La Victoire de Wellington

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Le duc de Wellington, victorieux des troupes napoléoniennes à Vitoria en 1813

Wellingtons Sieg, op. 91 (La Victoire de Wellington ou La Bataille de Vitoria en français) est une œuvre orchestrale de Ludwig van Beethoven composée en 1813[1] pour célébrer la victoire du duc de Wellington sur les armées napoléoniennes à Vitoria, en Espagne, le 21 juin 1813.

Histoire de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Dans un Empire d'Autriche en plein sursaut patriotique devant l'effondrement de l'Empire français, l'ingénieur Johann Nepomuk Mälzel, inventeur du métronome et inspirateur du second mouvement de la Huitième symphonie, commanda à Beethoven une œuvre symphonique pour inaugurer un nouvel instrument de son invention, le panharmonicon. La récente bataille de Vitoria fournit à Beethoven un thème tout désigné.

Achevée en octobre 1813[1],[2], La Victoire de Wellington fut créée lors du concert du 8 décembre[3] de la même année qui vit aussi la création de la Septième symphonie. Salieri, Hummel et Meyerbeer jouaient dans l'orchestre[2],[3]. Eu égard au sursaut patriotique qui secouait l'Autriche à cette époque, le succès colossal de ce concert semble avoir été plus largement dû à la Victoire de Wellington qu'à la symphonie.

L’œuvre fut publiée chez Steiner à Vienne en 1816[1].

Postérité[modifier | modifier le code]

Beethoven, conscient qu'il s'agissait d'une pièce mineure, qualifia sa La Victoire de Wellington de « stupidité ». Malgré sa médiocrité, cette œuvre fut pourtant une des plus célèbres du musicien de son vivant. Elle est aujourd'hui tombée dans l'oubli mais ne manque pas d'intérêt historique.

Dans l'ensemble, cette œuvre est peu aimée, Romain Rolland la qualifiant de « totale nullité » même si Hermann Scherchen la glorifiait, la qualifiant de « merveilleuse » (voir Guide de la Musique Symphonique de Beethoven de Michel Lecompte).

Avec l’Ouverture 1812 de Piotr Ilitch Tchaïkovski, La Bataille des Huns de Franz Liszt et l'ouverture La cavalerie légère de Franz von Suppé, La Victoire de Wellington fait partie des œuvres célébrant une grande bataille militaire.

Exécution[modifier | modifier le code]

La durée d'exécution de l'œuvre est de 14 minutes environ. Beethoven y a introduit deux thèmes populaires : Marlbrough s'en va-t-en guerre pour symboliser la France, Rule Britannia et God save the King pour symboliser l'Angleterre. 193 coups de canon peuvent être entendus dans cette page symphonique pittoresque.

On peut se demander pourquoi Beethoven n'a pas choisi La Marseillaise pour représenter la France. En fait, Beethoven ne reconnaît plus dans la France oppressive de l'Empereur la France assoiffée de liberté et révolutionnaire (comme lui !) qu'il avait connue avant. La Marseillaise, ce puissant chant de révolte, était le symbole de ce vaillant pays devenu l'agresseur de son pays à lui, Beethoven. Aussi a-t-il préféré mettre à la place la marche de Marlbrough, classique et belliqueuse à souhait.

Analyse[modifier | modifier le code]

La victoire de Wellington est composée pour grand orchestre: 2 flûtes, 1 piccolo, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 1 contrebasson, 4 cors, 6 trompettes, 3 trombones, timbales, percussion fournie (tambours, cymbales, grosse caisse et... fusils et canons!) et un large contingent de cordes (Violons I et II, altos, violoncelles et contrebasses). L'orchestre est donc très enrichi (notamment en cuivres) et dépassait de loin les normes de l'époque. Cela s'explique par l'effet spectaculaire souhaité. Précisons que c'est la première œuvre dans l'histoire de la musique à nécessiter un effectif aussi important, anticipant ainsi les nouveaux orchestres symphoniques de l'époque romantique.

