
  • 1923 : Un jeune officier pauvre
  • 1924 : Lettres à Juliette Adam
  • 1925 : Journal intime, 1878-1881, première partie
  • 1929 : Journal intime, 1882-1885, deuxième partie et Correspondance inédite, 1865-1904
  • 1930 : Un pèlerin d'Angkor, illustrations de F. de Marliave, Henri Cyral, éditeur à Paris
  • n.d. : Cette éternelle nostalgie, journal intime, 1878-1911, La Table Ronde, Paris, 1997
  • n.d. : Soldats bleus, journal intime, 1914-1918, La Table Ronde, Paris, 1998
  • n.d. : Correspondance théâtrale inédite avec André Antoine, présentée par Guy Dugas, éd. W. Théry, Alluyes, 2000)
  • n.d. : Journal intime 1868-1878, Tome I, éd. Alain Quella-Villéger, Bruno Vercier, Les Indes savantes, Paris, 2006[28]
  • n.d. : Journal intime 1879-1886, tome II, éd. Alain Quella-Villéger, Bruno Vercier, les Indes savantes, Paris, 2008[28]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Hélys, Le Secret des Désenchantées, s.n., 1923.
  • Claude Farrère, Cent Dessins de Pierre Loti, Arrault, 1948, 2 500 ex. sur vélin numérotés, archives pers.);
  • Alain Quella-Villéger, Pierre Loti l'incompris, Presses de la Renaissance, 1986
  • Alain Quella-Villéger, Pierre Loti, le pèlerin de la planète, éd. Aubéron, Bordeaux, 1999[29], 2005 (Nouvelle édition augmentée)
  • Alain Quella-Villéger, Istanbul. Le regard de Pierre Loti , (une soixantaine de photographies de Pierre Loti, textes rassemblés par l'auteur), Casterman 1992 (ISBN 9782203602045). Réédition : Renaissance du Livre, coll. Esprit des lieux, 1997 (ISBN 2804601234).
  • Alain Quella-Villéger, Chez Pierre Loti : une maison d'écrivain-voyageur, éd. Aubéron, Bordeaux, 2008;
  • Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier, Pierre Loti dessinateur - une œuvre au long cours, éd. Bleu autour, 2009[30] (Grand prix de l'Académie de marine 2011);
  • Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier, Pierre Loti photographe, éd. Bleu autour, 2012;
  • Lesley Blanch, Pierre Loti, Seghers, 1986[31]
  • Alain Buisine, Tombeau de Loti, Aux Amateurs de livres, 1988
  • Daniel Hervé, Christian Genet, Pierre Loti l'enchanteur, Ch. Genet, Gémozac, 1988[32]
  • Alain Buisine, Pierre Loti : l'écrivain et son double (Tallandier, coll. Figures de proue, 1998)
  • Chrisian Genet, « Pierre Loti », art. in Nos Deux-Charentes en cartes postales anciennes, no 39, 42, 44, 45, éd. C. Genest, Gémozac, 1987 (?)[33]
  • Jacques Perot, Une Confolentaise chez Pierre Loti, Louise Leulier alias Louis de Reullie, Les Amis du Vieux Confolens, no 103, juin 2009, p. 22-35

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • Chantal Edel, « Les frères Viaud en bonne société », Reportages no 89, 6 mars 1989, p. 102 à 105
  • Agnès Claverie, « Tout savoir sur Pierre Loti », Sud-Ouest, 10 février 1995
  • Michel Crépu, « Les lieux de Pierre Loti », L'Express, 13 août 1998, p. 72 et 73
  • Valérie Cadet, « L'ailleurs de Loti », Le Monde, 13 septembre 1996
  • Pierre-Robert Leclercq, « Loti hors de sa légende », Le Monde 9 juillet 1999
  • Anne Foster, « Pierre Loti, romancier et voyageur », Gazette de l'Hôtel Drouot, 13 octobre 1999[34]
  • Michel Braudeau, « les Fantaisies de Pierre Loti », Le Monde, 28-29 juillet 2003[35]
  • Bertrand Galimard-Flavigny, « La mystification des désenchantées », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 24, 20 juin 2003, p. 212 et 213
  • Laurent Bertagnolio, « Bien Loti à Rochefort », La Nouvelle République du Centre-Ouest, 7 août 2006

