Gilbert Duprez

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dupré.

Gilbert Duprez

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Gilbert Duprez d'après un dessin de Carolus-Duran (1871)

Naissance 6 décembre 1806
Paris
Décès 23 septembre 1896 (à 89 ans)
Paris
Activité principale Chanteur
Ténor
Style Opéra
Activités annexes Professeur de chant, Maire de Valmondois
Lieux d'activité Théâtre de l'Odéon, Opéra-Comique, teatro San Carlo, Opéra de Paris
Formation Institution royale de musique classique et religieuse
Enseignement Conservatoire de Paris
Élèves Caroline Duprez, Marie Battu, Caroline Miolan-Carvalho, Fredrika Stenhammar
Descendants Caroline Duprez, Léon Duprez

Gilbert-Louis Duprez est un ténor français, né le 6 décembre 1806 à Paris où il est mort le 23 septembre 1896[1].

Il est célèbre pour avoir été le premier chanteur à émettre en scène un contre-ut (do4) en voix de poitrine, lors de la première reprise italienne de Guillaume Tell de Gioachino Rossini, à Lucques, en 1831. Cette technique « forcée » aurait usé prématurément sa voix, ce qui expliquerait la retraite du ténor à seulement 43 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Caricature de Duprez parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1874.

Après des études à l'Institution royale de musique classique et religieuse dirigée par Alexandre-Étienne Choron, il fait ses débuts au théâtre de l'Odéon dans Le Barbier de Séville de Rossini en 1825, puis passe à l'Opéra-Comique, mais sa prestation dans La Dame blanche de Boieldieu ne convainc guère[2]. Il part alors perfectionner sa technique en Italie, où il accède à la notoriété, notamment dans des reprises d'Otello, Le Barbier et Guillaume Tell de Rossini.

Précédé d'une réputation flatteuse, il rentre en France en 1837 et est engagé à l'Opéra de Paris comme premier ténor, emploi tenu par Adolphe Nourrit qui préfère démissionner (il se suicidera deux ans plus tard). Le 17 avril 1837, Duprez débute dans Guillaume Tell de Rossini, où il lance pour la première fois en France le contre-ut de poitrine[3] qui l'a rendu célèbre en Italie. Ses exploits vocaux dans La Muette de Portici de D.-F.-E. Auber, Les Huguenots et Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer suscitent l'enthousiasme du public parisien, avide de nouveauté. Au cours des dix années qui suivent, il crée entre autres les rôles principaux de Benvenuto Cellini d'Hector Berlioz, Guido et Ginevra (1838), La Reine de Chypre (1841) et Charles VI (1843) de Jacques Fromental Halévy, La Favorite, Les Martyrs (1840), Jérusalem de Giuseppe Verdi, ainsi que plusieurs opéras de Gaetano Donizetti, dont Parisina (1833), Rosmonda d'Inghilterra (1834), Dom Sébastien, roi de Portugal (1843) et surtout Lucia di Lammermoor au teatro San Carlo de Naples en 1835.

En 1849, la détérioration de sa voix l'incite à se retirer de la scène. Il quitte l'année suivante le Conservatoire de Paris, où il avait été nommé professeur en 1842, pour fonder sa propre école de chant (dotée d'une salle de concerts de 300 places), rue Turgot dans le 9e, où il a comme élève sa fille Caroline Duprez ainsi que Marie Battu et Caroline Miolan-Carvalho, qui feront carrière comme cantatrices.

Maire de Valmondois de 1853 à 1870 et chevalier de la Légion d'honneur, il meurt en 1896, à près de 90 ans, à son domicile parisien, rue de la Tour, dans le quartier de Passy (16e)[4].Il a été inhumé dans le cimetière de Montmartre[5].

Gilbert Duprez a également fait représenter — sans succès — plusieurs opéras (La Cabane du pêcheur en 1826 à Versailles ; La Lettre au bon Dieu en 1953 à l'Opéra-Comique ; Samson, 1857 ; Juanita en 1862 au Théâtre-Lyrique ; Jeanne d'Arc en 1865 au Théâtre-Parisien), adapté plusieurs livrets d'opéras en français (dont La traviata de Verdi), publié des ouvrages théoriques (L'Art du chant, 1845) et des mémoires (Souvenirs d'un chanteur, 1880 ; Récréations de mon grand âge, 1888). Son fils, Léon Duprez, a également été professeur de chant au Conservatoire de Paris[1].

tombe de Gilbert Duprez au cimetière de Montmartre (12ème division)
épitaphe de Gilbert Duprez sur sa tombe au cimetière de Montmartre

Sources[modifier | modifier le code]

  • Damien Colas, « Gilbert Duprez » in Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Joël Marie Fauquet (dir.), Fayard, 2003, p. 412 (ISBN 2-213-59316-7)
  • Pierre Girod, L'Art du chant de Gilbert Duprez. Voix perdue ou voies oubliées ?, Paris, CNSMDP, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Temps du 25 septembre 1896 sur Gallica
  2. Le Figaro du 24 septembre 1896 sur Gallica
  3. Les aigus masculins étaient jusqu'à lors émis en falsetto ou en « voix mixte ».
  4. Et non à Poissy comme le laisse penser une coquille du Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle.
  5. [1] consulté le 3 février 2012