C’est, historiquement, la première œuvre symphonique à programme : elle décrit la bataille entre les forces françaises et anglaises (la symphonie pastorale est plus une suite de tableaux descriptifs : danses paysannes, orage… qu’un véritable programme). Elle ouvre ainsi la voie à ce genre qui fera fureur dans le Romantisme. De fait, on peut distinguer une idée originale (pour l’époque) du compositeur : une tentative de construire des leitmotives (procédé qui deviendra commun pour ce genre d’œuvre) . En effet, le thème de la France Marlbrough s’en va-t-en guerre sera repris à la fin de la bataille en mineur et déformé de façon à suggérer la déroute française.

Ajoutons que c’est la première fois que des canons (et des fusils !) sont utilisés dans l’orchestre (idée reprise par Tchaïkovski dans l'Ouverture 1812). Beethoven prend soin de préciser à chaque coup de canon tiré s’il provient des troupes de l’Empereur ou du Duc tout comme d’où viennent les fusillades. Il fait la même chose avec les tambours (ostinato différent) et les trompettes (dans un ton différent).

Malgré sa médiocrité, l’œuvre est intéressante à plus d’un titre car on peut la comparer avec la Neuvième Symphonie. En effet, Beethoven nous présente trois joies différentes consécutives : la joie populaire (Allegro con brio), la joie grave (Andante et menuet) et joie dionysiaque (Allegro final) ce qui est presque exactement le plan du finale de la Neuvième Symphonie.

Première Partie : la Bataille[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

Les Anglais :

Beethoven commence par nous présenter les forces en présence : les Anglais et les Français. Honneur au futur vainqueur oblige, Ce sont les tambours anglais qui ouvrent la symphonie : pendant environ 30 secondes, les tambours frappent un ostinato à 2/4 de huit mesures qui démarrant pp, enfle en crescendo jusqu’à frapper à pleine force ; aussitôt après, les trompettes anglaises (en mi b) jouent une courte fanfare déclamatoire (4/4) sur la note mi b. L’orchestre entonne alors majestueusement mais piano la marche Rule Britannia (2/4, Mi bémol majeur) qui symbolise l’Angleterre. La marche va en crescendo jusqu’à un forte décidé.

Les Français :

La présentation des Français est similaire : ostinato (différent) à 6/8 de huit mesures en crescendo puis fanfare (4/4) des trompettes françaises (en ut) sur la note do (cette fanfare est raccourcie d’une mesure). L’orchestre entonne alors avec panache la marche Marlbrough s'en va-t-en guerre (6/8, Ut majeur) qui symbolise la France. Elle est aussi d’abord piano puis en crescendo jusqu’au forte tout aussi décidé.

Appel : Par leurs trompettes, les Français lancent leur sommation aux Anglais.

Contre-Appel : Les Anglais lancent leur riposte en renvoyant la fanfare aux Français.

Aucun camp n’ayant accepté de se rendre : La bataille commence.

La Bataille : Allegro – Meno Allegro[modifier | modifier le code]

Allegro (4/4, modulant) : Sans aucune pause avec ce qui précède, une véritable musique de tempête saisit l’orchestre entier. La bataille s’engage (en si majeur) férocement : bois, cuivres et basses répètent un ostinato iambique énergique (noire – blanche + ronde) qui domine l’ensemble, virulents trémolos des seconds violons et des altos et des terribles gammes descendantes aux premiers violons. Mais ce sont surtout les canons et l’artillerie que l’on entend dans cette page : Anglais et Français se rendant coup pour coup, canons et fusils sont tirés des deux côtés de la scène, produisant un fort agglomérat sonore. De plus, l’orchestre entre rapidement dans un passage très modulant (Mi bémol majeur – sol mineur – mi mineur…) produisant un effet d’instabilité seyant tout à fait à cette bataille.