Prix Pierre Loti[modifier | modifier le code]

Le Prix Pierre Loti, créé en 2007, récompense chaque année le meilleur récit de voyage publié l'année précédente. Les lauréats successifs sont :

  • 2007 : Philippe Sauve, Siberia, 3 800 kilomètres en canoë du lac Baïkal à l'océan Arctique, Presses de la Renaissance, s.l., 2006
  • 2008 : Bruno Paulet, Mémoires des sables : en Haute-Asie sur la piste oubliée d'Ella Maillart et Peter Fleming, éd. Olizane, s.l., 2007
  • 2009 : Nicole Bouyala, Cargo solo, éditions Pimientos, s.l., 2008
  • 2010 : Ludovic Hubler, Le Monde en stop, cinq années à l'école de la vie, éditions Géorama, 2009
  • 2011 : Florent Chavouet, Manabe Shima , éditions Philippe Picquier, 2010
  • 2012 : Corentin de Chatelperron, L'aventure de Tara Tari, Bangladesh - France sur un voilier en toile de jute, éd. La Découvrance, 2011
  • 2013 : Reno et Pierre Marca, Journal de la mer d'Arabie, éditions La Martinière, 2012

Émission télévisées[modifier | modifier le code]

  • Thalassa de et avec Georges Pernoud, sur France 3, en direct de la maison de Pierre Loti à Rochefort le 17 février 1995.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Pierre Loti et ses ports, organisée par Jean Nonin à Rochefort-sur-Mer en 1987
  • Pierre Loti photographe, château de La Roche-Courbon à Saint-Porchaire (Charente-Maritime), 2002
  • Pierre Loti, Fantômes d'Orient: exposition enrichie d'une sélection de dessins de Loti, musée de la Vie Romantique, hôtel Scheffer-Renan, Paris, 2006
  • Rapa Nui - l'île de Pâques (dessins de Loti), Fondation EDF, Paris, 2008-209
  • Pierre Loti - dessinateur au long cours (expos. de plus de 200 dessins), musée Anne-de-Beaujeu, Moulins ;
  • Pierre Loti photographies, musée national de la Marine, Brest, 2011 (jusqu'au 2/10/2011)
  • Installation J'arrive, j'aime, je m'en vais, Pierre Loti, l'ambigu exotique Musée du Quai Branly 25 juin 29 septembre 2013 [1]

Ventes[modifier | modifier le code]

  • Depuis 1923, plusieurs ventes des biens mobiliers de l'écrivain ont eu lieu comme en 1980 celle causée par la mort de Mme Elsie Loti-Viaud, veuve de son seul fils légitime, Samuel.
  • La collection de lettres, documents, dessins, et photographies de Loti appartenant à Louis Barthou et Alice Barthou[36] a été vendue à Paris le 20 octobre 1999[37]
  • Le manuscrit autographe de son Journal, constitué d'environ 5 000 feuillets écrits de 1868 à 1918, classés par semestres et incluant toutes sortes de documents annexes, issu de la succession de sa belle-fille, resta aux mains de ses héritiers avant d'être mis en vente le 23 novembre 2007 à Drouot. Invendu, ce document resta en France et fut finalement acquis par la ville de Rochefort en octobre 2008 avec l'aide de l'État (Alain Quella-Villéger, op. cit, p. 22 et 24).

L'établissement d'un « listing complet de ce qu'il y a de et sur Loti » était annoncé par Jean Notin, de Rochefort, dans le journal Sud-Ouest du 10/02/1995.

Numismatique et philatélie[modifier | modifier le code]

Pierre Loti a l'honneur de figurer sur quatre timbres : un datant de 1937 émis en France [38], un émis à Saint-Pierre-et-Miquelon en 1969 et deux émis en Polynésie française en 1973 et 1995.