Meno Allegro (3/8, modulant) : La mêlée furieuse ne se calme pas lorsque l’orchestre arrive en ut majeur, tonalité d’ailleurs pervertie par l’usage abondant de notes de passage. Les trompettes françaises et anglaises lancent des fanfares désespérées (croche - deux doubles - croche) de plus en plus serrées pour faire tenir leurs hommes. Les cordes adoptent le rythme des fanfares, tantôt sous les accords brusques des bois vifs et des canons, tantôt sous le rythme iambique en diminution des premiers. Bientôt, le vacarme s’intensifie avec l’arrivée des trombones et les fusillades sont de plus en plus nombreuses et stridentes lorsque soudain…

La Charge : Allegro assai – Presto[modifier | modifier le code]

Allegro assai (2/2, modulant) : …Un éclatant accord de La bémol majeur interrompt la bataille mais s’enchaîne aussitôt sur une marche harmonique vigoureuse symbolisant la montée des Anglais contre les positions françaises. Sur un pesant ostinato des tambours, les basses grondent des blanches parfaitement régulières tandis que cordes et bois jouent (en la bémol majeur) un bref thème martial et puissant qui va sans cesse moduler par demi-ton ascendant produisant un effet d’insistance farouche : La bémol, La, Si bémol, Si et Mi bémol (majeurs). À chaque itération, le thème augmente en intensité ; bien entendu, les canons ne cessent de ponctuer le discours. A la dernière itération, le tempo s’accélère (Sempre più allegro)…

Presto (2/2, modulant) : … Et aboutit à un véritable déferlement sonore, de surcroît instable harmoniquement (Mi bémol, La bémol, Ré…) ; nous sommes au point culminant de la bataille qui ici trouve son tournant. Les canons anglais commencent à écraser les canons français qui ont de plus en plus de mal à se faire entendre, d’autant que maintenant, les fusillades et les trompettes sont toutes du côté anglais. En parallèle, nous sommes actuellement dans une atmosphère cataclysmique : les cordes alternent motifs héroïques et descentes vertigineuses sous des bois écrasants et les accords secs des cuivres et tout ça fff ! (indication très rare chez Beethoven). Avec l’apparition d’un virulent motif en triolets de noires aux bois, des bouillonnants trémolos de cordes et des cuivres violemment accentués, nous sommes dans un climat chaotique. A ce moment-là, la partie est jouée : alors que nous sommes en plein milieu du presto, les canons français se taisent définitivement et les canons anglais se déchaînent à tout va. Alors que la bataille fait rage, une modulation en si mineur apporte un caractère désespéré à la musique: traduction de la déroute française. Dans un oppressant diminuendo général, le tumulte (mais pas les canons anglais !) s’apaise peu à peu avec la sinistre fragmentation progressive des triolets et les descentes des cordes de plus en plus glaçantes (sempre più p) jusqu’à une tragique dissolution totale et inexorable qui rappelle la fin tout aussi tragique de l’ouverture de Coriolan : c’est terminé pour les Français.

Andante (6/8, fa dièse mineur) : Pour exprimer la débâcle française, Beethoven enchaîne avec la reprise de Marlbrough s'en va-t-en guerre, symbole des français, mais, surprise ! la marche est totalement méconnaissable ! elle est en mineur, trois fois plus lente, et fragmentée par les canons anglais qui la réduisent peu à peu au silence. À la fin, l’orgueil et le panache des français ne sont plus que ruines.


N’en déplaise à Beethoven, il ne fait pas ici montre d’une grande inspiration. En effet, malgré un plan général de l’œuvre parfaitement structuré, ses thèmes sont très banals (ostinato de tambours, fanfares au rythme pointé, descentes de cordes…) et subissent un traitement trop statique, l’ensemble manque d’intensité et l’artillerie trop tonitruante empêche le spectateur d’apprécier l’orchestre (voir par exemple l’interprétation de Karajan ou de Scherchen où ils ne peuvent empêcher que canons et fusils « étouffent » l’orchestre). Il faut cependant reconnaître que Beethoven mène la bataille tambour battant, sans faire faiblir l’action ; ainsi l’effet est bien présent et on est saisi à défaut d’être admiratif.

Deuxième partie : La Symphonie de Victoire[modifier | modifier le code]

Intrada : Allegro ma non troppo[modifier | modifier le code]

4/4, Ré majeur : Après un lourd silence, une soudaine explosion de lumière : les trompettes et les cordes s’élèvent bruyamment vers l’aigu sous un impressionnant roulement de timbales. Malgré sa brièveté, Ce prélude est d’une opulence sonore saisissante.

Les Réjouissances : Allegro con brio[modifier | modifier le code]

2/2, Ré majeur : Dans la lumineuse tonalité de ré majeur, l’orchestre, dans un fortissimo général, exalte la victoire des anglais : Après un retentissant début pointé, Beethoven expose une suite de courts motifs « glorieux » : joyeuses croches continues, rythmes pointés, triolets ascendants, fanfares de bois à l’unisson des cordes, doubles croches aiguës, le sommet de la jubilation est obtenu par des successions de trois croches syncopées et appogiaturées. Le retour du rythme pointé termine cet épisode s’achevant par un unisson de ré tenu aux cors et trompettes qui va en diminuant.

God save the King : Andante grazioso – Tempo I – Tempo di Menuetto moderato[modifier | modifier le code]

Andante grazioso (3/4, Si bémol majeur) : Alors s’élève doucement aux clarinettes et bassons un bel hymne choral, d’un recueillement tout religieux : il s’agit de l’hymne anglais « God save the King » qui résonne avec noblesse et assurance, sous les pizzicati des cordes. Cet intermède tranquille met en avant le fervent patriotisme de l’armée.

Tempo I (2/2, Ré majeur) : L’orchestre entonne de nouveau l’Allegro con brio initial sans aucune modification.

Tempo di Menuetto moderato (3/4, Ré majeur) : Encore une fois, Beethoven, sur un tempo légèrement plus rapide, reprend l’hymne anglais mais interrompu à six reprises par un flamboyant tutti orchestral. La transition qui suit se perd dans le lointain avant de se poser délicatement sur une septième de dominante.

Finale fugué: Allegro[modifier | modifier le code]

3/8, Ré majeur : Tout à coup, deux violons, pianissimo, se lancent dans l’étourdissante fugue finale en exposant le sujet, rapide et tourbillonnant. Deux seconds violons embrayent puis au tour de deux violoncelles, puis deux altos. Le contresujet, omniprésent, en doubles croches donne un effet de mouvement perpétuel absolument vertigineux. En plein divertissement, les clarinettes et les bassons jouent un contrepoint. Sur la strette, tous les violons et altos reprennent le sujet monnayé et deux fois plus vite soutenus par une longue tenue de cors et des bois et timbales marquant discrètement le premier temps. Ce bouillonnement va dans un vibrant crescendo et finit par exploser de joie délirante dans un premier climat où participent les cymbales et la grosse caisse. Après une demi-cadence, l’orchestre se tait mais les cors relancent en donnant le sujet qui part crescendo en fugato éclair débouchant sur une seconde ovation irrépressible qui s’arrête sur la sous-dominante. Mais les cordes repartent à l’assaut, montant une gamme chromatique en trémolos sous les contretemps des bois et les timbales et le crescendo aboutit à une troisième affirmation victorieuse en accords scandés et fanfares de trompettes vers la triomphante cadence parfaite finale.

Cette deuxième partie est bien meilleure que la première mais décidément, le Maître n’est pas à son meilleur niveau, car cassant systématiquement le rythme du morceau (interruptions de la fugue ou du menuet) et composant des tuttis plutôt convenus (la musique militaire étant dans l’ensemble une musique peu inspirée) ainsi qu’une conclusion hâtive et des modulations rares, le mouvement restant globalement en Ré majeur.

Malgré tout, le compositeur réussit à nous faire partager toutes les joies de cette victoire : l’intrada nous plonge tout de suite dans l’ambiance et Beethoven diversifie son mouvement en alternant avec brio fanfares claironnantes et mélodies nobles d’une joie mystique. Ainsi l’allégresse générale est-elle bien rendue. On notera enfin une splendide fugue terminale et une orchestration dans l’ensemble efficace.