Son effigie figure à l'avers d'une pièce de 10 € en argent éditée en 2012 par la Monnaie de Paris, pour la collection « Les Euros des Régions » afin de représenter le Poitou-Charentes, sa région natale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aujourd'hui le lycée Pierre-Loti
  2. Lesley Blanch, Pierre Loti, p. 38.
  3. La Flore est une frégate à voiles transformée en un bâtiment à vapeur. Mise en chantier à Rochefort en juillet 1847.
  4. Philippe Blay. L'Île du rêve de Reynaldo Hahn : contribution à l'étude de l'opéra français de l'époque fin-de-siècle. Villeneuve-d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2000. 3 vol. (thèse à la carte ; 29285). 2e éd. Lille : Atelier national de reproduction des thèses, 2003. 3 vol. (thèse à la carte ; 29285). Thèse nouveau régime, musicologie, Tours, 1999. • Philippe Blay. « L’opéra de Loti : L’Île du rêve de Reynaldo Hahn ». « Supplément au Mariage de Loti », Bulletin de la Société des études océaniennes, avril-septembre 2000, nos 285-287, p. 40-72. Rééd. in Bulletin de l'Association Massenet, 2002, no 8, p. 25-44.
  5. grade correspondant à celui de sous-lieutenant dans l'armée de terre.
  6. Aviso à roues type Phoque (1860 - 1880)
  7. Préface de Claude Martin à Aziyadé, Folio classique, p. 8
  8. classée cuirassé de croisière
  9. cuirassé de croisière d'une classe dérivée de celle de l'Atalante
  10. http://ferragus.blog.lemonde.fr/2008/11/02/madame-chrysantheme/
  11. Hélène Besnard-Giraudias, Le Recul du Temps, éd. La Pensée Universelle, 1989, p. 89 - arch. pers
  12. Hélène Besnard-Giraudias (op.cit., pp. 88 et 89
  13. Publié dans Roccafortis, 3e série, tome II, no 15, janvier 1995, p. 307-310.
  14. rapport devant la CRPS Poitou-Charentes du 3 octobre 2006
  15. Il existe encore aujourd'hui le Café Pierre Loti où l'écrivain avait ses habitudes.
  16. Alain Quella-Villéger, Journal intime de Pierre Loti, le retour, in Actualités Poitou-Charentes, no 83 – 1er trimestre 2009, p. 23 et 24
  17. mai 2013
  18. éd. Grasset, 1932, p. 91 et 92
  19. publiée par H. Besnard-Giraudias, op.cit, p.85 à 87
  20. éd. Revue Adam, 1948, p.136
  21. éd. France-Empire, 1979, pp.45 à 47
  22. Journal, Flammarion, 1959, t. 4, p. 227.
  23. éd. Les Indes savantes, 2006
  24. Libération, 25 août 2006
  25. Abbé Mugnier (1879-1939), Journal, 5 février 1912 (Le Mercure de France, coll. Le Temps retrouvé, 1985, p. 231
  26. L'action se déroule en Bretagne
  27. La mort de Philæ de Pierre Loti.
  28. a et b édition intégrale critique par Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier
  29. Réédition, complétée, de Pierre Loti l'incompris (1986)
  30. (reprod. de 500 dessins et extraits de son jour intime)
  31. Traduit de l'anglais par Jean Lambert
  32. ill. de 750 documents
  33. Articles Dîners et fêtes en sa maison de Rochefort, Marin. Athlète. Académicien, Ses amis charentais, quatrième article sans titre
  34. Vente de la collection Barthou.
  35. Numéro 1 de la série Six excentriques
  36. Académicien, bibliophile, ministre, Louis Barthou mort à Marseille en 1934 dans l'attentat contre Alexandre Ier de Yougoslavie
  37. Dont 530 lettres échangées entre 1909 et 1921, le manuscrit autographe de trois chapitres d'une version primitive de Azyiadé, 12 lettres à son éditeur (1878-1879) et plusieurs clichés de Loti, dont sept annotée par lui lors d'un voyage en Palestine, et un le montrant assis faisant un pied-de-nez au photographe en septembre 1919, sur la terrasse de sa maison d'Hendaye
  38. Voir la fiche technique du timbre-poste

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fañch Postic, « Loti chez son frère Yves : Les séjours de l'écrivain à Rosporden à la fin du XIXe siècle », ArMen, Quimper, Éditions du Chasse-Marée, no 132,‎ janvier-février 2003, p. 42-49 (ISSN 0297-8644)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]