Anecdote[modifier | modifier le code]

La Victoire de Wellington fait partie de ses œuvres « à effet » dont le spectaculaire est la raison d’être (comme l’ouverture 1812). La brillance orchestrale est telle qu’une maîtrise absolue de la partition et de l’acoustique de la salle est indispensable sous peine de tomber dans un tintamarre atroce. Le jeune Richard Wagner, alors chef d’orchestre au Théâtre de Magdebourg l’apprit à ses dépens comme l’atteste le croustillant passage suivant tiré de ses Mémoires (nous sommes en 1835) :

« Pourtant, le grand événement de cette saison dramatique eut lieu plus tard. J’avais obtenu de Mme Schröder-Devrient (célèbre cantatrice allemande qui créa les rôles d’Adriano (Rienzi), Senta (Der Fliegende Hollander) et Vénus (Tannhäuser) NDLR) […] qu’elle vînt également chez nous donner quelques représentations […] Prise d’amitié pour moi, elle m’offrit spontanément son concours pour un concert que j’avais l’intention d’organiser à mon profit […] Le résultat financier de ce concert revêtait une importance toute particulière car les gages, déjà maigres que j’aurais dû recevoir de la direction étaient devenus parfaitement illusoires […] En fin de compte, j’avais une importante quantité de dettes […] Je pouvais légitimement compter sur une très grosse recette à l’occasion d’une soirée à laquelle participerait une aussi grande artiste […] Malheureusement, personne ne voulut croire qu’une femme célèbre dont le temps était un capital précieux, reviendrait de si loin (Leipzig ! NDLR) pour les beaux yeux d’un petit chef d’orchestre de Magdebourg et [ainsi] la salle ne s’emplit que très médiocrement. […]

Mais une autre disgrâce inattendue vînt frapper mon concert : les morceaux d’orchestre firent un vacarme assourdissant dans une petite salle dont la résonance était excessive. Déjà, avec mes six trompettes, mon ouverture de Christophe Colomb avait épouvanté tous les auditeurs ; or, pour finir, j’avais prévu la Bataille de Victoria de Beethoven, pourvue d’un luxe orchestral sans pareil, puisque, dans mon enthousiasme, je m’attendais à récupérer largement dans mes frais. Grâce à un matériel dispendieux spécialement disposé, le jeu des canons et des fusils était organisé de la manière la plus parfaite, aussi bien du côté anglais que du côté français ; les tambours étaient doublés et les clairons triplés. C’est alors que commença une bataille comme il ne s’en rencontre guère de plus cruelle dans un concert, car l’orchestre se lança avec des forces d’une supériorité si décisive à l’assaut du maigre auditoire que celui-ci finit par abandonner toute résistance. Mme Schröder-Devrient elle-même, qui m’avait fait l’amitié de rester dans son fauteuil des premiers rangs pour assister jusqu’au bout de la séance, n’eut pas la force de résister et lorsque finalement elle prit la fuite au moment d’un nouvel assaut désespéré des Anglais contre les positions françaises, ce fut le signal d’une véritable panique. Tout le monde se rua vers la sortie et la victoire de Wellington se termina entre l’orchestre et moi. Ainsi s’acheva ce festival mémorable et je m’en fus chercher une consolation auprès de mon amante affligée (Minna Planer, qu’il épousera l’année suivante NDLR).

Le lendemain matin, je regagnai ma chambre d’hôtel, mais pour y accéder il me fallut traverser une double haie de créanciers […] Je fis alors entrer Mme Gottschalk, une Juive qui me faisait confiance ; grâce à mes relations avec quelques personnes fortunées de Leipzig, elle se chargea d’apporter aux autres créanciers (le premier étant un trompettiste représentant l’orchestre réclamant son salaire ! NDLR) les assurances apaisantes grâce auxquelles fut rendu de nouveau praticable le couloir qui menait à ma chambre, non sans de regrettables récriminations. »

Richard Wagner, Mein Leben, p. 78-80, trad. M. Hulot, Éditions Buchet/Chastel

Repères discographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 351
  2. a et b Source : Elisabeth Brisson, Guide de la musique de Beethoven, Éditions Fayard, 2005, p. 576
  3. a et b J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 677
  4. L'intérêt principal de ce CD réside dans l'usage de canons et de mousquets d'époque, et d'une piste supplémentaire avec un commentaire (de presque 10 minutes, par Deems Taylor) sur l'œuvre et sur l'usage de ces armes historiques.

Liens externes[modifier | modifier le code]